‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 70 sur 486 · Têtes de démons. Muso? de Saint -Louis h Carthage · texte numérisé non relu

Têtes de démons. Muso? de Saint -Louis h Carthage

personne. » Col., Il, 14, 15. Ainsi a cessé en droit l'empire de Satan, en attendant qu'il cesse en fait à la lin du monde.

Les mauvais esprits ont été figurés par l'art chrétien sous la forme d'êtres hideux. Ces représentations sont antérieures au christianisme, et on les retrouve chez les païens. Parmi les amulettes que Ion rencontre parfois en si grand nombre dans les tombeaux puniques de Carthage, on remarque souvent des tètes cornues à face de satyre (lig. 492), offrant les diverses expressions que l'on donne de nos jours aux ligures du démon. Tous ces masques proviennent de sépultures datant du vte siècle environ avant notre ère. II. Lesètre.

DÉMONIAQUES ( Sai[i.emÇ6u.Evoi, S»i(iovi<r8lvTeç, 8oauovix ;/ovtî;, i7;).r,vta'ô|i£vot , a demonio vexati , daemonïa habentes, hmatici), possédés du démon, c'est-à-dire hommes sur le corps desquels le démon exerce un pouvoir malfaisant. Voir § III.

I. Les cas de possession diabolique. — 1° Dans l'Ancien Testament. — Par deux fois, il est dit de Saûl qu'un esprit mauvais, rûah rà'àh, venant de Dieu, c'està-dire déchaîné par la permission de Dieu, fit irruption en lui Cet esprit l'agitait, lui inspirait une humeur farouche et homicide, qu'il fallait calmer au moyen de la musique. I Reg., xvi, 14-10; xix, 9. Josèphe, Ant. jud., VI, vm, 2, raconte que les mauvais esprits causaient à Saûl des suffocations et des étranglements, si bien que les médecins ne lui prescrivaient aucun autre remède que la musique. Plus loin, VI, xi, 2, il fait dire par Jonathas que David a chassé les mauvais esprits et les démons qui hantaient Saùl, et qu'il lui a rendu la tranquillité.

2» Dans le Nouveau Testament. — 1. En général, la possession est accompagnée de diverses maladies : la privation de la vue et de la parole, Matth., xn, 22; Luc, xi, 14, ou de la parole seule, Matth., ix, 32; la contraction musculaire persistante, Luc, XIII, 11, 16; des maladies non indiquées par les évangélistes. Matth., vm, lu; Marc, i, 32, 34, 39; Luc, iv, 41; vu, 21: vm, 2; Matth., xv, 22; Marc, vu, 25. — 2. Dans plusieurs cas, les démons produisent la paralysie et l'épilepsie (le mal des <reVrj'/isci;ou.=voi ou lunatiques). Matth., IV, 24; Marc, m, 11; Luc, vi, 18. Certains démoniaques épileptiques présentent des caractères effrayants. Tel est le jeune homme qu'on amène aux Apôtres, pendant que Notre- Seigneur est sur la montagne de la Transfiguration. Le démon le maltraite de toutes manières, le déchire, le jette dans le feu ou dans l'eau. Tour à tour le malheureux possédé écume, grince des dents, se roule à terre, tombe en prostration, perd la parole et pousse des cris. Matth., xvn, 14; Marc, ix, 16, 17; Luc, ix, 39. — 3. Chez les démoniaques de Gadara, c'est la folie la plus furieuse. Us sont deux à habiter dans des sépulcres, toujours redoutables aux passants et brisant toutes les chaînes dont on veut les charger. L'un en particulier met tout en pièces, crie sans cesse, ne souffre pas de vêtements, se frappe avec des pierres et court le désert sous l'impulsion du démon. Matth., vm. 28-32; Marc, v, 2-13; Luc, vm, 27-33. — 4. Le démon l'ait parler certains possédés, déclarant par leur bouche qu'il reconnaît en Jésus-Christ le Fils de Dieu. Marc, i, 24, 34; m, 2; v,7;Luc, iv, 34, 41; vin, 28; Matth., vm, 29. Voir Démon, IV, 2. A Philippes, en Macédoine, une fille possédée d'un esprit python poursuit saint Paul et Silas en criant : « Ces hommes sont des serviteurs du Dieu Très- Haut, qui vous annoncent la voie du salut. » Act., xvi, 16-18. — ô. Enfin il arrive aussi que certains possédés tombent ai | ivoir de plusieurs démons et non plus seulement d'un seul. Notre-Seigneur dit que quand l'esprit immonde est sorti d'un homme, il va chercher sept autres esprits pires que lui pour reprendre possession de sa victime. Matth., XII, 43-45; Luc, xi, 24-26. Madeleine fut ainsi possédée de sept démons. Marc, xvi, 9. Les démons étaient en si grand nombre dans un autre malheureux, qu'ils s'appelaient eux-mêmes « légion ». Marc, v, 9; Luc, vm, 30.

IL Réalité des possessions diaboliques. — On fait valoir contre cette réalité certaines raisons qui se résument aux deux suivantes. — 1° Les possédés ne sont que des malades ordinaires atteints de folie, d'épilepsie, d'hystérie et de certaines affections que la science du temps ne savait pas caractériser. Chez les Grecs, par exemple, ôaip-oviv signifiait simplement « avoir l'esprit é"aré ». Euripide', Phœnic., 888; Xénophon, Meinor., I, 1^9; Plutarque, Marcel., 23; Lucien, Philops., 16. De même, dans l'Évangile, on dit à Jésus qu'il a un démon, pour marquer qu'il ne sait plus ce qu'il dit ni ce qu'il l'ait. Matth., xi, 18; Joa., vu, 20; vm, 48, 52; x, 20. Sans

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