‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 464 sur 486 · FOURMI — FOURNEAUX · texte numérisé non relu

FOURMI — FOURNEAUX

Sat., I, i, 35, dit que la founni est haud ignara ac non incauta futuri, « ni ignorante ni imprévoyante de l'avenir. «Virgile, Mneid ., iv, lu.'!, appelle ces insectes liiemis memores, « songeant à l'hiver, » et c'est en cette prévision que ingentem farris acervum populant tectoque reponunt, « elles pillent un grand tas de froment et le rei ueillenl dans leur nid. ». Saint Ambroise, Hexsemer., VI, iv, 1G, t. xiv, col. 217, ajoute que t la fourmi toute petite ose entreprendre ce qui dépasse ses forces et, sans être astreinte au travail par aucune sujétion, obéit à une prévoyance spontanée et s'amasse des provisions de vivres». Saint Jérôme, \'du Mitlc/ii mouaehi,", t, XXIII, col. 46, décrit les travaux d'une colonie de fourmis en Syrie, qui Dentures hiemis memores,e songeant à l'hiver qui va venir, » amassent des grains et les coupent avec leurs mandibules pour les empêcher de germer dans la terre humide de leur nid. Cf. Elien, De nat. anim., il, 25; vi, 43; Plante, Trinum., Il, 4. — La manière dont la Sainte Écriture parle des fourmis a été taxée d'erreur au nom des sciences naturelles, l.a fourmi est un animal hibernant, en sorte que chez elle la vie est suspendue par un profond engourdissement pendant, tout l'hiver. L'insecte n'a donc pas besoin de nourriture durant ce temps, et c'est à tort que l'auteur sacré lui fait un mérite de préparer pendant l'été ses provisions d'hiver. — On pouvait répondre que le Sage parle de la fourmi selon les apparences : elle déploie une grande activité pour apporter à son nid toutes sortes de provisions, comme si elle avait à prendre ses garanties contre l'hiver. C'esl celte activité qu'on propose en exemple au paresseux. Mais des observations plus attentives ont permis d'établir que le texte doit être entendu ici littéralement et que l'ignorance est attribuable non pas à l'auteur sacré, mais à ses contradicteurs. On compte cent quatre espèces de fourmis habitant l'Europe. Sur ces cent quatre espèces, il en est trois, ['Alla barbara, VAtta struetor et le Pheidole megacephala, qui font des provisions pour l'hiver. Mus ces espèces ne sont connues que dans la région méditerranéenne et n'existent pas dans les climats plus septentrionaux. En Palestine, les 'deux espèces les plus cornmunes sont justement VAtta barbara, qui est une fourmi nuire, et VAtta struetor, une fourmi brune. Ces fourmis sonl a la lettre des mangeuses de grains; n'étant pas hibernantes, elles font des provisions pendant l'été en vue îles juins d'hiver où la pluie ou le froid les empêcheront de sortir. Ou sait que les grains renferment toujours de la fécule d'où provient du glucose dont les fourmis sont si friandes. Le naturaliste Tristram a observé par lui-même les fourmis de Palestine. Il les a vues activement occupées a transporter quantité de grains d'orge dans leurs galeries. Il a trouvé leurs nids pleins de grains mélangés avee de la paille, de l'herbe, des cosses de toute nature. Eu plein mois de janvier, il a pu constater que les fourmis étaient au travail, parmi les tamaris des bords de la mer .Mûrie, passant el repassant en longues files, et recueillant les pucerons et les exsudations sucrées des végétaux. Ce que le naturaliste anglais a observé, l'auteur sacré li' connaissait bien, et les anciens, Horace, Virgile, saint Ambroise, saint Jérôme, etc., qui vivaient dans la région méditerranéenne, l'avaient également constaté. De notre temps, un a trouvé d'autres espèces de fourmis qui amassent des grains pour1 l'hiver, aux Indes, dans l'Amérique méridionale, etc. On a même eu a déplorer, à Hyères, des ravages considérables exercés

par- ces sortes de fourmis sur les grains des récoltes. • tram, The natural history ofthe Bible, Londres, issu, ,,. 319-321, 196-498.

