‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 323 sur 486 · ÉTRANGER · texte numérisé non relu

ÉTRANGER

aux exigences du texte évangélique. Cf. Knabenbauer, Evang. sec. Malthseum, Paris, 1892, p. 85-87. Nul des astres en question ne peut se prêter à la fois à ne paraître qu'en Orient pour disparaître ensuite jusqu'à Jérusalem ; à reparaître tout d'un coup à la sortie de Jérusalem et à suivre pendant plusieurs heures la direction du nord au sud, absolument contraire à toutes les règles astronomiques; à se tenir assez près du sol pour pouvoir guider des voyageurs; enfin à s'arrêter net au-dessus d'une maison de Betliléhem. — 6° Toutes ces conditions ont pu, au contraire, être remplies par un simple météore miraculeux suscité par Dieu pour la circonstance. Ce météore a-t-il été une réalité ou une simple apparence? A-t-il été vu des mages seuls ou de beaucoup d'autres? Il n'importe. Mais le miracle est indispensable pour rendre compte du récit évangélique. Comme rien n'oblige ici à chercher le surnaturel au delà du strict nécessaire, on doit abandonner l'idée de Kepler faisant mouvoir une vraie étoile dans la partie inférieure de l'air. Un simple météore, un astre qui n'avait de commun avec les autres que l'apparence, a du suffire. La puissance divine l'a conduit, en dehors de toutes les lois astronomiques, pour le faire paraître et disparaître à son gré, le pousser du nord au sud de Jérusalem à Betliléhem, l'abaisser assez pour guider des voyageurs sur une route, et enfin l'arrêter au-dessus d'une maison. H. Lesétre.

ÉTOUPE (hébreu : ne'ôrét; Septante : aTumn'ov ; Vulgate : stuppa), résidu qui provient du peignage du lin ou chanvre. Les brins de l'étoupe sont si courts, qu'on n'en peut faire de fil solide, et si légers, qu'ils flambent sitôt qu'on les approche du feu. — 1° Les liens avec lesquels on attachait Samson se brisaient sous son puissant effort aussi facilement qu'un fil d'étoupe au contact du feu. Jud., xvi, 9; cf. xv, 14. — 2» Isaïe, i, 31, annonce à son peuple coupable que sa force deviendra semblable à l'étoupe. — 3° Lorsque les trois compagnons de Daniel furent jetés dans la fournaise ardente par ordre de Nabuchodonosor, on entretenait la flamme en y jetant sans interruption des étoupes avec du naphte, de la poix et d.-s menues branches. Dan., m, 46. — 4° L'Ecclésiastique, xxi, 10, compare l'assemblée des pécheurs à un amas d'étoupe (irrjmisïov auvYiYjiêvov), destinée à périr par le feu. (Cf. Mal., iv, 1.) H. Lesètre.

ÉTRANGER (hébreu : gêr, par opposition à l'homme du pays, 'ézrdh; tôsâb, celui qui habite le pays sans y être né, Gen., xxni, 4; zàr, l'étranger dans le sens hostile, Ps. CIX (cvin), 11; Prov., VI, 1; Is., i, 2; XXV, 2, 5; Jer., li, 2, etc.; Septante : upo^uxo;, l'étranger établi dans le pays; uipoixo;, àXXoYevrjç; Vulgate : advena, alieiiigena , alienus , colonus , peregrinus), habitant de la Palestine qui n'est pas Hébreu de naissance. L'étranger proprement dit, qui n'est pas né en Palestine et qui n'y est pas régulièrement établi, s'appelle en hébreu nokrï.

