ADAM (PALÉONTOLOGIE) — ADAM DE SAINT-VICTOR
franç., in-80, 1876; Les origines de la civilisation, trad. franç., in-80, 1873; Edward Tylor, La civilisation primitive, trad. franç., 2 vol. in-80; Schmidt, Descendance et transformisme, in-8°, 1880, p. 251-277; Trémaux, Origine et transformation de l’homme, in-12, 1865, p. 287-487; Dreyfus, L'évolution des mondes et des sociétés, in-8, 1888, p. 203-335; Starcke, La famille primitive, in-80, 1890; de Mortillet, Le préhistorique, in-12, 1883 ; du Cleuziou, La création de l'homme et les premiers âges de l'humanité, 1887, gr. in-80. P. Hamanp.
2. ADAM DE BARKING, bénédictin anglais, florissait vers 1217. Il fit ses études à Oxford, et devint célèbre comme prédicateur et interprète des Saintes Écritures. Il écrivit en vers De serie sex ætatum, et en prose Super quatuor Evangelia, ouvrages restés manuscrits, et célèbres dans leur temps à cause de l’érudition et du talent littéraire de l’auteur. Voir T. A. Archer, dans L. Stephens’ Dictionary of national biography, t. 1, p. 76.
3. ADAM DE COURLANDON, chanoine doyen de Laon, mort après 12%, a laissé en trois in-f° manuscrits : Solutions de diverses questions sur l'Écriture Sainte, dédiées à Michel, archevêque de Sens. Gallia christiana, t. 1x, p. 561.
4. ADAM DE MARISCO où DU MARAIS, franciscain anglais, mort vers 1257. Il entra en religion vers 1237, et fut le premier professeur de l’école ouverte par les franciscains à Oxford. Ce fut un des principaux personnages def son époque, non moins célèbre par sa réputation de sagesse que par sa science, qui lui valut le surnom de Doctor illustris. 1] composa un commentaire du Cantique des cantiques et une explication des Saintes Écritures, mais ses œuvres n'ont pas été imprimées. Voir Matthieu Paris, à l'an 1953; Wood, Antiquitates Univ. Oxonii, t.1, p. 72.
5. ADAM DE PERSEIGNE, d'abord chanoine régulier, puis bénédictin, enfin religieux de l’ordre de Citeaux. 1] devint abbé du monastère de Perseigne, au diocèse du Mans, vers 1180. Il mourut en 1204, en laissant une grande réputation de sagesse. J. Trithème, abbé de Spanheim, le dit très versé dans les Saintes Écritures; il lui attribue des commentaires sur l’Écriture Sainte, en déclarant toutefois n’avoir pu les voir. En 1190, Adam, étant venu à Rome, réfuta de vive voix Joachim, abbé du couvent de Flore , de l’ordre de Citeaux, en Calabre, qui avait composé sur l’Apocalypse un livre célèbre, d'où les Joachimites tirérent leurs erreurs, condamnées en 1215 par le quatrième concile de Latran. Voir F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4° édit., τ. 1, p. 300-362.
E. LEVESQUE
6. ADAM DE SAINT-VICTOR, ainsi nommé parce qu'il était chanoine régulier de Saint-Victor de Paris, était Breton d’origine.La date de sa naissance n’est point connue ; il mourut vers 1192, Outre ses œuvres poétiques, justement célèbres, on lui attribue : 1° Summa Brilonis, seu de Difficilibus vocabulis in Biblia contentis ; 2 Exposilio super ommes prologos Bibliæ. Le premier ouvrage est un dictionnaire de tous les mots difficiles de la Bible, qui devait servir de manuel aux novices et à ceux qui commencent l'étude de l'Écriture Sainte. Après avoir donné de chaque mot une étymologie digne de la science philologique de son temps, il en explique le sens littéral ou mystique, er en développe toutes les significations. En têle de ce dictionnaire se lit un prologue en vers, et à la fin l'auteur avoue modestement qu'il n'a guère fait que compiler les auteurs ecclésiastiques qui l'ont précédé. Mais c’est une bonne compilation de plus de cent manuscrits, d'où il avait extrait, comme il le dit, « flores auctorum. » L'Expositio super omnes prologos est une suite et un complément naturel du précédent ouvrage. C’est un commentaire historique des prologues de suint Jérôme, également pour
