A0D0 (hébreu: ‘Idd6 ; Septante : ‘ASi). Voir Apaïa
2. ADDO (hébreu : ‘Iddô'; Septante : Σαδδώ), père d'Ahinadab, à qui Salomon confia l'intendance de la contrée de Manaïm (hébreu : Mahänaim). II Reg., 1v, 14.
3. ADDO (hébreu: Yé'düi; Keri: Yé'‘dô; Septante : Ἴνήλ, ᾿Αδδώ), prophète du royaume de Juda au temps de Roboam et d'Abia. Il écrivit sur ces deux règnes, ΠῚ Par., x, 15; xt, 2, Il fit contre Jéroboam, fils de Nabat, des prophéties où il touchait quelques points de la vie de Salomon. IT Par., 1x, 29. Ces ouvrages sont perdus, mais ont servi à l'auteur du deuxième livre des Paralipomènes,
4. ADDO (hébreu : ‘Jddô'; Zach., ‘Idd6; Septante : ’Aëôw), père de Barachie et grand-père du prophète Zacharie. Zach., 1, 1, 7. Dans 1 Esdr., v, 1, et vi, 14, Zacharie est dit fils pour petit-fils d'Addo. D'après II Esdr., x, 4, il revint de Babylone avec Zorobabel et était prêtre.
ADDON, ville de la Chaldée. II Esdr., vu, 61. Voir ADON.
ADDUS, ville de Palestine, I Mach., xx, 13, Voir ADIADA.
ADELKIND Corneille, Juif d'une famille originaire d'Allemagne et fixée à Venise, fut chargé par deux célèbres imprimeurs de cette ville, Dan. Bomberg et Ant. Justiniani, de donner ses soins à plusieurs éditions de la Bible hébraïque, que chacun d'eux voulait publier. On lui doit ainsi la 3e et la 5° édition de la Bible hébraïque, in-4°, imprimée chez Dan. Bomberg, en 1528 et en 1544. Il prépara la {re édition in-#4, 1551-1552, de la Bible hébraïque imprimée chez Ant. Justiniani. Celui-ci en fit paraître en même temps une édition en petit format, 4 in-18, 1552, et en donna une 85 édition, in-#4°, en 1563. Ces Bibles n'ont que le texte hébreu. Adelkind s’occupa également d'une Bible enrichie de targums et de commentaires des rabbins les plus célèbres. C'est la seconde et la meilleure édition de la Bible hébraïque rabbinique, en 4 in-f°, imprimée chez Dan. Bomberg, en 1549. Elle a conservé la préface de R. Jacob-ben-Chaïm, qui avait été chargé de la première édition, en 1526. Le Long, dom Calmet, etc., appellent notre éditeur Adil; mais le nom complet, tel qu'il se trouve en caractères hébraïques sur les Bibles mentionnées, doit se lire Adelkind. Voir Bibliotheca sacra de J. Le Long, continuée par Masch, part. 1, p. 20, 29, 102. E. LEVESQUE.
ADÉODAT, guerrier mentionné dans l’histoire de David. II Reg., xx1, 19, et 1 Par., xx, 5. La Vulgate, en ces deux endroits, a traduit les noms propres qu'on lit dans le texte hébreu, au lieu de les reproduire dans leur forme originale. 1° Le vrai nom du héros de David était Elchanan (hébreu : *Elhänän). Saint Jérôme en a formé Adeodatus, en expliquant le mot hébreu, comme signifiant « Dieu ἃ donné ». Plus loin, II Reg., xx, 24, il a conservé un nom semblable sous sa véritable forme Elchanan.— 2 Le père d'Elchanan s'appelait Jair ; c’est par suite d'une traduction analogue à la première que la Vulgate dit : « Adeodatus, filius Sultus, » en traduisant la signification de Jair : «bois. » — Saint Jérôme a expliqué, dans ses Quæst. hebr., t. xx, col. 1361, pourquoi, contrairement à son habitude, il n'a pas conservé dans ces passages les noms hébreux sous leur forme primitive : c'est parce que le second livre des Rois dit qu'Elchanan (Adéodat) tua le géant Goliath; or nous savons par 1 Reg., xvir, 49-51, que ce fut David qui terrassa Goliath; d'où il conclut que David et Elchanan sont un seul et même personnage, ce qu'il cherche à prouver par la signification du nom d’Adéodat et par quelques autres considérations. Mais le saint docteur ne prend pas garde que David tua Goliath sous le règne de Saül, tandis que l'exploit raconté II Reg., xxH, 19, eut lieu sous le règne de David. La solution de la dificulté que présente le texte des Rois est la suivante : ce texte
ADDO — ADIADA
a été altéré. Nous en trouvons une première preuve dans :
la variante que présentent certains manuscrits hébreux, où on lit: "Elhänân ben-ya'aré '6rgim, « Elchanan (ou
Adéodat), fils des bois de tisserands. » Ces mots offrent.
