‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 447 sur 486 · II · texte numérisé non relu

II

FOREIRO — FORÊT

envoyé au concile de Trente comme théologien du roi de Portugal. Paul IV le lit entrer dans les diverses commissions chargées de la correction du bréviaire et du romain, de l'examen des livres et de la rédaction du catéchisme du concile de Trente. En 1505, il était à Lisbonne et devenait prieur, puis provincial. A la fin de sa vie, il se retira dans le couvent d'Almada, qu'il avait fait construire. Il composa de nombreux ouvrages, dont fort peu sont imprimés. Parmi ces derniers : Isaix prophètes vêtus et nova ex hebraico versio, cum convmentario, in quo utriusque ratio redditur, vulgatus interpres a plunmorum calumniis vindiçatur et loci omnes quibits sacra doctrina adversus liœreticos et Judseos confirmari potest summo studio ac diligenlia explicantur, in-f°, Venise, 1563. Ce commentaire a été inséré dans le t.vdes Critici sacri (voir Cbitici n.i </.■/, col. 1119). — Voir Échard, Scriptores ont. Prxdicatorum , t. H, p. 261 ; N. Antonio, Bibliotheca hispana nova, t. i, p. 426.

B. Heurtebi/.e.

FORÊT. — I. Noms. — Trois termes en hébreu expriment l'idée d'une certaine étendue de terrain couverte de bois, idée rendue par les mots français : forêt, bois, taillis, et par les expressions latines de la Vulgate : silva, saltus.

1° Le plus fréquemment employé est —/', ya'ar, que

les Septante traduisent régulièrement par 8puu.ô: , et la Vulgate indistinctement par silva et saltus. Gesenius, Thésaurus, p. 611, le rattache à une racine inusitée qui donne le sens d'« abondance ». De là l'expression ya'ârat had-debaï, Septante : xirçpiov toO uiXrxoc; Vulgate : favus mellis, « rayon de miel, » qu'on trouve I Reg., xiv, 27. Cf. Cant., V, 1. C'est pour cela que les Septante ont mis (uXiraov au lieu de Sp-juô;, I Reg., xiv, 26. Ya'ar indiquerait donc l'abondance des arbres ou densa arborum. On le rapproche aussi de l'arabe oua'r, qui signifie « raboteux » ou difficile d'accès. Cf. F. Mûhlau et AV. Volck, W. Gesenius' Handwôrterbuch , Leipzig, 1890, p. 347. Mais de ce que oua'r désigne une contrée raboteuse, pierreuse, déboisée, il ne faudrait pas en conclure que l'hébreu ya'ar n'a aucunement le sens de « forêt ». Les différents passages où il est cité nous montrent, au contraire, qu'il sert à caractériser un lieu pourvu d'arbres que l'on coupe, Deut., XIX, 5; Is., x, 31; que l'on brûle, Ezech., XV, -2, 3, 0; xxxix, 10; que le vent t'ait trembler. Is., vu, 2; au milieu desquels on peut chercher un refuge. Is., xxi, 13, etc. Cf. Mûhlau, dans Riehm, Handwôrterbuch tirs Biblischen Alterlums, Leipzig, 1884, t. il, p. 1730. — Ya'ar est opposé à karmêl, « champ cultivé et fertile, verger. » Is., xxix, 17. Voir Cil ARMEL, col.. 592.— On retrouve ce mot dans le nom de Caria thiarim,

hébreu : Qiryat ye'ârim, « ville des forêts, i située sur

la frontière des tribus de Benjamin et de Juda, et dans l'expression èedê-ya'ar, Ps. cxxxi (hébreu, cxxxh), 6, que la Vulgate rend par campi silvse, les champs de la forêt, i mus qui représente la même cité. Voir Gariaïiiiahim, roi. 27.1. On peut croire aussi que la ville appelée dans nuire version latine Dan silvestria, Dan de la forêt, » était nommée en hébreu Dân ya'ar. Voir Dan- Yaan, col. 1290.

2° Un terme moins usité est celui de ï>-|n, liôréS (Septante : Spvu.ô;, I! Par., xxvn, 4; Vulgate : silva, I Reg., xxiii, 15, 16, is, 19; saltus, Il Par., xxvn, 4; le mot Kocivti, qu'on trouve dans la version grecque, I Reg., xxiii, 15, 16, 18, 19, repose sur une faute de lecture : hàdai, •■ nouveau, o pour hôréS). On le rapproche de la

i Irai, couper » (cf. Gesenius, Thésaurus, p, 530),

ou d'un mot arabe qui, comme oua'r, a le sens d'. aspect. Mûhlau et Volck, Handwôrterbuch, p. 298. Qu'indique- 1- il au juste.' Dans le premier livre des Rois, xxiii, 15, 16, 18, 19, il désigne certains fourrés du