I. Leur présence au milieu des Hébreux. — Dès le désert, une foule d'étrangers se joignent aux Hébreux fugitifs. Exod., xn, 19. Leur nombre est assez considérable pour que la loi mosaïque ait à s'occuper de régler leur sort. Dans la suite, plusieurs d'entre eux arrivent à occuper des situations importantes [en Palestine. L'Iduméen Doeg est le plus considérable des pasteurs de Saiil. 1 Reg., xxi, 2. Urie l'Héthéen est un des officiers de l'armée de David. II Reg., xi, 6. C'est Oman, le Jébuséen, qui vend à David l'emplacement sur lequel sera bâti le Temple. II Reg., xxiv, 18. Lorsque Salomon entreprend la construction de l'édifice, il fait le dénombrement des étrangers (prosehjti) qui habitent sur la terre d'Israèl,*et ilVen trouve cent cinquante-trois mille six cents en état "d'exécuter d'assez rudes travaux. Trois mille six cents d'entre eux sont choisis pour remplir les fonctions de contremaîtres, les cent cinquante mille autres tra-

vaillent sous leurs ordres. II Par., n, 17, 18. Les étrangers étaient donc nombreux alors en Palestine, et le sort qu'on leur assurait, même à l'époque des corvées salomoniennes, leur paraissait préférable au séjour dans un autre pays. Il faut remarquer néanmoins que la plus grande partie de ces hommes soumis à la corvée n'étaient pas des étrangers venus d'ailleurs, mais les anciens habitants des pays assujettis par les Israélites.

II. Esprit de la législation a l'égard des étrangers. — De même que le Seigneur ordonne aux Hébreux de bien traiter l'esclave, parce qu'eux-mêmes ont été esclaves en Egypte, Deut., xvi, 12, ainsi il prescrit la bienveillance envers l'étranger, parce que les Hébreux ont été eux-mêmes étrangers en Egypte. Exod., xxn, 21; xxin, 9; Lev., xix, 34. Une reconnaissance spéciale est même ordonnée envers les Égyptiens, à cause du séjour que les Hébreux ont fait dans leur pays. Deut., xxm, 7, 8. Il ne faut pas être désagréable à l'étranger, Exod., XXIII, 9; les Hébreux doivent, au contraire, le trailer comme un indigène et l'aimer comme eux-mêmes. Lev., xix, 33, 34. Car le Seigneur lui-même aime l'étranger et lui donne nourriture et vêtement. Deut., x, 18-19. L'étranger est, en effet, un être faible et sans défense, et, dans bon nombre de textes où ses droits sont réglés, il est mis au même rang que la veuve et l'orphelin. Ces recommandations si bienveillantes sont rappelées dans la suite par les prophètes. On ne doit pas se montrer injuste envers l'étranger, .1er., vu, 6; Zach., vu, 10; cf. Ezech., xxn, 7; on doit le traiter comme l'indigène, Ezech., XLVII, 22; c'est le Seigneur qui le garde, Ps. cxlv, 9, et qui entre en jugement contre ses oppresseurs. Mal., m, 5. La législation mosaïque contraste donc singulièrement, par l'esprit qui l'anime envers les étrangers, avec les coutumes en vigueur chez tous les autres peuples, au milieu desquels l'étranger apparaissait comme un être sans aucun droit et était traité en ennemi, sans nul recours possible contre l'injustice.

