ÈRE DES SÉLEUCIDES — ERHARD
qu'à parlir de l'année 311 avant J.-C. Les Grecs de Syrie commençaient l'année au mois de septembre, et ce début est encore usité chez les catholiques du Liban. Plusieurs villes avaient leur jour particulier : Séleucie, le 1er juillet; Éphèse, le 24 septembre; Gaza, le 27 octobre; Tyr, le 18 novembre. Les tribus arabes la dataient, les unes du 1" septembre, les autres du 1er octobre. Cf. H. Waddington, Les ères employées en Syrie, dans les Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles- lettres, nouv. série, t. i, 18(55, p. 39-40.
Les Juifs durent l'adopter après leur soumission aux rois de Syrie, et ils la conservèrent jusqu'au M" siècle, époque à laquelle ils comptèrent les années à partir de la création du monde. Les rabbins l'appelèrent ■•:-
nVnsitf, c< ère des contrats, » parce qu'on leur imposa
l'obligation de s'en servir dans les actes publics. Elle est mentionnée dans les deux livres des Machabées sous le nom d'o années du règne des Grecs», àir) pxirtXîia; 'E/'/r,vtov, et les événements y sont datés d'après les années des rois de Syrie. Mais il se présente cette particularité que ces deux livres, tout en suivant l'un et l'autre l'ère des Séleucides, datent les mêmes faits d'une année de différence. Ainsi la mort d'Antiochus Épiphane est rapportée, I Mach., vi, 16, à l'an 149, alors qu'une lettre crite au nom de son fils et successeur est datée, II Mach., xi, 21 et 33, de 14*. Le siège de la citadelle de Sion par Judas Machabée est attribué à l'an 150, I Mach., VI, 20, et à l'an 149, II Mach., xm, 1. Le commencement du règne de Démétrius est fixé à 151, I Mach., vu, 1, et à 150, II Mach., xiv, 4. Les chronographes ont depuis longtemps constaté cette divergence, et ils ont cherché à en donner l'explication. Tous reconnaissent que les deux écrivains ne font pas partir du même point le commencement de l'ère des Séleucides, dont ils se servent; mais ils attribuent à ces points de départ divergents des dates différentes. Avec Sanclemente, De vulgaris œrx emendalione, Rome, 1793, H, 6, Welte, Einleitung in il !,■ deuterokanonischen Bûcher des Alten Testament , a g-en-Brisgau, 1844, p. 58, prétend que l'auteur du premier livre compte les années comme le faisaient les Syriens, à partir de l'automne 312 avant J.-C, tandis que l'auteur du second livre a suivi le calcul des Babyloniens et des Chaldéens, qui commençaient 1ère des Séleucides un an plus tard, à l'automne de 311. Mais cette explication parait peu vraisemblable, car l'auteur du second livre n'a fait qu'un abrégé des cinq livres de Jason de Cyrène. Or Cyrène est située en Afrique, et il est lieu probable qu'un Cyrénéen ait suivi la méthode des Babyloniens, dont il était si éloigné. 11 est plausible qu'il a adopté plutôt la chronologie des Syriens, dont il était plus rapproché, et que son abréviateur n'a pas changé les dates de l'ouvrage qu'il résumait. Ideler, llandbuch der Chronologie, Berlin, 1825, t. i, p. 530, et ltiess, Dos Geburtsjahr Christi. Fribourg-en-Brisgau, 1880, p. 233, pensent que l'auteur du premier livre des Machabées place, comme les Syriens, le début de l'ère des Séleucides en l'année 312 avant J.-C, mais qu'il le transporte, Comme le faisaient les Juifs, au mois de niMUt: tandis que l'auteur du second suit l'ère des Babyloniens, et qu'il la lait commencer a l'automne de 311, au mois de tisri. Cf. H. Weiss, Judas Makkabâus, Fribourg-en-Brisgau, 1897. p. 70 et 115, note 1. L'explication qui parait la plus naturelle est celle de Pétau, De doctrina temporum, Paris, 1627, t. n, p. 220-226; de Noris, Annus cl epochœ Syromacedonum , Leipzig, 16'.K3, p. 67-144; de Patrizi, De consentit ulriasque libri Machabseomm, Rome,
1856, p. 15-41. Selon eux, les deux écrivains ont adopté l'ère des Syro- Macédoniens, qui date de l'année 312; mais le premier la fait parlir du printemps, Ier de nisan, et le second de l'automne, 1" de tiSri. Celui-ci prend l'année civile des Syriens; celui-là, l'année religieuse des Juifs. De la sorte il n'y a entre les dates de
Ère des
Séleucides.