i il île Ziph, dans lesquels David cherchait un abri contre la persécution de Saûl, Dans II l'ai., xxvn, i, il

s'agit de parties boisées de Juda, dans lesquelles Joatham « bâtit des châteaux et des tours », c'est-à-dire des tours de garde {migdâlîm) pour la défense des personnes et des troupeaux. Ces constructions une fois détruites forment « les ruines des bois « dont parle Isaie, XVII, 9. Enfin, dans Ézéchiel, xxxi, 3, hôréi s'applique au feuillage touffu du cèdre, à l'ombrage qu'il donne sous ses branches superbes. Il semble, en somme, représenter des bois de moindre importance, des taillis plutôt que la foret. Nous en ferions volontiers le pendant du maquis. ce qu'on devait trouver surtout dans le désert de Ziph et sur les montagnes de Juda.

3° La Vulgate traduit une fois, II Esdr., n, 8, par saltus un mot d'origine persane, dïïis, pardés (zend : pai-

ridaéça), dont les Grecs ont fait itapiSsiao; et les Latins paradisus. Employé deux autres fois seulement dans la Bible, Eccle., n, 5; et Cant., iv, 13, ce mot désigne un lieu planté d'arbres, une sorte de parc ou de jardin délicieux. Celui qu'indique Néhémie, appartenant au roi de Perse et situé aux environs de Jérusalem, avait un gardien nommé Asaph.

Notre version latine a faussement rendu par silva, II Reg., n, 18, et pur saltus, II Reg., xvn, 8; IV Reg., xiv, 9; Ezech., xx.xi, 6, le mot hébreu Sâdék, qui veut dire « champ », Septante : àfpoî, neSiov. Dans un passage, IV Reg-, VI, 2, elle a expliqué le texte en traduisant missdm, i de là, » par de silva, « de la forêt, i désignant ainsi l'épaisse bordure d'arbres et d'arbustes qui marque le cours du Jourdain.

II. Forets mentionnées dans la Bible. — Les forêts citées nommément dans l'Écriture sont peu nombreuses. On trouve :

1» La forêt de Haret (hébreu : ya'ar Hûrri . Septante : TtoÀi; 2api'x; Vulgate : saltus Haret), dans laquelle David, revenu de Moab a sur le territoire de Juda », vint se réTugier avec ses hommes. 1 Reg., xxn, 5.

2° La forêt d'Éphraïm, II Reg., xvm, 0, 8, 17, située plus probablement, selon nous, à l'est du Jourdain. Voir EPHRAÏM 5, col. 18S0.

3° La forêt du Liban (hébreu: bal-Lebànôn; Septante : èv tc'o Ai6âwj>, « dans le Liban; » Vulgate : in silva Libani,« dans la forêl du Liban »). II Par., xxv, 18. Elle se retrouve dans ](> nom dun palais de Salomon, « la maison de la foret du Liban, o hébreu : bê( ya'ar lial- Lebânôn, 111 Reg., vu, 2; x, 17, 21; 11 Par., ix, 20, appelé ainsi, non parce qu'il était bâti dans la montagne du Liban, mais à cause de ses colonnes en bois de cèdre, qui le faisaient ressembler à la foret si vantée d'où vinrent les matériaux pour le Temple et 1rs maisons royales.

Les autres sont seulement indiquées. Telles sont : la forêt du désert de Ziph, I Reg., XXIII, 15, 16, 18,19. i i Ile qui se trouvait entre Jéricho et Vêtliel, IV Reg., n, 24; les forêts de chênes de Basan, Is., n, 13; Ezech., xxvn, 6; Zach., xi, 2; la forêl du midi, Ezech., xx, 46, 17, qui désigne le sud d< ta Palestine; les forêts de ['.Arabie. Is., xxi, 13. — Voir, pour les détails, chacun des noms pi opres. III. IMPORTANCE. — La Bible représente la forêt comme un lieu planté de différents arbres, cèdres, chênes, Is.,

xi. iv. 11; pommiers [ou l'arbre indiqué parle mot tappûah), Cant., n,3; comme le repaire des bêtes sauvages, Ps. xi. i.x (hébreu, l), 10; sangliers, Ps. i.xxix i.x.xx), 14; lions, Ain., m, 1; Mich., V, 8; ours, Il Re.^., XVII, 8 ; IV Reg., n, 24; comme un refuge pour les hommes, 1 Reg., xxm, 15, 16, 18, 19; comme la retraite des abeilles sauvages, qui \ l'ont couler un miel abondant. 1 Reg., xi\,25. Une question cependant se pose ici : quoi le idée devonsnous nous fane de ces anciennes forets de la Palestine?