III. Droits des étrangers. — 1° Droits civils. — L'étranger a droit à l'égalité devant la justice. C'est là un point sur lequel la loi revient à plusieurs reprises. Lev., xxiv, 22; Num., xv, 15; Deut., i, 16; xxiv, 17; xxvn, 19. Les villes de refuge sont ouvertes à l'étranger comme à l'Hébreu, en cas de meurtre involontaire. Num., xxxv, 15. L'Iduméen, frère de l'Hébreu, et l'Égyptien peuvent obtenir la naturalisation à la troisième génération. Deut., XXIII, 7, 8. L'Ammonite et le Moabite ne peuvent l'obtenir, même après la dixième. Deut., xxm, 3. Quant aux Chananéens, le mariage est interdit avec eux. Deut., Vil, 3. L'étranger qu'on fait travailler a droit à son salaire le jour même. Deut., xxiv, 14, 15. Il peut se vendre connue esclave, Lev., xxv, 45; mais il peut aussi avoir des esclaves, même hébreux. Lev., xxv, 35, 47. Voir Esclaves. L'étranger a part aux fruits, grains, raisins, olives, qu'on laisse dans les champs après la récolte, Lev., xix, 20; xxm, 22; Deut., xxiv, 19, 20; aux produits naturels de la terre pendant l'année sabbatique,' Lev., xxv, 6; aux festins célébrés à l'occasion du payement des dîmes et des fêtes. Deut., xiv, 29; xvi, 11, 14; xxvi, 11) Tob., I, 7. II peut manger la bête morte interdite à l'Hébreu. Deut., xiv, 21. Par contre, l'usure, ou plutôt l'intérêt prélevé sur le prêt, défendue vis-à-vis de l'Hébreu, est permise avec l'étranger [nokri). Deut., xxiv, 19, 20. — 2° Droits et devoirs religieux. — L'étranger qui s'agrège au peuple hébreu par la circoncision est admis à manger la Pàque. Exod., xn, 48, 49. Voir Prosélyte. S'il n'accepte pas la circoncision, la participation à la Pàque et aux mets provenant des sacrifices lui est interdite. Exod., xn, 45; Lev., xxn, 10. L'étranger est soumis aux mêmes prescriptions que l'Hébreu en ce qui concerne la loi morale et la loi rituelle. 11 lui est défendu de blasphémer, sous peine de lapidation, Lev., xxi ,16; d'offrir ses enfants à Moloch, Lev., xx, 2; de se livrer à certains excès d'immoralité. Lev., xvm, 26. L'idolâtrie

ÉTRANGER — EULARD

lui est sévèrement interdite. Ezech., xiv, 7. Il ne doit non plus ni faire œuvre servile le jour du sabbat. Exod., xx, 10; Deut., v, 14, ni manger du sang. Lev., xvn, 10. 11 peut aller prier dans le Temple ; au jour de la Dédicace, Salomon demande à Dieu d'y exaucer les supplications du nokrî comme celles de l'Israélite. I (III) Reg., vin, 41. — 3° Il suit de ces différentes prescriptions que l'étranger était considéré en Palestine à peu près comme l'indigène; il en avait presque tous les droits civils, et au point de vue religieux, s'il ne consentait pas à embrasser totalement la pratique rituelle, il n'était guère tenu qu'aux préceptes de la religion naturelle. Quelques règles positives s'imposaient seulement à lui, afin de l'empêcher d'être pour les Hébreux un objet de scandale. Aussi Josèphe, Cont. Apion., Il, 28, dit-il avec raison : « Il est bon de considérer avec quelle équité notre législateur a voulu que nous traitions les étrangers. On comprendra que personne n'a jamais mieux pris soin de nous faire maintenir l'intégrité des rites de nos ancêtres, sans cependant nous montrer hostiles à ceux qui désirent participer à notre vie. Il accueille affectueusement tous ceux qui souhaitent vivre sous nos lois, persuadé que cette union ne dépend pas seulement de la race, mais aussi de la communauté volontaire des coutumes. Quant à ceux qui ne venaient à nous qu'en passant et sans dessein arrêté, il ne voulut absolument pas qu'ils fussent admis en notre société. »