■'■' Au Psaume lxxvii (i.xxviii), 47, on lit :

n a fait périr leurs vignes par La gr< le, Ki leurs sycomores pai li

Comme ce mut hébreu ne se rencontre qu'en cet endroit, le sens eu est discuté. Septante : naytyn; Vulgate : pruina :

Aquila : xpûei; S. Jérôme : frigore, Targum : « des sauterelles; » Symmaque : o des vers, » etc. D'après J. D. Miihaèlis et Gesenius, Thésaurus, p. 499, hànâmal aurait le même sens que nemâlâh et désignerait les fourmis. Cette étymologie n'est pas acceptable; car, dans tout ce pass ige du psaume, le parallélisme est très régulier'. Le mot hânânial désigne donc quelque chose de correspondant à la grêle, ainsi que l'ont pensé les plus anciens traducteurs. D'ailleurs l'histoire ne parle pas de ravages causés par les fourmis pendant les plaies d'Egypte. Frz. Delitzsch, Die Psalrneu , Leipzig, 1874, t. Il, p. 40, pense que le mot en question désigne la grêle, comme bârâd du vers précédent. IL Lesètre.

FOURMONT Etienne, littérateur français, né à Ileberlay, près Saint-Denis, le 23 juin IGS3, mort à Paris le 18 septembre 1745. Son éducation terminée au collège Mazarin, Etienne Fourmont se donna tout entier à l'étude des langues orientales. 11 fut professeur au collège d'Harcourt et précepteur des lils du duc d'Antin. En 1713, il fut reçu à l'Académie des inscriptions et belles-le et deux ans plus tard devenait professeur d'arabe au collège de France. Un lettré chinois, Arcadio Uoang, venu à Paris eir 1711, avec un missionnaire, lui apprit la langue de son pays, et Etienne Fourmont fut bientôt en mesure de publier des ouvrages sur- celle i presque entièrement inconnue, faisant graver les caractères qui lui étaient nécessaires. En 1721, le roi le chargea de faire faire des poinçons hébreux et d'inspecté] tous les caractères orientaux de l'imprimerie royale. Etienne Fourmont publia lui-même, en 1731, le catalogue de ses ouvrages; mais il eut soin d'y faire entrer Ions ceux qu'il avait formé le projet d'écrire. Parmi ceux qui uni été imprimés, nous devons mentionner : Lettres ù M*" sur le commentaire du P. Calmet sur la Genèse: où l'on trouvera île* dissertations critiques contre les notes île ee bénédictin, des explications nouvelle un grand nombre de passages, et la solution de plusieurs difficultés de l'ÉcritureSainle. Pi'eniière lettre sur Vautoritê du Pentateuque et l'autorité des rabbins; :'■ lettre sur In manière de prouver la création par la Genèse, in- 1:2. Paris, 1709; Mouaacah, eetnt:* douleurs, ou Réfutation du livre intitule : Règles pour l'intelligence des Suintes Écritures, composées par Rabbi Ismaël ben Abraham, in- 12, Paris, 1723; Réflexions critiques sur l'origine, l'histoire et îa des anciens peuples chaldéens, hébreux, phéniciens, égyptiens, grecs , jusgu'au temps de Cyrus, 2 in-40, Paris, 1742, ouvrage plein d'idées bizarres et paradoxales. Etienne Fourmont avait en outre composé une Critique sacrée, un Commentaire sur les Psaumes, et traduit en latin le Commentaire d'Aben-Esra sur l'Ecclésiastique; mais ces divers écrits sent restés manuscrits. Dans les Mémoires de l'Académie se rencontrent plusieurs dissertations de cet auteur-: Sur l'art poétique et le des une, eus lleheen.e , t. IV, p. 'll>7 ; Sur l'époque de Ifl

