‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 446 sur 486 · FOLIE · texte numérisé non relu

FOLIE

FONTAINE

FOLIE, état de quelqu'un qui a perdu la raison. On donne improprement le nom de folie à cet autre état d'un homme qui, jouissant de sa raison, ne sait pas s'en servir pour bien se conduire. Sur ce genre de folie, dont parle souvent la Sainte Écriture, voir Sottise.

1» Moïse annonce à son peuple que, s'il est infidèle, Dieu le frappera de folie (siggà'ôn, napanXïjÇfa, amentia) et de stupeur d'esprit itimhôn lebâb, èxircâciç 6;avofotç, furor mentis). Deut., xxvni, 2S. 11 sera alors comme hors de lui (mesuggâ', ■napâicXiixtoi;, stupens ad terrorem) à cause des choses dont il sera témoin. Deut., xxvill, 3i. Le prophète Zacharie, xil, 4, annonce aussi qu'au jour du châtiment, Dieu frappera de folie (siggâ'ôn, napecppovi7|cTi;, amentia) les cavaliers de Jérusalem.

2° Saùl fut sujet à des attaques de folie sous l'empire du mauvais esprit. Il eut alors des transports (hitnabbê', itpoeçTJTEUdev, prophelavit) comme ceux d'un prophète agité par un esprit. I Reg., xvm, 10. — Quand David se réfugia auprès d'Achis, roi de Geth, il craignit que le bruit de ses exploits ne le rendit suspect. Alors il simula la folie (vuyyitholêl , rcpo<7E7ioi7;aaTO , collabebalur), et s'appliqua a en donner des marques, si bien que le roi Ai lus dit à ses serviteurs : « Vous voyez bien que cet homme est fou (mistaggèa' , èmX7|7tToç, insanus) ; pourquoi me l'amener? Est-ce que je manque de fous (meSuggd'im , £7tî'/.r)iiTO!, furiosi), pour que j'aie besoin devoir celui-ci faire ses folies (histaggêa', iicO^tneicoian , furere)1 » I Reg.. xxi, 13-15. Dans le titre du Psaume xxxiv (xxxin), 1, cette simulation de la folie est caractérisée par l'expression : changer son goût, c'est-àdire son bon sens (ta'am, ■Kpàuutnm, vultus). — On donne le nom de fous à ceux qui en ont l'apparence. Jéhu traite de fou (mesuggâ'', èjrfXmitTo;, insanus) le jeune homme qui vient le sacrer de la part d'Elisée. IV Reg., îx, 11. Quand ce même Jéhu accourt avec ses chars contre Joram, celui-ci le voit venir de loin et dit qu'il conduit avec folie ( siggà'ôn , TvapïXXa-jri , prœceps). IV Reg., îx, 20. — Séméias, par haine pour Jérémie, dit au prêtre Sophonie qu'il a charge de faire mettre en prison quiconque est fou et se mêle de prophétiser (mesuggâ 'outnitenabbê', u.ïivou,évo; xa\ npospriTEÛiov, arreptitius et prophetans), et il comprend Jérémie dans ce genre d'hommes. Jer., xxtx, 26. — Le mot hôlelôt, de hâlal, « être insensé, » est employé plusieurs fois par l'Ecclésiaste, i, 17; n, 12; vu, 25; x, 13, pour désigner l'aberration de l'esprit poussée jusqu'à la folie, et Jérémie, xxv, 16; L, 38; li, 7, se sert du verbe itehôldlù dans le même sens. — Dans les Proverbes, xxvi, 18, celui qui trompe son prochain par plaisanterie est comparé à un enragé (mifelahlêah , itiiisvo;, noxius).