IV. Après la captivité. — Les prescriptions de la loi sont maintenues par les prophètes, Zach., vu, 10; Mal., m, 5; mais, en réalité, l'admission des étrangers dans le corps de la nation se restreint de plus en plus. Les fils d'Israël se séparent des étrangers, Il Esdr., ix, 2, et exécutent à la rigueur la loi mosaïque contre les Ammonites, les Moabites, et en général tous ceux qui ne sont pas Israélites. II Esdr., xm, 1-3. Cet exclusivisme avait alors sa raison d'être. Non seulement les voisins des Juifs s'étaient montrés vis-à-vis d'eux d'une extrême malveillance depuis le retour de la captivité, mais il était à craindre que l'introduction de trop nombreux éléments étrangers au sein de la communauté revenue de l'exil (voir col. 238) n'en altérât profondément le caractère national et religieux. C'est ce qui était arrivé pour les Samaritains. Avec la domination des Séleucides, l'influence étrangère devint nettement idolàtrique. Les Juifs se cantonnèrent alors dans leur isolement. La haine de l'étranger s'accrut ensuite dans leur cœur en proportion des dangers que faisait courir à leur nationalité l'oppression romaine. Tacite, Hist., v, 5, pouvait plus tard les accuser avec quelque raison d' « aversion hostile à l'égard de tous les autres », adversus omnes alios hostile odium. Cette hostilité se manifeste dans l'Évangile, surtout à propos des Samaritains. Voir Samaritains. Notre- Seigneur réagit contre ces sentiments. Luc, x, 33-37; xvn, 18. Enfin, au début de la prédication évangélique, saint Pierre va aux Gentils , sur l'ordre même de Dieu , non sans avoir constaté auparavant que « c'est une abomination pour un Juif d'entrer en rapport avec un étranger, et même d'en approcher ». Act., x, 28. Sous la loi nouvelle, il n'existe plus de distinction entre les chrétiens, à quelque race qu'ils appartiennent. Rom., I, 14; x,12;Gal.,in,28,etc.Voir A. Rertholet, DieStellungder Israeliten zu der Freuden, in-8°, Fribourg,1896.

H. Lesétre.

ÉTROTH (hébreu : 'Atrôt), ville de Moab, rebâtie par les fils de Cad. Num., xxxn, 35. L'hébreu porte 'Atrôt Sôfân; quelques manuscrits seulement ont la conjonction « et », entre les deux mots. Cf. B. Kennicott, Vêtus Tes tamentum /ie&;-aJct(nï,Oxford,1776,t.i,p. 350. La Vulgale l'a maintenue : Elrothet Sophan ; mais la paraphase chaldaïque donne, comme le texte original, 'Atrôt Sôfan, et le syriaque, 'Atrôt Sûfam. On lit de même dans le samaritain : 'Atrôt Sôfim. Les Septante n'ont gardé que le second mot : Codex Vaticanus,

r) Soijip; Codex Alexandrinus , yn Soiçàp; Codex Ambrosianus, Swcpiv. Il est donc probable que Sôfân est un surnom ajouté pour distinguer 'Atrôt de 'Atârôt du verset précédent. ('Atrôt du reste est à l'état construit, comme dans 'Atrôt -'Adddr, Jos., xvi, 5.) Comme la dernière est identifiée avec Khirbet Atlarûs, au nordouest de Dibon (Dhibàn), on a cru reconnaître la première dans le Djebel Attarûs. Cf. H. B. Tristram, The Land of Moab, in-8», Londres, 1874, p. 276. Voir Ataroth 1, t. i, col. 1203. Cette identification est possible, si l'on range Étroth dans le groupe Dibon et Aroër; mais si la ville appartient au groupe suivant, Jazer, Jegbaa, etc. , il faut la chercher plus au nord. Rosenmuller, Scholia in Vet. Test., Num., Leipzig, 1824, p. 423, l'assimile à Saphon (hébreu : Sûfôn; Septante : Sxçiv) de Jos., xm, 27. Voir Sophan, Saphon. A. Legendre.

EUBULE (Ei'6ouXoç, « bon conseiller »), chrétien, compagnon de saint Paul. L'Apôtre envoie ses salutations à Timothée. II Tim., iv, 21. Le nom d'ESëouXo; était commun chez les peuples qui parlaient le grec. Voir T. Pape, Wôrterbuch der griechischen Eigeanamen, 3= édit, 1863-1870, t. i, p. 402. Saint Paul nomme, avec Eubule, Pudens, Lin et Claudia, et il lui donne le premier rang, soit à cause de sa situation sociale, soit à cause de son zèle ou de ses rapports plus intimes avec Timothée. On ne sait rien de sa vie. Les Grecs célèbrent sa fête avec celle de Nymphas, qu'ils qualifient du titre d'apôtres, le 28 février. Voir Acta Sanctorum, februarii t. m (1658), p. 719-720.

EUCHARISTIE. Voir Cène, col. 408.

