I. CE ijl'LSI LA FEMME DANS I, 'ANCIEN ET LE NOUVEAU
Testament. — 1» La première femme fut tirée du premier homme, Gen.. il, 21-22, pour marquer à la fois la conformité de nature de l'un et de l'autre, l'union qui doit exister entre les deux. Gen.. n, 23-24, et la dépendance de la femme vis-à-vis de l'homme. Eph., v, 28-31. Sur la première femme, voir EVE, col. 2118. Cette dépendance fut aggravée par la chute d'Eve. En la punissant de son infidélité, Dieu lui dit, et en sa personne aux femmes qui devaient descendre d'elle : « J'augmenterai ta peine avec tes grossesses ; tu enfanteras tes enfants dans la douleur; tes désirs se porteront vers l'homme et il sera ton maître. « Gen., m, 16. Aussi Sara appelle-t-elle Abraham 'adôni, « mon seigneur, mon maître, » Gen.,
xviii, 12, comme 1 marqué saint Pierre. I Petr., m, 6.
L'un des noms du mari en hébreu est ba'al, qui a un sens analogue à celui de 'âdôn. Exod., xxi, 22, etc. Cf. L'celi., i.\, 2. Sous la loi mosaïque, l'épouse, qui peut
nvoyée par son mari, est presque une sorte d'esclave, quoique mieux traitée que parmi les païens. — 2° Le christianisme seul devait lui donner la pleine jouis-
de ses droits et transformer ainsi complètement
la famille. Dans le Nouveau Testament, Marie, mère de
Dieu, est la réalisation de l'idéal de la femme, idéal
li temenl différent de celui des héroïnes de l'Ancien,
Débora, Juhel, Judith, Esther. — Un des traits caractéris-
tiques de la loi nouvelle, c'est la consécration de l'unité et de l'indissolubilité du mariage par l'abrogation de la polygamie et du divorce, d'une part, et la proclamation de l'excelience de la virginité, d'autre part. Matth., i, 23; xix, 12. Désormais, l'époux n'aura plus le droit de partager son affection entre plusieurs femmes et de renvoyer celle qui aura cessé de lui plaire. Matth.. v, 31-32; xix, 3-9; Marc, x, 11-12; Luc, xvi, 18; I Cor., vu, 10; Eph., v, 31. Saint Paul, dans ses Épitres, parle de la femme en termes inconnus à la loi mosaïque. Il distingue la vierge, l'épouse et la veuve. La virginité est un état supérieur de perfection et d'abnégation. I Cor., vu, 25-20, 34. 35, 38. 40. Cf. Apoc, xiv, 4. Mais le mariage a été élevé par Notre-Seigneur à la dignité de sacrement. Eph., v, 32. L'épouse est devenue la véritable compagne de l'homme, I Cor., xi, 9, 11; il lui doit amour, soin, protection, comme le Christ à son Église, parce qu'il ne fait qu'un avec elle, Eph., v, 22-23, en Jésus-Christ. Cf. Gai., m. 28. Saint Pierre dit que l'homme est tenu de l'honorer, parce qu'elle est, comme lui, cohéritière de la grâce et participante à la même vie surnaturelle. I Petr., m, 7. Notre-Seigneur la relève, non seulement par ses paroles, mais aussi par ses actes. Il associe en effet des femmes choisies à son œuvre d'évangélisation : elles rehaussent leur sexe parleur dévouement et leur charité; elles accompagnent Jésus avec les Apôtres et les servent depuis la Galilée jusqu'au Calvaire et au Saint Sépulcre, Luc, x, 38-42; xxm. 49, 55-56; Joa., xi, 2.5; xn, 1-3; Marc, xv, 40-41 ; elles méritent d'être les premiers témoins et les premiers messagers de la résurrection du divin Maitre, Luc, xxiv, I - 10; Marc, xvi, 1-10, et elles se placent ainsi à la tête de cette glorieuse cohorte de saintes illustres, auxquelles se joignent, dès le temps des Apôtres, les Tabithe et les Lydie, Act., ix. 36; xvi, 14; les Damaris et les Priscille, Act., xvn, 34; xvm, 2; les Phœbé et les Eunice, Rom., xvi, 1 ; II Tim., i, 5, etc., qui sont plus tard suivies par une armée innombrable de vierges et de mères chrétiennes, les Agnès et les Cécile, les mères de saint Jean Chrysostome et de saint Augustin, les Paule et les Enstochium, etc.