3° En punition de son orgueil, le roi Nabuchodonosorfut frappé de folie durant « sept temps ». Dan., iv, 25, 32, 33. Il fut chassé du milieu des hommes, probablement dans les vastes jardins de son palais, mangea l'herbe comme les bœufs, vécut exposé à toutes les intempéries et laissa croître ses ongles et ses cheveux. Cette forme de folie s'appelle lycanthropie. Le malade se croit changé en bête, ordinairement en loup, et en prend la manière de vivre. Le roi de Babylone se crut transformé en l'un de ces taureaux dont il voyait les gigantesques formes sur les murs de sou palais. Voir Chérubins, col. 6(33-671. La lycanthropie était une maladie bien connue des anciens. Virgile, Eclog. ,\i, 48, et Ovide, Metam., xv, 326, parlent des filles de Prœtus, que Junon avait frappées de folie à cause de leur orgueil, et qui se croyaient changées en génisses. Au moyen âge , où ce mal parait avoir été plus fréquent que de nos jours, on ne s'en expliquait pas la nature, et les lycanthropes passèrent pour des êtres extraordinaires appelés loups- garous. « Les cynanthropes et les lycanthropes abandonnaient leurs demeures pour s'enfoncer dans les forets, laissant croître leurs ongles, leurs cheveux, leur barbe, et poussant la férocité jusqu'à mutiler,

parfois tuer de malheureux enfants. » Brière de Boismont, Des hallucinations, Paris, 1852, p. 383. Nabuehodonosor se nourrissait d'herbe, comme les ruminants. Un spécialiste, le Dr Browne, cité par Pusey, Daniel the Prophet, Oxford, 1864, p. 423, atteste avoir eu dans son service d'aliénés des « phytophages qui mangent de l'herbe, des feuilles, de jeunes branches, etc. ». Le même spécialiste tient pour admissible qu'un malade atteint de lycanthropie, comme Nabuchodonosor, garde encore la conscience de son identité et la faculté de prier. Ainsi s'expliquerait comment le roi de Babylone rentra enfin en luimême et s'adressa humblement à Dieu. Dan., iv, 34. Cf. Pusey, Daniel, p. 431-435; Trochon, Daniel, Paris, 1882, p. 29-32; Fabre d'Envieu, Le livre du prophète Dan, cl, Paris, 1890, t. II, 1" partie, p. 322-332; Vigouroiix, La Bible et les découvertes modernes, 0« édit., t. iv, p. 330-334. Nabuchodonosor guérit de son mal après une période septennaire que le texte sacré ne détermine pas. La lycanthropie, en effet, n'est pas une maladie incurable. Le médecin J. Mercurialis, Medicina practica, Venise, 1620, p. 57, écrit : « Cette horrible maladie n'est pas mortelle; mais bien qu'elle dure ordinairement un certain nombre de mois, on lit que la guérison a été obtenue même après des années. » Hérodote, IV, 105, mentionne, sans d'ailleurs y croire, des cas de lycanthropie intermittente chez un peuple scythe, les Neures. 4° Le Nouveau Testament ne mentionne pas de cas distincts de folie. Il est possible que chez plusieurs malades la folie se soit compliquée de possession démoniaque et ait été guérie sous cette dernière forme. Voir Démoniaques, col. 1374. — Quand les parents de Jésus virent que la foule l'assiégeait, sans même lui laisser le temps de prendre sa nourriture, ils vinrent se saisir de lui en disant : « Il est devenu fou ! » (èiUu"'1, in furorem versus est). Marc , m, 21. Ils avaient sans doute l'intention de préserver Notre- Seigneur; mais le propos qu'ils tenaient ainsi en public outrageait le divin Maître et pouvait le déconsidérer aux yeux de plusieurs. — Festus dit à saint Paul que sa science tourne à la folie (u-avîa, insania). Act., xxvi, 24. L'Apôtre écrit lui-même aux Corinthiens que si un étranger entrait dans leur assemblée pendant qu'ils exercent le don des langues, il les croirait atteints de folie ( u,afve<r6at , insania). I Cor., xiv, 23. Saint Pierre taxe de folie (u^poiypovfa, insivientia) le faux prophète Balaam. II Petr., il, 16. Dans ces derniers passages, il s'agit non pas de fous, mais d'hommes qui agissent comme s'ils l'étaient.

