EUSEBE
EUTIIYMIUS ZIGABÈXE
catalogue d'Ébed Jesu, Assemani, Biblioth. orient., t. m, p. 18, traduit ce titre: [Liber] solutionis contradictionum quse sunt in Evanyelio. Cet ouvrage était divisé en deux parties, et la seconde comprenait deux livres. La première partie (cf. Eusèbe, Demonst. evang., vu, 3, 18, t. XXII, col. 556), portait surtout sur les divergences que présentent les Évangiles dans le tableau de la généalogie du Christ; la seconde partie s'occupait de certaines contradictions que semble accuser le récit de la résurrection. Un scholiaste de saint Marc voir R. Simon, Histoire critique du Nouveau Testament, t. m, Rotterdam, 1693, p. 89) cite d'Eusébe un ouvrage sous ce titre : rUp\ tt(; Soxoutrqç iv rotç e-JorfYîÀioi; nzç: tt,; àvatriatrîto; âtafcovîac. Au xvne siècle, on crut avoir retrouvé cette œuvre d'Eusébe en Sicile, d'après une lettre de Latino Latini à André Masius, Epistolse, Wittemberg, 1667, t. h, p. 116. Ce manuscrit n'a pas encore été retrouvé. C'est le cardinal Mai qui a le premier, en 1825, publié un abrégé de l'ouvrage d'Eusébe (Script, ret. nova collectif), t. I, 1, p. 1-51) ; en 1847, il republia le même texte (A'oia Patrum bibl., t. iv, p. 217-282), en y ajoutant, ibid., p. 268-271, 279-282, 283-303, des fragments de l'ouvrage complet tant en grec qu'en syriaque, extraits de Chaînes manuscrites et imprimées. Sur ce travail du cardinal Mai, on peut consulter Rurgon, Last twelve Verses of St. Mark, p. 42. Migne, t. XXII, col. 878-1015, a reproduit ce traité d'Eusébe. « On retrouve dans cet ouvrage, dit Lighlfoot, op. cit., t. Il, p. 338, l'hésitation habituelle à Eusèbe, et cela sous une forme plus aggravée que de coutume. Des solutions contradictoires sont fréquemment présentées, sans qu'il se décide pour l'une plutôt que pour l'autre. Toutefois c'est un ouvrage suggestif et plein d'intérêt. Les harmonistes des Évangiles l'ont souvent pillé sans le citer, et en particulier saint Jérôme (par exemple, Epist. u\, 120) y fait de nombreux emprunts. » Mai a relevé ces emprunts de saint Jérôme et ceux de saint Ambroise. Nova Pair. Biblioth., t. IV, p. 304-309. — 9° Eusèbe a écrit un ouvrage intitulé 'II xoc6ô"/.ou t7Toc/EKo5r,; àaa.fiùfi[, ou « Introduction générale élémentaire». Cet ouvrage comprenait dix livres, comme Eusèbe nous l'apprend lui-même. Pair, gr., t. xxn, col. 1271. De ces dix livres on n'a de complets que les livres vi-ix, connus sous le nom de 'Ex).oyoà 7tpo?r,- Tixat. Du commencement, Mai a publié quelques fragments, Script, vet. nova collectio, t. vu, p. 95, 100; iVora Pair, bibl., t. iv, 1, p. 316-317. Longtemps perdues, les 'E/.'/rj-a; itpo?i)Ttxa{ avaient été signalées par Lambecius, Comment, de bibl. Vindobonensi , t. 1, p. 252; elles ont été publiées la première fois par Th. Gaisford, à Oxford, en 1842, et ensuite par Migne, Pat. gr., t. xxu, col. 1021-1262. On peut lire sur ce traité de bonnes notes critiques de Nolte, dans la Theologische Quarlalschrift, t. xliii, 1861, p. 95-109, et de W. Selwyn, dans le Journal of Philology, t. iv, 1872, p. 275-280. Ce traité contient des extraits des prophéties de l'Ancien Testament relativement à la personne et à l'œuvre du Christ; ces extraits sont accompagnés de commentaires explicatifs. Des quatre livres dont se compose l'ouvrage, le premier donne les prophéties messianiques des livres historiques de l'Ancien Testament, le second celles des Psaumes, le troisième celles des livres poétiques et des prophètes, à l'exception d'Isaïe, dont les prophéties font l'objet du livre iv. Le but principal de l'auteur est, comme il s'en explique, de montrer que les prophètes ont affirmé Jésus-Christ comme le Verbe préexistant, qui est la seconde cause de l'univers, qui est Dieu et Seigneur et a prédit son double avènement. C'est
i personnalité du Verbe qui fait l'idée dominante du commentaire des prophéties cmnposé par Kusebe. — Telles sont les œuvres exégétiques d'Eusébe connues et publiées jusqu'à ce jour. Les manuscrits renferment encore, au témoignage de M. Harnack, op. cit., p. 577, des fragments sur
iphètesen général et les petits prophètes en particulier et un commentaire sur le Cantique des cantiques. Ce
que Meursius a publié, Eusebii, Polychronii, Pselli in Canticum cantieorum, Leyde, 1617, n'a rien à voir avec Eusèbe. J. van des Gheyn.