un sens si peu naturel, qu'on les a corrigés en lisant : ’Elhänän ben Yä‘ir, et en supprimant le mot ’érgim, « tisserands, » qui se lit à la fin du verset, et qu'on a supposé avec beaucoup de vraisemblance avoir été répété un peu plus haut par distraction, L'exemplaire sur lequel a traduit saint Jérôme portait d'ailleurs cette faute, puisqu'il ἃ traduit : « Adeodatus.. polymitarius, » Une seconde preuve de l'altération du texte des Roïs, c'est la lecon différente de 1 Par., xx, 5, qui résout simplement toutes les difficultés. La Vulgate porte : « Adéodat, fils du Bois (Saltus), Bethléhémite, frappa le frère de Goliath. » On voit que le mot « tisserand », polymitarius, a disparu, et que le géant vaincu par Elchanan n'est pas Goliath, mais son frère. Autant 1l est peu probable, comme on ἃ essayé de le dire pour résoudre la difficulté, qu'il ait existé à si peu d'intervalle deux géants philistins portant le même nom, autant, au contraire, il est naturel que, si Goliath a eu un frère, ce frère ait été lui aussi un géant. Mais saint Jérôme, qui a traduit fidèlement cette partie du texte des Paralipomènes, n'a pas rendu exactement une autre partie importante de ce passage. Pour le mettre d'accord avec celui des Rois, il a dit qu'Adéodat était Bethléhémite. L'auteur des Paralipomènes ne dit point cela, il écrit: « Elchanan frappa Eachmi, frère de Goliath. » Les mots ’ef-Lahmi, que devait avoir primitivement le texte des Rois, ont été changés par un copiste dans ce livre en bêt hallahmi, « Bethléhémite. » E. DupLessy.
ADER Guillaume, médecin de Toulouse, mort en 1630. I publia: Enarrationes de ægrotis et morbis in Evangelio, in-4°, Toulouse, 1620. Il montre que les maladies guéries par Jésus-Christ, n'ayant pu l'être par des moyens naturels, l’ont été nécessairement d’une manière miraeuleuse. E. LEVESQUE.
ADÈS, lieu où habitent les morts. Voir HADËS.
ADFORMANTES, nom donné dans la grammaire hébraïque aux flexions qui s'ajoutent à la fin du verbe hébreu pour marquer la distinction des personnes et des temps. Voir VERBE HÉBREU.
ADIADA (᾿Αδιδά), ville de la Séphéla, fortifiée par Simon Machabée. I Mach., χα, 38. C'est la même ville que celle qui, I Mach., xx, 13, est appelée Addus, car le texte grec porte ᾿Αδιδά dans les deux endroits. Nous admettons également son identité avec l'Hadid (hébreu : Hädid, ᾿Αδίδ), mentionnée dans le livre d'Esdras, 11, 33, et dans celui de Néhémie, vi, 37; xt, 34. Esdras, en effet, nous apprend que sept cent vingt-cinq hommes de Lod, Hadid et Ono, revinrent de la captivité, sous la conduite de Zorobabel. Il est vrai que les Septante ne font ici qu'un seul mot de Lod et de Hadid, comme s'ils ne représentaient qu'une seule localité : “Υἱοὶ Λοδαδὶ χαὶ ᾿Ωνώ, I Esdr., τι, 33; «Υἱοὶ Δοδαδὶδ χαὶ ᾿Ωγώ, II Esdr., vit, 37; mais il y ἃ là une confusion évidente, car dans le second passage de Néhémie ces deux noms sont séparés par d’autres ; d’où il résulte clairement qu'ils désignaient deux villes différentes : ᾿Α δὼδ, Eséweiu, Ναδαλὰτ, ΔΑύδδα, « Hadid, Seboïm, et Neballat, Lod. » IL Esdr., x1, 34. On peut donc justement identifier l’Aëwô et l’’AG!5 des traducteurs grecs avec l'’Aëôd des Machabées. Du reste le rapprochement de Hadid et de Lod, et les données historiques tirées des Livres Saints euxmêmes, confirment notre assertion, et nous permettent de retrouver sans difficulté l'emplacement de notre ville.
