DENT — DENYS D'ALEXANDRIE
fontaine du suppliant, qui est à Léchi. » Voir LÉCHI et EUmathléchi. Cf. Josèphe, Ant. jud., V, vm, 9; Reland, Palxstina illustrata, Utrecht, 1714, p. 872. Il s'agil donc ici d'un rocher qui porte le nom de « mâchoire », sinon à cause de sa t.. une, du moins à raison d'un souvenir historique. Jud., xv, 16, 17. — Pendant que Saûi campait , Gabaa, Jonathas s'introduisit dans le camp des Philistins en passant par deux i rochers abrupts en forme de dents », dont l'un s'appelait Boses (basés, « resplendissant ») et l'autre Séné [sénéh, pour sèn, « dent »). 1 Reg., xiv, 4. Une localité voisine de Masphat portait le nom même de Sen (Sèn, « dent »), sans doute à cause de la conformation d'un rocher plus saillant dans la contrée. 1 Reg., vu, 12. Dans les pays de montagnes, le nom de ( dents » se donne fréquemment à des sommets. On connaît dans les Alpes les Dents -Blanches, la Dent du midi, la Dent du chat, et une trentaine d'autres pies qui portent le nom de dents. 11. LKSÊTRE.
1. DENYS L'ARÉOPAGITE (ûiovûmoç à 'Apeona- |, Athénien, membre du tribunal de l'Aréopage, qui
fut converti par saint Paul, à Athènes. Act., xvm , '.'A. D'après une tradition, Damaris, qui se convertit en même temps que lui, aurait élé sa femme; mais ce n'est qu'une supposition sans preuve. S. Jean Chrysostome, De sacerd., iv, 7, t. xlviii, col. 66T). Une lettre de Denys de Corinthe aux Athéniens, écrite vers 170 (dans Euséhe, II. ]■'... III, 4; iv, 23, t. xx, col. 221, 385), nous apprend que l'Aréopagite devint le premier évéque d'Athènes. Le Martyrologe '■t le Bréviaire romains (au 9 octobre) identifient aujourd'hui saint hni\s l'Aréopagite avec le premier évéque de Paris. Cependant le Velus liumanum Marlyrologium les distingue l'un de l'autre. On y lit au 3 octobre : o Athenis, Dionysii Areopagitse, sub Adriano diversis tormentis passi, ut Aristides testis est in opère quod de Christiana religione composuit. » Patr. lai., t. cxxm, col. 169. (Nous devons remarquer que la version syriaque de l'apologie d'Aristide récemment retrouvée ne parle pas de Denys. Voir J. 11. Harris, The Apology of Aristides, dans les Texts and Studies, t. î, n° 1, in-8°, Cambridge, 1891, p. 18.) Plus loin, au 'J octobre, on lit: Parisiis, Dionysii episcopi cum sociis suis a Fescennino cum gladio animadversi. » Pair. lai., t. cxxm, col. 171. La Chronique qui porte le nom de Lucius Dexter (-J- 444) identifie, il est vrai, saint Denys «le Paris avec Denys I Vréopagiti [Chron., ami. 100, Pair, lai., t. xxxi, col. 270-271), mais on reconnaît communément que ii-t écrit n'est pas authentique. Le premier écrivain connu qui (ail un seul personnage de saint Denys l'Aréopagite et du premier évéque de Paris, est Hilduin, abbé île Saint-Denys (-J- 840). Vita S. Dionysii, 3, Pair. lai., t. evi, col. 15. Les Gesta Dagoberti [Monum. Germon. Script. Merov., t. n, p, 399) qui racontent la fondation du monastère de Saint -Denys et ont été écrits sur
les lieux vers l'an 800 au plus tôt, ignorent encore cette identification, quoique le rédacteur connaisse la Passio Dionysii et la vie de sainte Geneviève. — En faveui de l'aréopagitisme de saint Denys de Paris, on peut voir Freppel, Saint Xrénée, iu-8". Pari-, 1861, p. 62-81. Contre cette identification, Acta sancto
OCtObris I. IV, p. 696-767. - Huant aux ouvrages qui
portent le nom de sainl Denys, on s'accorde généralement aujourd'hui à rei qu'ils ne s pas du
disciple .1- tainl Paul. F. VioouROux.
