DIME — DINA
qu'à se procurer le nécessaire pour le manger, le boire et l'onction. Sehebiith, vm, 2; Maaser scheni, 1,7, 11.
— 3. On joignait d'ordinaire au produit de cette dime les fruits de l'arbre à sa quatrième année. Lev., xix, 2i; Sephra, f. 210, 1; Gem. Hier. Peah, xx, 3. — 4. Ces festins auxquels étaient invités les prêtres et les lévites, conjointement d'ailleurs avec les membres de la famille de- celui qui payait la dime, avaient sans doute pour but de l'aviver les sentiments de confraternité entre les Israélites des autres tribus et les lévites. Dans ces conditions, la première dime n'était plus payée pour des inconnus, mais pour des hommes que l'on connaissait, dont on estimait le caractère et la fonction. Les rentrées n'en étaient que plus faciles. — 5° La dime des pauvres.
— 1. Celte dime élait due par tous sans exception, même par les lévites et les prêtres, à raison des villes qu'ils possédaient. — 2. Elle se payait tous les trois ans, la troisième et la sixième année après l'année sabbatique. Pour celte raison, chacune de ces années portait le nom de lenaf hamma*ûSêr, « année de In dime, » Deut., xxvi, 12.
— 3. La loi ne dit pas si cette nouvelle dime s'ajoutait à la précédente, ou si elle se confondait avec elle, de façon que la dime des pauvres ne lui qu'une destination particulière imposée à la seconde dime. .losèphe, Ant.jud., IV, vm, 22, parait croire qu'elle s'ajoutait aux deux autres. Quelques auteurs sont de cet avis; mais la plupart pensent que la dîme des pauvres n'était qu'une application triennale de la seconde dime à une certaine catégorie de personnes. Autrement la redevance eut atteint tous les trois ans les trois dixièmes du revenu, ce qui parait excessif, surtout pour la sixième année, qui précédait l'année sabbatique, durant laquelle l'Israélite ne tirait aucun profit de ses champs. A celle dime des pauvres avaient part les 1.' viles, noir plus seulement à Jérusalem, comme dans les années où l'on y faisait les festins légaux, mais partout où ils se trouvaient. Deut., xiv, 29. Cf. Murrk, Palestine, Paris, 1881, p. 172. — 4. L'Israélite n'avait pas à murmurer contre ces redevances, car le Seigneur promettait ses bénédictions temporelles à ceux qui les acquittaient fidèlement. Deut., xiv, 29; xxviii, 11, 12. D'autre part, les rabbins déclaraient digne de mort celui qui mangeait des aliments soustraits à la dime. Sanhédrin, f. 83 a. — 5. Dans le repas qui terminait l'acquittement de la dime des pauvres, l'Israélite protestait devant le Seigneur qu'il avait accompli son devoir-. 11 disait: « J'ai enlevé de ma maison tout ce qui était consacré, et je l'ai donné au lévite, à l'étranger, à l'orphelin, à la veuve, comme vous me l'avez recommandé; je n'ai pas trangressé vos ordres, je n'ai pas oublie votre loi, etc. » Deut., XXVI, 13. Un prétend que, sur l'ordre de .loehanan, cette fol le fui modifiée, sous prétexte qu'Esdras avail interdit île servir- la dime aux lévites, pour les punir de n'avoir pas voulu
revenir- avec lui de Babylone. Sota, ix, 10; Maaser scheni, v, 15. M. ds Esdras n'a pu porter cette peine, puisque des lé\ ili-s sont revenus avec lui à Jérusalem. I Esdr., vin, 15-20. - ti. Ainos, rv, li. s'adressant aux dix tribus d'Israël, qui adoraient les ulules, leur dit ironiquement : « Amenez vos victimes le matin, et vos dîmes aux trois jours, n Suivant les différents ailleurs, ces jours désignent soii les années, soit les trois grands jours de fête annuels, à moins que le prophète veuille se moquer des idolâtres en leur- disanl de Étire pour leurs dieux tons les trois
s ce que les servi leurs du vrai Dieu ne loi il que tous
les trois ..us. — Voir Reland, Anliquitales sacrx, Ulrecht, 1711, p. 205-208; Bâhr, Symbolik des mosaischen Cultus, t. n, p. 36-38; les auteurs cités par- Winer, Biblisches Reatioôrterbuch, Leipzig, 1838, l. n, p. 833-836.
il. Lësêtre.