i e mot ;/u ar lui-même répond-il à « la forêt », telle que

nous la comprenons généralement dans nos contrées, c'est-à-dire une vaste étendue de terrain couvert* de grands arbres? L'étal actuel du pays ne nous permet malheureusement pas de donner une réponse précise a

FORÊT — FORGEIKiX

cette question. Les cèdres du Liban ont disparu. Des massifs plus ou moins épais revêtent encore certaines parties du Carmel, les collines de Galilée, le Thabor, et, au delà du Jourdain, les pentes du Djebel Hauran. On trouve dans la plaine de Saron, vers Qaisariyéh ou Césarée maritime, une forêt de chênes clairsemés, appartenant presque tous à l'espèce nommée quercus cerris et guercus crinita; quelques-uns atteignent une dizaine de mètres de hauteur, mais beaucoup d'autres sont plus petits et ne s'élèvent guère au-dessus de la taille de hautes broussailles. C'est là tout le reste d'une forêt qui, à l'époque des croisades, est désignée sous le nom de forêt d'Arsouf, parce qu'elle se prolongeait, vers le sud, jusque dans les environs de cette ville. Cf. V. Guérin, La Samarie , t. Il, p. 388. Mais la Judée surtout est dénudée; tout se réduit à quelques bouquets d'arbres qu'on voit par ci par là. Il est sur que la main de l'homme a beaucoup détruit sans replanter, et que la dent des animaux a arrêté l'essor des pousses naturelles. Nous croyons cependant que le ya'ar hébreu n'a pas toute l'étendue de notre mot a forêt », et que la Vulgate a eu raison de le rendre indifféremment par sallus et silva ; il correspond plus souvent à notre « bois n. Les Hébreux ont sans doute utilisé les arbres pour les usages courants de la vie. Et pourtant, si, dans la plaine, la pierre faisait défaut pour bâtir leurs maisons, la montagne la leur offrait en suffisante quantité pour ne pas dépenser beaucoup en charpente. Ils étaient loin d'avoir le luxe de meubles que nous possédons maintenant. Ils brûlaient du bois dans le Temple, pour les sacrifices; mais pour eux-mêmes, ils se servaient souvent comme combustible d'herbes sèches ou de paille, Malth., ni, 12; VI, 30; Luc, xn, 2S, ou même d'excréments desséchés d'animaux. Ezech., iv, 12. 15. Ils n'ont donc pas du faire de très grands ravages dans les parties boisées de Chanaan. Les musulmans qui leur ont succédé ont plus contribué à la dénudation du pays par leurs destructions et surtout par leur incurie.

Ainsi, sans croire que la Palestine ait jamais élé une terre très boisée, on ne peut nier cependant que, comme certains autres pays, la Grèce, par exemple, elle n'ait beaucoup perdu sous ce rapport. N'est-ce point même du déboisement que provient, avec son aridité actuelle, la pauvreté qui la désole en beaucoup d'endroits? On sait quel rôle important jouent les forêts dans le régime des eaux et la fécondité du sol. Elles ne sont pas seulement une parure pour la terre; elles n'assainissent pas seulement l'air en y répandant de l'oxygène , tandis qu'elles absorbent le carbone ; mais elles ajoutent en même temps l'humus au sol, condensent les vapeurs atmosphériques , et régularisent la température. Les feuilles jaunies qui tombent à l'automne couvrent d'un lit épais l'herbe et la mousse; mouillées par les pluies de l'hiver et du printemps, pénétrées par l'humidité d'une terre toujours ombragée, elles se décomposent et forment une nouvelle couche d'humus qui s'ajoute aux couches anciennes. De leurs vastes et profondes masses, quand elles sont vertes, il se dégage sans cesse une abondante vapeur d'eau qui se répand aux alentours en rosées vivifiantes; chaque feuille, en effet, est le siège d'une active évaporation , et les grands arbres sont des machines hydrauliques d'une puissance extraordinaire. En outre, quand une forte pluie tombe sur un bois, elle mouille d'abord toute la voûte du feuillage, puis elle descend progressivement et n'arrive par terre que goutte à goutte. Alors elle pénètre doucement dans le sol, qui s'en imprègne comme fait uir' éponge. Une partie de cette eau est absorbée parles arbres; mais l'autre, plus considérable, s'infiltre peu à peu dans les couches plus profondes du terrain, finit par y rencontrer un fond imperméable, dont elle suit les pentes, pour s'échapper au dehors sous forme de sources. Celles-ci donnent naissance aux ruisseaux , aux rivières et aux Qeuves.