EUCHER (Saint), évèque de Lyon, mort le 16 novembre 450. D'une illustre famille, il épousa Galla, dont il eut deux fils, saint Salone et saint Véran. Du consentement de sa femme, il embrassa la vie monastique, et se retira près de Lérins, dans l'île de Léro ou de Sainte- Marguerite. Vers l'an 435, il devint évèque de Lyon. L'opinion la plus sérieuse place sa mort en l'an 450. Parmi les écrits de ce saint, un des plus grands prélats du Ve siècle , on remarque un ouvrage intitulé Formularum spiritalis intelligentiee liber unus , et adressé à son fils Véran. C'est une explication de divers termes ou façons de parler de l'Écriture Sainte. Il dédia à son autre fils Salonius un autre écrit divisé en deux livres : histructionum ad Salonium libri duo. Le premier, qui procède par demande et par réponse, a pour titre : De quœstionibus dif/icilioribus Veteris Testamenti ; le second : Hebrseorum norninum interpretatio. Le cardinal Pitra, au t. il, p. 400, du Spicilegium Solesmense, publie en outre, comme étant de saint Eucher, un petit ouvrage : Formulée minores, où ce saint évèque donne le sens allégorique de certains mots employés dans les Livres Saints. On attribue encore à cet auteur, mais sans raison suffisante, des commentaires sur la Genèse et sur les livres des Rois. Au tome L de la Patrologie latine de Migne se trouvent les œuvres de saint Eucher, d'après l'édition publiée en 1618 par le jésuite André Schot. — Voir Mabillon, Acta sanctorum Ord. S. Benedicti, t. i, p. 248; Histoire littéraire de la France, t. H, p. 275; Pitra, Spicilegium Solesmense, t. m, p. xvm, 400; Migne, Patrologie latine, t. L, col. 685-1212; Guilloud, S. Eucher, Lérins et l'Église de Lyon au v» siècle, in-8°, Lyon, 1881 ; Mellier, De Vita et scriptis S. Euclierii Lugdunensis episcopi, in-8», Lyon, 1888.

B. Heurtebize.

EULARD Pierre, jésuite belge, né à Linguehcn -lez- Aire (Pas-de-Calais) le 11 février 1564, mort à Halle le 24 octobre 1636. Entré au noviciat des Jésuites le 5 novembre 1585, il fut pendant vingt-quatre ans aumônier des troupes espagnoles. On a de lui : Bibliorum Sacrorum concordantiss morales et historiées,.. Cum appen-

EULARD - EUNUQUE

dice ex Silva aUegoriarum F. Hieronymi Laureli Bencdictini et ex Georgii Bulloci Œconomia concordantiarum, in -4°, Anvers, 1625. C. Som.mervogel.

EUMÈNE II (Eùpivr,;), roi de Pergame, fils et successeur d'Attale Ier (fig. 621). Eumène monta sur le trône à la mort de son père, en 197 avant J.-C. Comme lui, il fut ami des Romains. I Mach., vin, 8; Strabon, XIII, iv, 2. Ceux-ci, après la défaite de Philippe V, roi de Macédoine, firent présent à Eumène des villes d'Oreus et d'Érétrie en Eubée. Tite Live, xxxm, 34. En 191, le roi de Pergame aida les Romains à combattre la Hotte d'Antiochus III le Grand, roi de Syrie, Tite Live, xxxvi , 43-45, et l'année suivante il leur fournit un contingent de troupes, qu'il commanda en personne à la bataille de Magnésie. Tite Live, XXXVII, 39-44; Justin, xxxi,8; Appien, Syriac, 34. Après la paix, Eumène alla à Rome, et le sénat lui fit don de la Chersonèse de Thrace, des deux Phrygies, de la Mysie, de la Lycaonie, de la Lydie et de l'Ionie. Tite Live, xxxvn, 56; xxxviii, 39; Polybe, xxii, 27; Appien, Syriac., 41; Strabon, XIII, IV, 2. C'est à ce don qu'il est fait allusion dans I Mach., vin, 8. Le texte reçu dit que le don comprit le pays des Indes, la Médie, la Lydie et les meilleures contrées appartenant à

G'2t. — Monnaie d'Euinène II, roi de Pergame. Tète diadéinée d'Euinènc II, à droite. — iç. BASIAEOi; EYMENOY. Les Dioscures debout, tenant dans leurs mains ki lance et la chlamydo. Le tout dans une couronne de lauriers. British Muséum.