DIMONA (hébreu: Dimônâh; Codex Valicanus :
i1 ' , Codex llexandrinus ; Anxuvâ), ville de la tribu de .luii.i, située a l'extrémité méridionale, i près des frontières d'Edom. » Jos., xv, 22. Elle est mentionnée entre Cina et Adada : la première localité est inconnue, mais
la seconde a été retrouvée de nos jours dans les ruines de même nom, El-'Ad'adah, à l'ouest de la mer Morte, au sud -est de Tell Arad. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 115, 250, citent Dimona, Aei|±<ovci, sans en indiquer la situation, ce qui prouve que dès cette époque on avait perdu les traces de l'antique cité : on les cherche encore aujourd'hui. 11 est probable que le nom reparaît, avec une légère altération, dans un autre endroit de l'Écriture. II Esdr., xi, 25. Le texte original, il est vrai, porte Dibôn, Septante : Aatêwv, Aiêoiv ; mais il ne saurait être ici question de la ville moabite appelée aujourd'hui Dhibân, puisque l'auteur sacré énumère les lieux réhabités par les enfants de Juda, après la captivité. Ensuite rénumération comprend plusieurs des noms au milieu desquels Dimona se rencontre dans Josué, xv, 21-32, comme Cabséel, Molada, Bethphaleth, etc., ce qui place bien Dibon dans le négéb ou o le midi » de la Palestine. Enfin la permutation entre le z, beth , el le ~, mem, s'explique très facilement. Aussi quelques auleurs sont-ils tentés de reconnaître notre cité dans les ruines signalées par Van de Velde, Memoir lo accompany Ihe Map of tlte Holy Land , Gotha, 1858, p. 252, au nord-est d'Arad, et appelées Ed-Dheib, comme l'ouadi au sud duquel elles se trouvent. Cf. Keil, Josua . 1874, p. 124. Il faut dire cependant que Robinson, Jlddical Researches in Palestine, Londres, 1841, t. m, index arabe, p. 209, el 2« édit., 1850, t. n, p. 102, écrit le mot Ehdeib. 11 semble par ailleurs que cette double dénomination correspond au Khirbet et-Teibéh de la carte anglaise, Old and New Testament Map u/ Palestine, Londres, 18'JO, feuille 11. A. Lech-ndre.
DINA (hébreu: Dinâh ; Septante: Aeivx), fille de Jacob et de Lia. Elle fut peut-être la seule fille de ce patriarche. On ne saurait sans doute le conclure avec certitude de ce que Moïse ne parle d'aucune aube, car l'Écriture ne fait pas d'ordinaire mention des filles dois les généalogies postdiluviennes ; mais les détails il. iris lesquels la Genèse entre en racontant successivement la naissance des enfants que les quatre femmes de Jacob lui donnèrent, et la mention expresse qu'elle fait de la naissance de Dina, ont fait croire à quelques-uns qu'il n'y eut pas d'autre fille qu'elle dans la famille du patriarche. Gen., x.xi.x, 31 ; xxx, 24. Josèphe, Ant.jud., 1, x.xi, 1, l'affirme formellement. Elle naquit à Haran en Mésopotamie, Gen., xxx, 21, et fut le dernier enfant que Jacob eut de Lia. A peu prés vers la même époque, Rache] mit au monde son premier fils, Joseph, Gen., xxx. 22-24; el l'on perrl par- la déterminer approximativement l'âge qu'avait Dina lorsque se passèrent les faits racontés ('.en , xxiv, 1-3. Elle devait avoir quinze ou seize ans, puisque Joseph, qui était à peu pies du nu in âge qu'elle, l'ut vendu environ un an après, à l'âge de dixsi-pl ans (Vulgate : « seize ans o). Gen., XXXVII, 2.