EUTHALIUS (EùBoXios), diacre d'Alexandrie, puis évêque de Sulca (ville dont le site est inconnu, mais qui se trouvait probablement en Egypte ) , vivait au Ve siècle (M. Robinson, Eutlialiana, p. 30, 101, le fait vivre vers 350). Il s'occupa spécialement de l'étude du Nouveau Testament, et il est connu par les divisions qu'il y introduisit et qui ont tiré de lui leur nom de sections « eulhaliennes ». Les auteurs des livres que renferme le Nouveau Testament n'avaient mis eux-mêmes dans leurs écrits aucune division par chapitres ou par versets. Aininonius (t. i, col. 493 et 499) fut le premier qui, au me siècle, divisa les quatre Évangiles en sections. Euthalius étendit cette division à tous les autres livres du Nouveau Testament, l'Apocalypse exceptée, c'est-à-dire aux Épîtres de saint Paul en 458, aux Actes des Apôtres et aux Épitres catholiques en 490. Cette division était si utile, qu'elle fut prompternent et généralement acceptée. Euthalius eu avait emprunté l'idée à un auteur plus ancien, qu'il ne nomme pas. Il partage chaque livre en lectures ou leçons ( ivarvûirciç), correspondant sans doute aux sections qu'on lisait dans les Églises, conformément à l'usage des synagogues pour la lecture de l'Ancien Testament; en chapitres (x£?i).aia) et en versets ou plutôt lignes (uti/v). Il énumère de plus les citations qui sont tirées d'autres livres de l'Écriture. Ainsi « dans les Actes des Apôtres, il y a seize leçons, quarante chapitres, trente témoignages (des autres livres sacrés), deux mille cinq cent soixantesix versets». Edit. Act. Apost., t. lxxxv, col. 636. Sur tous ces points, il entre dans les détails les plus précis. Les divisions d'Euthalius ne sont plus conservées telles quelles dans l'usage actuel , mais elles ont rendu de grands services. Elles sont accompagnées d'arguments (ùnôfcffi;) qui ne sont pas de cet écrivain : ils sont tirés de la Synopsis Scripturse sacrœ du Pseudo-Athanase. Les œuvres d'Euthalius ont été publiées pour la première fois à Rome, en 1698, par L. A. Zacagni, préfet de la Bibliothèque Vaticane, dans le tome Ier (seul paru) de ses Collectanea Monumentorum Veterum Ecclesix Grœcx et Latinse. Migne les a réimprimes dans sa Patrologie grecque, t. lxxxv, Editio libri Actuum, col. 627-664; Editio septem Epistolarum catholicarum, col. 665-692; Editio Epistolarum Pauli, col. 693-790. Il n'existe pas encore d'édition critique d'Euthalius. Il s'est glissé dans ses écrits bien des choses qui ne sont pas de sa main. — Voir W Milligan, dans Dictionary of Christian Biography, t. Il, 1880, p. 395; Scrivener, A plain Introduction to the Criticism of tlie New Testament, 4e édit. par Ed. Mùller, 2 in-8», Londres, 1894, p. 53, 63 61, etc. J.-A. Robinson, Eutltaliana, dans les Texts and Studies, t. m, il" 3. in -8», Cambridge, 1895; E. von Dobschiitz, Euthaliusstudien, dans \aZeitschriftfûrKirchengeschichte, t. xix. 1898, p. 107-154. F. Vigouroux.
