‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 291 sur 486 · VERSIONS ANTÉRIEURES AU XVI' SIÈCLE FAITES SUR · texte numérisé non relu

VERSIONS ANTÉRIEURES AU XVI' SIÈCLE FAITES SUR

LUÈBREif. — Il est impossible d'assigner à ces versions une date précise; on ne peut donc les classer chronologiquement. — 1° Signalons en premier lieu, un peu au hasard, une version anonyme, qui porte actuellement le n» 4 parmi les manuscrits bibliques de l'Escurial. On croit que cette version remonte au XIVe siècle, mais la chose reste cependant un peu indécise. Le codei comprend 530 feuillets grand in-f°, avec quelques enluminures, lettres ornées ou gravures. 11 embrasse tout l'Ancien Testament, tel qu'il figurait dans le canon des Juifs de Palestine. L'ordre dans lequel les livres sont placés est aussi celui des Juifs, non celui de la Vulgate. On y remarque même certaines particularités qui sciaient propres aux Juifs d'Espagne, d'après Bleek , Enleitung in das A. T., Berlin, 1800. p. 36. De même les noms qu'on donne à certains livres sont différents des noms usités parmi nous. Les voici selon l'ordre qu'ils occupent : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, les Juges, Samuel, les Rois, Isaïe, Jérémie, Ezechiel, les douze petits Prophètes (ordre de la Vulgate >, la Chronique des Rois, c'est-à-dire les Paralipomènes, les Psaumes de David, Job et ses trois amis, les Exemples (Proverbes) de Salomon, le Cantique des cantiques, Ruth, les Lamentations de Jérémie, le Vanitas vanilalum (ou Ecclésiaste) de Salomon, le roi Assuérus et la reine Esther, Daniel le prophète du Seigneur, Esdras et enfin les Machabées. Ce dernier écrit n'a jamais appartenu au canon des Juifs de Palestine, bien que des deux livres dont il se compose le premier ait été écrit en langue hébraïque. Sa présence ici a donc lieu de surprendre et amènerait presque à supposer que la version dont il s'agit était faite sur le latin de saint Jérôme. Mais, d'autre part, l'absence des deutérocanoniques, Tobie et Judith, Sagesse et Ecclésiastique, comme aussi la place assignée aux différents livres, le nom qu'on donne à plusieurs d'entre eux et divers autres indices paraissent de surs garants que le traducteur a dû faire son travail principalement sur l'hébreu et devait être du nombre de ces Juifs qui embrassèrent le christianisme sans renoncer réellement à certaines opinions qu'ils tenaient de leurs pères. Tel est le sentiment de R. de Castro, Bibluiteca, t. I, p. 431-433. On peut établir d'ailleurs par le témoignage d'un auteur du IXe siècle, Alvare de Coidoue, qui vivait au milieu des musulmans, qu'à cette date les Espagnols catholiques admettaient les mêmes livres sacrés que nous, mais les plaçaient de fait dans un ordre ez différent du nôtre. Voir Espana sagrada, t. xi, p 281 -284. Le fait a lieu de surprendre, puisque saint Isidore suivait l'ordre de la Vulgate, Etijmotog., VI. 1, t. xxxii, col. 229; mais il n'en est pas moins indiscutable.

2° Eguren mentionne une seconde version espagnole de l'Ancien Testament, qu'il dit laite « en partie sur l'hébreu », et dont on ne connaît non plus qu'un seul exemplaire, encore bien incomplet, puisqu'il ne commence qu'aux grands Prophètes. Les deux livres des Machabées y sont compris et en font la conclusion. Cette version, d'après le même auteur, est l'œuvre d'un Juif converti, le rabbin Salomon. Le manuscrit, en beau vélin, appartient à la Bibliothèque de l'Académie royale d'histoire de Madrid. Il est à deux colonnes : la première contient le texte latin, la seconde le texte espagnol. Les chapitres XIH et xiv de Daniel, qui manquent dans le texte hébreu, ne sont représentés ici que par le texte latin : ce qui donne réellement à penser qu Eguren est dans le vrai lorsqu'il affirme que le traducteur espagnol ne s'occupe que du texte hébreu. Les Lamentations de Jérémie y font également défaut, quoiqu'elles fassent partie

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