Lorsque .lacob revint d< la Mésopotamie dans la Terre Promise, il alla d'abord s'établir à Soccolh, d'où il se dirigea plus tard vers Sicheur, Gen., xxxni, 17-19, et pendant le séjour du patriarche dans celte région, « Dina, fille de Lia, sortil pour voir les femmes de ce pays. » Gen., xxxiv, 1. Cette curiosité devait lui être funeste. Sichem, fils d'IIémor, roi du pays, l'ayant vue, conçut pour elle une violente passion; il l'enleva et lui lit violence. Il pria ensuite sou père de la demander pour lui en mariage à Jacob. Lorsque Hémor alla faire cette demande au père de Dina, celui-ci était déjà instruit du malheur de sa fille; mais il avail voulu dissimuler sa douleur el son ressentiment juptju'à l'arrivée de ses fils. Gen., xxxiv, 4-6. Les frères de Mina furent remplis d'indignation et de colère en appreiiaul cette nouvelle: cependant ils se continrent et feignirent d'agréer la proposition d'Hémor et de Sichem, qui était venu appuyer vivement la demande île son père. Ils mirent seulement à leur consentement une condition insidieuse, qui leur
DINA — DIOTREPHE
permit de venger de la manière la plus terrible et la plus | cruelle l'outrage fait à leur sœur. Gen., xxxiv, 7-31. On voit par diverses circonstances du récit que Dina avait du passer plusieurs jours en la possession de son ravisseur lorsque ses frères la délivrèrent. Gen., xxxiv, 3, 11, 20, 25-26.
La faute et l'infortune de Dina ne sont qu'un épisode d'une importance fort secondaire dans l'histoire patriarcale; elles eurent néanmoins, dans les vues de la Providence et pour seconder ses desseins, une grande influence sur la suite de cette histoire. Si Jacob s'était définitivement établi au milieu des Sichémites, comme il parait en avoir formé d'abord le projet, Gen., XXXIII, 17-19, ce séjour aurait été extrêmement dangereux pour la foi et les mœurs de ses enfants. C'est à ce péril que Dieu voulait arracher les descendants d'Abraham en ne leur permettant de se fixer nulle part d'une manière permanente dans le pays de Chanaan avant d'être devenus un peuple capable de résister, par la force du nombre et par l'organisation sociale et religieuse, aux influences corruptrices du paganisme et de la civilisation des indigènes. La vengeance sanglante de Siméon et de Lévi (voir ces noms) servit à l'exécution de ce plan divin; elle rendit impossible la prolongation du séjour de la famille de Jacob au milieu d'un peuple désormais hostile. Gen., xxxiv, 25-30. Le patriarche replia donc ses tentes et reprit le cours de cette vie errante à laquelle Dieu l'appelait. Gen., xxxv, 1, 16, 21, 27; cf. xxxvn, 12, 17.
L'Écriture se tait sur la suite de l'histoire de Dina, et nous ne savons plus rien d'elle. La tradition juive, conservée dans la paraphrase ehaldaïque, d'après laquelle la femme de Job ne serait autre que la fille de Jacob et de Lia, n'a aucune vraisemblance. E. Palis.