Avant J.-C.
leurs récits qu'une différence de six mois, et dès lors qu'on défalque cette différence des chiffres du premier livre , on aboutit exactement aux mêmes dates. Cf. Gillet, Les Machabées, Paris, 1884, p. 16-17; E. Mahler, Clironologische Vergleichungs-Tabellen, in-4", Vienne, Hefti, 1888; E. Schùrer, Geschichtedesjùdischen Yolkes, 2« édit., t. i, part, i, 1889, p. 26-33; J. Epping et J. N. Strassmaier, Astronomisches aus Babylon , in-8°, Fribourg-en-Brisgau, 1889, p. 177; Yigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste , Paris, 1890, t. IV, p. 170-171.
Tableau chronologique des rois de Syrie.
Séleucus Ier Nicator
Antiochus Ier Soter
Antiochus II Théos
Séleucus II Callinicus
Antiochus Hiérax
Séleucus III Céraunus
Antiochus, fils de Séleucus III. . . .
Antiochus III le Grand, frère de Séleucus III
Molon, satrape révolté
Aclueus, satrape révolté
Séleucus IV Philopator, fils d'Antiochus III. .
Antiochus IV Épiphane, fils d'Antiochus III
Antiochus V Eupator
Démétrius Ier Soter
Timarque, satrape révolté
Alexandre Ier Bala
Démétrius II Nicator
Antiochus VI Dionysos
Tryphon, usurpateur
Antiochus VII Sidétès
Démétrius II rétabli
Alexandre II Zébina
Séleucus V
Cléopâtre Tina, reine
Antiochus VIII Grypus
Antiochus l.\ Cyzicène
Séleucus VI Épiphane
Antiochus X Eusèbe
Antiochus XI Philadelphie
Philippe Philadelphe
Démétrius III Philopator.. ......
Antiochus XII Dionysos
Tigrane d'Arménie
Antiochus XIII l'Asiatique
Pompée réduit la Syrie en province romaine
Cf. Vigouroux, Manuel biblique, 10e édit., 1898, t. n, p. 255-257. E. Mancenot.
ERHARD Thomas, religieux bénédictin de l'abbaye de Wessobrunn, en Bavière, mort dans ce monastère le 8 janvier 1741. Parmi ses écrits, on remarque : Die ilibel lateinisch unddeutsch mit theologischen und chronologischen Anmerkungen, in-8°, Vienne, 1723; Manuale bib lu -uni , in-4", Vienne, 1721; Isagoge et commentarùu in universa Biblia sacra illustrant et explicans Sacrant Scripturam per clora prolegomena in mîmes et singulos libros; per selectas annutaliones , brèves paraphrases, et exégèses in loca et versus paulo difficiliores ex optimis catholicis interpretibus, prseserlim a SS. Patribus desumptis, 2 in-f', Vienne, 1735. Il entreprit l'ouvrag intitulé Concordant'uc Bibliorum Wessofontame, 2 in-f», Vienne, 1751, que continuèrent et achevèrent après sa mort Maur Lu/, Veremond Eisvogel et Célestin Leutner,
ERHARD - ÉSAÙ
religieux du même monastère. (Voir Concordances, 001.^98-899.) — Cf. Ziegelbauer, Historia rei litter. Ord. S, Benedicti, t. iv, p. 15, 23. B. Heurtebize.
ÉRIOCH (Septante: Eipttôx ! Codex Alexandrinus : 'Agio-/}, roi des Éliciens, c'est-à-dire des Élymiens. Judith, I, 6. Il est difficile de savoir exactement ce qu'était Érioch. Son nom parait altéré. On l'a identifié avec divers rois de Perse et de Médie. L'hypothèse la plus vraisemblable qu'on ait émise à son sujet parait être celle de M. Robiou. Ce savant a supposé qu'Enoch ou Arioch était un roi d'Élam, appelé dans les documents cunéiformes Urtaki. Ce fut le premier adversaire contre lequel eut à lutter dans ce pays le roi de Ninive Assurbanipal. Celui-ci a raconté sa campagne contre Urtaki sur un de ses cylindres. Voir le texte dans G. Smith, History of Assurbanipal, 1871, p. 100-107. L'Érioch de Judith était un roi d'Élam comme Urtaki. « Si l'on admet qu'un copiste grec ait omis le petit trait transversal d'un t, le texte grec fApiw-/) et le texte syriaque (Arïuc) qui en dérive, reproduiront fidèlement le nom du roi Urtaki , » dit M. Robiou, Deux questions de chronologie et d'histoire éclaircies par les Annales d' Assurbanipal, dans la Revue archéologique, juillet 1875, t. xxx, p. 29. — La plaine d'Érioch (ntoiov Apior/; campus Erioch), dont il est parlé dans ce même passage du livre de Judith, i, 6, doit s'entendre des possessions en plaine du roi d'Élam , par opposition à la partie montagneuse de ses États.
