‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 458 sur 486 · II. Lesêtre · texte numérisé non relu

II. Lesêtre

FOULLON Jean Érard, jésuite belge, né à Liège le 6 janvier 1609, admis au noviciat le 4 octobre 1625, prêcha pendant quatorze ans à Liège, fut recteur du collée, ■ de Tournai et y mourut le 25 octobre 1068, en soignant les pestiférés. Il a le--. : Commentant historié! et morales perpetui ad primum Machabseorum librum, iu-f", Liège, 1660; — ad secundum Maeliabœontm librum, 1665. Il est plus connu par son histoire ecclésiastique de Liège. C. So.mmeryogel.

1. FOULON (hébreu: kôbês ; Septante , yva;s-j;, xvoc. peu;; Vulgate: fallu), ouvrier apprêtant les étoffes neuves

ou nettoyant les anciennes. — 1" Les foulons sont nommés plusieurs fois dans la Bible. IV (II) Reg.. XVIII, 17: Is. vu, M: xxxvi, 2; Mal., m, 2; Marc, IX, 2. Nous n avons pas de renseignements directe sur la façon dont opéraient les foulons chez les Juifs. Il semble que dans la première partie de l'opération ils foulaient les ('toiles

avec leurs pieds. C'est pourquoi la fontaine, appelée en

hébreu -En rôgêl I la fontaine du foulant (du |iied) »,

est, d'après la tradition rahliinique, la fontaine des louions.

Gesenius, Thésaurus, p. I0i0; Synésius, Ep. 44, t. i.xvi, col. 1370. Ils devaient aussi battre l'étoffe avec des pièces de bois. Eusèbe, //. /■.'., n, 1, t. xx, col. 176. Les mauvaises odeurs que répandaient leurs ateliers, la nécessité

où ils étaient d'avoir de grands espaces pour faire sécher leurs étoiles, avaient oblige a les reléguer hors des villes,

comme cela se faisait partout. Martial, Epig-, vi, 93;

Plante, Asin., Y, II, 57. Le Talmud, Muleusli Uultel,

xci, 2, parle d'un atelier de foulon qu'il appelle bê( luimah, " la maison de macération. » Il semble que leur travail consistait surtout à nettoyer et à blanchir les vêtements. C'est pourquoi l'Évangile dit des vêtements de Noire-Seigneur, pendant sa transfiguration, qu'ils étaient

FOULON

d'une telle blancheur qu'il n'est pas de foulon sur Lue qui puisse blanchir ainsi. Marc, ix. 2. Les vêtements blancs étaient en usage chez les Juifs pour les fêtes et les cérémonies religieuses. Eccle., îx, S; Dan., vu, 9; Is., lxiv, 6; Zach., m, 3, 5; II Reg. (Sam.)! vi, 14; I Par., xv, 27; Apoc, îv, 4; vi , 11; vu. 9, etc. Il en était de même chez la plupart des peuples anciens. Ovid. Fast., i, 79, etc. Le métier de foulon était exercé par

2° Une peinture de Beni-Hassan représente les foulons occupés aux diverses opérations de leur métier. Les uns ont les pieds dans la cuve et sortent le linge, d'autres le tordent, d'autres le battent ou retendent" (fig. 680). Cf. F. L. Griffith, Béni- Hassan , in-4», Londres, 1893, part, i, tombe n» 3, pi. xxix: A. Ennan. Aegyplen und «gyptisches Leben im Allertum, in-8°, Tubingue, p. 301. L'industrie des foulons existait aussi chez les Grecs et

686. — Foulons égyptiens. XII« dynastie. Beni-Hassan. D'après Lepsins, DenkmiiUr, Abth. n, Bl. 126.

d'autres que par ceux qui cardaient la laine et qui lissaient la toile après qu'elle était lavée. Mishna, Baba Kama, i, x, 10. En marquant les vêlements qu'ils avaient à nettoyer, les foulons devaient s'abstenir de mélanges défendus par la loi. Levit., xix, 9; Deut., xxii, 11; Kilaïm, ix, 10. On foulait aussi les étoiles de couleurs,

687. — Foulon foulant l'étoffe dans une cuve. Bas -relief du Musée de Sens.

Sabb., xix, 1; Isaïe, vu, 3; xxxvi, 2, mentionne un champ situé près de Jérusalem, appelé sedêh kôbês, « le champ du foulon »; cf. IV (II) Reg., xvm, 17. La Vulgate traduit le mot hébreu bôrit par herba fullonum, « herbe des foulons, » parce que ces artisans se servaient de cette plante pour nettover les étoiles. Voir Boritii t. i, col. 1853.

chez les Romains. Un passage d'Hippocrate, Institut., iv, i, 15, décrit l'ensemble des opérations qu'ils pratiquaient de son temps. Ce sont les mêmes que celles qui étaient en usage chez les Juifs. Les laines étaient nettoyées avant d'être mises en œuvre. Les souillures contractées durant le filage et le tissage étaient enlevées par

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