DINEENS (chaldéen: Dbiïujë ; Septante: ieivatoi; Vulgate : Dinxi), captifs transplantés par les Assyriens dans l'ancien royaume d'Israël. Nous voyons dans I Esdr., IV, 9, qu'ils voulurent s'opposer, après le retour des Juifs dans leur patrie, à la reconstruction des murailles de Jérusalem; ils écrivirent dans ce sens à Artaxerxès. Mais ils ne sont plus mentionnés 1 Esdr., V, 6, et VI, 6, parmi ceux qui firent une tentative analogue sous Darius, pour empêcher la reconstruction du Temple. — On place généralement ces Diuéens à l'est ou au nord -est de l'Assyrie ou dans la Médie; mais on ne sait rien de certain sur ce sujet. Keil, Ezra, 1870, p. 437, croit que les Dinéens venaient de la ville méde de Deinaver, nommée par Aboulféda; d'Ilerbelot , Bibliothèque orientale, Deinour: Bertheau , Ezra, 1863, p. 62, d'après Ewald, Geschichte des Yolkes Israël, 1866, t. ni, p. 727. — Clair, Esdras et Néhémie, 1882, p. 21-25, rapproche les Dinéens des Dayaini ou Dayani des textes cunéiformes, qui habitaient aux environs du lac de Van et non loin des sources de l'Euphrale. Cf. Eb. Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschungen, 1878, p. loi. 150- 154, Assurbanipal et Asarhaddon, en qui l'on croit voir l'Asénaphar d'Esdras, ne les attaquèrent pas, ou du moins ne les mentionnent pas; mais on pourrait supposer qu'ils sont, en effet, compris parmi les Mtnni ou habitants de l'Arménie, entre les lacs de Van et d'Ourmia , qu'Assurhauipal attaqua et subjugua dans sa campagne contre Ahseri (ive ou Ve expédition, les chiffres variant suivant les textes). Menant, Annales des rois d'Assyrie, p. 270 et 259; Schrader, Keilinschriftliche Bibliothek, t. h, p. 176. — Leur mention à côté des Apharsatachéens et des Apharséens permettrait aussi de les placer dans le voisinage de la Médie ou d'un district contigu , nommé Parsoua dans les inscriptions assyriennes, ce qui ne les éloigne pas beaucoup du pays des Minni. On sait qu'Asaraddon il la conquête de ces provinces et en transplanta les habitants dans le pays de Chanaan ou en Syrie. Voir Apharsatachéens et Apiiarséens, t. i, col. 724 et 726.
E. Pannier.
DIODATI Jean, théologien calviniste, né à Genève le 6 juin 1576, mort dans cette ville en 1649. 11 appartenait à une famille de Lucques, qui, ayant embrassé les erreurs de Luther, avait du abandonner l'Italie. Grâce à la protection de Théodore de Bèze, il était à vingt et un ans professeur d'hébreu. Pasteur de l'église réformée, en 1608, il était l'année suivante appelé à enseigner la théologie. Ayant fait un voyage en Italie, il se lia avec Fra Paolo Sarpi, et essaya, sans succès, de répandre à Venise les erreurs de Calvin. Il prêcha à Nimes pendant les années 1611 et 1617. Quoiqu'il fut d'origine étrangère, il représenta l'église de Genève au synode de Dordrecht, dont il fut chargé de rédiger les articles. On avait cependant à lui reprocher ses violences contre ceux qui n'admettaient pas complètement les opinions de Calvin. Il traduisit la Bible en italien, en accompagnant le texte de notes et de courts commentaires : La Biblia, cioe, i libri del Vecchio e del Nuovo Teslamento ; nuovamente Iraslatali in lingua italiana da Giov. Diodati di Nation Lucchese, in-f», Genève, 1644; la seconde édition a pour titre : La Sacra Biblia, tradotta in lingua italiana e commentata, seconda editione , migliorata ed accresciuta , con l'aggiunta de' sacri Salmï inessi in rime, in-f°, Genève, 1641. Une traduction française fut publiée sous le litre : La Sainte Bible interprétée par J. Diodati, in-f", Genève, 1644. Ces ouvrages eurent de nombreuses éditions, et les éditeurs publièrent séparément diverses parties de la Bible, avec les notes et les commentaires de cet auteur. — Voir Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament, p. 310; Tiraboschi, Storia délia letteralura italiana, t. vin, p. 227; Schotel (G. D. J.), /. Diodati, in-8°, la Haye, 1844. B. Heurtebize.