ponctuation hébraïque de la Massora, telle qu'i aujourd'hui, dont l'auteur jusqu'ici inconnu est

gné par un uninuserit de lu Bibliothèque du mi, t. xin. p. 191; Que les Septante n'ont pu faire leur traduction que sur nu texte hébreu ponctué , t. xiv, p. 179: Sut les manuscrits hébreux ponctués et les anciennes éditions de le Bible, t. XIX, p. 229. — Voir- Catalogue îles outrages de M. Fourmont l'aîné, in-8", Amsterdam, 1731 : Guignes et Deshauterayes , Abrégé de la rie et des ouvrages de M. Fourmont, in-4°, Paris, I7it>; Quérard, La France littéraire, t. m, p. 180, B. HEURTEBIZE.

FOURNAISE. Voir Four, col. 2334.

FOURNEAUX ou des FOURS iTOUR DES)

(hébreu : migdai haf-Tannûrim; Septante : iripyos t&i 6avoupi|it; Vulgate : turris fumorttm), tour de l'enceinte

FOURNEAUX — FRANÇAISES (VERSIONS) DE LA RIRLE

do Jérusalem, au nord-ouest, entre le Mur large, II Esdr., m, 8. et la porte de la Vallée. II Esdr., m, 13. Elle est mentionnée II Esdr., ni, 11. Elle fut réparée du temps de Néhémie par Melchias, fils d'Hérem, et Hasub, fils de Phahat Moab. Elle pouvait tirer son nom de la rue des Boulangers, Jer., xxxvn, 21 (hébreu), qui était probablement dans le voisinage. Voir t. i, Boulangers (rue des) '2, col. 1893.

FOYER (hébreu: 'âb, .1er., xxxvi, 22, 23; kiyôr, Zach., xn, 6; mahetùh, Exod., xxvii, 3; xxxvm, 1; Septante: In/i'j-j-, Jer., xxxvi, 22. 23; ôi>.o:, Zach.. xn. (i ; jrupeîov, Exod., xxvii, 3; xxxvm, 3, i [2.1, 24]; Vulgate : anila, Jer., xxxvi, 22, 23; fax, Zach., xn, 6; ignium receptacula, Exod., xxvn, 3; xxxvm, 3), vase destine à contenir des charbons allumés. Les Septante, en parlant de l'autel, traduisent par ê^ipoc, et la Vulgate par anila, « foyer, » le mot hébreu la/ml, la partie inférieure. Ritseh, Priscse latinilatis monumenla epigraphica, pi. cxi, F, y. 80. Voir Autel, i. i, col. 1270, fig.370; col. 1175, flg. 374; col. 1276, li^ . 276 et 377, et Holocauste. — Les Hébreux n'avaient pas de cheminées dans les maisons pour se chauffer. Elles étaient inutiles sous un climat sec el généralement doux. Voir Cheminée, col. 650. Quand ils avaient froid, ils se réchauffaient autour d'un brasier établi en plein air ou, quand celait dans une chambre, placé dans un bassin, comme le brasero des Italiens ou des Espagnols. C'est du reste encore aujourd'hui l'usage dans tout l'Orient. Il est question de foyers établis en plein air dans Marc, xiv, 54, G7; Joa., xxi, 9; XVIII, 18, 25. Il n'est pailé qu'une seule fois dans la Bible d'un foyer destiné à chaulfer quelqu'un à l'intérieur d'une maison. Le roi Joakim se chauffe ainsi. Jer., xxxvi. 22, 23. On se servait pour les sacrifices de foyers ! ce genre. Exod.. XXVII, 3; xxxvm, 3. Zacharie, XII, G, compare les chefs d'Israël à un foyer placé au milieu du bois. — Les inusées renferment des foyers portatifs grecs ou romains qui peuvent donner quelque idée de ceux dont se servaient les Hébreux, car aujourd'hui encore la forme est la même dans les pays où il en est fait usage. Museo Borbonieo, t. vi, pi. xi.v; Gazette archéologique, 1876, pi. xvil, p. 52; Museo Grcgoriano, t. i-, pi. XIV ; Conze, Jahrbuch derKaiserl. deutsch, archâolog. ïnstit., t. v, 1890, p. 118. E. Beirlier.