Dans ces conditions, on comprend comment les vieux massifs d'arbres de la Palestine contribuaient de toutes façons à sa beauté physique, en la parant de verdure, en alimentant les fontaines, si précieuses et relativement rares dans ce pays, brûlé pendant six mois par le soleil. Voir Fontaine. Nous ne voulons pas dire par là que la désolation actuelle de la Terre Sainte ait pour unique cause le déboisement. Il y en a d'autres, en particulier la négligence et le manque d'industrie des habitants. Mais il est permis de croire que la dénudation a eu de très pernicieux effets. Les forêts cependant avaient-elles une influence sur le régime des pluies, qu'elles auraient rendues plus fréquentes et plus abondantes? Quelquesuns le croient. Ainsi on a constaté que. à Nazareth, qui est au sein d'une contrée mieux boisée, il tombe plus d'eau qu'à Jérusalem, dont les environs sont dénudés, et qui pourtant est à une altitude supérieure. 11 y a peutêtre lieu de distinguer. La pluie d'hiver ou première pluie, qui se déverse en torrents inconnus à nos climats, n'a pas du diminuer. Mais il est probable que celle du printemps était autrefois plus abondante qu'aujourd'hui. Beaucoup de nuages légers qui passent en venant de l'ouest étaient arrêtés par le bois et se répandaient en pluie sur le haut pays. Voir Plue. — Pour ce qui concerne l'influence des montagnes boisées sur le régime des eaux en Palestine, et l'état actuel du pays au point de vue des massifs d'arbres qui existent encore, on peut voir L. Anderlind. Der Ein/lus* der Gebirgswaldungen mi nôrdlichen PalâstinaaufdieVermehrung der wàsserigen Niederschlâge daselbst, dans la Zeitschrift des Deutschen Palâstina-Vereins, Leipzig, t.vnr, 1885, p. 101-116.

A Legendre.

FORGERON (hébreu: {taras barzél, «ouvrier du fer; » Septante: TÉ7.Ta>v(Tiê-()po-j; Vulgate: faber ferrarius; hébreu: hàrâS nehosét, « ouvrier du cuivre ou airain ; » Septante : téxtwv xaXxoû, yx'/iîi-: Vulgate : œrarius) ( fig. 67(5). Les ouvriers qui travaillaient le fer et ceux qui travaillaient l'airain étaient les mêmes. La Genèse, iv, 22, mentionne l'art de travailler le cuivre et le fer dès le temps des premiers patriarches. Tubalcaïn en fut l'inventeur. L'Ecclésiastique, xxxvin, 28, décrit le travail du forgeron. « 11 est assis près de l'enclume et considère le morceau de fer. La vapeur du feu lui brûle la chair, et il tient bon contre la chaleur de son fourneau. La voix du marteau frappe sans cesse son oreille, et son œil est fixé sur le modèle de l'ustensile qu'il fabrique. 11 met son cœur à achever son ouvrage, et il veille à le rendre parfait. » Le forgeron commençait donc par amollir le fer au feu et le façonnait ensuite sur l'enclume (pâ'as; Septante: à'xjjudv; Vulgate : incus), à l'aide du marteau (hébreu : halemût, maqqabàh, pattiS; Septante : sfûpi); Vulgate : maliens). Le pattis servait surtout à polir le C frappé sur l'enclume, c'était donc un marteau inoins gros, avec lequel l'ouvrier frappait à petits coups. Is., xli, 7. Le feu de la forge était entretenu à l'aide du soufllet hébreu : mâpuah; Septante: yuinyrijp; Vulgate: sufflatoriutn). Jer., vi, 29. — Les forgerons fabriquaient des armes et des chars. I Reg. (Sam.), vin, 12, Is., xi.iv. 12; lv, 10. C'est pourquoi les Philistins interdirent l'exercice de cette profession chez les Israélites. I Reg. (Sain.), XIII, 19. Nabuchodonosor, pour la même raison, emmena en captivité tous les forgerons. Jer., xxiv, l. Ils travaillaient aussi à la fabrication des idoles, [saïe, xi.i. 7, décrit les différentes phases de ce travail : o Le sculpteur encourage le fondeur, celui qui polit au marteau encourage celui qui frappe sur l'enclume. Il dit de la soudure : Elle est bonne, et il fixe l'idole avec des clous pour qu'elle ne branle pas. » Cf. Is., xl, 19; Bar., VI, 45. On trouve au-si des ouvriers en fer et en airain occupés à réparer le Temple. II Par., xxiv, 12. C'est à l'aide d'un marteau de forgeron que Jahel enfonça un clou dans la tète de Sisara. Jud., v, 26. Par métaphore, Zacharie, i, 20, annonce que quatre forgerons briseront les cornes, c'est-à-dire

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