DIODORE D'ANTIOCHE, évêque de Tarse. Voir t. i, col. 68i.
DIORYX. Mot grec, SiwpvÇ, employé dans la version grecque de l'Ecclésiastique, xxiv, 31, 33 (Vulgate, 41, 43). Dans le second passage, la Vulgate a traduit exactement le mot grec par trames, « chemin » suivi par l'eau ; dans le premier, notre version parait reproduire deux fois le même membre de phrase, la première en rendant le mol Siwp'jE par trames , la seconde en le transcrivant simplement en latin, diori.c. Quelques commentateurs ont cru à tort que diori.c était un nom propre de fleuve et désignait l'Araxe, une des rivières du paradis terrestre auquel l'auteur sacre bit allusion. Voir J. Frd. Schleusner, Novus thésaurus plulologico-criticus Veleris Testamenti, 1820, t. n, p. 182; Calmet, Commentaire littoral, l'Ecclésiastique, 1730, p. 325.
DIOSCORE (grec : Aiocrxopt'7610; ; Vulgate : Dioscorus), mois macédonien inconnu. II Mach., xi, 21. Voir Mois.
DIOSCURES. Voir Castor.
DIOTREPHE ( grec : AiOTpéçïjç , « élevé par Jupiter; » Vulgate: Diolrephes), personnage influent d'une Église à laquelle appartenait Gaius, le destinataire de la troisième Épître de saint Jean. III Joa., 9-10. Celle Église paraît être de l'Asie Mineure, mais on ne saurait préciser davantage. Tandis que Gaius avait exercé une généreuse hospitalité envers les ouvriers évangéliques, Diotrèphe, au contraire, les accueillait mal et ne souffrait pas que d'autres les reçussent, jaloux qu'il était de faire sentir son autorité. Dans ses paroles il ne ménageait pas l'apôtre lui-même. Cette situation influente, jointe au soin des étrangers, qui parait lui incomber, permet de voir en Diotrèphe un des surveillants ou plutôt un des diacres de cette Église, dont la doctrine parait avoir été irréprochable, mais qui manquait des vertus requises pour ces fonctions : l'humilité dans le commandement et l'hospitalité. ^- Levesque.
DIPLOIS — DISCIPLE
DIPLOIS, mot grec, SinWç, employé deux fois dans la Vulgate, Ps. cvm , '29, et Baruch, V, '25. Dans les deux passages, le traducteur latin a conservé le mot qu'il trouvait dans le texte grec sur lequel il faisait sa version. L'hébreu, 1 - porte le mot me il, qui signifie
une sorte de tunique. C'est probablement aussi le mot que portait l'original hébreu de Baruch, aujourd'hui perdu. Voir Tunique.
DIPONDIUS, mot par lequel on désignait en latin, dans le langage courant, le double as. Cicéron, Pro
t, \\i , 53. 11 est employé dans ce sens par la Vulgate. Luc, XII, 0. Voir As, t. I, col. 10M.