H. Lesêtre.

1. FONTAINE. — I. Noms. — La Vulgate rend par fous les mots hébreux suivants, qui tous se rapportent à la source naturelle d'eau vive. — 1° 'A gin (Septante : Ttïiy^), expression commune aux langues sémitiques, et qui veut dire en même temps « œil » et « source ». A l'état construit, 'En, elle entre dans la composition lu-

sieurs noms de lieux, comme 'En Gédi (Engaddi), « la source du chevreau; » 'Eu Gaunim] (Engannim), « la source des jardins, » etc., caractérisés par les eaux qui y prennent naissance. Voir Aïn, 1. 1, col. 315. — 2» Ma'yân, Lev., xi, 36; Ps. lxxiii (hébreu, lxxiv), 15; Prov., xxv, 26; Cant., iv, 12, 15; Joël, m, 18; pluriel: ma'yânôt, II Par., XXXII, 4; ma'yânim, Ps. cm (hébreu, civ), 10; état construit, ma'yenê, III Reg., xvm, 5; IV Reg., m, 19, 25, etc. C'est le même mot, 'ayin, avec mem préfixe ou mem local, qui ajoute à l'idée générale celle de « lieu bien arrosé par des fontaines », ou « collection de sources ». Tel est le sens qu'il a Jos., xv, 9; xvm, 15; III Reg., xvm, 5; IV Reg., m, 19, 25; II Par., xxxn, 4. — 3° Môsà'-mayim, « lieu d'où sortent les eaux d ( màsâ vient de la racine yâsà, « sortir »). IV Reg., n, 21; II Par., xxxn, 30; Ps. cvi (hébreu, cvn), 33, 35; Is., xli, 18; lviii, 11. Les Septante ont traduit littéralement : SiéÇoSos twv ûSàxwv, IV Reg., n, 21; Ps. cvi, 33, 35; é'5o6oç toû uSaïo;, II Par., xxxn, 30; tandis qu'ils

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mettent iôpayuyiî; , « aqueduc, » Is., XLI, 18, et miyr,, « source, » 1s., LVIII, 11. De même la Vulgate rend par exitus aquarum, Ps. cvi, 33, 35; rivi aquarum , Is., xli, 18; alors qu'elle met fontes aquarum, IV Reg., Il, 21; Is., LViii, 11. — 4° Mâqôr, de la racine qûr, a creuser, » Jer., 11, 13; xvn, 13; li, 36; Zach., xm, 1 ; Septante : Jtrjyiî ; Vulgate : fons, Jer., 11, 13; Zach., xm, I ; vena, Jer., xvn, 13; li, 30. Ce terme est souvent employé dans un sens métaphorique, par exemple : Fons lacrymarum,« source de larmes, » Jer., ix, 1 (hébreu, vin, 23) ; Fons vitx, « source de vie. » Ps. xxxv (hébreu, xxxvi), 10; Prov., xm, 14; xiv, 27; xvi, 22, etc. — 5» Mabbû'a, de nâba',« bouillonner, sourdre, » Eccle., xn, 6; Is., xxxv, 7; xlix, 10; Septante : nr^. — 6» 'Afiq, de 'àfaq, « contenir; » au pluriel état construit, 'àfiqê mayim, Ps. xvn (hébreu, xvm), 16; xli (hébreu, xlh),1; Joël, 1, 20; Septante: OT)Yat, Ps. xvn, 16; xli, 1 ; àpÉae(;'J6àTwv, Joël, 1,20. — Le mot 'êd, Gen., 11, 6, que les Septante traduisent par 7ir)yvi, et la Vulgate par fons, signifie plutôt 0 vapeur ». La fontaine, 'ayin, est ainsi distincte du puits (hébreu : be'êr, de bâ'ar, piel bê'êr,« creuser»), cavité artificielle dans laquelle viennent se réunir les eaux souterraines, et distincte elle-même de la citerne (hébreu : bôr), qui s'alimente au moyen des eaux superficielles que retiennent ses parois étanches. Cependant la Bible emploie les deux noms, 'ayin et be'êr, pour désigner, par exemple, le puits d'Agar, Gen., xvi, 7, 14, et celui de Rébecea. Gen., xxiv, 11, 13, 10, 20. De même, dans l'histoire de la Samaritaine, Joa., iv, 0-30, le puits de Jacob est appelé mrrii fons, f. 6, 14, et çpcap, puteus, y. 11 et 12. La différence de ces deux expressions est facile à comprendre, et saint Augustin, In Joa. Tract, xv, 4, t. xxxv, col. 1512, l'explique fort bien en disant que « tout puits est une source, mais que toute source n'est pas un puits : on emploie le nom de source là où l'eau sort de terre et se prête à l'usage de ceux qui y viennent puiser; mais si l'eau est d'accès facile et à la surface du sol, on dit seulement une fontaine; si, au contraire, elle est à une certaine profondeur, le puits existe sans pourtant perdre le nom de source. » Voilà pourquoi du reste la fontaine dont parle saint Jean porte encore dans le langage populaire les deux noms de 'Aïn Yakoub, « source de Jacob, » et de Bir Yakoub, « puits de Jacob. » Voir Puits.

