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environs et dépendantes de la ville augmentaient son importance; un groupe de maisons, dans ces conditions, pouvaient, dès les temps anciens, se trouver à la place où est aujourd'hui 'Ourtàs; le khirbet el-Khûkh pouvait être l'acropole de la ville. Toutefois un grand nombre de localités désignées dans l'Écriture sous le nom de villes et même de villes fortes, n'occupaient pas un emplacement plus vaste que celui de la ruine dont nous parlons. Comme il n'existe pas dans tous les alentours d'autre ruine plus considérable, et que le site d'Ourtâs ne se prête nullement à être fortifié et défendu, il ne semble pas que l'on puisse chercher ailleurs l'ancienne ville forte d'Étam qu'au Khirbet el-Khoùkh. La région (-/(opiov) d'Étam dont parle Josèphe ne parait point ditïérente de la vallée d'Ourtâs, située, en effet, à peu près exactement à la distance de Jérusalem indiquée par l'historien juif, se distinguant précisément par la fertilité de ses jardins, par l'abondance des eaux qui y convergent, et près de laquelle se retrouve le nom d'Étân.
II. Description. — Le Khirbet eî-Khûkh occupe le sommet d'une colline se terminant en forme de cône. Des vallées assez profondes l'environnent comme d'un vaste fossé naturel. Ses lianes recèlent plusieurs grottes «t des cavernes sépulcrales. La ville, d'après l'étendue de ses ruines, pouvait contenir un millier d'habitants. Le village d'Ourtâs est distant de cette colline de moins d'un kilomètre. Il est situé au-dessous du chemin qui vient de Bethléhem, en suivant le côté nord de la vallée. Ses maisons descendent comme par gradins jusqu'au bas de la montagne. Elles sont généralement de misérable apparence, mal entretenues et tombant en ruines. Ses habitants, tous musulmans, n'atteignent pas le nombre de trois cents. Au pied du village jaillit une source abondante d'eau limpide et saine; elle est appelée 'Aïn 'Urtâs. Ces eaux se rendaient jadis, par un canal dont les restes sont visibles en plusieurs endroits, jusqu'au Djébel- Ferdés, l'antique Hérodium. Elles passent aujourd'hui ■dans un petit bassin de dix mètres de longueur sur six de large, en grande partie ruiné. Un peu plus bas, un second bassin de onze mètres de côté, formé de belles pierres et bien conservé, recevait aussi une partie des eaux de la fontaine par un canal pratiqué sur le flanc de la montagne. On a trouvé, il y a quelques années, tout à côté une grande salle ruinée, où gisaient, parmi les débris, des tronçons de belles colonnes de marbre blanc et des chapiteaux corinthiens. Les gens de l'endroit nomment cette ruine El-Hammàn, « le bain, » parce que cette construction parait, en effet, avoir eu cette destination. Sur un des contreforts de la montagne, en face du village d'Ourtâs, à l'ouest, s'élève une construction d'assez -gracieuse apparence et environnée d'un mur élevé; elle ■est destinée à être habitée par une communauté de religieuses.
La vallée d'Ourtâs a son origine à deux kilomètres à l'ouest du village. Elle se dirige d'ouest à est l'espace de trois kilomètres; prenant alors la direction du sudest, elle change de nom et devient l'ouadi et-Tàhûnéh, « la vallée du Moulin. » Depuis 'Ourtàs presque jusqu'à ce point, la vallée est un grand jardin dont la végétation Juxuriante contraste avec la nudité pierreuse des montagnes qui le resserrent au nord et au sud et paraissent le fermer de toutes parts. Les amandiers, les cognassiers, les citronniers , les orangers et les grenadiers y croissent à côté des pêchers, des poiriers, des pruniers, des pommiers et des noyers. Toutes les espèces de légumes y sont cultivées avec succès, et on a pu obtenir dans le cours d'une année jusqu'à cinq récoltes successives de pommes de terre. La prodigieuse fertilité de ce jardin est due sans doute à la nature du sol, à la température tiède de la région, protégée par les montagnes qui l'environnent contre la rigueur des vents; mais surtout à l'abondance de l'eau fournie spécialement par les trois grands bassins, El- Uu/ak, connus des Européens sous le nom de Vasques
