ADAM DE SAINT-VICTOR = ADAMA
troisième (reproduits par Trochon, La Sainte Bible, introduction générale, Paris, 1887, τὶ 11, p. 169-171). Pour le développement de la question, voir SODOME, GOMORRHE, MER MORTE.
Devant nous en tenir ici à la seule ville d'Adama, nous essayerons d'en déterminer au moins approximalivement la position de la manière suivante, Deux points de repère nous paraissent suffisamment solides. D'abord la première des cinq villes, Sodome, se trouvait certainement auprès du Djébel-Ousdoum, qui en a conservé le nom, et en est, dit M. Clermont-Ganneau, « le représentant incontesté. » Ségor, Gomorrhe et Sodome, dans la Revue critique d'histoire et de littérature, T septembre 1885, p. 172. Elle était donc dans la région sud-ouest de la mer Morte. Ensuite la dernière ville, Ségor ou Zoar, devait être située au sud-est du même lac. Des nombreux témoignages qui, depuis l'antiquité jusqu’à l'époque arabe, et même celle des croisades, favorisent cet emplacement, nous ne voulons rappeler que celui de Josèphe, Bell. jud., IV, vu, 4, disant que le lac Asphaltite s'étend de Jéricho au nord à Ségor au sud. Cf. Clermont-Ganneau, loc. cit. Il est certain du reste que Sodome et Ségor n'étaient pas éloignées l'une de l’autre; car Lot, au jour de ia catastrophe, quittant la première « comme l'aurore montait », arriva dans la seconde « comme le soleil sortait sur la terre. » Gen., χιχ, 15, 25, Voir SÉGOR.
Les deux points opposés une fois déterminés, nous pouvons ranger au-dessous les trois autres villes, suivant l'ordre d’énumération donné par la Genèse, x, 19, et admis par tous les auteurs. On remarquera d’ailleurs que le nom d'Adama est toujours uni à celui de Seboïm. Gen., x, 19; χιν, 2, 8; Deut., xxix, 23; Os., χι, 8. Si done nous ne trouvons actuellement, au sud de la mer Morte, aueure localité qui rappelle exactement la ville d'Adama, nous pouvons croire cependant qu’elle se trouvait, comme les autres cités de la Pentapole, dans cette région que l'Écriture appelle si justement un « cercle », kikkär, et qui comprenait la partie méridionale de la mer Morte, submergée depuis le cataclysme, puis la Sebkhah ou l’extrémité du Ghôr, et peut-être, suivant quelques auteurs, une petite partie de l'Arabah. Cette hypothèse, dit M. Clermont- Ganneau, Loc. cit., « serait bien conforme à la tradition arabe, qui n'est pas à dédaigner, tradition qui place justement dans cette région ce ‘qu’elle appelle « les villes du « peuple de Lot », medäin qaum Lout. ÿ
A l'argumentation qui précède, nous n’ajouterons que l'observation suivante, qui confirme ce que nous venons de dire. Elle est tirée de la manière dont la Genèse, x, 19, détermine les limites du pays de Chanaan. Le verset doit, en effet, se traduire ainsi d’après l’hébreu : « Et les confins du Chananéen furent de Sidon en allant vers Gérare (c’est-à-dire dans la direction de Gérare, du nord au sud) jusqu'à Gaza; en allant vers Sodome, et Gomorrhe, et Adama, et Seboïm (c'est-à-dire dans la direction de ces villes, du nord au sud-est), jusqu'à Lésa. » Nous ne croyons pas nécessaire de dire avec Keïl que, dans la dernière partie du verset, le point de départ est non plus Sidon, mais Gaza, en sorte que la ligne méridionale irait ainsi de l’ouest à l’est; rien dans le contexte n’exige ce changement. Mais nous croyons pouvoir conclure de tout ce passage que les quatre villes qui y sont mentionnées formaient la frontière sud-est du pays de Chanaan. Si, en effet, l’auteur sacré avait voulu indiquer la limite orientale, ce qu’il faudrait supposer dans l'opinion de ceux qui placent la Pentapole au nord de la mer Morte, il n'aurait pas commencé l’énumération par Sodome, qui devait se trouver ainsi la plus méridionale.
Conder, Handbook to the Bible, p. 241, dit qu'Adama est peut-être la même que la ville d'Adom, citée dans Jos., 11, 16, et la place ainsi au sud du Jaboc, à l'endroit appelé aujourd'hui Dämiéh. Les raisons que nous venons d'exposer ne nous permettent pas d'adopter cette opinion. Voir ADO. A. LEGENDRE.