II. FONTAINES MENTIONNÉES DANS LA BlBLE. — En dehors de deux localités appelées Aïn et d'une autre nommée Énaim , « les deux sources » (voir AÏN 2, 3, t. 1, col. 315; Énaïm, col. 1766), voici, avec l'explication de leurs noms et leur emplacement, les fontaines mentionnées dans la Bible. Nous renvoyons pour les détails à chaque article en particulier.

1» Fontaine de Misphat (hébreu : 'En Miipât, « Fontaine du Jugement; » Septante : f, hï^t) t/j; xpîciEw;). Gen., XIV, 7. C'est l'antique appellation de Cadès ou Cadèsbarné, à l'extrême limite méridionale de la Terre Promise.

2» Fontaines d'Élim, Exod., xv, 27; Num., xxxm, 9, dans la péninsule du Sinaï, à Youadi (iliarandel.

3° Fontaine de Daphnis. Num., xxxiv, 1. Ce nom ne se trouve que dans la Vulgate. L'hébreu porte simplement : lâ'ûyin, avec la préposition et l'article; Septante: èit'i OT)fàc, « aux sources. » Il s'agit d'une des limites orientales de la Terre Sainte. Voir Aïn 3, t. 1, col. 316; Daphnis, col. 1293.

4° Fontaine du soleil (hébreu : 'Ên-SéméS; Septante: fl 7iï)Y»i toû rjXtou, Jos., xv, 7; n7jyrj Batôoijiu;, Jos., XVIII, 17), un des points de la frontière nord de Juda, Jos., xv, 7, et de la frontière sud de Benjamin. Jos., xvm, 17. C'est aujourd'hui, suivant une opinion commune, la fontaine appelée 'Aïn el-Jfaoud, « source de l'auge, » ou encore Fontaine des Apôtres, sur la route actuelle de Jérusalem à Jéricho, à environ 1600 mètres '' au-dessous de Béthanie. Voir EnsémêS, col. 1815.

5' Fontaine de Rogel (hébreu: 'En RÔgèl,* Fontaine

du foulon; » Septante : ro^ 'Pwyr^), Jos., xv, 7; xvm, 16; II Reg., xvn, 17; III Reg., 1, 9, aujourd'hui Bir ' Éyoub ou « puits de Job », au sud-est de Jérusalem, un peu audessous de la jonction des deux vallées de Hinnorn et de Cédron.

6° Fontaine des eaux de Nephtoa (hébreu : Ma'yan mê Néftôàh; Septante : m-,yrï 'jca-ro; NaçOto), Jos., xv, 9; xvm, 15, probablement Aïn Liftâ, à l'ouest de Jérusalem.

7° Fontaine de Taphua (hébreu : 'En Tappûah ; Septante : rnivr, 0ay6(ô9), Jos., XVII, 7, sur la frontière des deux tribus d'Éphraïm et de Manassé. Inconnue.

8° Fontaine de Harad (hébreu: 'En Hârôd, « Fontaine de la terreur; » Septante : Trrçyr; 'Apdt8), Jud., VII, 1, actuellement .lin Djaloud, source très abondante qui coule au pied du mont Gelboé (Djebel Foqou'a), au nord -ouest.

