‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 354 sur 486 · Origine de l'épiscopat proprement dit. — Saint · texte numérisé non relu

Origine de l'épiscopat proprement dit. — Saint

1 ' 'luis un passage de son commentaire de l'Épitre

à Tite 1 1, 5, t. xxvi, col. 562-563), reproduit tout au long dans le décrit de Gratien, dist. xcv, c. 5, col. 332-333, explique en ces termes l'origine de la distinction de l'épiscopat ri du simple sacerdoce: « Idem est presbyter qui et episcopus, et antequam diaboli inslinctu, studia in religione fièrent, ri diceretur in populis : Ego sum Pauli, ego Apollo, ego autrui Cephse (1 Cor., i, 12), communi presbyterorum consilio , Ecclesiœ gubernabantur. Postquam vero unusquisque eus quas baptizaverat snus putabal esse, non Christi, in loto orbe decretum il unus du presbyteris electus superponeretur - a te ri>,... et sebismalum semina tollerentur... Sicut ergo

presbyteri sciunt se ex Ecclesise consuetudine ei qui sibi praepositus fuerit, esse subjectos; ita episcopi noverint se magis consuetudine, quam dispositionis Dominica; veritate, presbyteris esse majores, et in commune debere Ecclesiam regere. » Nous avons cependant dans les Épitres des preuves de la supériorité de l'évêque ou r.pinê-j-zpo; principal et de l'infériorité du presbytérium formé par les ■npeo-ê'jxEpoi, ses auxiliaires. Ainsi, Timothée paraît avoir sous lui des spe^-àrspoi. I Tim., v. 17,19. Dans l'Apocalypse, les Églises particulières ont des chefs que saint Jean appelle a-jYeXoç, Apoc, i, 20; n, 1, 8, 12, 1^; m. 1, 7, 14, et ces oîyyeXoi , malgré les manières diverses dont on a essayé d'expliquer ce titre, ne peuvent guère être que les évêques placés à leur tête, selon l'interprétation commune. Cf. Gai., iv, 14. Voir S. Épiphane, Hier., xxv, 3, t. xli, col. 324, etc. Notre-Seigneur, en saint Luc, xxn, 26, avait déjà fait lui-même allusion aux chefs de son Église; à YiyoOixevo; (cf. Hebr., xn, 7, 17, 24). Les Apôtres, tant qu'ils vécurent, furent naturellement les chefs incontestés des Églises particulières. Après leur mort, les évêques proprement dits héritèrent de leurs pouvoirs; mais, déjà de leur temps, ils avaient institué des évêques et les avaient placés à la tête de quelques Églises déterminées. En ell'et , ce n'est pas seulement l'apôtre saint Jacques, « frère du Seigneur, » qui a le gouvernement de ce que nous appelons aujourd'hui un diocèse, c'est-à-dire de l'Église de Jérusalem, cf. Act., xn. 17; xv, 13; xxi, 18; Gai., n, 9; c'est Timothée qui est chargé de l'Église d'Éphèse, I Tim., i, 3; m, 1-7; Tite, de celle de Crète, Tit., i, 5; les sept « anges » ou évêques non nommés, des sept Églises d'Asie Mineure. Apoc, i-m. Voir de Smedt, L'organisation des Églises chrétiennes , p, 307-308. — Timothée et Tite instituent et gouvernent des prêtres comme les évêques de nos jours. I Tim., m, 1-7; Tit., i, 5.

On objecte, il est vrai , que Timothée et Tite, de même que les évèques de l'Apocalypse, ont pu avoir à remplira Éphèse, en Crète et en Asie Mineure de simples fonctions temporaires. De ce que saint Paul mande ses disciples auprès de lui, Il Tim., iv, 9, 13; Tit., m, 12, on en conclut qu'il les rappelle et qu'ils n'étaient pas attachés pour toujours à ces pays. C'est là une assertion gratuite. La tradition, qui doit nous renseigner sur ce point, a entendu ces passages du Nouveau Testament dans le sens d'un épiscopat proprement dit. D'ailleurs personne ne peut nier, relativement à Jacques, « frère du Seigneur, » et à son successeur Siméon, également o frère du Seigneur », qu'ils ne fussent à la tète de l'Église de Jérusalem. Eusèbe, II. E., m, 11, t. xx, col. 215. « C'est bien là, dit M. Duchesne, Les origines chrétiennes, 2e édit., iu-4° (sans date), p. 56, l'épiscopat unitaire que nous trouverons plus tard partout , comme le degré suprême de la hiérarchie. » — « A Éphèse, dit Dœllinger [Le Christianisme et l'Église, trad. A. Bayle, in-12, Tournai, 1863, p. 403-406). Timothée est établi dans une situation qui nous le montre en possession du pouvoir épiscopal propi dit dans toute son étendue... La tradition ecclésiastique a toujours désigné Timothée comme le premier évêque d'Éphèse; les évêques qui ont parla suite gouverné Ci tte chrétienté sont appelés ses successeurs. Au concile ii Chalcédoine, on compta vingt-sept évèques qui s'étaient succédé à Éphèse à partir île Timothée. S. Chrysostome, In epist. ad Tim.: Photius, Bibl. cod. 25 i-; Conc. Chalc, ap. Labbe, IV, C99. » Toute l'histoire primitive de I I l confirme l'origine apostolique de l'épiscopal proprement dit. Saint Clément de Rome, I Cor., 44, t. i, col. 297, mentionne « les règles qui ont été fixées par les Apôtres afin de pourvoir à leur succession, de manière qu'après leur mort d'autres hommes bien éprouvés fussent revêtus de leur charge ». Les faits établissent qu'on avait observé leurs prescriptions. Les listes d'évèques que nous ont conservées les plus anciens Pères, tlégésippe, dans Eusèbe, H. E., n, 23; cf. n, 1; iv, 22, t. xx, col. 196, 133,

