Le frelon
Mais ces nids ne contiennent jamais plus de deux cents insectes. Les frelons ont un aiguillon plus fort que celui des abeilles et possédant à sa base un réservoir à venin. Ils pillent les ruches des abeilles, après avoir tué ces animaux, et se nourrissent ordinairement d'insectes ou de viande. Ils n'attaquent pas l'homme les premiers; mais, si celui-ci les dérange, principalement au moment de la grande chaleur de la journée, où ils sont plus irritables, ils fondent sur lui, le piquent cruellement et peuvent même causer sa mort. Ils font périr de même le cheval ou l'animal qui a eu l'imprudence de mettre le pied sur leur nid. Cf. Aristophane, Vesp., 1104; Pline. H. N., xi, 16,24; Virgile, Georq., m, 148; Ammien Marcellin, xxiv, 8. — La Sainte Écriture parle quatre fois des frelons, mais toujours à propos de la même circonstance. Dieu annonce qu'il enverra des frelons pour chasser DICT. DE LA BIBLE.
devant les Hébreux les Hévéens, les Chananéens et les Héthéens, non pas en une seule année, mais peu à peu, à mesure que les nouveaux arrivés se multiplieront. Exod., xxm, 28-30. La même promesse est répétée dans le Deutéronome, vu, 20. L'accomplissement en est constaté dans Josué, xxiv, 12, et dans la Sagesse, xn, 8. Ce dernier livre parle en général de guêpes, açîjxa, vespa. Connue dans le premier passage le Seigneur dit qu'il enverra devant les Hébreux sa terreur et les frelons, plusieurs auteurs ont pensé qu'il est ici question des frelons dans un sens purement symbolique. L'hébreu sir'àh signifierait métaphoriquement « terreur », comme les mots o'orpoç et sestrus signifient à la fois « taon » et « douleur, fureur ». Gesenius, Thésaurus, p. 1186; Bochart, Hierozoicon, Leipzig, 1796, t. ni, p. 407-409; Rosenmiiller, In Exodum, Leipzig, 1795, p. 567, etc. La version arabe traduit sir'dlt par « terreur », et saint Augustin interprèle dans le sens métaphorique les passages où il est parlé de frelons. Qusest. in Heptateuch., n, 93; vi, 27; t. xxxiv, col. 630, 789. — C'est cependant dans le sens littéral qu'il faut entendre le mot sir'àh dans les quatre passages. De Hummclauer, In Exod. et Levit., Paris, 1897, p. 240. Après avoir soutenu le sens métaphorique, Rosenmiiller, Josua, Leipzig, 1833, p. 438, est revenu au sens littéral pour les raisons suivantes. Presque toutes les versions anciennes traduisent par « frelons ». La Sainte Écriture, qui parle dans les mêmes passages de terreur et de frelons, n'aurait pas entendu le second terme dans le sens du premier, expliquant ainsi un mot clair par une métaphore obscure. Sans doute, la suite du récit n'indique pas en quelle circonstance la menace du Seigneur s'est accomplie. Mais que de fois n'est -il pas fait allusion à des événements que l'histoire sacrée a passés sous silence? — Ajoutons que le texte de l'Exode, xxm, 30, dit que les frelons feront disparaître les Chananéens peu à peu. Cette disparition a demandé des années pour s'accomplir ; il n'y avait donc pas lieu d'en parler comme d'un fait d'extermination par les armes ou par un fléau de courte durée. En cette occasion, le Seigneur se sert d'agents naturels pour accomplir son œuvre, et, pour que nous sachions qu'il est intervenu, il faut que l'écrivain sacré nous le révèle. Car les frelons pullulaient en certains endroits de Palestine et y commettaient de terribles ravages contre les animaux, et sans doute aussi contre les hommes. Une ville située à mi-chemin entre Jérusalem et la Méditerranée, sur la frontière de Dan et de Juda, en avait gardé le nom de Çdr'àh, Sïpaà, Saraa, « lieu des frelons, » et Élien, Ilist. animal., ix, 28, raconte que les Phasélites, peuple d'origine chananéenne, furent chassés de chez eux par les frelons. Non loin de Saraa , à l'ouest, se trouvait Accaron, la ville où les Philistins adoraient le dieu-mouche, Béelzébub. Cf. t. I, col. 1547. Peut-être faut-il voir quelque relation entre le châtiment infligé aux Chananéens au moyen des frelons, et la part qu'ils pouvaient prendre au culte de l'idole philistine. — Cf. Tristram, The natural history of the Bible, Londres, 1889, p. 322; W'ood, Bible animais, Londres, 1884, p. 613-010. H. Lesêtre.
FRÈRE (hébreu : 'dh , d'où 'ahâvâh, « fraternité, » Zach., xi, 14; chaldéen : 'ah; Septante: àôe) çôç; Vulgate: (rater), nom qui sert à désigner les enfants du même père ou de la même mère.
I. Divers sens du mot « frère » en hébreu. — 1° Le mol 'dh ou k&ù.'fii se lit environ un millier de fois dans la Sainte Écriture. 11 n'est pris dans son acception littérale qu'un assez petit nombre de fois, quand il est question des frères proprement dils, Caïn et Abel, Gen , IV, 2; Ésaii et Jacob, Gen., xxvh, 6; les fils de Jacob, Gen., xxxvn, 13, 14; Moïse et Aaron , Exod., iv, 14; les lils de David, III Reg., I, 9; les sept frères Machabées, II Mach., vil, 1; Pierre et André, Matth., iv, 18; Jacques et Jean. Matth., iv, 21 , etc. — 2° Dans les autres textes,