9» Fontaine de celui qui invoque (hébreu : 'En haqqôrê' ; Septante : m^yri toû é\uxa).o,ju.Évou ), Jud., xv, 19, nom donné par Samson à la source que Dieu fit jaillir, à sa prière, pour le désaltérer. Inconnue. Voir Samson et Ramathléchi.

10° Fontaine de Jezraël (hébreu : 'Ayin 'â&ér be- Yizre'é'l, « la fontaine qui est en Jezraël; » Septante: 'Acvûiôp f, èv 'IeÇpocéX ; Vulgate : Fons qui erat in Jezraël), I Reg., xxix, 1, probablement Ain Djaloud, l'ancienne fontaine de Harad.

11° Fontaine de Jéricho ou d'Elisée, IV Reg., 11, 19-22, aujourd'hui 'Aïn es-Soultân. Voir Elisée 2, col. 1606.

12» Fontaine de Gihon (hébreu : Môsâ' même Gihôn; Septante : à'ÇoSo; toù vSôto; Fenov; Vulgate : Fons aquarum Gihon), II Par., xxxn, 30, 'Ain Oumtn ed-Déredj, appelée aussi Fontaine de la Vierge, sur la pente orientale de la colline d'Ophel , à Jérusalem.

13" Fontaine du Dragon (hébreu: 'En hat-tannin; Septante : nïjyr| tiôv ouxâv), II Esdr., III, 13, auprès de Jérusalem.

li° Fontaine de Jacob (~i\^ toO 'Iaxwê), Joa., iv, 6, le puits de la Samaritaine ou Bir Yakoub, non loin de Naplouse.

Ajoutons les localités suivantes, qui doivent leur nom à une source :

15» Endor (col. 1781), Jos., xvn, 11; I Reg., xxvm,7; Ps. lxxxii (hébreu, lxxxiii), 11, au pied du Djebel Dàhy ou Petit-Hermon, avec une source appelée 'Ain Endour, qui coule au fond d'une caverne et en sort par un petit canal pour arroser plusieurs jardins.

16" Engaddi (col. 1796), Jos., xv, 62; I Reg., xxiv, 1, 2, etc., sur le bord occidental de la mer Morte, avec des eaux abondantes et pures, d'une température assez élevée (27°).

17° Engannim (col. 1801), nom de deux villes de Palestine : l'une de la tribu de Juda, Jos., xv, 34, peutêtre Khirbet Umm Djina, près a" Aïn Schems; l'autre de la tribu d'Issachar, Jos., xix, 21; xxi , 29, devenue Djenîn, au sud de la plaine d'Esdrelon, et dont les jardins bien arrosés rappellent l'antique dénomination hébraïque.

18° Enhadda (col. 1805), ville de la tribu d'Issachar, Jos., xix, 21, peut-être Kefr 'Adân, au nord-ouest et près de Djéuin.

19» Enhasôr (col. 1800), ville de Nephthali, Jos., xix, 37, probablement Khirbet Haziréh.

20° Engallim (col. 1801), Ezech., xlvii, 10, localité située aux environs de la mer Morte.

21» Ennon (col. 1809), Joa., m, 23, endroit où baptisait saint Jean et choisi par lui « parce qu'il y avait là beaucoup d'eau ». «

III. Importance. — Oi connaît l'importance des sources. Un pays leur doit une partie de sa beauté et de sa richesse: sans elles, ce serait le désert. La Palestine, six mois de l'année brûlée par le soleil, sans nuages et sans pluie, serait inhabitable si, pendant la saison d'hiver, les eaux

