‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 306 sur 486 · ÉTABLE — ÉTAIN · texte numérisé non relu

ÉTABLE — ÉTAIN

enferme les troupeaux. C'est le terme dont se sert Homère en parlant de la bergerie desCyclopes; la description qu'il en fait convient parfaitement aux bergeries de la Palestine. Odys., IX, 181-185. Les bergers qui gardaient leurs troupeaux la nuit, dans les environs de Bethléhem, Luc, II, 8, lors de la naissance du Sauveur, devaient les tenir enfermés dans ces sortes de parcs. La description qui va être donnée de ces bergeries orientales fera comprendre les détails de la parabole du bon Pasteur en saint Jean, X, ainsi que ce qui en est dit dans les autres passages des Écritures.

III. Description d'une bergerie en Orient. — La bergerie orientale consiste essentiellement dans un espace enclos, comme l'indiquent la plupart des noms qui lui sont donnés. Ces parcs sont souvent placés près des cavernes, qui abondent en Palestine. Cf. I Reg., xxiv, 14. M. Thomson dit à ce sujet : «J'en ai vu un grand nombre à l'entrée des cavernes; et, en vérité, il n'y a pas dans le pays une grotte habitable où l'on ne remarque, en avant, un parc ou bercail, enclos en entassant, les unes sur les autres , des pierres détachées de manière à former un mur circulaire, qu'on recouvre d'épines pour garantir davantage le troupeau contre les voleurs et les bétes fauves. Pendant les orages et durant la nuit, les troupeaux s'abritent dans la caverne ; le reste du temps, ils demeurent dans ce bercail fermé. » W. M. Thomson, The Land and the Eook. Southern Palestine, in-8°, Londres, 1881, p. 313. Les parcs des troupeaux sont en effet toujours clos par des murs ou par des palissades d'épines , par crainte des bètes féroces et des voleurs. Quand ils ne sont pas placés près d'une caverne, il y a dans les bergeries actuelles, en Syrie, au fond du parc en plein air, une étable grossièrement bâtie, basse, à toit plat (tîg. 611), qu'on appelle mdrâh , et où l'on enferme le troupeau quand les nuits sont froides , depuis le mois de novembre jusque vers Pâques. Lightfoot, Horx hebraicse, sur Joa., x, 1, dans ses Works, 2 in-f°, Londres, 1684, t. n, p. 575; B. Winer, Biblisches Bealwôrterbuch, 3e édit., 1848, t. n, p. 661. Lorsque le temps est beau , chèvres et brebis restent en plein air. On pénètre dans la clôture par la porte qu'on voit sur la ligure 611. Les voleurs cherchent à y pénétrer par un autre endroit que par la porte, Joa., X, 1, afin d'échapper à la vigilance de celui qui la garde et que l'évangéliste appelle ostiarius, ôupwpô;. Joa., x, 3. — D'après le Talmud, Becoroth, f° 386, pour payer la dîme des brebis, on les enfermait dans leur parc, ef l'on y ouvrait une petite porte où elles ne pouvaient passer que l'une après l'autre; on les faisait alors sortir par cette porte , en comptant depuis un jusqu'à dix ; chaque dixième était marquée d'une marque rouge, et l'on disait : « Voici la dîme. »

IV. L'étable DE Bethléhem. — Saint Luc, n, 17, raconte que Notre- Seigneur, après sa naissance, fut placé dans une crèche (çàr/r,; Vulgate : prxsepium). Il était donc né dans une étable. Voir t. i, fig. 146, col. 573. L'évangéliste nous explique que Jésus naquit en ce lieu, Luc, n . 17, parce que Marie et Joseph n'avaient point trouvé de place dans le caravansérail de Bethléhem (y.o«i).uu.a; Vulgate : diversorium. Voir col. 254). Le caravansérail ou khan dont il est question ici est probablement celui qui avait été élevé par Châmaam. Voir col. 516. La tradition nous apprend que la sainte famille, ne pouvant s'installer dans le khan, se réfugia dans une grotte naturelle, (T7tr,),a!ov, disent saint Justin, Dial. cum Tryph., 70, t. vi, col. 657, et Origène, Cont. Cels., i, 51, t.xi, col. 756; Svtpov, dit Eusèbe, De Vit. Constant., m, 41, t. xx, col. 1101; specus , dit saint Jérôme, Epitaph. Paulx, Epist. cvin, 10; Épist. Lvnr ad Paulin., t. xxn, col. 884, 581, ""1 te servait d'étable, suivant un usage assez commun dans le pays. Voir Bethléhem, t. i, col. 1692-1603; Mislin, Les Saints Lieux, édit. de 1858, t. in, p. 486-500. Les nombreux changements qui ont étc faits à cette grotte, enfermée aujourd'hui dans l'église de la Nativité, ne

permettent pas de dire ce qu'elle a été autrefois. Voir V. Guérin, La Judée, t. i, p. 143-159.