II. Prescriptions légales relatives aux femmes. — Les devoirs généraux imposés par la loi mosaïque étaient communs aux hommes et aux femmes, mais il existait pour celles-ci certaines obligations particulières. Elles étaient tenues à des purifications spéciales. Lev., xv, 19; xn, 2-3; xv, 25. La loi de l'eau de jalousie, col. 1522, avait été portée spécialement contre quelques-unes d'entre elles. Num.. v, 14-15. L'époux avait le droit de répudier l'épouse, dans des cas particuliers, Deut., xxn, 25, etc.; il pouvait même la faire lapider, si elle avait été infidèle, Lev.. xx. 10; Deut., xxn, 22; Joa., VIII, 5, et ellemême ne pouvait exercer aucune action contre son mari. Aucune femme n'héritait ni de son époux ni de son père. Cf. Num., XX vu, 1-11 . Si elle faisait un vœu, il lui fallait l'approbation ou au moins le consentement tacite de son mari pour qu'elle put l'accomplir. Num., xxx, 7-10.
III. Règles ce conduite données aux femmes hans le Nouveau Testament. — Sous la loi nouvelle, sain! Paul recommande à l'épouse, désormais liée par un lien indissoluble, 1 Cor., vu, 10-11, la soumission à son époux. Eph., v. 22; Col., m, 18. Cf. I Cor., vu, 2-4; I Petr., m, 1, 5-6. Elle doit faire son salut en remplissant les devoirs de la maternité, I Tim., n, 15; v, 14; en élevant ses enfants dans la foi et dans la vertu, Tit., Il, 4-5: en s'adonnant aux bonnes œuvres. I Tim., Il, 10. C'est une obligation pour toutes les femmes d'être modestes, de De point user d'ornements superllus et d'éviter l'exagération du luxe. I Tim., 11,0. Cf. I Petr.. m, :i; Tit.. n, ■'!. Elles doivent surtout se tenir dans l'assemblée des fidèles avec une grande réserve, n'y paraissant que voilées et la tête rouverte, et se gardant d'y enseigner. 1 Cor., M, 5; xiv, 34-35; I Tim., n, 11-12. — Quant aux vierges, leur vocation est de prier et de se sanctifier. 1 Cor., vu, 34.
FEMME
— Le devoir des veuves est aussi de prier, I Tim., v, 5, mais en même temps de s'adonner à toutes les œuvres de charité corporelle et spirituelle. I Tim., v, 10; Tit., n, 3-4. IV. Condition et vie sociale de la femme chez les Hébreux. — La femme a été plus honorée et mieux traitée par les Hébreux que par les autres peuples de l'antiquité, et sa condition, dès l'époque patriarcale, fut
Palestine le visage découvert, Gen., xxiv, 64-65. Rachel est aussi sans voile. Gen., xxix, 10-11. — 2° Les femmes participaient activement aux fêtes publiques : Marie, sœur de Moïse, conduit un chœur de jeunes filles qui célèbrent par le chant, la musique et la danse le passage miraculeux de la mer Rouge. Exod., xv, 20-21. Les filles de Silo dansent dans les vignes à l'époque d'une fête solennelle.
Femmes juives de Lachls emmenées en captivité. British Muséum. D'après A. Layard, Monuments of Nineveh, t. n, pi. 23.
supérieure à celle des femmes orientales de nos jours. Voir H. H. Jessup, The Women of the Arabs, in- 12, New-York (1872), p. 12, etc.— 1» A cause du caractère jaloux des Orientaux, et par suite de la pratique de la polygamie, surtout depuis l'établissement du mahométisme, elles sont dans un état d'infériorité et de sujétion