Lod est incontestablement l'ancienne Lydda des Actes des Apütres, 1x, 3, l'ancienne Diospolis, aujourd'hui Loudd, au sud-est de Jafla; de même qu'Ono est actuellement Kefr ‘Ana, à l’est de Jaffa et au nord de Loudd.
Or, dans l'Onomasticon, édit. P. de Lagarde, Gættingue, 1870, p. 220, au mot ’Aûxbxtu, Eusèbe place un village nommé Adatha à l'est de Diospolis, χαὶ ἄλλη ᾿Αδαθὰ καὶ περὶ Διόσπολιν ἐν ἀνατολαῖς, ce que saint Jérôme reproduit exactement, sauf le changement d’Adatha en Aditha. Lib. de situ et nominibus locorum kheb., t. xxIu, col. 871. C'est done dans le voisinage de Lydda que nous devons chercher l'emplacement actuel de la ville appelée Hädid par Esdras et Néhémie; Adida, Addus et Adiada par les Machabées ; Adatha par Eusèbe, et Aditha par saint Jérôme. Effectivement, à quatre kilomètres au plus à l'est de Loudd, se trouve une localité qui ἃ conservé presque intacts les noms précédents : c'est Haditéh. Ce village couronne une haute colline dont les pentes sont assez raides : ainsi porte-t-il bien la dénomination de Hädid, « pointu, » suivant l'étymologie donnée par Gesenius, Thesaurus linguæ heb. et chald., p.446; et sa position répond exactement à la descrintion de Joséphe, qui nous le montre « placé sur une éminence et dominant la plaine de Judée ». Ant. jud., XII, vi, 4. « Les maisons sont grossièrement bâties, et quelques-unes sont à moitié renversées.. [ De l’ancienne localité ] il ne subsiste plus actuellement qu'une quinzaine de citernes, un petit birket de forme oblongue, ainsi que plusieurs tombeaux et caveaux pratiqués dans le roc. Quelques pierres de taille, d'apparence antique, sont également éparses çà et là. » V. Guérin, Description de la Palestine, Samarie, t. 11, p. 65.
Queiques auteurs, entre autres Grove, Smith's Dictionary of the Bible, Londres, 1861, t. 1, p. 735, au mot Hadid, repoussent pour Adiada ou Adida l'identification que nous venons d'établir, sous prétexte que la Séphéla, où, d'après 1 Mach., xur, 38, se trouvait la ville, ne s'étendait pas si haut vers le nord. Mais beaucoup de critiques, après Eusèbe et saint Jérôme, donnent comme ligne de démarcation entre la plaine de Saron et la plaine de Séphéla «les environs de Joppé (Jaffa) et de Lydda » : « Saron omnis circa Joppen Lyddamque appellatur regio, » 5. Jérôme, Comment. in Isaiam, t. ΧΧΙΝ, col. 365; « Saron est la contrée qui s'étend de Césarée à Joppé, » Eusèbe, Onomasticon, p. 296. Voir SÉPHÉLA et SARON. En plaçant donc Adida à Haditéh, à une faible distance de Lydda, nous ne nous éloignons pas de cette ligne de séparation, qui d'’ailleurs, remarquons-le, n'avait pas une rigueur mathématique, et nous ne voyons rien qui nous empéche de dire, comme l’auteur sacré : « Adida dans la Séphéla. » I Mach.,
ADIADA —
ἼΣΗ, 38. Du reste, la situation que nous venons d’assigner
à la ville est parfaitement d'accord avec les événements historiques qui s'y rattachent.