E. Beirlier.
DIPSAS (hébreu: sàrâf, de sâraf, o brûler » ), serpent venimeux dont la morsure produit une soif inextinguible et mortelle. Les naturalistes appellent aujourd'hui du nom de « dipsade » une couleuvre qui vit sur les
. dans l'Inde et en Amérique. Les anciens connaissaient sous le nom de 8t<j/àç, tiré du substantif 8fi|«t, « soif, » un serpent dont la morsure causait une fièvre accompagnée d'une soif inextinguible. Nicandre, Theriac., 33i; Élien, Nat. animal., VI, 51. Les serpents de cette nature ne manquent pas dans la presqu'île Sinaïtique, et le ici/7'/' hébreu appartient vraisemblablement à la même espèce que le dipsas d'Élien. Tristram. J'/ie
il history of the Bible, Londres. 1 889 , p. 277. — Quand les Hébreux se lassèrent au désert de la manne que leur envoyait le Seigneur, Dieu déchaîna contre eux ierâfim, « serpents bridants, » ffç eiç toù; Bavaro-Jia;, ignitos serpentes, qui en firent périr un grand nombre. Num., XXI, 6. Les Hébreux contournaient alors par l'est le pays des Iduméens. La contrée rocheuse qu'ils parcouraient abondait en reptiles venimeux. La vengeance divine permit la multiplication de ces reptiles pour la punition des coupables. On ne sait d'ailleurs à quelle espèce pouvait appartenir le sàrâf de la Bible. D'après Aquila, il s'agit d'un l^r-pf^r^ , serpent « qui brûle », et d'après la Veneta, d'un itpi]<rrqp, serpent dont la morsure cause une grande inflammation. Dioscoride, Theriac., 13; Élien, Nat. animal., VI, 51. Le sens g. élirai de iàrâf n'en reste pas moins indiscutable : le sàrâf n'est ni une couleuvre inoffensive, ni un serpent couleur de feu , mais un reptile dont la morsure a un double effet : une soif cuisante, puis la mort. Pour guérir ceux qui avaient été atteints, mais n'en étaient pas encore arrivés au dénouement fatal, Moïse reçut Tordre de fabriquer un sàraf. ôçiv, serpentent xncuin, dont la vue suflisait à faire cesser lu mal. Num., xxi, 8. Voir Serpent D'AIRAIN. Plus tard, il rappelait aux Hébreux qu'ils avaient rencontré au désert < le serpent târâf, le scorpion, la région desséchée fitntnâ'ôn i où il n'y a point
. Deut., vin, 15; Septante : « le serpent qui mord (Sâxvwv}, le scorpion et la soif (Sèi/a), sans qu'il y ait d'eau ; Vulgate : o le serpent au souffle brûlant, le scorpion, le dipsas et absolument point d'eau. » Ce passage de la Vulgate est le seul OÙ se rencontre le mot dipsas, qui devrait régulièrement traduire l'hébreu iârâf, déjà rendu par serpent flatu tandis qu'il correspond
à fimmâ'ôn, « région de la soif, i nommée simplement v.-li par les Septante. — Dans sa prophétie contre les
Philistins, Isaïe, xiv. 29, dit qu le la race du -
sortira le sêfa' , et son fruit sera le târâf volant », ij-rv.\ icEvâp-evoi, ce que la Vulgate traduit par absorbent volute ce qui vole. Dans un autre p
\.\\. ti. représente 1 t ime une tei t
Uiction t la lionne, la vipère el
7 valant, i ëxyov3 i«m<8(i)v netouivwv, « la race des
régulas volans. Dans ces deux pas
le târâf apparaît comme un serpent très dan
puisqu'il est associé au pè/ia el à la vipère. Voir Ser-
I le parle du târâf volant. On ne connait pas
de serpents volants. Le seul reptile qui paraisse voler
est un saurien fort inoffensif, appelé dragon volant, et pourvu d'ailes analogues à celles des chauves -souris. Ces ailes sont formées par un repli de la peau que soutiennent les fausses côtes de l'animal : elles font plutôt office de parachute, pour le saut d'une branche à l'autre, que de véritables ailes. Le dragon se rattache ainsi à la série des sauriens paléontologiques appelés ptérodactyles. Isaïe ne saurait avoir en vue cet animal, qui habite les forêts et est aussi inconnu en Palestine qu'en Egypte. On ne peut dire non plus qu'il admette l'existence de serpents volants, bien que des anciens y aient cru, Hérodote, il, 75; m, 108; Élien, Nat. animal., H, 38, sans doute en prenant pour des reptiles des poissons volants. Le prophète parle en figures, et, s'il prête des ailes au târâf, célèbre par ses ravages au désert, c'est pour montrer que le danger est prêt à fondre sur ceux qui le méritent. H. Lesêtre.