l'instruction des novices. En quelques vers, Adam nous fait connaître qu'après avoir éclairci les difficultés du texte (dans la Summa), il entreprend une œuvre difficile qui l'effraye. — Dom Brial, Histoire littéraire de la France, τ. XV, p. 43, à la suite de Pits, Wadding, Fabricius, ete., conteste à Adam de Saint-Victor la paternité de ces deux ouvrages. Il attribue la Somme philologique à un certain Guillaume le Breton, auteur d'ailleurs à peu près inconnu. Il se trompe, car: 1° le manuscrit 111 de Montpellier est du ΧΙ siècle, et Guillaume le Breton est mort en 1356. Les anmales de Jean de Thoulouse, Victorin, les catalogues de la bibliothèque de Saint-Victor font honneur de la Summa à notre Adam. Ces autorités l'emportent certainement sur quelques manuscrits du x1ve siècle, qui portent le nom de Guillaume le Breton. Il est du reste assez probable, d'après le titre d'un de ces manuscrits, que ce Guillaume ἃ retouché l'œuvre d'Adam, et ajouté quelques mots français au dictionnaire, qui prend le titre de Vocabularium latino-gallicum. Ainsi l'œuvre tout entière a pu passer facilement sous son nom, 2 L'auteur de l Expositio déclare dans cet ouvrage être l’auteur du dictionnaire; de plus, les mêmes autorités lui en font également honneur. 3 Enfin, criterium important pour reconnaître l'époque et l’auteur des deux ouvrages en question, ils sont précédés tous les deux d'un prologue en vers, et en vers du ΧΙ siècle. N'est-ce pas une forte présomption en faveur d'Adam de Saint-Victor, versificateur habile et poète fécond du xne siècle ? Guillaume le Breton n’est que du xive siècle, et du reste il ne s'est point fait connaître par des œuvres poétiques. Quant aux autres ouvrages, comme Adæ anglici super Marcum ; ejusdem super Epistolam Pauli ad Hebræos; Expositio super cantica, aucune raison sérieuse ne permet d'en attribuer la composition à Adam de Saint-Victor, Voir Léon Gautier, Œuvres poétiques d'Adam de Saint-Victor, introduction de la 1re édition, t.1, p. LV-XCIv. E. LEVESQUE.
ADAMA (hébreu : "Admäh; Septante : ᾿Αδαμά), ville de la Pentapole, détruite en même temps que Sodome et Gomorrhe. Deut., xxix, 3. Située sur les confins du pays de Chanaan, Gen., x, 19, elle avait un roi nommé Sennaab, qui s’allia aux quatre princes voisins pour repousser l'attaque des rois étrangers, Chodorlahomor, Thadal, Amraphel et Arioch. Gen., x1v, 1-2, 8-9. Le combat eut lieu dans la vallée de Siddin ou « vallis Silvestris », Gen., x1v, 3, et les cinq alliés furent défaits.
Adama subit quelque temps après le châtiment des villes coupables. Le récit de la Genèse suffirait à lui seul pour nous l’apprendre; car après avoir dit, x1x, 24, que Dieu fit tomber sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu, l’auteur sacré ajoute, au verset suivant : « Et il détruisit ces villes et toute la région d’alentour; » en hébreu : kol-hakkikkär, « tout le cercle. » Mais le fait est attesté d’une manière formelle par le Deutéronome, XxIX, 29, et par le prophète Osée, χι, 8. D’après les Septante, Isaïe aurait parlé de cette ville dans sa prophétie contre Moab, xv, 9; prenant ‘adämüh, « terre, » pour un nom propre, ils ont traduit lis’érit ‘ädämäh par τὸ χατάλοιπὸν "Αδαμα, ce que la Vulgate a rendu plus justement par « les restes de la terre ».
La situation qu'on peut assigner à Adama dépend nécessarement de l'opinion qu'on adopte pour l’emplacement de la Pentapole ou de la vallée de Siddim. Or les hypothèses émises par les nombreux savants qui ont étudié la question se réduisent aux trois suivantes : la contrée dont nous parlons occupait tout l'espace envahi par la mer Morte, ou bien s’étendait au sud depuis la presqu'ile de la Lisän jusqu’à la Sebkhah, et peut-être plus loin vers l'Arabah, ou enfin se trouvait au nord vers Jéricho et au delà. On peut voir dans M. V. Guérin, La Terre Suinte, 1e partie, p. 291-298, un exposé très clair des deux premiers systèmes, et dans Conder, Handbook to the Bible, Londres, 1887, p. 2338-94, les arguments en faveur du