Habitée par les Benjamnites à leur retour de la captivité, Il Esdr., χε, 34, Hadid fut, au temps des Machabées, for- {πόθ par Simon, qui, aprés avoir occupé les villes maritimes, Ascalon et Joppé, mit ses soins à augmenter la résistance de cette place. I Mach., χη, 38. C'était donc un point stratégique important pour défendre la plaine, garantir en même temps l'entrée des montagnes de la Judée et la route de Jérusalem. C'est ce que confirme le second passage des Machabées, xt, 13, où nous voyons le même héros juif venir camper à Addus pour barrer le passage à Tryphon, qui, partant de Ptolémaïde (Accho), à la tête d'une puissante armée, et trainant à sa suite Jonathas prisonnier, se proposait d'envahir et de dévaster la terre de Juda. Tryphon avait dù suivre le littoral, et 1] s'apprétait à prendre la route bien connue de Jaffa à Jérusalem, lorsqu'il rencontra Simon; c'est alors que, ne pouvant pénétrer de ce côté dans les montagnes de Judée, il fit un long détour et tächa d'arriver à la ville sainte par Vidumée, « par la voie qui mène à Ador, » à l'ouest d'Hébron. 1 Mach., xin, 20; Ant. jud., XIE, vr, 4. Simon avait donc admirablement choisi son poste de défense. — Arétas, roi des Arabes, appelé au royaume de Cœlé-Syrie, et se mettant en marche pour gagner sa nouvelle capitale, passa par la Judée, Alexandre Jannée essaya aussi de lui barrer la route; mais il fut battu près d’Adida. etun traité étant
ADITHAIM 218 intervenu entre le vainqueur et le vaincu, Arélas s'éloigna. Ant. jud., ΧΙΠ, xv, 2. — Enfin Vespasien, faisant le siège de Jérusalem, et voulant l'enfermer de tous côtés comme dans un cercle de fer, établit des forts et des avant-postes à Jéricho et à Adida, imposant aux deux villes une garnisou composée de Romains et de troupes auxiliaires. Bell. jud., IV, 1x, 1. Adida avait donc dans l'ouest la même importance que Jéricho dans l'est.
Hadid est mentionnée dans la Mischna, Erakhin, 1x, G; Talm. de Bab., même traité, 32 a, comme une ville fortifiée par Josué. ἃ. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 85. Faut-il la voir aussi dans l'Hatita des listes géographiques de Karnak (n° 76)? Mariette le croit, cf. Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 4° série, t. 11, 1874, p. 255; et, en effet, il y a correspondance exacte entre les deux mots. Cependant, si l'on examine l’ordre d'énumération dans lequel les noms sont rangés, on hésite à admettre cette identification; car on est en droit de se demander pourquoi les auteurs de ces listes, partant de Jaffa (Jopou), et suivant, dans la direction du sud-est, une ligne assez bien marquée, n'ont pas mentionné Hatita auprès de Lod (Louten) et Ono (Aounäou), qu'ils unissent, aux n°5 64 et 65, absolument comme les livres d'Esdras et de Néhémie. On est donc tenté de placer cette ville plus au sud, et de l'identifier ainsi avec Adithaïm. Voir ADITHAÏM.
A. LEGENDRE
ADIAS, descendant de Bani. I Esdr., x, 39. Voir Apaïa 6.
ADIEL, hébreu : ‘Âdÿél, « Dieu a orné. »
1. ADIEL (Septante : ᾿[εδιήλ), chef d’une des familles de la tribu de Siméon sous Ézéchias. I Par., IV, 86.
2. ADIEL (Septante : ᾿Αδιήλ), prêtre, père ou ancêtre de Maasai. 1 Par., 1x, 12. Il semble être le même que Azréel, père d'Amasaïi. II Esdr., χι, 13. ἢ habita Jérusalem après le retour de la captivité de Babylone.
3. ADIEL (Septante : Ὀδιήλ), père d'Azmoth, qui fut trésorier du roi sous le règne de David. I Par., xxvI1, 25.
ADIN (hébreu : ‘Adin, « délicat, tendre; » Septante : ᾿Αδδίν, ᾿Αδίν, Ἠδίν), chef de famille dont les descendants revinrent de Babylone au nombre de quatre cent cinquantequatre, 1 Esdr., 11, 15, ou de six cent cinquante-cinq, IL Esdr., vi, 20. C’est peut-être le même dont il est question IL Esdr., x, 16. Il est nommé Adan, I Esdr., vx, 6, dans la Vulgate.
ADINA (hébreu: ’Âdinà’, « flexible, pliant; » Septante : ᾿Αδινά), fils de Siza et chef des Rubénites, un des braves capitaines de David. I Par., xt, 42.
ADINO L'HESNITE, nom d'un des plus vaillants guerriers de David dans II Sam., xx, 8, texte hébreu. La Vulgate n’a pas ce nom propre dans le passage correspondant. Voir JESBAAM.