ou Étangs de Salomon. Voir t. I, col. 799 et fig. 190, ibid. Ces bassins occupent toute la partie supérieure de la vallée, au-dessus de la colline El-Khoùkh. A quelques pas de la piscine, en face de son angle nord -ouest, est un grand château de forme rectangulaire, avec des murs crénelés et flanqué d'une tour carrée à chacun de ses angles. Il a été bâti au xvne siècle, pour y loger les soldats chargés de la garde des bassins. L'intérieur en est maintenant fort délabré. Il est désigné sous le nom de Qala'at el-Bwak, « le château des Vasques. » — Destinés à capter les eaux des pluies de l'hiver, comme on le voit par des canaux à ciel ouvert qui descendent des montagnes voisines, les trois bassins devaient recueillir en outre les eaux de toutes les sources importantes de la région. Celle qui leur a toujours apporté le tribut de ses eaux est le 'Aïn Sàleh.Voir 1. 1, col. 799. Une seconde source jaillit au sud du château et unit son eau à celle qui va se déverser dans le canal du 'Aïn Sàléh. Une troisième source abondante sort dans la chambre du bassin inférieur. La quatrième, 'Aïn 'Etân, captée dans une chambre à voûte cintrée, construite à deux cents pas du grand bassin, envoie ses eaux par un canal à un petit réservoir disposé au nord de ce bassin et destiné à recevoir également les eaux des autres sources qui devaient être conduites plus loin. Un canal long de huit kilomètres amène du sud, en passant par l'ouadi Deir el-Benàt, les eaux des sources de l'ouadi el-Biâr, « la vallée des Puits. » Un autre canal prend les eaux des fontaines de 'Arrûb, à dix kilomètres des Vasques, près de la route d'Hébron, et leur fait parcourir, par d'innombrables circuits à travers les montagnes, un espace de quarante-cinq kilomètres avant de les amener aux bassins d"Urtàs. Toutes ces eaux auraient été surabondantes pour l'arrosage des jardins; elles étaient destinées principalement au service du Temple et aux besoins de Jérusalem. On peut suivre encore les canaux, en grande partie ruinés aujourd'hui, partant des Vasques, qui conduisaient ces eaux par de longs détours jusqu'au Hardm es-Sérif, qui a remplacé l'ancien Temple. Voir Aqueduc, t. i, col. 798-803.
111. Histoire. — Samson, après avoir incendié les moissons des Philistins , alla habiter une caverne du rocher d'Étam. Les Philistins pénétrèrent sur le territoire de Juda pour s'emparer de lui. Trois mille hommes de la tribu vinrent à Étam, à la caverne où était Samson, le lièrent et le conduisirent aux Philistins. Jud., xv, 8-13. Le rocher d'Étam, selon V. Guérin, n'est autre que la colline rocheuse sur laquelle se trouve le Khirbet el- Khùkh. Le récit de Josèphe, Ant. jud., V, vin, 8, faisant d'Étam un rocher fortifié, itétpa ô/upâ, confirme cette opinion. Cependant, d'après Conder et d'autres, le rocher d'Étam serait différent de la forteresse d'Étam; il faudrait le chercher aux environs de Beit-'Afâb, et voir le refuge de Samson dans quelqu'une des cavernes des montagnes des environs. Nous ne voyons aucune raison solide pour supposer l'existence d'un second Étam. La Bible, en nommant Étam de la tribu de Juda, semble l'indiquer comme s'il était seul. — Une croyance répandue chez les Juifs, les chrétiens et les musulmans, attribue au roi Salomon la création des jardins d'Étam, la construction des piscines et de plusieurs des aqueducs et des autres travaux exécutés pour capter les eaux de3 sources. Le monarque ferait allusion à ces jardins lorsque, parlant de sa bien-aimée, Cant., iv, 12, il dit d'elle : « C'est un jardin fermé, ma sœur, mon épouse, c'est un jardin fermé; » et il parlerait de la fontaine 'Aïn Sàléh, lorsqu'il ajoute : « [Elle est] une fontaine scellée. » Fondés sur cette croyance, depuis plusieurs siècles les pèlerins chrétiens ont coutume d'appeler le 'Aïn Sàléh Fons signatus, « la fontaine scellée, » et les jardins d'Ourtâs Hortus conclusus, « le jardin fermé. » Il semble même que c'est celte dénomination d' hortus, acceptée des Arabes, qui se continue sous la forme 'Urtàs. Salomon aurait eu encore spécialement en vue les mêmes jardins et les