DÉMON — DÉMONIAQUES
naissaient et qu'il était le Christ. Le divin Maître leur imposait silence et ne leur répondait ni oui ni non. Marc, i, 34; Luc, iv, 41. — Une autre fois, « les esprils immondes, en le voyant, se prosternaient devant lui et s'écriaient : C'est toi le Fils de Dieu. Et il les menaçait sévèrement pour qu'ils ne le découvrissent point. » Marc, m, 12. Ils l'appelaient « Fils du Dieu Très-Haut », et le suppliaient de ne pas les torturer Matth., vin, 29; Marc, v, 7; Luc, vin, 28. Notre -Seigneur prescrivait aux démons de se taire pour rejeter tout témoignage venu d'eux. Cf. Petau, De angelis, I, vm, 13-15. D'ailleurs ce cri des démons ne pouvait être inspiré par aucun bon sentiment. Interpeller ainsi Notre -Seigneur, « c'est une manière de combattre le Prophète; en appelant Jésus : Saint de Dieu, Fils de David , Messie enlin , ils réveillent dans la foule les idées fausses qu'elle attache à ce titre, et nous savons que rien n'était plus propre à entraver l'action du vrai messianisme. » Didon, Jésus-Christ, Paris, 1891, t. i, p. 295. — 3. Jésus-Christ manifeste l'opposition que lui fait Satan au moyen des Juifs qui se laissent conduire par ses inspirations, et auxquels il reproche d'avoir le diable pour père. Joa., vm, 44. Satan trouve un auxiliaire dans Judas, dont il s'empare. Luc, XXII, 3; Joa., XIII, 2, 27. — 4. Notre-Seigneur déclare formellement, peu avant sa passion, que « c'est maintenant le jugement du monde, maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors ». Joa., XII, 31. La rédemption va, en effet, le déposséder de l'empire qu'il possédait sur l'humanité. Après la dernière Cène, le Sauveur ajoute : « Voici venir le prince de ce monde, et il n'a rien contre moi. » Joa., xiv, 30. Il n'a, en effet, aucun droit de mort sur celui qui n.'a point péché en Adam. « Le prince de ce monde est déjà jugé, » Joa., xvi, 11, dit encore Notre-Seigneur; sa sentence définitive a été portée dès sa révolte dans le ciel, et le nouvel attentat qu'il va commettre ne servira qu'à la faire ratifier. Au jardin de l'agonie, Jésus-Christ déclare qu'il pourrait recevoir du Père pour sa défense plus de douze légions d'anges, Matth., xxvi, 53, mais qu'il s'abandonne à ses ennemis parce que c'est leur heure et « la puissance des ténèbres », Luc, XXII, 53, c'est-à-dire l'heure où Satan, prince des ténèbres, Eph., vi, 12, pourra tout oser contre lui. — 5. Par sa mort, Jésus-Christ « détruit celui qui avait l'empire de la mort, c'est-à-dire le diable ». Hebr., il, 11. « Il a effacé le texte du décret qui nous était contraire, et l'a mis hors d'usage en le fixant à la croix. Dépouillant ainsi les principautés et les puissances, il les a données hardiment en spectacle et en a publiquement triomphé en sa propre