EUTHYMIUS ZIGABÈNE, moine basilien schématique du monastère de la Mère -de -Dieu, à Constantinople, vivait au commencement du xne siècle (vers 1120). Son mérite porta l'empereur Alexis C.oriiiiène à lui demander une histoire de toutes les hérésies avec leur réfutation (voir VAlexias d'Anne Comnène, lit», xv). Outre cet ouvrage, intitulé IlavoftXta 8oYU.a-ixri, Euthymius a laissé des Commentaires sur les psaumes et les t/ix cantiques de l'Écriture sainte, tirés des ouvrages des Père ; ils ont été imprimes à Paris en 1513 et en 1517, et à Venise en 1568; sur les quatre Évangiles, in-8», Louvain, 1544. Ce dernier ouvrage, le plus important de tous, est une compilati.ui estimée de saint .ban Chrysostome et des antres Pères. Il a été réimprimé à Pari en loi", lôlill et ltii>2. C. F. Matlhrei en a donné une édition gréco-latine en quatre in-8", Leipzig, 1792. Les
EUTIIYMIUS ZIGABÈNE - ÉVANGILES
Commentaires sur les Épltres sont restés manuscrits. Les œuvres d'Euthymnis Zigabène, publiées jusqu'à ce jour, ont été réimprimées aux t. cxxvm, cxxix, cxxx et cxxxi de la Patrologie grecque de Migne. Les Commentaires sont littéraux, moraux et allégoriques. — Voir Fabricius, Bibliotheca grœca (1715), t. vu, p. 460; D. Ceillier, Hist. des auteurs ecclésiastiques, t. xiv (1S63), p. 150. 1). Heurtebize.
EUTYQUE (Eutu^os, « fortuné, heureux; » Eutychus) , nom d'homme commun chez les Grecs et les Latins. On le voit, par exemple, sur une monnaie de Byrrachium, en Illyrie. T. E. Mionnet, Description des médailles, Supplément, t. m, 1824, p. 335, n» 163. Saint Faul ressuscita à Troade un jeune homme ainsi appelé. S'étant assis sur une fenêtre, un dimanche, pendant la prédication de l'Apôtre, Eutyque s'endormit, tomba d'un troisième étage et se tua dans sa chute. Saint Paul , s'étant couché sur lui, comme autrefois Elisée pour le fils de la Sunamite, IV Reg., îv, 3't, lui rendit la vie. Act., xx, 9-12. Le sommeil d'Eutyque avait été causé par la longueur du discours de l'Apôtre, qui, devant partir le lendemain, parla jusqu'au milieu de la nuit, et aussi sans doule par la chaleur que produisaient les nombreuses lampes allumées dans l'appartement. Act., xx, 7-8. Saint Luc raconte ce miracle comme témoin oculaire. Cf. Act., xx, 6, 13.
ÉVANGÉLIAIRE. Voir Lectionnaire.
ÉVANGÉLISTE (EbayyEXicrxri;, evangelista, « celui qui annonce la bonne nouvelle, l'Évangile»), nom donné dans le Nouveau Testament à une classe de dignitaires chrétiens. Ce mot est formé du verbe classique ebctyyE- ).C;w ou, selon la forme plus communément usitée, E'JayyEXKojjur. , « annoncer des choses agréables, une bonne nouvelle. » EbayyEXKrxr,ç est un terme exclusivement biblique et ecclésiastique. Il ne se lit que trois fois dans l'Écriture, et la signification rigoureuse n'en est pas déterminée parle contexte. Dans les Actes, xxi, 8, cette qualification est donnée au diacre Philippe. Saint Paul recommande à Timothée de « faire l'œuvre d'évangéliste ». II Tim., iv, 5. Dans l'Epitre aux Éphésiens, iv, 11, « les évangélistes » sont nommés après les « Apôtres » et les « prophètes », ànôatoXoi, 7tpo?r,xou, avant les « pasteurs » et les a docteurs », tio:u.eveç, SiSidxaXoi. Ils ne figurent point dans l'énumération I Cor., xi, 10. — Les Pères ont vu avec raison dans ces évangélistes les missionnaires qui allaient prêcher (xmpiWeiv, Act., vin, 5; non BiBâuxeiv) en divers lieux la bonne nouvelle. Ce nom n'était pas un titre désignant un ordre spécial, mais une occupation particulière. Les Apôtres furent évangélistes en tant qu'ils annoncèrent l'Évangile. Act., vin, 25; xiv, 7; I