FOULON (HERBE DU). Voir BORITH, 1. I, col
FOUR (hébreu : kibSàn, kûr, kir, tannûr; chaldéen: 'a!(ûn; Septante : xàfiivo;, xXîSavo; ; Vulgate : fornax, caminus, clibanus), appareil dans lequel on concentre une chaleur suffisante pour fondre les métaux, calciner la pierre, cuire l'argile et le pain, etc. La Sainte Écriture mentionne plusieurs espèces de fours ou fournaises.
1. Le four à pain. — Il porte toujours le nom de tannin-. xXiêavoç. — 1° Le four du boulanger égyptien consistait en un grand vase conique ouvert à la base et au sommet, et posé à terre sur sa base la plus large. On allumait du feu à l'intérieur, et, quand le vase était chaud, on appliquait à l'extérieur les pains tout plats, qui cuisaienl ainsi lus vite. Une peinture du tombeau de Ramsès III (li.^. 689) nous fait comprendre cette manière de procéder. Rosellini , Monumenti civili, pi. lxxxvi, 8.
689. — Four égyptien. Thébes. D'après Wllkinson, Manners, t. II, p. 34.
Cl. Ebers, Aegypten und die Bûcher Moses, Leipzig, 1868, i'. 332. Dans d'autres fours, après avoir chauffé, on niellait les pains à l'intérieur, par l'orifice d'en haut, suides plaques de lerre cuite, sur des pierres chauffées ou
mé lirectemenl sur les cendres encore brûlantes. On
comprend alors la plainte du boulanger : o Le boulanger pétrit, met les pains au feu; tandis que sa tête est dans l'intérieur du foui-, son lils le tient par les jambes; s'il échappe aux mains de son fils, il tombe dans les flammes. » Papyrus Anaslasi, n° II, pi. vu. Pendant la deuxième plaie d'Egypte, les grenouilles se répandirent jusque
dans les fours et les pétrins, rendant ainsi presque impossibles la fabrication el la cuisson du pain. Kxod., vin , 3. — 2° Le four à pain des Hébreux avait la même forme
que celui des Égyptiens, avec îles dimensions plus ou m - grandes. Ce genre de fours est encore en usage
en Palestine et en Arabie. On l'utilise de différentes manières. C'est pai luis une simple cruche qu'on chauffe à l'intérieur, et à l'extérieur de laquelle on applique ensuite e donl on fait le pain el les gâteaux généralement ts. D'autres fois, le four est plus grand el atteint de quatre-vingts centimètres à un mètre de hauteur. 11 être muni d'un couvercle qui empêche la déperdition de la chaleur. Quand il est bien chauffé, on mel la i h des cailloux disposés dans le fond, soil ui du fou tssez ordinairement , on
commence par allumer le feu, et c'est seulement quand il est à l'état de brasier ardent qu'on place le four pardessus. « En Galilée, le four est une cloche de terre cuite, large de quatre-vingts centimètres, haute de quarante, dont le sommet s'ouvre en soulevant un gros tampon d'argile. 11 se chauffe par le dehors; la braise et les cendres chaudes qui le recouvrent ne s'éteignent jamais. A l'intérieur est un lit de gravier, sur lequel on dépose le pain en introduisant dans l'ouverture la main entourée d'un linge mouillé. Dans les villages, chaque maison a son four sous une cahute de branchages et de boue. » Jullien, L'Egypte, Lille, 1891, p. 264. Cf. de la Roque, Voyage dans la Palestine, Amsterdam, 1718, p. 192-195; Niebuhr, Beschreibung von Arabien, Copenhague, 1772, t. I, p. 74; Pierotti, La Palestine actuelle clans ses rapports avec l'ancienne, Paris, 1805, p. 211. — Les Hébreux chauffaient le four avec du bois, ls., xi.iv, 15; des bouses d'animaux, Ezech., iv, 15, el des herbes desséchées. Matth., vi, 30; Luc, xn, 28. — Jérémie dit que, par l'ardeur de la faim, la peau esl brûlante comme un four », Laui., v, 10, c'est-à-dire comme cette surface extérieure du four sur laquelle on appliquait le pain à cuire. Osée, VII, 4, 0, 7. compare les impies d'Israël à un four que chauffe le boulanger : « Il cesse d'attiser le feu depuis qu'il a pétri la pâte jusqu'à ce qu'elle lève... Toule la nuit le boulanger dort, et au matin le four brûle comme un brasier ardent. » Ainsi les méchants ont un cœur dans lequel couve sans cesse le feu des passions prêtes à tout dévorer. Le four servait pour cuire le pain et les gâteaux. Lev., h, 4; vu, 9. Aussi, quand le four, tannûr, et le foyer, kîrayîm, étaient souillés par le contact d'un animal mort, il fallait les détruire l'un et l'autre. Lev.. Chaque famille possédai! son four. Pour faire comprendre ce que ie peuple aura a souffrir de la famine, en punition de son infidélité, Moïse prédit que « dix femmes cuiront leur pain dans un seul four ■>, Lev., xxvi, 20, le pain étant si rare qu'un seul four suffira pour dix familles. — Isaic, XXXI, 9, dit que .lehovah « a son feu dans Sion et son tannûr dans Jérusalem », pour signifier qu'il esl la clic/, lui, dans sa demeure particulière, et qu'il saura la défendre contre l'Assyrien.