FRACTION DU PAIN (v.Ugi; to-j i'pTo-j; Vulgate: f radio panis). Les pains chez les Juifs étaient faits en forme de galette mince, ronde et plate, de sorte .pion les rompait avec les doigts, au lieu de les couper avec un instrument tranchant. De là la locution : xXiœ -.';-, ap-ov, frangere panern. Matth., xiv, 19, etc. Notre-Seigneur, quand il institua le sacrement de l'Eucharistie, « prit du pain, rendit grâces et k'xXaoE, (régit, le rompit, o Matth., xxvi, 2(3; Marc, xiv, 22; Luc, xxn, 19; I Cor., xi, 24. A cause de cet usage, les termes « fraction du pain » sont employés dans le Nouveau Testament pour désigner le grand sacrement de la loi nouvelle, Luc, xxiv. 35; Act., Il, 42, et -ùAik ïpïov, ad frangendum panem, « rompre le pain, » signifie consacrer le corps et le sang du Sauveur et communier, Act., xx, 7; I Cor., x, 16. Voir Cène, col. 416. Cf. J. Felten , Die Apostelgeschichte, in-8°, Fribourg-en-Brisgau, '1892, p. 94, 37 i.

FRANCKE Auguste Hermann, littérateur et philanthrope allemand, luthérien, né à Lubeck le 12 mars 1663, mort à Halle le 8 juin 1727. 11 étudia dans diverses villes d'Allemagne et se fit recevoir maitre es arts à Leipzig. Après divers voyages, il revint dans cette ville et y fit sur l'Écriture Sainte des conférences qui lui attirèrent de nombreux élèves. Pasteur à Erfurt, il fut accusé de piétisme: obligé de quitter ce poste, il se retira a l'université de Halle, où il professa les langues grecque et

orientales. Il devint ministre à Claudia, dans un faubourg de cette ville, puis à Saint- Ulrich de Halle. Ce fut alors qu'il fonda l'œuvre philanthropique connue sous le nom de Maison des orphelins de Halle. Nous citerons parmi ses nombreux ouvrages: Manuductio ad lectioneni Scripturse Sacra-, in- 12, Halle, 1093, désigné' assez souvent sous le titre : Commentatio de scopo librorum Veteris ae Novi Testamenti ; Observationes biblicx, in-12, Halle, 1695: Francke indique les corrections qu'il faudrait apporter à la Bible de Luther; De emphasibus Sacrée Scripturse, in-4°, Halle, 1698; Christus der Kern heiliger Schrift, in - 12 , Halle, 1702; Prselectiones hermeneutiese, in-12, Halle, 1712; Tntroductio ad lectioneni prophetarum, in-80, Halle, 1724. De plus, Francke est l'auteur d'une préface à une édition grecque du Nouveau Testament: Novum Testamentum griece nunc denuo ad exemplar Oxonii impressum cum prsefatione nova Augusti Hermanni Franckii, in-8", Francfort, 1697. Après sa mort furent publiés : Erklàrung der Psalmen Davids, 2 in-4", Halle, 1730; Introductio in psalterium generalis el specialis, in-4°, Halle, 1734. — Voir J. G. Francke, Leichen-Predigt auf A. II. Francke, in-f», Halle, 1727; Biographie .1. //. Francke's, Stifters des Waisenhauses zu Halle, in-8°, Chemnitz, 1823; Guerike, A uguste Hermann Francke, eine Denkschrift zur Sâeularfeier seines Todes, in-S», Halle, 1*27; Walch, BdÀioiheca theologica, t. iv, p. 204, 211, 107. 793.

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