ADITHAÏM (hébreu : ‘Âdifaim), ville de la tribu de Juda, située dans la plaine (Seféläh), et mentionnée entre Saraim et Gédéra. Jos., xv, 36. Elle n’est citée qu’en cet endroit de l'Écriture, et les Septante l'omettent complètement. Faut-il, à la suite de certains auteurs, l'identifier avec Adiada et Hadid? Nous ne le croyons pas, pour les raisons suivantes. Placer Adithaïm à Haditéh, ce serait faire remonter beaucoup trop au nord la tribu de Juda. En effet, la frontière nord-ouest de cette tribu, d'après les passages parallèles de Jos., xv, 10-11; ΧΙΧ, 40-46, comprenait une hgne qui s'étendait depuis Estaol (aujourd'hui Achou‘a), Saraa (Sura'a), Bethsamès (‘Ain -Chems), Thamnatha (Khirbet Tibnéh), jusqu'à Accaron (‘Aker) et Jebnéel (Yebnéh), en sorte qu'Accaron marque la limite
septentrionale de Juda et la limite méridionale de Dan. Aussi ne comprenons-nous pas que les savants auteurs de la nouvelle carte anglaise, Old and New Testament Map of Palestine, Londres, 1890, feuille 10, aïent placé Adithaïm en pleine tribu de Dan. Notre sentiment d'ailleurs s'appuie sur le témoignage formel d'Eusèbe, qui, dans l'Onomasticon, édit. P. de Lagarde, Gættingue, 4870, p. 220, au mot ᾿Αδιαθαΐν, distingue de l'Adatha dont nous avons fixé la position auprès de Diospolis « un village, Adiathaim, de la tribu de Juda, et situé auprès de Gaza », ᾿Αδιαθαΐν (dans d’autres manuscrits, ᾿Αδιαθαΐμ), φυλῆς Ἰούδα, λέγεται δέ τις κώμη περὶ τὴν Γάζαν, καὶ ἄλλη ᾿Αδαθά χαὶ περὶ Δίοσπολιν. Saint Jérôme dit exactement la même chose, en donnant à cette localité le nom d'Adia, Liber de situ et nominibus locorum heb., t. xx, col. 871. L'emplacement de cette ville n'a pas été retrouvé Jusqu'ici. Nous avons dit, à l’article Adiada, que nous serions tenté de l'identifier avec l'Hatita des listes géographiques de Karnak (n° 76). En examinant la place qu'occupe Adithaïm dans l'énumération de Josué, xv, 33-36, et celle d'Hatita dans les listes égyptiennes, peut-être pourrait-
on déterminer approximativement la position de cet en- |
droit. (Les noms palestiniens gravés sur les pylônes de Karnak sont énumérés et étudiés dans Mariette, Les listes
géographiques des pylônes de Karnak, Leipzig, 1875, |
p. 12-44; voir aussi Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1876, spécialement p. 142-143.) Mal-
heureusement, les villes qui précédent et qui suivent celle | dont nous parlons n'offrent pas toutes pour elles-mêmes |
uue identification certaine. Néanmoins, en combinant ces
éléments, nous dirions volontiers qu'Adithaïm devait se |
trouver dans un espace compris entre Nu‘anéh (Naoun, ne 75 des listes) au nord, Soudfir (Ichapil ou Isphar, n° 78, Saphir) au sud, Tell Zacharia où Khirbet Säiréh {Saraïm) à l’est, et Katrah (Gédéra) à l’ouest.
À. LEGENDRE
ADJURATION, action d'adjurer. Adjurer se présente dans la Bible avec trois sens distincts.