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FOREIRO

du ciel, s'infiltrant dans les couches légères du sol ou à travers les fissures des roches calcaires, puis tomhanl sur un terrain imperméable, ne formaient ces réservoirs qui abreuvent les hommes et les animaux, nourrissent la végétation, donnent naissance aux rivières et aux lleuves. Plus nombreuses et plus abondantes autrefois qu'aujourd'hui, elles faisaient de la Terre Promise une contrée délicieuse, que Moïse appelle justement « une bonne terre, une terre pleine de ruisseaux et de fontaines, où les sources des lleuves répandent leurs eaux en abondance clans les plaines et le long des montagnes », Deut., vin, 7. Ce trait caractéristique devait d'autant plus frapper les Hébreux, qu'il contrastait davantage avec l'aspect du désert "ù ils avaient longtemps erré et qui ne leur avait offert que de rares oasis. Les sources étaient d'autant plus précieuses, que les rivières en ce pays ne sont pour la plupart que temporaires : les ouadis qui descendent de la montagne, impétueux en hiver, se dessèchenl pendant l'été et ne ressemblent plus qu'au lil d'un antique cours d'eau depuis longtemps disparu. Les habitants n'avaient dune pas, comme dans nos régions, le loisir de bâtir leurs villes et leurs villages près d'un fleuve ou d'un ruisseau qui leur assurerait toujours une provision nécessaire. Voilà pourquoi ils choisirent le voisinage des fontaines, suppléant à leur insutlisaiire par les puits el les citernes. Les sources, les plus riches surtout, sont doue un des indices les plus certains de l'antiquité d'une localité. Nous avons vu, du reste, comment elles ont contribué à la dénomination d'un certain nombre d'endroits. Plusieurs villes, comme Béthulie, étaient alimentées d'eau par diverses sources à portée des murs, et par une source principale mise en communication avec la place par un aqueduc. Judith, vil, 0, 7. En temps de guerre, les assiégés avaient soin de soustraire à l'ennemi l'usage de ces fontaines, comme, de leur côté, les assaillants s'empressaient de les garder et d'en défendre l'accès, puis de couper le canal qui les reliait à la ville. II Par., xxxn, 3, 4, 30; Judith, vu, 6-10. On alla souvent capter des sources assez éloignées pour en amener l'eau dans les cités qui, bâties à une certaine altitude, manquaient plus ou moins d'eau potable. Ce fut le cas pour Jérusalem, qui, ne possédant que les fontaines de Gihon et de Rogel, recevait les eaux de Ain Ourlas, Ain Moghâret, Ain Aroub, sur la route d'Hébron. Voir Aqueduc, t. i , col. 797.

Les sources sont encore nombreuses en Palestine, surtout au |iied des collines et dans certaines vallées; elles le sont plus dans le nord que dans le sud. On en trouve tout un groupe auprès de l'ancienne Mageddo ( El- Ledjdjoun), qui alimente le Cison. Celles qui donnent naissance au Jourdain, près d'Hasbéya, à Banias, à Tell el-Qadi, sont ce qu'on peut voir de plus remarquable. Voir Césarée de Philippe, col. 450; Dan 3, col. 1240. La fontaine d'Harad (.4i'/< Djaloud), Jud., vu, 1, mérite aussi d'être mentionnée. VoirHARAD.Un très grand nombre de localités ont comme premier élément de leur nom le mot 'Ain, Ain Karim (Carem), 'Aïn Qadis (Cadès), etc., et sont, en effet, caractérisées par des sources plus ou moins abondantes. Ce n'est cependant pas toujours un indice certain; plusieurs, comme Aïn Schems, l'ancienne Bethsamès, n'ont pas de fontaine. Voir dans Robinson, Pltysical Geography of Ihe Holy Land, in-8°, Londres, 1865, p. '221-240, l'énumération des principales fontaines de la Palestine, à l'ouest et à l'est du Jourdain. Maigre' cela, la Terre Sainte parait à presque tous les voyageurs un pays aride et desséché. Saint Jérôme lui-même. In Amos, iv, 17, t. xxv, col. 1029, disait que, « dans les lieux où il habitait, il n'y avait, à part de petites fontaines, que de l'eau de citerne, et que, si la colère divine suspendait les pluies, il y aurait plus danger de souffrir de la soif que de la faim. » Le saint docteur pouvait éprouver cet étonnemenl et parler ainsi en venant de nos contrées occidentales, si bien arrosées. D'un autre côté, les voya- DICT. DE LA EIBLE.

geurs n'ont souvent traversé ce pays que pendant l'été, où les petites sources tarissent facilement. Enfin l'état d'abandon dans lequel cette contrée est tombée depuis longtemps, et qui a fait négliger l'entretien des fontaines et des canaux; le déboisement surtout, qui a influé sur le régime des eaux, telles sont les causes qui peuvent expliquer la pauvreté du pays sous ce rapport. Voir FonÈTS. Et pourtant , il est plus d'un coin qui montre encore combien était juste la description de Moïse.