4. ADAMI (hébreu : "Adémi; Septante : ‘Aou£), ville trontière de la tribu de Nephthali. Jos., x1x, 33. Le texte hébreu unit ce nom au suivant, kan-Négeb, en sorte que la signification du composé serait « Adami-la-caverne » (négeb, avec l’article, « caverne », comme en syriaque, Gesenius, Thesaurus linguæ heb. et chald., p. 909), ou, suivant certains auteurs, « Adami-du-défilé » (négeb, d'après l'arabe nagb, «chemin, trou entre des montagnes»), C. E. Keil, Biblischer Commentar über das Alte Testament, Josua, Leipzig, 1874, p. 159; Riehm, Handwürterbuch des bibl. Altertums, 1882, τ 1, p. 2%; enfin, d'après quelques autres, Adarni indiquerait le nom propre de la ville, et Aan-Négeb le lieu où elle était située, E. FE. C. Rosenmüller, Scholia in Vetus Testam., Josue, ΧΙ part., t. 1, Leipzig, 1833, p. 379. Le Targum de Jonathan suit l'hébreu, et la Vulgate a traduit comme s'il Y avait : Adami hi négeb; Adami quæ est Neceb, «Adami, appelée aussi Néceb. »
Cependant certains témoignages favorisent la distinction des deux noms. Les Septante, lisant « Adami ve-Neqeb », nous ont donné ’Apuë at Naë6ox, (Codex Alexandrinus : ᾿Αρμαὶ καὶ Nax£%). Nous retrouvons, dans le premier mot, la confusion entre le daleth, 5, et le resch, 7; les traduc-
teurs grecs ont lu D3N, ’armé, où Y2°X, ’armai ; le se-
cond, Ναδόκ, offre une transposition semblable à celle de Tavéy pour Ταχάν. Num., xxv1, 35. Eusèbe, après la version syriaque, distingue également deux villes, ᾿Αδαμί, Onomasticon, édit. de Lagarde, Gættingue, 1870, p. 224, et Νεχέμ, ibid., p. 283, pour Neceb d'après saint Jérôme, Liber de situ et nominibus locorum heb., t. ΧΧΤΠ, col. 919. Le Talmud, Gemara Hieros., cod. Megilla, fol. 70, col. 7, expliquant les noms anciens par les noms plus récents, rend Adami par Damin, et han-Négeb par Siadata. Cf. Reland, Palæstina ex monumentis veteribus illustrata, Utrecht, 1714, t. 11, p. 545, 717, 817 ; A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 295. Enfin, la liste géographique de Thotmès III cite deux villes qu'on peut à bon droit rapporter à celles dont nous parlons : Adimim, que M. Maspero n'hésite pas à identifier avec notre Adami, et Nekabou, qui présente « un rapprochement très vraisemblable avec la Nekeb de Nephthali,.… et les autres noms ne contredisent pas cette hypothèse ». G. Maspero, Sur les noms géographiques de la liste de Thoutmos LIT, qu'on peut rapporter à la Galilée (extrait des Transactions
of the Victoria Institute, or philosophical Society of Great |
Britain, 1886, p. 6, 11).
Quoi qu'il en soit, Adami peut se retrouver dans deux localités actuelles, qui, par leur nom, la rappellent exactement : Khirbet Adinah, située sur la rive droite du Jourdain, un peu au-dessous de l'embouchure du Yarmouk, ou Dämiéh (suivant la carte de l'Exptoration Fund, Daméh selon Robinson et V. Guérin), à quelque distance au sud-ouest du lac de Tibériade. Le choix est difficile à faire; cependant la dernière position nous semble plus conforme au nom lui-même, et à l'énumération de Jos., x1x, 33, où l’auteur sacré, allant du nord vers le sud, met Adami avant Jebnaël (aujourd'hui Yemma) ; enfin elle rapproche davantage notre ville de celle qui lui est unie dans le texte. Beaucoup d'auteurs, en effet, identifient Nékeb avec la Siadata du Talmud, et cette dernière avec Khirbet Seiyadéh, tout prés de la pointe sud-ouest du lac de Tibériade. Voir NÉCEB.
Khirbet Dâmiéh ou Daméh se trouve au nord-ouest de ce dernier village, sur le sommet d'une colline rocheuse, et renferme des ruines assez étendues. « Une trentaine de maisons, encore à moitié debout, sont d'origine musulmane; mais elles ont été bâties avec des matériaux anciens, la plupart basaltiques. Sur les pentes orientales de la colline, le sol est jonché d’un amas considérable de débris de toute nature, restes confus de maisons renversées, Plus bas, trois sources se réunissent pour aboutir, par différents conduits, à un bassin long de