ÉVÈQUE — ÊVERGÈTE

377; saint Irénéo, Contr. hier., m, 3, t. vu, col. 818; dans Eusèbe, H. E., v, 6, t- x\ . col. 445; Denys de Corinthe, dar.s Eusèbe, H. E.. îv. 23, t. xx. col! 384; Eusèbe, Chron. ann., ann. 43, 62, t. xix . col. 530, 553; H. E., H, 24, t. xx, col. 205. remontent en effet jusqu'aux Apôlres. Aussi « vers le milieu du IIe siècle, nous trouvons l'épiscopat fonctionnant partout; il y a des évèques à Rome, à Lyon, a Athènes, à Corinthe, à Srnyrne, à Sardes, à Iliérapolis, dans toute l'Asie, dans le Pont, en Crète, dans tous les pays sur lesquels il subsiste quelque renseignement. Nulle part cette institution ne présente la moindre apparence de nouveauté. Certaines Eglises ont déjà dressé des listes qui rattachent l'évèque vivant au fondateur apostolique ou contemporain des Apôtres ». Duchesne, Les origines chrétiennes , p. 57-58. Saint Ignace, dans sa lettre aux Éphésiens, m, t. 5, col. 648, parle des évèques établis dans l'univers : O'i èitfo-xoitoi oi xaTà Ta r.i'^-'x ôpiffOévcec. Cf. P. Batitïol, dans la

cri. — Disque antique de plomb trouvé à Cartilage portant le nom de l'évèque Fonuuius. Musée Saint- Louis.

Revue biblique. 1895, p. 476. Voir J. B. Gams, Séries Episcoporum Ecclesise catholicse, in-4°, Munich, 1873. « L'épiscopat est donc historiquement, dans ses éléments permanents, la continuation de l'apostolat, dit le protestant A.W. Haddan, Dictionary of Christian Antiquities, t. i, 1875, p. 212. Les raisons pour l'établissement de l'épiscopat sont . telles qu'elles sont données par saint Paul lui-même, de tenir la place des Apôtres, I Tim., i, 3; Tit., i, 5; de maintenir plus efficacement la foi, ibid., et d'ordonner comme il faut les ministres [de l'Église], etc. »

IV. Charge et fonctions des episcopi-presbyteri. — Les noms et les titres qui sont donnés dans le Nouveau Testament aux episcopi-presbyteri nous indiquent quelles sont leur charge et leurs fonctions. — 1° En tant que presbyteri ou » anciens », ils sont placés à la tête de la communauté chrétienne, comme l'étaient les « anciens » d'Israël. Ils doivent donc la présider et la gouverner : TTpocffTûTs; npewÊÛTEpot, « les presbyteri [qui] président. »

1 Tim.. v, 17. Cf. Tit., 1, 7, 9-11. (Pour le sens de itposa- Ttâ-e;, cf. I Thess., v, 12; Rom., xn, 8: I Tim., m, 4; Hermas, Pastor, vis. n, 4, édit. Funk, 1S78, t. i, p. 350.) Ce sont eux sans doute qui sont désignés pour cette raison, Ilebr., xiii, 7, 17, 24, par le terme de r,yo-ju.svot. Cf. Clément romain, / Cor., 1. 37, 21, t. i, col. 208, 281, 256; llermas, Pastor, vis. m. 9, 7, édit. Funk, t. i, p. 372. —

