ADAR, dieu chaldéen. Voir ADRAMÉLECH
ADARÉZER (hébreu: Hädarézér, 1 Reg, x, 16, 19; 1 Par., ΧΥΠῚ, ΧΙΧ, passim, et Hädad'ézér, 11 Reg., vint, passim, « dont le secours est Hädad » [dieu des Syriens]; Septante : ᾿Αδρααζάρ), roi de Soba, contrée syrienne dont la situation n'est pas exactement déterminée. Voir SoBa. Ambitieux et avide de conquêtes, ce prince se préparait à attaquer les rois ses voisins ; profitant même de l’abaissement de la puissance assyrienne, voir G. Smith, Ancient History from the monuments, Assyria, p. 34, il rêvait de porter ses armes jusqu’à l'Euphrate, quand David fondit sur lui, comme il venait de fondre sur les Philistins et les Moabites, lui prit dix-sept cents cavaliers (sept mille d’après 1 Par., XVIII, 4), vingt mille hommes de pied, mille chars, et coupa les nerfs des jarrets à tous les chevaux des chars, se réservant seulement cent attelages. II Reg., vin, 4; cf. I Par., χυπι, 4. Cette défaite alarma les voisins d'Adarézer, et particulièrement les habitants du principal royaume araméen, celui de Damas, qui envoyèrent des troupes au secours du vaincu. Mais David avait Jéhovah pour lui : il tua vingt-deux mille de ces nouveaux ennemis, et occupa militairement toute la Syrie, lui imposant un lourd tribut. II Reg., vin, 5-6. Par la piété de David, Jérusalem,
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ou plutôt le sanctuaire, s'enrichit des armes (hébreu : δ δε. hazzähäb, « boucliers d'or, » I Par., xvur, 7; Septante: τοὺς χλοιοὺς τοὺς χρυσοῦς, « colliers d’or; » Vulgate: pharetras aureas, « carquois d'or ») que portaient les principaux officiers d'Adarézer. Il Reg., vin, 7. D'après les Septante, ces boucliers d'or, souvenir de la défaite d'Adarézer, auraient été transportés en Égypte par le roi Sésac : Καὶ ἔλαθεν αὐτὰ Σουσαχὶμ. βασιλεὺς Αἰγύπτον, ἐν τῷ ἀναδῆναι αὐτὸν εἰς Ἱερουσαλὴμ. ἐν ἡμέραις Ῥοδοὰμ. υἱοῦ Σαλομῶντος, IL Reg., ὙΠ|,. 7. Ce passage est manifestement une interpolation et aussi une erreur, puisque les boucliers emportés par Sésac avaient été faits sur l'ordre de Salomon pour sa garde royale. ΠῚ Reg., x, 16; cf. x1v, 25-98. D'ailleurs David, en consacrant ces armes d'or à Jéhovah, les avait fait entrer dans le trésor qu'il avait formé en vue de la construction du temple. II Reg., vu, 11; cf. 1 Par., xvm, 11. Salomon s'en était servi pour la décoration de l'édifice sacré. I Par., xx11, 14-16. Une grande quantité d’airain enlevé aussi par David des villes royales de Beté et de Béroth (appelée dans Josèphe Μάχων, Ant. jud., VII, νι), appartenant à Adarézer, fut de même porté au sanctuaire, et y servit plus tard à la fabrication de la mer d’airain, des colonnes et des vases de même métal au service du temple: I Par., xvut, 8. La défaite d'Adarézer fut ua sujet de joie pour ceux de ses voisins qu'inquiétaient à juste titre ses projets ambitieux, et en particulier pour le roi d'Émath, qui envoya ses félicitations à David vainqueur. II Reg, vint, 9, 10.
L'expédition de David contre Adarézer racontée dans Il Reg., x, 6-19, et dans I Par., xIX, 6-19, est-elle la même que la précédente, avec quelques variantes et de nouveaux détails? Beaucoup l’affirment : Clair, Les livres des Rois, p. 50; Fillion, La Sainte Bible commentée, t. 11, p. 365, et donnent pour raison que la guerre dont il est parlé IT Reg., vin, et 1 Par., ΧΥΠῚ, se termine par une victoire de David si complète sur les Syriens, qu'une reprise d'hostilités de leur part était impossible. Mais il est plus naturel de s'en tenir à la division du texte et d'admettre une double guerre. Tandis que l'assimilation de ces deux récits fait surgir de nombreuses difficultés, à cause de la divergence des nombres et des circonstances, la double expédition les écarte toutes. Les monuments assyriens nous apprennent d’ailleurs qu'il était bien rare qu'un peuple battu et dépouillé de ses richesses, spécialement en Syrie, ne secouàt le joug bientôt après.