2. denys D'Alexandrie, en Egypte, quatorzième évéque de cette ville, y vit le jour vers ia lin du n« siècle. Né de parents païens, il fui converti à la foi chrétienne probablement par Origène, dont il devint l'un des plus
illustres disciples. S. Jérô De vir. M., c. i.xix, t. xxn
col, 078 682. En 247 ou 248, il succéda . Héraclas dans la direction de l'École des catéchistes el sui le sieur d'Alexandrie, qu'il occupa pendant dix -sept ans. Après quelques
années d'épiscopat, il dut fuir pendant la persécution de Dèee : mais saisi par les soldais du préfet, qui le conduisirent à Taposiris, il fut délivré par les chrétiens. En 252, il assista au synode convoqué à Antioehe, pour condamner le schisme de Novalien. Sous le règne de Valérien, saint Denys confessa courageusement la foi devant le préfet Émilien, qui l'exila en Libye, d'où il se rendit dans la Maréotide. Vers la fin de l'année 261 , il rentra a Alexandrie, ou il mourut, probablement en 264 ou 265; — 11 ne reste presque rien aujourd'hui des <euvres de saint Denys, et en particulier ses travaux exégétiques ont été peu respectés par le temps. Voici ce qui a surnagé, au point de vue scripturaire. D'abord un fia- ment de commentaire sur l'Ecclésiaste , chapitre i, 1 à m. 11. Migne, Patr. gr., t. x, col. 1573-ir>s7. Le cardinal Pitra, Jur. eccl. gr., t. i, p. 545; Analecta sacra, t. m, p. 597, a publié un court fragment du commentaire sur l'Ecclésiaste, vm, 5, et i, 4. Ensuite on possède un débris d'exposition sur saint Luc, xxu, 42-48. Patr. gr., t. x, col. 1590-1596, 1598-1602, Dans les .haines des Pères, le nom de Denys d'Alexandrie revient fréquemment . el plusieurs éditeurs ont extrait ces citations pour en enrichir le recueil des œuvres de saint Denys. Mais M. Uarnack, Geschichte der altchristlichen LiLleralur bis Eusebius, 1803, t. I, p. 416-427, a fait justemenl remarquer que bon nombre de ces extraits sont douteux ou apocryphes. Denys a écrit contre Népos, évéque d'Arsinoé, qui défendait le chiliasme, deux lettres nepi ènerfYeXitâv. 11 n'en reste que l'extrait cite par Eusèbe, II. E., vu. 24-25, t. xx, col. 691-707. Le chapitre xxv est consacré tout entier à l'opinion de saint Denys sur l'auteur de l'Apocalypse. 11 ne pense pas que ce soit s. nul Je. in, fils de Zébédée, rédacteur du quatrième Évangile. On peut voir à ce sujet une dissertation île Mynster, De Dionysii Alexandrint circa Apocalypsin Joannis sententia, Copenhague, 1820. Un des arguments que Denys do ! de
celte opinion est tiré du style des deux écrits. C'est un des plus anciens exemples que l'on ait de critique interne de l'Écriture. Le cardinal Mai a publié, Script. Vet. nova Colleetio, t. vit, p. 99, 108, trois fragments, qu'il croit appartenir :: l'ouvrage de Denys 7rep< l-xyyù'.^n. Mais. comme le remarque justement M. llarnack , OUVT. cité, p. 412, nj .'iii, cotte attribution est bien problématique. Il serait peu prudent, eu égard à la mince partie qui nous est rosi/,, de l'œuvre exégétique de saint Denys. d'émettre un jugement sur sa méthode et ses principes. Nous possédons pourtant sur ce point l'opinion de Procope de Gaza, Gomment, in Genesim, c. ut, t. ixxxvn. col. 221. Proçope cite Denys parmi les Pères qui ont rejeté' l'explication allégorique des peaux de bâtes dont se vêtirent Adam et Eve après leur chute. 11 semble résulter
de ce passage que saint Denys, dans son Commentaire sur l'Ecclésiaste, a fait aussi dos remarques sur les premiers chapitres de la Genèse, et qu'il y a réfuté les principes de l'école allég rique d'Origène, bien qu'il eût été son disciple. Cf. llarnack, Geschichte, p. ils. n° 4. Toutefois dans un autre fragment, Pitra, Jaris eccles. ;//•., t. I, p. 515, Denys sur le même poinl revient aux explications allégoriques. D'autre part , un troisième- passage attribué
à Denys, où il commente Genèse, n, 8. 9, est dit par
Anaslase h' Sinaite, dans sa 23e question, être tiré' Ix tùjv xatà 'Qpiysvooç. Gretser, <ij>rra Anastasii, p. 266. Un ti. il ment tout à l'ait identique a été publié par Caspari, Tidsskr. f. il. eu. luth. Kirke A-;/, Raekke, t. v, p. 571. Dans ce texte, Denys combat l'opinion d'Origène, qui
il ice le paradis terrestre en dehors de la terre. De tous ces toxtes, M. llarnack, <e<iv. cité, y. 123, conclut que Denys a pu hésiter parfois sur l'adhésion à donner aux interprétations scripturaires d Origène, mais qu'en somme il s'éloigne plus qu'il ne se rapproche de son maître. — Voir Eusèbe, //. /•:., m, 28; vi, 20, .T., 10, 42, i..; vu, 2, 5, 0, 7, 11, 20, 21. 2.-., 27, 28, 30, t. xx, col. 211-738; , Byens, dans les Acta Sanctorum, octob. t. n, p. 8-130;
DEXYS D'ALEXANDRIE