F. Vigouroux.
ÉSAAN (hébreu: 'Es' an; Septante: Codex Vaticanus, Sojxi ; Codex Alexandrinus, 'Eo-iv), ville de la tribu de Juda, mentionnée une seule fois dans l'Écriture, Jos., xv, 52. Citée entre Ruma et Janum, elle fait partie du deuxième groupe de « la montagne », principalement déterminé par Hébron. Jos., xv, 52-54. Van de Velde, Memoir to accompany the Map of the Holy Land, Gotha, 1858, p. 310, tout en la distinguant d'Asan de Jos., xv, 42, voudrait l'assimiler à l'Asan de I Par., îv, 32, et à la Kôr-'Asàn (Vulgate : lacus Asan) de I Reg. , xxx , 30. Mais l'orthographe des noms ne
permet pas de confondre jyu/x, 'ÉS'ân, avec jury, 'Asân;
puis la situation des localités n'est pas la même. Voir Asan, t. i, col. 1055. L'emplacement d'Ésaan pourrait être déterminé d'après celui des deux villes précédentes : Arab correspond probablement à Khirbet Er-Rabiyéh, au sud-ouest d'Hébron, et Ruma, d'après l'hébreu Dûmâh , à Khirbet Daouméh , un peu à l'ouest d'-EV- Rabiyéh. Voir Arab, t. i, col. 819. Mais aucun site, dans ces parages, ne rappelle l'antique dénomination hébraïque. Cependant, comme le texte grec du Vatican porte Soiii, quelques exégètes ont pensé qu'És'dn était une leçon fautive pour Sàina' (Septante : Sïjiai; Vulgate: Samma), 1 Par., Il, 43, et, d'après cela, ont cru reconnaître la cité dont nous parlons dans Es-Simîâ, lieu ruiné, situé à peu de distance au sud d'Er- Rabiyéh. Cf. Keil, Josua, Leipzig, 1874, p. 134. Telle est l'identification adoptée, au moins comme possible, par les explorateurs anglais. Cf. Suruey of Western Palestine, Memoirs , Londres, 1881-1883, t. m, p. 313, 378; G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 62. L'emplacement répond bien aux données scripturaires; mais il faut avouer que l'opinion repose sur une base très fragile, une supposition que n'appuient ni le texte hébreu, dont les manuscrits n'offrent aucune variante , ni les anciennes versions, à part le grec du Codex Vaticanus.
A. Legendre.
ÉSAÙ (hébreu : 'Êédv; Septante : 'liera-:), fils aîné d'Isaac et de Rébecca. Son histoire commence dans le sein même de sa mère, où les deux enfants jumeaux de Rébecca s'entre-choquaient : c'était une sorte de prophétie en action, révélant par avance l'opposition qui devait dans
la suite exister entre les deux frères et les luttes futures entre leurs descendants. Gen., xxv, 22-23. Cf. Rom., IX, 11-13. Il vint le premier au monde; « il était roux et velu comme un manteau de poils, cf. xxvn, 16, et on lui donna [à cause de cela] le nom d'Ésaù, » qui signifie « velu ». Gen., xxv, 25. Cette particularité, que les médecins désignent par le terme d'hypertrichose, semblerait indiquer un tempérament robuste et vigoureux, tel du reste qu'il se révéla plus tard par les goûts d'Ésaù pour les exercices violents de la chasse et la vie libre au grand air. Gen., xxiv, 27. Le mot que la Vulgate a rendu par« laboureur» a plutôt le sens d' « homme des champs »; à'ypoixo;, disent les Septante, traduction qui répond mieux au caractère d'Ésaù, dont les habitudes de chasseur ne convenaient guère au calme d'une existence vouée à l'agriculture.
