‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 285 sur 486 · ESDRAS · texte numérisé non relu

ESDRAS

est inconnue. Comme il n'est pas question de lui à l'époque du second voyage de Néhémie à Jérusalem, la trente-deuxième année d'Artaxerxès Longuernain (433), on peut admettre qu'il était mort en Judée avant 433, ou bien qu'il était retourné en liabylonie. D'après Josèphe, Anl. jud., XI, v, 5, il serait mort à Jérusalem; mais cet historien parait mal renseigné sur la fin du célèbre réformateur, car il le fait mourir avant l'arrivée de Néhémie en Palestine, ce qui est en contradiction formelle avec II Esdr., Il, 1; vin, 1. D'après une tradition juive, il serait mort à Babylone, à l'âge de cent vingt ans; d'après une autre tradition, c'est en revenant de Jérusalem à Suse, à la cour d'Artaxerxès, qu'il aurait terminé sa vie, dans le cours de son voyage, à Zamzoumou, sur le Tigre, prés du conlluent de ce fleuve avec

moire tous les livres hébreux de l'Ancien Testament, qui avaient été perdus. Celte fable trouva créance, îiu'iiie chez quelques Pères de l'Eglise. Voir.I. Fabricius, Codex pseudepigraphus Veteris Testament! , ccxxxiv, 2« édit., Hambourg, 17x2, t. n, p. 1150-1160. — 3» Les auteurs juifs du moyen âge ont fait d'Esdras le président de ce qu'ils appellent la Grande Synagogue, nbnm nD33, kenésé{ hag-gedôlâh; mais tout est controversé au sujet de celle institution, même son existence. Voir Canon, col. 140. — 4° La substitution de l'écriture carrée à l'ancienne écriture phénicienne, dans la transcription des Livres Saints, fut l'œuvre d'Esdras, d'après le Talmud, Sanhédrin, c. 2. Cf. S.Jérôme, Prolog, galeat. , t.xix, col. 548-549. 11 est néanmoins plus admissible que l'écriture hébraïque se modifia insensiblement et se trans-

i;o3. Tombeau d'Esdras, sur les bords du Tlgro, d'après une tradition juive.

l'Euphrate. A. Layard, Xineveh and Babylon, 1853, p. 501 -502. On voit là un tombeau qui porte son nom (fig. 003), et (pli est depuis des siècles un lieu de pèlerinage pour les Juifs. — Esdras est l'auteur du livre qui porte son nom (1 Esdras). On lui attribue aussi la rédaction des Paralipomènes ; quelques-uns ont cru, mais sans raison, qu'il avait également composé les deux derniers livres des Rois. Quant aux livres apocryphes connus sous les noms de troisième livre d'Esdras et d'Apocalypse ou quatrième livre d'Esdras, voir plus loin, col. 1948, et t. i, col. 765.

11. LÉGENDES SUR Esuius. — Esdras avait joué un rôle important à son époque, el les réformes qu'il avait introduites parmi les Juifs revenus de la captivité lui avaient acquis une telle réputation, que la légende ne larda pas à s'emparer de sa personne et à en faire comme un second Moïse. Voir .losl, Ceseliielite tics Israélite», Berlin, 1828-1847. l. m, p. 44, — 1° On lui attribua, et avec quelque raison sans doute, une grande pari dans la fixation du canon de l'Ancien Testament (Voir Canon, col. 138-140). — 2" Un livre apocryphe, le quatrième livre d'Esdras, XIV, 22-47, raconte qu'il dicta de mé-

forma d elle-même avec le temps par variations graduelles. Voir ÉCRITURE, col. 1581-1582. On pourrait

seulement supposer qu'Esdras autorisa officiellement, dans la transcription des Livres Saints, l'emploi de l'écriture carrée, déjà usitée dans l'usage profane. — Quant à l'invention des points-voyelles, dont on a voulu faire aussi honneur à Esdras (voir Fabricius, Codex psemlepigraphus V. T., ccxxxv, p. 1 160- Util), elle lui est de beaucoup postérieure, parce que ces points n'existaient pis encore lorsque saint Jérôme lit sa traduction do l'Ancien testament. — 5" Les traditions juives attribuent à Esdras, probablement avec plus de raison, une part importante dans l'organisation des synagogues. On dit que ce fut lui qui établit le tojTW, tôrgoman, drogman ou « interprète n, chargé de traduire el d'expliquer au peuple les Livres Saints. Megilla, f 74. Voir Synagogue. — 6° Certains rationalistes de nos jours ont abusé des fables juives sur Esdras pour lui attribuer, sans preuves, la rédaction définitive du Pentateuque et du livre de Josué. Voir Pkntateuque. F. VlGOUROi x.

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