‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 382 sur 486 · FAUNES · texte numérisé non relu

FAUNES

ligones, a houes, boyaux. » — Nous ignorons quelle était la forme de l'instrument tranchant nommé mazmêrô(. C'était ou une espèce de serpette ou une espèce de cisailles. Cf. mezamméréf , mezammerôf , qui signifie l'instrument dont on se servait pour moucher le chandelier a sept branches. I (III) Reg., vu, 50; II (IV) Reg., XII, 14; II Par., iv, 22; Jer., LU, 18. 11. Forme. — Les faulx et les faucilles dont se ser-

632. — Faucille égyptienne. Thèbes. D'après Prisse d'Avesne, Monuments égyptiens ,p], 41.

633. — Faucille égyptienne à dents. Tombeau de Béni -Hassan. D'après Chanrpolllon , Monuments de V Egypte, t. IV, pi. 400.

vaient les Hébreux pour moissonner (fig. 628) ressemblaient à celles qu'on voit si fréquemment représentées sur les monuments égyptiens. Voir Agriculture, t. i, fig. 45, col. 277. Elles ne différaient guère de cellesqui sont encore usitées de nos jours. Elles consistaient en une poignée et en une lame plus ou moins recourbée (fig. 629-632), quelquefois avec des dents comme celles d'une scie (li;.'. 633). Le manche consistait parfois en une pièce de bois attachée avec une corde; d'autres fois l'instrument était d'une seule pièce. Quelques faucilles avaient une forme à peu près pareille à celle des faulx qui servent à nos faucheurs, mais elles étaient moins grandes. — La forme de la faulx chez les Romains nous est connue par plusieurs espèces de monuments, en particulier par les représentations de Kpdvo; ou Saturne , qui était figuré armé d'une faulx (fig. 634) pour personnifier le temps (Xpôvo;), Macrobe, Satir., I, 7-8, et était, pour ce motif, surnommé portefaulx, senex falcifer, dit Ovide, Fast., v, 627; Ibis, 216. On voit qu'elle avait un long manche droit. On en a trouvé de semblables sur les monuments égyptiens. A. Rich, Dictit lunaire des antiquités, 1873, p. 259.

III. La faulx et la faucille dans l'Écriture. — 1° La grandr faulx n'est mentionnée dans l'Ancien Testament qu'à l'époque des Machabées. Chez les anciens, on se servait quelquefois dans la guerre de chars armés de faulx. Il y en avait dans l'a ie des Séleucides, et ils sont nommés II Mach., xin, 2, «pua™ SpenavoqxSpa , currus cum falcibus. Voir Char, col. 576. La Vulgate en attribue aussi, mais à tort, aux Philistins, Jud., i. 19, et aux I lha Jianéens du nord, Jud., lv, 3, 13 : ces peuples avaient scu-

C34. — Faulx de Saturne.

Camée.

D'après Smith, Dictionary of Gfreck and Roman antiquitlcs, 3" édit., 1830, t. I, p. 619.

lement des chars garnis de fer. Voir Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., 1896, t. m, p. 13-14.

— 2» La faucille à moissonner est nommée — 1. dans deux passages du Deutéronome, liermèë , xvi, 9; xxm, 26; et marjgàl, dans Jer., L, -16; Joël, m (iv), 13. — 2. Dans le Nouveau Testament, nous lisons, Marc, IV, 20 : « Quand [le froment] a produit son fruit, on y met aussitôt la faucille (ôpluavov, falcein), parce que la moisson est venue.»

— 3. Saint Jean, à Patmos, voit quelqu'un semblable au Fils de l'homme ayant à la main une faulx tranchante (Spiravov ôÇii, falcem acutam), qui lui sert à moissonner la terre, Apoc, xiv, 14-16, et, 17-19, il voit un autre ange ayant le mémo instrument, avec lequel « il vendange la vigne de la terre ». La faulx est ici le symbole de là puissance de Dieu (S. Grégoire le Grand, Mor. in Job., xx.xin, 11, t. lxxvi, col. 685) jugeant à la fin des temps les hommes, figurés parle blé et les raisins murs. Cette image devait être familière aux païens convertis au christianisme, qui étaient accoutumés à voir le Temps ou Saturne représenté avec une faulx à la main pour faucher tout sur la terre. F. Vigouroux.

FAUNE DE LA BIBLE. Voir t. i, Animaux, col. 603, et Dète, col. 1643.

FAUNES (Vulgate: fauni) , divinités des champs dérivées du personnage mythologique Fainius, père de Latinus, roi du Latium (fig. 635). Identifiés de bonne heure avec les panes, dérivés de Pan, dieu des forêts, ils furent représentés avec des cornes et des pieds de chèvres. Le dieu Faunus s'appelait aussi Fatuus.

— Il n'est question de faunes que dans la Vulgate, pourtraduire le mot'iyyitn dans le texte suivant de Jérémie, l, 39 : « C'est pourquoi les siyyîm y habiteront avec les 'iyyim. » Le prophète parle de la désolation de Babylone ruinée et réduite à l'état de désert. Il en caractérise l'abandon en faisant de ce lieu le séjour des siyyîm , bêtes sauvages habitant les déserts, et des 'iyyim, qui ne sont autres que les chacals. Cf. col.

i~i- 1-70. Les Septante traduisent :

« C'est pourquoi les fantômes (tvSôX(iat») habiteront dans 1rs îles. » Le mot 'iyyim a aussi, en effet, le sens

d'e iles i>, qui ne convient pas ici. On lit dans la Vulgate : « C'est pourquoi les dragons y habiteront avec les faunes des figuiers {faunis ficariis). » Saint Jérôme, qui, dans l aïe, xni, 22, a rendu 'iyyim par ululse, « chouettes, » le rend ici par fauni ou fatui, selon les manuscrits. Bien entendu, les faunes ne sont pas pour lui des divinités, mais des espèces de bêtes dont il donne lui-même la description et qu'il ne distingue pas des satyres, êtres sauvages habitant les déserts et revêtus de formes étranges, « nez crochu, front armé de cornes, le bas du

635. — Le dieu Faunus. Bronze du Muséo de Vienne. D'après Ed. von Sacken, Die antikén lîronzen des Mûnz-und Antikcn- Cabinets in Wie n . lû-f0.

Vienne, 1871, pi. xxx, flg. 3.

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