On peut vraisemblablement supposer qu'après sa première défaite, Adarézer, sans perdre de temps, reforma son armée et fut bientôt prêt à secourir les Ammonites, lorsque ceux-ci, se voyant sur le point d'être châtiés de l'affront qu'ils avaient fait à David, achetérent l'appui des rois syriens, et en particulier du roi de Soba, le plus puissant d’entre eux. II Reg., x, 4-6. Ce fut dans la plaine de Madaba χα δας lieu le rendez-vous des alliés et leur rencontre avec l'armée des Hébreux. II Reg., x, 8-13; cf. I Par., xIx, 7. Ils s'étaient divisés en deux corps de troupes, le premier composé des Ammonites, le second formé des Syriens de Rohob, d'Istob ou Tob, de Maacha, et enfin des puissants contingents d'Adarézer, Il Reg., x, 6-8, disposés de manière à attaquer simultanément les Hébreux de front et par derrière. Mais Joab, que David avait mis à la tête de son armée, comprit le piège, et, opposant aux Ammonites un corps de troupes commandé par son frère Abisaï, il se lança lui-même avec ses bataillons sur les Syriens, moins ardents pour le combat, puisqu'ils n'y étaient qu'à titre de mercenaires. Tous et avec eux Adarézer furent battus, et ils n’échappèrent à un écrasement total que grâce à une fuite rapide. Les Syriens de Rohob, d'Istob et de Maacha se résignèrent à leur défaite. Pour Adarézer, le fier roi de Soba, naguère vainqueur du puissant roi d’Assyrie, il ne put dévorer cet affront; mais, décidé à reprendre l'offensive, il envoya à la hâte ses ofliciers faire des levées en masse dans les régions au delà de l'Euphrate, alors soumises à sa puissance. II Reg., x, 10,
Ainsi formée et sous le commandement de Sobach (appelé aussi Sophach, 1 Par., ΧΙΧ, 18), cette nouvelle armée se porta à la rencontre des Hébreux, que David cette fois commandait en personne, et le texte dit qu'il avait mis sur pied «tout Israël », 11 Reg., x, 17. Ce fut à Hélam qu'eut lieu la bataille décisive, Les Syriens d'Adarézer y furent taillés en pièces, laissant sur le champ de bataille quarante mille cavaliers, et aux mains des vainqueurs sept cents chars de guerre, ΠῚ Reg., x, 18 (d’après 1 Par., x1x, 18, quarante mille fantassins et sept mille chars); Sobach fut tué, et les Syriens tributaires d'Adarézer firent leur soumission à David. Josèphe dit que ceti® dernière défaite d’Adarézer arriva pendant l'hiver, Ant. jud., VII, vi. P. RENARD.
ADARSA, I Mach., νη, 40; ADAZER, I Mach. νη, 45 (Septante : ᾿Αδασά), ville de Judée où Judas Machabée remporta sur Nicanor une brillante victoire. On lit ᾿Αδασά dans Josèphe, une première fois au pluriel neutre, ἐν ᾿Αδασοῖς, Ant. jud., XII, x, 5; une seconde fois au féminin singulier, ᾿Αδασάν, Bell. jud., 1, 1, 6. La Vulgate donne deux noms différents, mais le contexte indique bien qu'il s’agit d'une même localité. Dans l'Onomasticon, édit. de Lagarde, Gættingue, 1870; p. 220, Eusèbe mentionne un village nommé Adasa, près de Gophna; mais il le place en même temps dans la tribu de Juda. Saint Jérôme, Liber de situ et nominibus locorum heb., t. ΧΧΤΙ, col. 871, s'étonne à bon droitde cette derniére assertion ; car Gophna (aujourd'hui Djifnéh), capitale de l’ancienne Gophnitique, appartenait plutôt à la tribu d'Éphraïm, ou au moins formait la limite des deux tribus d'Éphraïm et de Benjamin. Voir la carte de la tribu de Benjamin. L'erreur d'Eusèbe vient probablement de ce qu'il a confondu 16 lieu dont nous parlons avec Hadassa (hébreu : Hädaä$äh, «la nouvelle »), mentionnée par Josué, xv, 37, parmi les villes de la Séphéla, en Juda, et appelée par les Septante de ce même nom ᾿Αδασα. 1
Adarsa ou Adazer est aujourd’hui identifiée avec Khirbet ‘Adaséh ou ‘Adasa, endroit situé au nord de Jérusalem, sur la route de Naplouse et un peu à l’est d'El-Djib (ancienne Gabaon). Cette situation est confirmée non seulement par l'identité des noms, mais encore par sa conformité avec les données de la Bible et des historiens. D’après 1 Mach., vi1, 45, cette ville était à une journée de marche de Gazara (Gazer), et, d’après Josèphe, Ant. jud., XII, x, 5, à trente stades de Béthoron. Or, dit M. V. Guérin, « cette distance de trente stades répond assez bien, à une légère différence pres, à celle qui sépare le Khirbet‘Adasa de Beit-A‘our el-Fouka (Béthoron supérieure), où Nicanor avait dù certainement établir son camp, de préférence à Béthoron inférieure, aujourd'hui Beit - Αἱ οι" et-Thala. » Description de la Palestine, Judée, t. 11, p- 6. D'un autre côté, Khirbet ‘Adasa est, en droite ligne, ἃ vingt-sept kilomètres à l'est de Tell el-Djézer, où M. Clermont-Ganneau a reconnu le site de Gazer ou Gazara. La Palestine inconnue, Paris, 1876, p. 15-922. Voir GAazEr. Cet espace, que parcoururent les Juifs poursuivant leurs ennemis vaineus, paraît suffisant pour « la journée de chemin » dont parle le récit sacré. I Mach., vi, 45. Il est évident, en ellet, que la poursuite dut être ralentie par quelques combats isolés ; ce qui ressort du reste des versets 45 et 46, où nous voyons les habitants des villages, avertis par la trompette et les signaux, charger les fuyards, les cerner, et ceux-ci se retourner pour tenter une défense inutile, puisqu'ils ont jeté leurs armes, IMach., vis, #4, jusqu'à ce qu'enfin le dernier Syrien soit tombé : voir le texte grec, dont le récit est plus clair et plus énergique.