V. Le stabulum du bon Samaritain. — La Vulgate, dans la parabole du bon Samaritain, dit qu'il conduisit le blessé qu'il avait rencontré sur la route de Jérusalem à Jéricho in stabulum (TraMSoxEiov), et qu'il en confia le soin au stabularius (toi xavôo-/;;). Luc, X, 3i-35. Le stabulum n'est pas autre chose dans ce passage que le caravansérail, et le stabularius est le gardien du caravansérail. Stabulum en latin ne signifie pas seulement « étable », mais aussi un lieu où on loge hommes et bêtes, et le stabularius est celui qui loge. La Vulgate se sert de ces deux mots, parce que le caravansérail, qui n'avait pas de nom spécial en latin, sert effectivement de logement pour les bêtes en même temps qu'il abrite les voyageurs. Voir Caravansérail, col. 251, 255. F. Vigouhoux.

ÉTAIN (hébreu : bedîl; Septante: xowaÎTspoç; Vulgate: stannum), métal grisâtre, plus léger mais plus dur que le plomb, qui ne se présente dans la nature qu'à l'état de combinaison avec l'oxygène ou avec le soufre. — Le bedil est bien l'étain : c'est ce qui ressort de la simple énumération de métaux de Num., xxxi, 22, et de Ezech., xxn, 18, 20; xxvn, 12, où il faut remarquer de plus la place du bedil à côté du plomb. C'est du reste la traduction des Septante, xocrdi-repoç , et de la Vulgate, stannum, pour les endroits où ce mot se rencontre. Le nom même, bedil, parait d'ailleurs dérivé du nom sanscrit de l'étain, pâtira, comme aussi son nom grec, xctffffftEpos, vient du sanscrit kastira. A. Pictet, Les origines indo-européennes, 2e édit. (sans date), in-8°, Paris, t. i, p. 210-213. — Quant au lieu de provenance de l'étain, on ne connaissait anciennement que l'Hindou-Kousch et les monts Altai à l'orient, et l'Espagne avec l'Armorique et la Grande-Bretagne à l'extrémité de l'occident. G. Bapst, L'étain dans l'antiquité , dans la Revue des questions scientifiques, avril 1888, p. 355-356. C'est probablement de caravanes venues de l'extrême Orient que les Madianites avaient acheté l'étain que les Israélites , à l'époque de Moïse , trouvèrent parmi leurs dépouilles. Num., xxxi, 22. Voir Bronze, t. i, col. 1949. — Plus tard, les Hébreux purent le recevoir des Phéniciens; car il venait de Tharsis sur les marchés de Tyr. Ezech., xxvn, 12. Tharsis, pour les Hébreux, était l'Espagne et l'extrémité de l'Occident. Même en identifiant Tharsis avec l'Espagne, on n'en devrait pas conclure que tout l'étain apporté à Tyr venait de ce seul pays ; les Phéniciens pouvaient aller le chercher sur les côtes de Bretagne et dans le pays de Cornouailles et les îles appelées pour cela Cassitérides. Pline, //. X, xxxiv, 47; Diodore de Sicile, v, 38; Slrabon, III, n, 9. Au retour, il fallait passer par l'Esp; ; de sorte que tout l'étain paraissait provenir de ce G. Bapst, L'étain dans l'antiquité, p. 364-365, et t. i, col. 1949. — L'étain devait arriver ordinairement déjà travaillé, et c'est ainsi que les Hébreux pouvaient surtout le connaître. Cependant ils avaient remarqué que divers métaux sont unis au minerai d'argent et que la fusion sépare l'argent d'avec les scories d'étain , comme aussi de cuivre, de fer et de plomb. Ezech., xxn, 18. Aussi est-il dit dans une comparaison : « Israël, qui était autrefois un métal précieux, n'est plus maintenant que scories d'étain, de plomb, restées dans le creuset. » Ezech., xxn, 18, 20. — Ka7<rJTepo;, comme stannum, outre le sens particulier d'étain, désigne encore le plumbum nigrum mêlé avec l'argent, comme une impureté dans le minerai. Pline, //. A'., xxxiv, 47. Il en est ainsi de bedilim, le pluriel de bedil. «J'ôterai toutes les impuretés (bedîlim) qui sont en toi, » est-il dit, Is., i, 25, comme parallèle à : « Je te purifierai de toutes les scories (sigim). » Les Septante n'ont pas rendu l'image, mais seulement le sens de la phrase, en mettant àviu.ou;, « les prévaricateurs. » Le terme bedil n'a pas non plus la signification spéciale d'étain, mais parait désigner le plomb,