II. Le finir à chaux. — C'est une construction cylindrique ou conique, ouverte par le haut, dans laquelle on entasse du combustible et de la pierre calcaire. Celle-ci, sous l'action de la chaleur, donne de la chaux qui servira à faire des enduits, à cimenter des matériaux, etc. Voir col. 042. Isaïe, XXXIII, 12, dit que les peuples ennemis seront comme des « fournaises de chaux 9, c'està-dire consumés par la colère divine semblable an feu du four a chaux. — Les ailleurs sacrés prennent plusieurs fois connue terme de comparaison le feu des grandes fournaises, sans qu'on puisse déterminer s'ils ont en vue le four à chaux ou les fours à métaux et à briques. Dans
l'un et l'autre cas, la signification esl la même. Ils comparent donc au feu et à la fumée qui s'échappent de la fournaise le feu céleste qui apparut entre les victimes
offertes par Abraham, tien., XV, 17; les llam s qui
s'élevèrent au-dessus des villes maudites, ('.on., six, 28; les nuées ardentes qui couvrirent leSinaï, Exod., xix, 18; la vengeance divine qui doit consumer les méchants, Ps. xx (xxi), 10; Mal., iv, I; le lieu du supplice éternel, Matth., xm, 42, cl le puits de l'abîme. Apoc,
III. Le finn- û métaux. — On y réduit par la chaleur les oxydes métalliques pour en dégager le métal, ou l'on y fond le métal précieux afin de l'épurer. Quand l'opération se fait en petit, on se sert du creuset. Yull t.l.i i - SET, col. 1117. — 1" Dans le four, on opère sur de plus grandes quantités. On tond l'or et l'argent. Prov., xvn, 3; xxvii, 21 ; Sap., m, r.. Ezech., xxii, 18, 20, 22. nu prépare le bronze, Apoc, i, lô, el le fer. Ezech., xxn. 18 L'auteur de l'Ecclésiastique, xxxvm, 29, dit du forgeron: « Assis près de son enclume, il examine le 1er qu'il
FOUR
travaille; la vapeur du feu lui brûle les chairs, et il tient bon contre la chaleur du four.» iFig.t>90. } Le papyrus Sallier, n° II, pi. rv, représente aussi « l'ouvrier en métal à ses travaux, à la gueule du four de sa forge. » Voir FOR- GERON, col. 2312. Les Hébreux eurent à se servir des fours à métaux (flg. 691), dès leur séjour au désert, pour la fabrication du veau d'or, Exod., XXXII, 4. et des objets de métal destinés au service du Tabernacle. Ëxod., xxxi, 4-9. — 2° Le four, 'a/tûn, dans lequel Nabucho-
690. — Fonrnatse de forge. — Au milieu, Vulcain achevé le bouclier de Mars. A gauche, le souffleur de la fournaise cherche il enlever sa coiffure, pour le taquiner, a un ouvrier qui travaille a une pièce de l'armure. La forme de cette coiffure indique un ouvrier juif ou phénicien. La fournaise devait avoir environ l'"50 de haut et Om75 de large. D'après Beck Geschichte des Eisens, t. i, 1SS4, pi. 74, p. 461.
donosor fait jeter les trois jeunes Hébreux, Dan., m, 21, est probablement un four à métaux. « Un bas-relief en bronze d'une des portes du palais de Balawat représente un de ces 'atlùn orientaux (lig. 092). 11 parait de forme rectangulaire et comme partagé en deux étages, à chacun desquels on remarque trois ouvertures, en forme de portes ou de fenêtres, les unes rectilignes. les autres cintrées. Des flammes s'échappent avec violence de plusieurs d'entre elles. Les têtes d'une dizaine de suppliciés sont figurées au-dessus et aux cotés de la fournaise. » Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1890, t. iv, p. 328. Cependant, comme le texte ne précise pas, il se pourrait aussi que le four en- question fut un four à chaux ou à briques. — 3° Pour marquer la dureté de la servitude d'Egypte, les écrivains sacrés appellent ce pays la t fournaise de fer ». Dent., iv. 20; III Reg.,