Un jour qu'il revenait des champs accablé de fatigue, il vit un plat de lentilles que Jacob avait préparé. Ces légumes sont un mets fort apprécié des Orientaux , particulièrement en Egypte et en Syrie, même de nos jours. Cf. II Reg., xvii, 28. « Fais-moi, lui dit-il, je te prie, manger de ce [mets] roux, parce que je suis las. » Gen., xxv, 30. On ne saurait douter que Rébecca n'eut fait connaître à Jacob , son enfant de prédilection , l'oracle divin qui le concernait. Gen., xxv, 23. Jacob voulut donc profiter des dispositions où il voyait Ésaù pour prévenir les résistances que celui-ci pourrait opposer plus tard à l'accomplissement des promesses de Dieu, et il demanda à son frère de lui vendre, en échange du plat convoité, son droit d'aînesse : « Je me meurs, répondit Esaù, et à quoi me servira mon droit d'aînesse? » II y consentit donc et confirma même ce marché par un serment, que pour plus de sûreté Jacob exigea de lui, mais qu'il devait violer; ensuite « il prit du pain, le plat de lentilles, mangea, but et s'en alla, sans se soucier d'avoir ainsi vendu son droit d'aînesse ». Gen., xxv, 29-34. Saint Paul a qualifié Ésaù de profane et de sacrilège. Hebr., xn , 16. Ce mot est justifié par le mépris que fit Ksaù de la bénédiction paternelle. Il distinguait, il est vrai, entre le droit de primogéniture et cette bénédiction, Gen., xxvii, 36; mais on voit par les réponses d'Isaac que ces deux privilèges étaient inséparables. Gen., xxvn, 33, 35-37, 39-40. — Ce pacte honteux valut a Ésaù le surnom d'Édom, « roux, » en souvenir des lentilles qu'il avait payées de son droit d'aînesse. Toutefois cette appellation ne s'applique généralement, dans les Livres Saints, qu'au peuple formé par ses descendants et à la région qu'ils habitèrent.
Le fils aîné d'Isaac épousa ensuite, lorsqu'il eut atteint sa quarantième année, deux Héthéennes, Judith, fille de Béeri, et Basemath, fille d'Élon, quoique « elles eussent affligé le cœur d'Isaac et de Rébecca ». Gen., xxvi, 34. Mais, malgré ses torts, il restait toujours le fils aîné et conservait ses droits de primogéniture aux yeux de son père. Aussi, lorsque Isaac eut cru voir dans l'affaiblissement de sa vue un signe de sa fin prochaine, le vieux patriarche appela-t-il Ésaù pour lui donner sa bénédiction. Gen., xxvn, 1-4. Il n'avait pas compris sans doute toute la portée de la réponse de Dieu à Rébecca, Gen., xxv, 23, et il devait, d'ailleurs, regarder comme nulle la vente qu'Ésaû avait faite à Jacob. 11 lui ordonna donc de prendre ses armes et de lui apporter ensuite le gibier, quand il l'aurait apprêté de la manière qu'il savait être de son goût; après ce repas, il lui donnerait sa bénédiction. Or, pendant qu'Ésaû était à la chasse, Rébecca revêtit Jacob des habits de son frère, prépara un repas à Isaac, et le patriarche, trompé par les apparences et par l'affirmation de Jacob, lui donna solennellement la bénédiction de l'aîné. Gen., xxvil, 5-29. Ésaù arriva bientôt après; il rugit de colère et de douleur en apprenant ce qui s'était passé, et demanda à son père de le bénir lui aussi. Mais Isaac lui déclara que Jacob avait bien reçu cette bénédiction, qu'il venait réclamer trop tard. Vainement Ésaù
ESAU
ESCABEAU
voulut-il établir une distinction entre le droit d'ainesse, seul objet d'après lui de s, m marché avec son frère, et la bénédiction qu'il revendiquait comme son bien. Isaac, qui voyait les desseins du Seigneur, Gen., xxv, 22-23, accomplis dans ce qui venait d'avoir lieu, demeura inébranlable. Cependant, touché par les cris et les larmes de son fils, il lui accorda une bénédiction toute temporelle, Gen., XXVII, 30-40, consistant en ce qu'il recevrait ondance les produits de la terre et que sa postérité, d'abord soumise à celle de Jacob, recouvrerait plus tard son indépendance et serait puissante par la guerre. Gen.,
XXVII, 30-40. Beaucoup cependant traduisent ainsi le texte hébreu, y. 39: « Ta demeure n'aura ni la rosée du ciel ni la graisse de la terre, » ce qui est l'opposé de la Yulgate, mais désigne plus exactement l'Iduinée, le pays destiné aux enfants d'Esaù.