ÉTAIN — ÉTAM

dans l'expression « la pierre de bedihi, c'est-à-dire le fil à plomb placé dans la main de Zorobabel. Zach., iv, lu. Les anciens confondaient parfois l'étain et le plomb sous la même dénomination; ou bien le plomb employé pour cet instrument était mélangé avec de l'étain pour acquérir plus de dureté, de solidité. — Dans l'éloge de Salomon, rapporté par le texte grec de l'Ecclésiastique, xlyii, 18, il est dit que de son temps l'or et l'argent étaient communs comme l'étain et le plomb :

Tu as amassé l'or comme Yètain * -/.aTTÎTEpo;), Tu as accumulé l'argent comme le plomb.

Au lieu de l'étain, la Vulgate, xlvii, 20, a aurichalcum ,

trouve ni dans le texte hébreu ni dans les autres versions ; il n'en est pas moins un document historique, paraissant indiquer Étam dans le voisinage de Thécué, de Bethléhem et de Phagor. Étam est citée, II Par., XI, 6, entre Bethléhem et Thécué. La région (-/u>p!ov) appelée Étam est, d'après Josèphe, Ant. /»</., VIII, vu, 3, distante de Jérusalem de deux schènes (ou soixante stades, c'est-à-dire onze kilomètres un quart); elle est remarquable par l'abondance des eaux et la fertilité de ses jardins. Les explorateurs modernes sont généralement d'accord à reconnaître dans le nom de 'Aîn-'Etân, gardé par une fontaine située à quatre kilomètres au sud-ouest de Bethléhem, près de l'ouadi 'Urtàs, le nom biblique d'Étam ; ils sont d'avis que c'est dans les environs de ce

012. — Ouadl-Ourtàs. — Vlllrrçe d'Ourtâs. — Khirbet el-Khonkh. D'après une photographie de M. L. He

« le cuivre. » Mais les deux versions se trompent également : le texte original récemment découvert porte bm, barzel, « le fer. » A. E. Cowley et Ad. Neubauer, The original Hebrew of a portion of Écclesiasticus, in-i", Oxford, 1897, p. 34, £. 18e. Voir Bronze. E. Levesque.

ETAM , nom de deux villes de Palestine et d'un rocher.

1. ÉTAM (hébreu : 'Êtâm; Septante: Aîtïv ; Codex Alexandrinus , Aitôu., Jos., xv, 60; 'Ht»u., Jud., xv. S; AÏTâv; Codex Alexandrinus, Atravi, II Par., xi, 0). ville de la tribu de Juda.

I. Identification. — Étam, dans la version des Septante, Jos., xv, GO. esl nommée parmi les villes assignées à la tribu de Juda. Elle est du nombre de onze villes mentionnées dans l'ordre sim.mt : « Théco, et Éphrata, qui est Bethléhem, el Phagor, el Aitan (transcription de saint Jérôme : .Etham), et Coulon, et Talam, et Soris, et Gallem, et Baiter, et Mnnncho, onze villes et leurs villages. » Ce passage est particulier aux Septante et ne se

'Aîn-'Etân, situé, en effet, entre Bethléhem et Tequa' (Thécué), à sept kilomètres au nord de Beit- Fadjur (Phagor) et à près de douze kilomètres au sud-sud-ouest de Jérusalem, qu'il faut chercher l'emplacement de la ville de même nom.

Iîobinson, Van deVelde, Conder, Armstrong et plusieurs autres croient trouver Étam au village actuel d'Ourtâs (fig. 612), situé sur le côté nord de la vallée du même nom, à un kilomètre au nord-ouest du Aîn-'Etân. .Victor Guérin, F. de Saules , Socin et quelques autres le voient dans un khirbet couvrant le sommet d'une colline sise du côté sud de la même vallée, à cinq cents mètres du village d'Ourtâs et à l'est de la fontaine de 'Etàn. l'n berger l'a désignée à V. Guérin sous le nom de Khirbet el-Khûkh; c'est le nom que lui donnent générale-

ni les habitants du pays. Khûkh est un mot arabe

désignant la « prune » et la « pêche ». Cette ruine, à cause de son peu d'étendue, parait à ce savant occuper une partie seulement de l'antique ville d'Étam. Bien n'empêche d'admettre que des habitations établies aux

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