Cor., i, 17. Cf. Gai., i, 6-11. Le diacre Philippe et Timothée le furent dans le même sens, Act., vin, 4-5, 40; xxi, 8; II Tim., IV, 5, quoique non revêtus de la dignité apostolique (Omnis apostolus, evangelista; non omnis evangelista, apostoius), remarque le Pseudo-Jérôme, In Eph., iv, t. xxx, col. 832. Le texte de I'Épitre aux Éphésiens, IV, 11, nous atteste que d'autres disciples des Apôtres allèrent prêcher la bonne nouvelle en qualité de missionnaires ambulants, tîepkôvxe; èwnpuTTOv, comme l'explique Théodoret, In Eph., iv, 11, t. lxxxii, col. 530. Cf. S. Jean Chrysostome, Hom. X! in Eph., 2, t. i.xn, col. 82. Eusèbe, H. E., m, 37, t. xx, col. 293, décrit ces évangélistes en disant : « Après avoir quitté leur patrie, ils faisaient œuvre d'évangéliste, prêchant (xYip^Ttciv) le Christ à ceux qui n'avaient pas encore entendu la parole de la foi. » — Peu à pea l'usage s'introduisit d'appeler « évangélistes » les auteurs des quatre Évangiles. Eusèbe, II. E., m, 39, t. xx, col. 297, qualifie saint Jean tôv eùay- ■yîXtfTrnv. Dans le commentaire d'Œcuménius sur l'Epitre aux Éphésiens, îv, 11, t. cxvm, col. 1220, le mot
EÔaYYsXio-rfo de saint Paul est ainsi expliqué, sans que le commentateur se doute qu'il fait un contresens. — Dans les Constitutions apostoliques, 3, il est dit que le lecteur, àvayvwcrxri;; , remplit l'office d'évangéliste (sOxyyeXioroCi tôtiov ÈpyiCeTxi). Dans Ad. Harnack, Die Quellen der sogenannten apostolischen Kirchenordnung ( Texte und Unters., n, 5), 1886, p. 18. Le diacre qui lit l'évangile prend aussi le titre d'évangéliste dans la liturgie de saint Jean Chrysostome. Patr. gr., t. LXIII, col. 910. — L'usage de désigner les missionnaires ambulants par le nom d'évangélistes parait avoir cessé de bonne heure, du moins dans une partie de l'Église, puisqu'ils ne paraissent pas sous ce titre dans la Doctrina Apostolorum; mais il survécut cependant quelque temps en certains pays : Eusèbe, H. E., v, 10, t. xx, col. 456, donne ce titre à Pantène, le chef du Didascalée d'Alexandrie, qui alla prêcher dans l'Inde, et à d'autres encore. — Voir O. Zockler, Diakonen und Evangelisteu , dans ses Biblische und kirchenhistorische Studien, Heft v, in-8°, Munich, 1893.
F. VlGOUROUX.
1. ÉVANGILES. — I. Nom.— Le mot eOayyéXiov a eu plusieurs significations. — 1° Il provient de deux mots grecs, eu, « bien, » et àyyiXXw, « j'annonce, » et signifie étymologiquement « bonne nouvelle ». Suidas, Lexicon, dit : E-JayyéXiov xà xàXXicrxa SiàyysXov : « Évangile, ce qui annonce les choses les plus excellentes. » Cependant les écrivains grecs les plus anciens emploient ce mot pour désigner soit la récompense que l'on donne au porteur d'une bonne nouvelle, Odyss., xiv, 152 et 166; cf. Cicéron, Ad Attic, n, 12; soit le sacrifice offert aux dieux en action de grâces d'un heureux message. Xénophon, Hell., i, 6, 37; Diodore de Sicile, xv, 74; S. Chrysostome, In Acta hom. .v/.v, 5, t. lx, col. 157. Le premier sens se retrouve dans la version des Septante, Il Reg., iv, 10, où EbayyiXta correspond à mercedem pro nuntio de la Vulgate et à l'hébreu beèôrâh. Plus tard, ce mot reprit sa signification étymologique et servit à désigner la bonne nouvelle elle-même. Appius, Civ., iv, 20; Lucien, Asin., 26; dans les Septante, II Reg., xvm, 20, 22, 25; IV Reg., vu, 9. Il faut entendre dans ce sens xô EÙayyi- Xiov tîjç atoTTipi'a; b|iwv. Eph., I, 13. Saint Chrysostome, In Acta hom. x.xvi, 3, t. lx, col. 201, appelle EÙotyyéXia l'annonce de la délivrance de saint Pierre. — 2° Sous la plume des écrivains du Nouveau Testament , le mot E-JayyÉ'Xtov