‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 287 sur 486 · ESDRAS (PREMIER LIVRE D') — ESDRAS (TROISIÈME LIVRE D · texte numérisé non relu

ESDRAS (PREMIER LIVRE D') — ESDRAS (TROISIÈME LIVRE D

seraient dues, non pas à des citations de documents, mais à des causes accidentelles en vertu desquelles, pour certains passages, le targum nous est parvenu au lieu de l'original. Cette hypothèse est d'autant plus invraisemblable, qu'il ne nous reste pas de targum d'Esdras et de Daniel. L'emploi des deux langues dans l'original s'explique facilement. A une époque où l'hébreu et le chaînaient connus des Israélites, Esdras a pu se servir indifféremment de l'un et de l'autre. Il était naturel qu'il rapportât les documents officiels qu'il citait dans leur propre idiome, c'est-à-dire en chaldéen, usité par la chancellerie perse dans ses rapports avec ses sujets de l'Asie occidentale. Une citation en cette langue l'a porté à l'employer dans son propre récit, comme Daniel, qui, après avoir reproduit en chaldéen l'entretien des mages avec le roi, n, 4, cesse de parler hébreu et continue lui-même dans la langue des mages, m -vu. Ou bien Esdras a inséré dans sa relation des récits préexistants, qu'il trouvait en chaldéen, comme, par exemple, le fragment iv. 23-vi, 18. L'araméen d'Esdras ressemble à celui de Daniel. Voir col. 1272. Il présente les mêmes particularités grammaticales, Trochon. Daniel, Paris, 1882, p. 35-36, et tous deux se distinguent, par de nombreux hébraïsmes, des plus anciens Targums. On a relevé aussi dans le premier livre d'Esdras quelques expression? d'origine persane, telles que athersalha, I Esdr.. Il, G3 voir t. i, col. 1221 |; nisteeàn, l Esdr., iv, 8; pi(gàmâ, I Esdr., iv, 17; 'ahasdarpenim , I Esdr., VIII, 3(3. Leur emploi résulte des rapports politiques que les Juifs avaient alors avec les Perses, sous la suzeraineté desquels ils vivaient.

2° Le texte d'Esdras nous est parvenu en assez mauvais état. On y constate de nombreuses altérations dans les noms propres et dans les nombres. S. Baer, Libri Danielis , Esdras et Nehemix, Leipzig, 1882, a recueilli les variantes. Quelques fautes de transcription ont été signalées par Kaulen, Einleitung in die heilige Schrift, 2« édit., Fribourg-en-Brisg'au, 1890, p. 213-214.

X. COMMENTATEURS. — Aucun des anciens Pères grecs et latins n'a commenté le premier livre d'Esdras. Le plus i commentaire est celui du vénérable Bède, In Esdram et Nehemiam prophetas allegorica expi I. xci . col. 807-924. A partir du xvi" siècle, on compte quelques commentaires spéciaux: Sanchez, Coma, nus in libros Ruth, Esdras, Nehemix, Lyon, 1628; A. Crommius, /// Job..., Esdram, Nehemiam, Louvain, liiii'J: N. Lombard, In Nehemiam el Esdram commentarius litieralis , moralis, allegoricus, Paris, 1643; L. Mauschberger, In libros Paralipomenorum , Esdrx, Tobiœ, Olmutz, 1758. An xix* siècle, nous citerons : parmi les catholiques, B. Neteler, Die Bûcher Esdras, Nehemias ami Esther aus dem Vrtext uberselzt und erklârt, Munster, 1877; Clair, Esdras et Nehemias, Paris, 1882; parmi les protestants, E. Bertheau, Die Bûcher Ezra, Nehemia and Esther, Leipzig, 1862; K. C. Keil, Biblischer Commentât ûber 'in- nacltexiUschen Geschichtsbûcher : Chronik, Esra, Nehemia und Esther, Leipzig, 1870; (i. Rawlinson, Ezra, Xe/iemiah , Londres, 1873; F. \Y. Schultz, Die Bûcher Esra. Nehemia "ml Esther, Bielefeld, 1876; Oettli et Meinhold, Chronik, Esra and Nehemia, Ruth ami Esther ami Daniel, Munich, 1889; \V. Vloiiey, Ezra, Xe/iemiali ami Esther, in-8", Londres, 1893; Hyle, Ezra (dans Cambridge Bible for srhoots).

E, Mangenot.