2 Le nom de èjiiuxotcoi qui leur est aussi donné marque le droit et le devoir qu'ils ont de « surveiller » et de diriger ceux qui sont placés sous leurs ordres. Les mêmes obligations, ainsi que les mêmes pouvoirs, résultent également du titre de « pasteur » ou berger qui leur est plusieurs fois attribué. Eph., iv. 11; Ait., xx, 2S; I Petr., V, 2-3. Cf. Joa., xxi, 16. — 3° Les episcopi-presbyteri, étant chargés de rompre le pain eucharistique aux fidèles et par conséquent d'offrir le saint sacrifice , I Cor., x, 16; xi, 23-25; Act., H, 42, 46; xx, 7; cf. Hebr., v, 4; Jac, v, 14-15; Doctr. xn Apostol., XIV, 1, édit. Harnack, p. 53; S. Clément de Rome, I Cor., xliv, t. i, col. 360, de gouverner et de paître le troupeau du Sauveur, sont chargés par là même de l'instruire et de l'enseigner, I Tim., iv, 11 ; car la pâture qu'ils doivent lui donner, c'est la parole

de Dieu, nourriture de l'âme des fidèles. I Tim., rv, 5-6. « II faut donc que l'évèque soit... SiSaxTtxtfy, doctorem.» I Tim.. m,2 Les plus méritants des presbyteri, ce sont ceux qui se distinguent par la parole et par la doctrine,

I Tim., v. 17. Voir aussi Tit., i, 9; il, 1, 10; I Thess., v, 12; I Tim., vi, 2. Le droit qu'ils ont d'enseigner apparaît d'une manière éclatante dans la part qu'ils prennent aux décisions du concile de Jérusalem, où ils sont nommes après les Apôtres. Act., xv, 2, 6, 22, 23. — 4° Les évèques proprement dits ont également le pouvoir de commander, de réprimander, de juger et de corriger, I Tim., v, 7;

II Tim., il, 25; iv, 2, non seulement les fidèles, mais aussi les presbyteri qui sont placés sous leurs ordres. I Tim., v, 19-20. — 5° Un des pouvoirs les plus importants des chefs des presbyteri est celui de conférer l'ordination comme les Apôtres. C'est ce que nous voyons par l'exemple de Timothée, cf. 1 Tim., m, 1-7; v, 22, et de Tite, i, 5. Voir S. Jérôme, Epist. cxlvi, ad Evang., 2, t. xxii, col. 1195.

V. Élection des évèques. — Les premiers évèques furent choisis par les Apôtres et par leurs disciples. Tit., 1.5; S. Clément de Rome, / Cor., xui, xliv, 1. 1, col. 292, 297; Eusèbe, H. E., m, 11, t. xx, col. 245. A l'époque de saint Clément de Rome, on commence à remarquer la coopération de la communauté au choix de l'évèque.

I Cor., xliv, t. i, col. 297. Au IIe et au me siècle, il est nommé par les évèques voisins, mais avec l'approbation du peuple et du clergé, comme il résulte du témoignage d'Origène, Boni, n inLev., 3, t. xn, col. 469; Eusèbe, H. E., yi, 10, 1 1, t. xx, col. 541. S. Jérôme, Epist. cxlvi, ad Evang. ,i, t. xxn,col. 1194, dit qu'à Alexandrie, depuis saint Marc l'Evangéliste jusqu'à Héraclas et Denys, les presbyteri choisissaient l'un d'entre eux pour le meltre à leur tête comme évêque. Le décret de Gratien reproduit ce passage, Dist. cxm, c. 24, t. i, p. 328.

VI. Bibliographie. — * F. Chr. Baur, Der Ursprung des Episkopats, in -8», Tubingue, 1838; * R. Rolhe, Anfânge des christlichen Kirche, Wittenberg , 1837; A. Ritschl, Entstehung der altkatholischen Kirche, Bonn, 1857; I. Dôllinger, Christenthum und Kirche in der Zeit des Grundlegung , Ratisbonne, 1860; * Lightfoot, St. Paul's Epistle to the Philippians, 9e édit., in-8», Londres, 1888, p. 179-267; * Ed. Hatch, The Organization of the early Christian Churches ( Bampton Lectures). in-8°, Londres, 1881; de Smedt, S. J., L'organisation des Églises chrétiennes jusqu'au milieu du nie siècle (dans le Congres scientifique international des catholiques de 1888), i. n, Paris, 1888, p. 297-338; * Ch. Gore, The Church and the Ministry : a lîeview of the Rev. E. Hatch' s Bampton Lectures, 2e édit., in-8", Londres, 1882; Id., The Ministry of the Christian Church, in-8», Londres, 4889; * E. Loehning, Die Gei deverfassung des Vrehristenthums , eine kirc

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ÊVERGÈTE (EOiv'ÉTr,; . <« bienfaisant, » cf. Sap., xix, !3; Evergetes), surnom de deux rois grecs d'Egypte, Ptolémée III Évergète Ier (247-222) et PtoléméeVlI Évergète II Physcon (170-117). Le Prologue de l'Ecclésiastique désigne un roi d'Egypte par ce simple titre : ètù toO EùepylTO'j ; d'après les uns, c'est Ptolémée III ; d'après les autres, PtoléméeVlI. Voir Ecclésiastique, col. 1545.

II est question de ces deux rois dans d'autres passages de l'Écriture. Voir Ptolémée III et Ptolémée VII Physcon.

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