désigne le plus souvent « la bonne nouvelle » par excellence, celle du salut apporté au monde par le Messie. Il a ce sens quand il est seul et sans qualificatif, Marc, I, 1 ; XIII, 10; xvi, 15, et quand il est suivi d'un qualificatif, xb Ebayyi'Xcov xîjç paaiXefa;, Matth., IV, 23; ix, 35; xxiv, 14; xb ebocyysXiov xtjç -^ipiro; xo0 ©eob, Act., XX, 24; xb EuxyyiXiov x^ç Sô^ç xo0 u,axapîob @eo0. I Tim., i, 11. Cette idée était déjà exprimée par le prophète Isaïe, xl, 9; lu, 7; lx, 6; lxi, 1; cf. Luc, iv, 18, qui prédit la rédemption messianique comme l'annonce d'une heureuse nouvelle. C'est pourquoi EbayyéXiov désigne encore dans le Nouveau Testament la doctrine de Jésus -Christ, prèchée par les Apôtres, quand il est employé absolument, Matth., xxvi, 13; Rom., x, 16; I Cor., iv, 15; ix, 14, et lorsqu'il est accompagné d'un génitif de sujet : eOïyyi- Xtov QsoG, Rom., i, 1; xo0 blob, Rom., 1,9; xob XptTxoO, II Cor., ix, 13; xoû xbpfob r,[iùv 'Ir](7o0 Xpcrxob. II Thess., i, 8. Saint Paul appelle « son évangile » sa manière d'envisager et d'annoncer la doctrine chrétienne, Rom., n, 16; xvi, 25, parmi les gentils, Gai., H, 2 et 7, manière dilférente de tout autre enseignement. Gai., I, 6. L'Apôtre des gentils désigne encore par le nom d'sbayyÉXiov l'acte même de prêcher la bonne nouvelle, la doctrine de Jésus- Christ. Rom., i, 1 ; xv, 19; II Cor., vin, 18; I Thess., i, 5. Cette signification du mot « évangile » se trouve dans les plus anciens monuments de la littérature chrétienne. S. Clément, I Cor., xlvii, 2; Funk, Opéra Patrum apostolicorum , 2e édit., Tubingue, 1887, t. i, p. 120; S. Ignace, Ad Philad., v, 1, ibid., p. 228; S. Juslin,
ÉVANGILES
Dialog. cum Trypk., x, t. VI, col. 496. Elle a passé dans toutes les versions du Nouveau Testament, et par leur intermédiaire dans toutes les langues. Elle a été mise en opposition avec la Loi et a servi à désigner la révélation chrétienne et la nouvelle alliance. — 3° Dans le style i ecclésiastique, le mot E-JaYfsXiov reçut une acception nouvelle, et par l'emploi d'une métaphore très ordinaire | et très fréquente, il servit à désigner les écrits dans lesquels la bonne nouvelle du salut et la doctrine de Jésus- Christ avaient été consignées. Le sens du mot a été étendu de la chose signifiée aux livres qui la racontent et en contiennent la substance. 11 a été usité d'abord au singulier pour désigner le contenu des livres. Pseudo-Clément, // Cor., vin, 4. édit. Funk, t. i, p. 154, Aiô»-/r, twv i ôoiôr/.a 'AiroortfXiav, xv, 3, édit. Funk, Tubingue, 1887, | p. 45. On l'a appliqué ensuite aux livres eux-mêmes et j à chacun d'eux; d'où on lui a donné la forme plurielle, eù«yi ÉXta. S. Justin, Apolog., i, 66, t. vi, col. 429; Epist. ! ad Diognet., c. xi. t. n, col. 1184. L'emploi du mot évan- ', gile dans le sens d'histoire écrite de la rédemption est devenu universel et a passé du grec dans toutes les langues. — Par extension et dans un sens large, le nom d'évangile a été parfois appliqué aux autres écrits du . Nouveau Testament. Origène, InJoa., tom. i, n»6, t. xiv, col. 32, fait remarquer que les lettres de saint Paul reproduisant sa prédication, et cette prédication étant appelée eùoyycXiov, tout ce que l'Apôtre a écrit est Évangile, â ËYpa?c xpot E-jocyyO.iov v'- On peut en dire autant des écrits de saint Pierre et de tous les livres qui concernent le double avènement du Christ. Mais cette manière de parler n'a pas prévalu, et le nom d'Évangile appliqué à des livres a été réservé par l'usage aux seuls récits de la vie et de la doctrine de Jésus, qu'ils soient canoniques ou apocryphes.