DISAN (hébreu: DiSdn: Septante: 'Ptirtiv, et dans les Paralipomènes : Aniv), le dernier des fils di Si THorréen, qui fut chef d'une tribu de même nom. Gen.. xxxvi, 21, 30; I Par., I, 38. Il eut pour fils Hus et Aram ou Aran. Gen., xxxvi, 28; I Par., i, 12.
DISCIPLE (grec : |*aO*rrqç, de p.avf)âvw, a celui qui apprend » et reçoit des leçons du SiSâoxsXo; ou « maître » qui l'enseigne; Vulgate : discipulus).
I Ancien Testament. — L'opposition entre maître et disciple n'est pas marquée nettement dans la langue hébraïque. Dans les Septante, on ne lit pas une seule fois le mot (laOe.Tiî;. Les mots hébreux qui se rapprochent du sens de disciple sont: limmûd, « enseigné, » Is., vm, 16; L, 4: î.iv, 13. expression qui désigne le prophète de Jéhovah, el taltnîd, élève, » I Par., xxv. s, appliqué à celui qui a besoin d'apprendre (Vulgate : indoctus). Ces deux termes sont rendus différemment par I ducleiirs grecs : dans 1s., vin, 16, par une périphrase (Vulgate : discipuli); dans Is., L, 4, parjiaiSsfa, « discipline " (Vulgate: erudila); dans Is., Ltv, 13, par SiSttxtô;, < enseigné » (Vulgate : doctus, « enseigné »), et dans I Par., xxv, 8. par |*av6âvci>v, « apprenant. » — La Vulgate, qui a employé le mot discipulus une première fois, Is., vm, 16, l'emploie une seconde, Mal., n, 12, pour •traduire l'hébreu 'ônéh, t celui qui répond. »
II. Nouveau Testament. — L'expression grecque iix'ir,- -r,:. comme l'expression latine discipulus, n'est employée quo dans les quatre Évangiles el dans les Actes. On ne la rencontre jamais dans les Épltres ni dans l'Apocalypse. Elle a cinq acceptions principales. — 1" Elle désigne celui qui apprend de la bouche d'un maître. M atth., X. 24; Luc. vi. 40. — 2' Par extension, celui qui adhère à la doctrine d'un docteur ou d'une secte est appelé disciple de ce docteur ou de celte secte : « les disciples de Moïse, » Joa., ix, 28; de Jean-Baptiste, Matth., ix. H; Luc, vu, 18; Joa., m, 25; des pharisiens, Matth., xxil, 16; Marc, n, 18; Luc. v. 33; de Jésus, Joa., vi . 66; vu, 3; xix,30; Luc, vi, 17: vu. 1 1 ; xix, 37. — 3' Dans un sens plus restreint, le nom de « disciples » est réservé spécialement pour les Apôtres dans plusieurs passages 'les Évangiles. Matth., X. 1: xi, 1 : XII, 1 ; XIII, 10: xiv, 19; Marc, vin, 27 ; x , 24; Luc, vin, 9; ix, 16; Joa., n, 2; ni, 32; vi, II, etc. — i Dan- les Actes, le mot de i disciple » tout court (l'expression g disciple du Seigneur « ne se lit qu'une lois dans les Actes, ix, 1) esl devenu synonyme de i fidèle, chrétien ». Art., vi, 1, 2, 7; ix, 1. 10, 19, 25, 26, 38; xi, 26, 29; xiu, 52; xiv, 19, etc. — 5« Dans le langage chrétien, on appelle en particulier i disciples '• soixante-douze personnes qui s'étaient attachées de bonne heure à Jésus-Christ et qu'il envoya deux par deux prêcher au-devant de lui, en leur faisant diverses recommandations, comme le raconte saint Luc, x, 1-17. Le texlus receptus grec porte soixante et dix au lieu de soixante et douze, mais plusieurs manuscrits grecs et