Antiochus. Cependant ni l'Inde ni la Médie ne paraissent avoir jamais appartenu au roi de Syrie. Pour expliquer ce passage, on a supposé que le mot Médie était une faute de copiste pour Mysie, na au heu de >dd, et que le mut 'IvSixvjv était une mauvaise leçon pour 'Iwvixvque donnent certains manuscrits. Cf. Josèphe, Ant.jud., M, x, 9. On peut remarquer aussi que le texte des Machabées ne fait ici que rapporter des bruits populaires, qui s'étaient répandus en Palestine sur la puissance romaine. Eumène 11 épousa une fille d'Ariarathe IV, roi de Cappadoce. Tite Live, xxxvm, 39. En 172, Eumène alla de nouveau à Rome. A son retour, il fut traîtreusement attaqué par Persée, roi de Macédoine. Tite Live, XLH,11-16. La lin de son règne fut troublée par des guerres contre Prusias, roi de Bithynie. Les Romains excitèrent contre lui son frère Altale. Eumène réussit cependant, grâce à son habileté, à rester en bons termes et avec son frère et avec les Romains. Tite Live, xlv, 19, 20; Polybe, xxx, 1-3; xxxi, 9; xxxu, 5. Il mourut probablement en 159. Eumène embellit la ville de Pergame, où il construisit des temples magnifiques et de nombreux monuments. Il y fonda une magnifique bibliothèque, rivale de celle d'Alexandrie. Strabon, XIII, iv, 2; Pline, H. N., xxn, 11. Voir PERGAME. Eumène reçut les honneurs divins. E. Beurlier, De divinis honoribus quos acceperunt A lexander et successores ejus, in-8», Paris, 1890, p. 100.

E. Beurlier.

EUNICE (Eùv!x»i, « celle qui remporte facilement la

victoire »), mère de Timothée, disciple de saint Paul, et

probablement fille de Lois. H Tim., i, 5. On rencontre

le nom dnns la mythologie grecque, où il est donné à

l'une des cinquante Néréides. Hésiode , Theog., 247 (Eùvei'xyi); Théocrite, xm, 45 (Eùvefxa). La mère de saint Timothée est louée à cause de sa foi, dans la seconde Épitre que l'Apotre écrit à son disciple. II Tim., i, 5. Saint Luc, sans la nommer par son propre nom, nous apprend dans les Actes qu'elle était une chrétienne d'origine juive mariée à un "EiX^v, c'est-à-dire à un païen, Act., xvi, 1-2. Quoique cela ne soit pas dit expressément, c'est elle sans doute qui avait élevé Timothée dans la piété et dans l'étude des Saintes Lettres. II Tim., m, 15. Les mariages avec des étrangers avaient été interdits par Esdras, I Esdr. , X, 2; mais ils étaient tolérés parmi les Juifs de la dispersion. — Le manuscrit cursif 25, dans la mention qui est faite de la mère de Timothée, Act., XVI, 1, ajoute qu'elle était v'euve, yr.pac. — Elle avait été sans doute convertie au christianisme par saint Paul, lors de son premier voyage à Lystre. F. Vigouroux.

EUNUQUE (hébreu : snris; Septante: EÙvoQ/ac, enzi- Suv, Gen., xxxvn, 36; Is., xxxix, 7; 5uvâ<mr];, Jer., xxxiv, 19; Vulgate : eunuchus, spado), celui qu'une mutilation a rendu impropre au mariage.

I. Chez les anciens peuples. — La mutilation de l'homme a été chez les anciens une des conséquences de

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