Les larmes qu'Ésaù avait répandues n'étaient pas les pleurs de la vraie pénitence, Hebr., xit, 17, mais l'etfet de la colère et du dépit. Au lieu de s'en prendre à luimême du malheur qui lui arrivait et de reconnaître qu'il n'avait plus de droits sur un bien qu'il avait vendu, il conçut pour son frère une haine mortelle et résolut de se venger de lui en le tuant aussitôt que son père serait mort. Gen.. xxvn, 41. Mais Rébecca, qui eut connaissance de ses projets, mit .lacoh à l'abri de ses coups en obtenant d'Isaac pour celui-ci la permission d'aller chercher une épouse en Mésopotamie. Elle pensait que la fureur et la haine d'Ésaû s'apaiseraient avec le temps. Gen., xsvii, 42- 16.
Rébecca connaissait bien son Bis Ésaû; il y avait dans cette nature impétueuse et indomptée plus d'ardeur et d'emportement que de malice réfléchie et durable. 11 ne garda pas rancune à Isaac de la bénédiction donnée à son frère, dans laquelle il dut reconnaître bientôt un effet de la volonté de Dieu; bien plus, la recommandation faite à Jacob de n'épouser aucune fille de Chanaan, Gen.,
XXVIII, 1, lui lit sentir plus vivement le déplaisir qu'il avait causé à ses parents en épousant autrefois deux Chananéenncs, et il choisit pour se l'unir par un troisième m.' 1 1 ii -.i cousine Mahéleth, Bile d'Ismaël. Gen., xwin. 0-9. D'autre part, son ressentiment contre Jacob s'affaiblit et disparut pour faire place à l'amitié fraternelle: et lorsque son frère, qui ne connaissait pas ce changement et tremblait au souvenir de sa colère, lui envoya, en revenant de Mésopotamie, des messagers, avec l'annonce de riches présents pour l'apaiser et se le rendre favorable, Ésaû accourut à sa rencontre, se jeta dans ses bras et le pressa tendrement sur sou cœur en le couvrant de ses baisers et de ses larmes, Gen., xxxil, 3-0, 13-21; xxxiil, 3-4. 11 ne reçut que malgré lui les dons de Jacob et lui proposa de se faire son compagnon de route; sur le refus de son frère, il voulut au moins lui laisser une escorte; mais, cette offre n'étant pas non plus acceptée, il revint au pays de Séir, d'où il était venu. Gen., xxxin, 9-10. Nous ne retrouvons plus les deux frères à côté l'un de l'autre que longtemps après, à l'époque de la mort d'Isaac; ils ensevelirent ensemble leur père et se séparèrent ensuite. Gen., \x\v, 9; XXXVI, 6.
La réconciliation de Jacob, la sépulture d'Isaac et la séparation qui la suivit, sont les seuls faits que la Genèse nous fait connaître au sujet d'Ésaû durant l'espace des quarante -trois ans écoulés depuis la bénédiction d'Isaac et le mariage avec Mahéleth; mais elle nous dit incidemment qu'à l'époque de sa rencontre avec Jacob il possédait mis biens, et les quatre cents hommes qu'il amène avec lui le font apparaître à nos yeux comme une sorte de scbeik puissant. Gen., xxxn, 6; xxxin, 9; cf. xiv, li. Nous savon ce passage de la Genèse, qu'il habi-
tait alors au pays de Séirj c'est là, en effet, que les envoyés de Jacob vinrent le trouver, et il y retourna après avoir quitté son frère. Gin., xxxn. 3; xxxin, 10. On ne nous dit pas à quelle époque il était allé demeurer dans cette contrée; mais il est vraisemblable que ce fut vers le temps
où il épousa Mahéleth. La vie errante des Ismaélites était faite pour plaire à ce chasseur, et rien de plus naturel pour lui que de se livrer aux entreprises aventureuses des enfants du désert. Les Horréens, dont les mont et les rochers étaient si favorables à cette nouvelle existence, durent donc sentir sans retard les premiers coups de celui qui allait inaugurer à leur détriment la vie que son père lui avait prédite, la a vie par l'épée s, Gen., xxvn, 40, en les chassant pour prendre la place réservée par Dieu à sa postérité. Deut., n, 5, 12. •
La résidence d'Esaù en pays de Séir ne doit pas toutefois s'entendre dans un sens rigoureux et exclusif. Il ne s'éloigna tout à fait et définitivement de Chanaan qu'après la mort d'Isaac. Gen.. XXXVI, 3-8. En quittant alors la Terre Promise sans esprit de retour, il laissait tout entier à Jacob l'héritage de la race bénie et reconnaissait ainsi, de la manière la plus explicite, la primogéniture de son frère et les droits que lui conférait la bénédiction paternelle. Il avait à celte époque cent vingt ans, et l'Écriture ne nous dit pas à quel âge il mourut. Elle ne nous apprend plus rien non plus sur les derniers événements de sa vie; elle nous le montre seui comme le père d'une nombreuse et glorieuse postérité, dont les tableaux généalogiques se lisent Gen., XXXVI, 1-5, 9-43 (cf. xxvi, 34; xxviii, 9), et I Par., i. 35-54.