IV. Sources thermales. — Dans les contrées volcaniques de la Palestine, à l'est de la mer Morle, sur les bords du lac de Tibériade, on rencontre de belles sources d'eaux thermales. Les plus célèbres sont celles de Callirrhoê, près du Zerqa Ma' in, et à' El- Hammam, au sud de Tibériade. Voir Callirhoé , col. 69; É.matii 3, col. 1720. — Les fontaines sont quelquefois recouvertes d'une construction plus ou moins antique; l'eau s'écoule sous une arcade ogivale et tombe dans un bassin où l'on vient la puiser. C'est là que les femmes, portant gracieusement la cruche sur leur tète, s'en vont faire la provision du ménage; là qu'on peut contempler des groupes qui rappellent les scènes les plus poétiques de la Bible, comme celle de Rébecca et d'Éliëzer. tien., xxiv. Voir fig. 78, La Fontaine de la Vierge, à Ain Karim, col. 207; li:^. 575, La Fontaine des Apôtres, col. 1816. — Sur la source d'eaux chaudes trouvée dans le désert par Aua , voir Ana 2, t. i, col. 532-533. A. Legendre.

2. FONTAINE Nicolas, littérateur français, janséniste, né à Paris en 1625, mort àMelun le 28 janvier 1709. Vers l'âge de vingl ans, il se plaça sous la direction des solitaires de Port-Royal et devint le secrétaire d'Arnauld et de Le Maistre de Sacy. Avec ce dernier, il fut, le 13 mai 1006, enfermé à la Bastille, d'où il ne sortit qu'à la fin d'octobre 1668. A partir de ce moment, il se tint dans une prudente réserve, et presque tous ses écrits parurent sans nom d'auteur ou sous des pseudonymes. Parmi ces écrits : Psautier de David traitait en français, avec des notes courtes tirées de saint Augustin et des autres Pères, in-12, Paris, 1674; dans la première édition, les notes sonten latin; dans les suivantes, elles furent publiées en français ; Explication de saint A ugustin et des autres Pères latins sur le Nouveau Testament , 2 in-8°, Paris, 1675; 2° édition augmentée, 2 in-4°, Pari. , 1682; Abrégé de saint Jean Chrysostome sur l'Ancien Testament , in-12, Paris, 1688. Nicolas Fontaine eut en outre une grande part, sinon la part principale, dans la composition de l'Histoire du Vieux et du Nouveau Testament représentée avec des figures el des explications tirées des saints Pères. 11 travailla à cet ouvrage bien connu sous le nom de Bible de Royaumont avec Le Maistre de Sacy, pendant leur captivité à la Bastille. Nicolas Fontaine traduisit beaucoup d'écrits des Pères de l'Égl irmi

lesquels les Homélies de saint Jean Chrysostome sur le Nouveau Testament. Cette dernière traduction souleva de violents orages, et son auteur fut accusé d'avoir lait de saint Jean Chrysostome un nestorien et un janséniste : aussi fut- il condamné d'abord par l'archevêque de Paris, puis par le Souverain Pontife, le 7 mai 1687. Nicolas Fontaine reconnut ses erreurs et se soumit à ces condamnations le 4 septembre 1693. — Voir Dictionnaire des livres jansénistes, t. n, p. 236; t. m, p. 328; t. iv, p. 7; Quérard, La France littéraire, t. ni, p. 149.

B. Heurterize.

FONTE DES MÉTAUX. Voir Métaux.

FOREIRO (FORERIUS) François, théologien portugais de l'ordre des Frères -Prêcheurs, né à Lisbonne en 1523, mort à Almada, près de Lisbonne, le 10 janvier 1587. Il appartenait à une famille noble du Portugal et, son noviciat terminé, fut envoyé étudier à Paris. De retour dans son pays vers 1540, il fut Chargé de l'éducation de l'infant don Antonio et, en 1561, fut

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