Khirbet ‘Adasa, dont le nom et la situation répondent si bien aux données de la Bible et de Josèphe, se trouve à deux heures de marche au moins au sud de Djifnéh {ancienne Gophna), ce qui ne s'accorde guëre avec l’assertion d'Eusébe, Le plateau renferme quelques ruines, peu considérables, il est vrai, mais qui suffisent pour at-
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tribuer à ce site une certaine importance dans les siècles passés : on y voit des restes de tombes et de pressoirs creusés dans le roc, des citernes, des débris de colonnes, depierres taillées, et quelques fragments de poterie. Cf, Palestine Exploration Fund, Quart. Stat., 1882, p. 166-168. Adarsa, nous l'avons dit, est célèbre par la victoire que Judas Machabée remporta sur Nicanor, le 13 du mois d’adar 161 avant J.-C, Le général syrien, quittant Jérusalem, était venu camper à Béthoron pour y rejoindre un corps auxiliaire. Les deux Béthoron, surtout celle qui porte le nom de Supérieure, ont toujours été reconnues pour des pointsstratégiques très importants, Judas vintse poster à Adarsa avec trois mille hommes suivant la Vulgate et les Septante, avec mille hommes seulement suivant Josèphe. En habile tacticien, il avait admirablement choisi son emplacement; car il commandait de là les trois routes principales, qui du nord, du nord-ouest et de l’ouest, se rendent à Jérusalem. Il fermait en même temps à l'ennemi toute voie de retour vers la ville sainte. Après une prière courte, mais dans laquelle sa foi s'inspire des grands souvenirs du passé, cf. IV Reg., xIx, 35, il engage le combat. Nicanor vaincu tombe le premier au milieu de ses soldats, qui à cette vue jettent leurs armes et s’enfuient dans la direction du sud-ouest. Les Juifs, aidés par les gens de la contrée, les poursuivent jusqu'à Gazara , n’en läissent pas échapper un seul, et rapportent les dépouilles à Jérusalem. 1 Mach., vir, 39-47; II Mach., xv, 1-35. La tradition a peut-être gardé le souvenir de cette bataille sanglante, car la vallée que domine le plateau de Khirbet ‘Adasah s'appelle encore Ouadi ed- Denvm , « vallée du sang ». En souvenir de cette victoire, qui rendit à la terre de Juda quelques jours de tranquillité, on institua une fête. I Mach., vis, 49; IL Mach., xv, 36, 57. Celte fête se célébrait encore au temps de Joséphe, et l'on en trouve la mention dans les chroniques rabbiniques. Cf. J. Derenbourg, Essai sur l'histoire et la géographie de la Palestine, Paris, 1867, p.63. A. LEGENDRE.
ADAZER, ville de Palestine, I Mach.,vir,45.Voir ADARSA,
ADBÉEL (hébreu : ‘Adbe’ël; Septante: Ναθδεήλ), troisième fils d’'Ismaël, chef d’une des douze tribus ismaélites. Gen., xxv, 13; I Par., 1, 29.
ADDAI. Voir ACTES APOCRYPHES DES APÔTRES, col. 164,
4. ADDAR (hébreu: 'Addär, « magnifique ; » Septante: ᾽᾿Αδίρ), fils de Balé, fils de Benjamin. I Par., vin, 3. ἢ est nommé HÉRED, Num., XXVI, 40.
2, ADDAR, ville de Juda. Jos., xv, 3. Voir ADR 1.
ADDAX. Voir ANTILOPE.
ADDI (Nouveau Testament : ’AGôt), fils de Cosan et père de Melchi, dans la généalogie de Notre-Seigneur Jésus- Christ. Luc., 111, 28.
ADDINGTON Stephen, ministre dissident à Londres, né en 4729, mort en 1796. Il a publié : À Dissertation on the religious knowledge of the ancient Jews and Patriarchs, containing an Inquiry inlo the evidence 0f their belief and expectation of a future state, in-49, Londres, 1757; The Life of St Paul, in-8°, Londres, 1784. Le premier ouvrage fut composé en partie à l'occasion de la Divine Legation of Moses, de Warburton, qui produisit une si grande sensation en Angleterre. Voir WARBURTON. Addington s'attache en conséquence à réfuter l’évêque de Glocester. Sa Vie de saint Paul contient quelques points bien traités.
ADDO, hébreu : ‘Iddô et ‘Iddô', « opportun. »