Le nom d'Ésaû revient assez souvent dans l'Ancien Testament, mais a peu près toujours c'est une simple mention qui est faite de lui comme père des Iduméens. Les paroles que Malachie, i, 2, met dans la bouche du Seigneur: g J'ai aimé Jacob, et j'ai bai Ésaû, ■ doivent s'entendre des deux peuples issus des deux fils d'Isaac; ce qui rappelle, il est vrai, la destinée des deux ancêtres, dont le sort personnel et l'opposition figuraient le sort et l'opposition de leur postérité respective. — Dans le Nouveau Testament, saint Paul seul parle d'Ésaû, Rom., IX, 11-13, et Hebr., xi. 20; XII, 10-17. L'Apôtre, Kom., ix. 1 1 - 13, applique le texte de Malachie à la personne même de Jacob et d'Ésaû, et il montre dans le choix que fait Dieu de l'un au détriment de l'autre, sans aucun aux qualités, aux œuvres ou aux droits naturels, le type et la preuve en même temps de la gratuité de la . et de la foi, l'inutilité des mérites naturels pour la collation de cette grâce et pour le salut qu'elle opère. Il fait voir, Hebr., xi , 20, que l'exclusion d'Ésaû de la bénédiction messianique fut un effet de la foi d'Isaac aux promesses divines. 11 rappelle, Hebr., XII, 10-17, la le sacrilège d'Esaù, vendant son droit d'ainesse pour un plat de lentilles, et l'inefficacité Je s. m repentir et de ses larmes pour reconquérir ses privilèges perdus.
E. Pai.is.
ESBAAL (hébreu: 'ÉSba'al; Septante: "A<ri6«X; Codpa; Alexandrinus : 'h,;»»).), quatrième fils de Saûl, 1 Par., VIII, 33; ix, 39; le môme qu'Isboseth. Voir Isbo-
SETII.
ESBON (hébreu : 'Éfbôn; Septante : 'AceSuv; Codex Vaticanus : Se6Ûv), descendant de Bêla, l'aii enfants de Benjamin, I Par., vu, 7. Ce verset contient non des fils, mais des descendants éloignés, qui, au temps
où la liste fut rédigée, étaient chefs Je cinq familles principales de la race de Bêla. Cf. I Par., vm, 3-4, et Num., xxvi, Vu.
ESCABEAU (hébreu : hâdôm; Septante : ûnonôSiovj Vulgate : srabellum), I" petit siège s.in- dossier ni bras, 2° marchepied (hébreu: kébéS : traduit invariablement par les Septante).
1. L'escabeau, pris dans sa signification littérale de petit siège, n'est pas mentionné dans l'Ancien I ment; mais l'emploi des métaphores, que nous expl rons plus loin, permet d'affirmer que l'escabeau était connu des Juifs, quoique la coutume générale en Orient soit de s'asseoir par terre ou sur un divan. — 1° Saint
ESCABEAU
Jacques, n, 2 et 3, signale l'existence d'escabeaux dans les maisons particulières. L'apôtre, recommandant aux chrétiens de ne pas faire acception des personnes et de ne pas juger les hommes d'après leur extérieur, dit que dans les réunions privées il ne faut pas offrir la première place au riche qui porte un anneau d'or et un vêtement brillant, tandis qu'on laisse debout le pauvre en haillons et qu'on ne lui donne d'autre place que « sous l'escabeau des pieds », c'est-à-dire par terre. — 2° Salomon s'était fait élever un trône d'ivoire, auquel était fixé avec de l'or
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