6. ESDRAS (SECOND LIVRE D' i. Le livre de Néliémie est ainsi intitulé dans la Vulgale. Voir NÉm WE (Livre de).

7. esdras (troisième livre D'). Le livre apocryphe que nous appelons Troisième livre d'Esdras porte dans la Bible îles Septante le titre de Premier livre d'Esdras,

que notre Esdras canonique y est qualifié de Second Iras, et que notre Néhémie canonique ne fait

qu'un avec le Second livre d'Esdras. — Le livre apocryphe dit Troisième livre d'Esdras est pour une part une compilation. Il reproduit le livre canonique d'Esdras (n, 1-14 = 1 Esdr., i; n, 15-25 = I Esdr., iv, 7-24 ; v. 7-70= I Esdr., Il, 1-iv, 5; vi-vii = I Esdr., v-vi ; vm-ix. 36 = I Esdr.,vn-x), auquel il ajoute: — 1° en têle. chapitre premier, un fragment des Paralipomènes (II Par., XXXVxxxvi i. c'est-à-dire l'histoire du royaume de Juda depuis la restauration du culte sous .losias jusqu'au départ pour la captivité; — 2" à la lin du chapitre neuvième (37-55), un fragment de Néhémie (II Esdr., vu, 73-vni, 13 racontant la lecture de la Loi de Dieu, que fait Esdras aux enfants d'Israël. Au milieu de ces pièces rapportées, l'auteur a inséré (m-v, 6) un texte qui lui est propre. A l'exception de ce texte, auquel nous allons revenir, notre apocryphe n'est donc qu'une suite de deutérographes. Le compilateur parait avoir travaillé, non sur une version grecque, mais sur l'original hébreu- araméen : à ce compte, sa compilation peut servir à faire la critique du texte original des morceaux qu'il a employés, quoiqu'il traduise assez librement. On a soutenu, il est vrai, que notre apocryphe était antérieur à l'Esdras canonique que nous disons qu'il a compilé; mais ce paradoxe, soutenu par Howorlh, n'est pas pris au sérieux. Tout ce que l'on peut dire pour fixer une date au Troisième livre d'Esdras. c'est qu'il est très postérieur aux événements qu'il rapporte, et antérieur à Josèphe, qui le transcrit presque en entier [Anl. jud., XI, i-v).

Le compilateur n'a pas suivi les données chronologiques de l'Esdras canonique : il parait distinguer entre l'expédition de Sassabasar, sous Cyrus, et celle de Zorobabel, qu'il avance jusqu'à la seconde année de Darius (520), Il ignore que le passage iv, 7-24, de l'Esdras canonique n'est qu'une parenthèse, ou plutôt un fragment hors de sa place; il le reporte plus avant encore, entre l'édit de Cyrus (536) et le retour de Zorobabel (520 . Le Temple est achevé en 516, et on en fait, une dédicace solennelle. Puis le récit passe immédiatement, comme dans l'Esdras canonique, à l'action réformatrice d'Esdras, favorisée par un Artaxerxès (Il ou III), roi de Perse. Il n'est pas le moins du monde question de Néhémie; le compilateur n'emprunte a ses Mémoires que le morceau (ix, 37-55, correspondant à 11 Esd., vu. 73viii, 13) consacré au récit de la lecture solennelle de la Loi par Esdras.

La partie propre du Troisième livre d'Esdras | m-v, 6) parait èlre une légende ou haggada Bxée directement en grec. A la suite d'un festin, trois gardes du corps de Darius font un pari à qui écrira la sentence la plus sage et méritera par là les faveurs royales. Le premier écrit : « Le vin est fort. » Le second : « Le roi esl plus fort. » Le dernier: « Les femmes sont plus fortes, mais la victoire reste encore à la vérité. » Le roi, à son réveil, lit les sentences, assemble son conseil, et ordonne aux sages de défendre chacun son opinion. Suit une description de la force du vin, de la puis-uni' loyale et de la séduction Féminine. Toutefois l'avocat de cette troisième cause conclut jiar l'éloge de la vérité et de son pouvoir invincible : c'est que la vérité' est Dieu. Toute l'assemblée acclame le dernier orateur et s'écrie après lui : I Grands est la vérité, à elle reste la victoire. » Le roi, charmé luimême, promet au vainqueur de combler tous ses désirs. Or le vainqueur est Zorobabel : il rappelle au prime le dessein qu'il avait formé' de relever Jérusalem el de re lia tir le Temple. Darius lui permet de rentrer dans la patrie de ses pères, de relever le Temple aux liais du trésor royal, et Zorobabel part avec une escorte octroyé) Darius. Suit loinini. ration des expéditionnaires.

Le dessein du compilateur du Troisième livre d'Esdras parait avoir été de fournir une histoire du Temple depuis .losias jusqu'à une époque que nous ne pouvons dél irminer avec, précision; le livre se termine trop brusquement pour qu'il ne soit pas naturel de penser à une lacune

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