1. Faire jurer, c'est-à-dire exiger de quelqu'un le serment; c'est le sens naturel du mot hébraïque Ai$bi@', qui est la forme Aiphil du radical $äba°. L'adjuration, chez les Hébreux, consistait donc à exiger le serment de quelqu'un. Cette adjuration avait lieu surtout dans les jugements. Le juge adjurait le témoin ou l'accusé de dire la vérité; nous en avons des exemples Lev., v, 1; Num., v, 18-22; IILReg., vin, 91; Prov., xxix, 24; Matth., xxvi, 63, etc. D’après tous ces exemples combinés, nous voyons que, sauf le cas de Num., v, 18-922, il n'y avait pas de formule consacrée pour faire l’adjuration; le juge se contentait de dire à l'accusé ou au témoin, en ces termes ou en termes équivalents : Je vous adjure, par le Dieu vivant, de dire la vérité sur ce point, ce que vous savez sur ce point,… si tel ou tel fait est vrai, etc. En vertu de cette adjuration, la réponse du témoin était censée faite sous le serment, soit que ce témoin prononçât lui-même quelque formule de serment (quoique le texte sacré n'en parle point), comme le pensent quelques auteurs, Saalschütz, Das Mosaische Recht, k. 89, Berlia, 1853, p. 611-612; soit, comme d'autres le disent, qu'il ne prononçât luimême aucune formule spéciale, ou se contentät de dire Amen, σὺ εἶπας, elc. Michaelis, Mosaisches Recht, 8 302; Rosenmüller, [πὶ Lev. v, 1. Dans le cas où l’adjuration était accompagnée de quelque formule de malédiction ou d'imprécation, l'accusé disait: Amen, amen. Num., v, 18-22. Quand le juge, malgré son adjuration, n'obtient aucune réponse, l'accusé ou le témoin qui refuse ainsi de déclarer ce qu'il sait commet un péché, « hait son âme, » comme il est dit Prov., xxIx, 24, et « porte son iniquité, » comme il est dit Lev., v, 1; il ne peut expier sa faute que par un aveu repentant et par l'un de ces sacrifices pour les péchés d'omission ou d’ignorance dont parle le Lévitique, v, 14-18; vis, 1-10. — On trouve dans quelques textes une formule spéciale d'interrogation : « Rends gloire à Dieu. »
ADITHAÏM — ADLER
Jos., vit, 19; Joa., 1x, 24; cf. III Esdr., 1x, 8. Quelques | auteurs la donnent comme une formule d’adjuration pro= prement dite; ce point est fort douteux. Voir Masius, In Jos., V1, 19, dans Migne, Cursus completus Scripturæ Sacræ, t. vit, col. 1157.
Dans les passages cités, le juge qui adjure impose un serment assertoire, c'est-à-dire un serment destiné à appuyer une aflirmation; dans d’autres passages, le supérieur ou le meitre qui adjure impose un serment promissoire, en vertu duquel la personne adjurée doit s'engager par serment à faire ce qui est demandé. Dans le texte de Gen., χχιν, 2-9, 37, Abraham adjure Éliézer de ne pas choisir pour son fils Isaac une femme chananéenne, mais une femme de ses parentes, dans la famille qu'il lui indique. Le texte sacré expose les détails de cette adjuration; ici le serviteur d'Abraham ne se contente pas de répondre en un mot; il fait un serment proprement dit, suivant les formules et les cérémonies usitées dans ce temps-là. Voir SERMENT. C'est ce que nous voyons encore Gen., XLVI, 29-31; L, 5, où Jacob adjure son fils Joseph de ne pas laisser son corps après sa mort en Égypte, mais de le transporter dans le tombeau de ses ancêtres. Jacob ne se contente pas d'une réponse affirmative; il exige un serment, que Joseph prête, en eflet, de la manière accoutumée. Voir un autre exemple dans Josué, 11, 12, ἀν LR
2. Obliger quelqu'un, au nom et par l'autorité de Dieu, à faire quelque chose. Tel est le second sens du mot adjurer, hisbia; il ne s’agit plus d'exiger de quelqu'un un serment assertoire ou promissoire, mais seulement de lui commander de faire quelque chose. Or, pour rendre cette injonction plus efficace et en faire comme un devoir sacré, le supérieur qui commande interpose le nom et l'autorité de Dieu, afin que la personne qui est adjurée soit engagée non seulement par l'obéissance, mais encore par la vertu de la religion à accomplir ce qui est commandé. C'est l'adjuration impérative. S. Thomas, 93 5. q. 90, a. 1. Mais il est évident qu'elle suppose dans celui qui adjure : 4° qu'il ἃ l'autorité et le droit de commander; ® que, dans l'acte particulier qu'il impose, il ne dépasse pas les limites de cette autorité ; à défaut de l'une ἡ ou de l’autre de ces deux conditions, l’adjuration serait illicite et sacrilège. Nous avons des exemples de l'adjuration impérative dans 1 Esdr., x, 5; 1 Thessal., v, 27. Quand le sujet adjuré de la part de Dieu est le démon, comme, par exemple, Act., xix, 13, l'adjuration revêt un caractère spécial et prend le nom d'exorcisme. Noir ce mot.
3. Prier fortement, instamment (nous disons conjurer) quelqu'un de faire quelque chose. Ce troisième sens, comme déjà le second, a perdu de la force primitive de l'hiphil Aisbia‘. Nous le voyons Cant., τι, 7; πα, 5; v, 8,9; vit, 4; Marc., v, 7; probablement Jer., v, 7 (où la Vulgate ἃ traduit par jurare), et aussi dans la Vulgate, Tob., vint, 23; 1x, 9. C'est l'adjuration déprécative. Tantôt elle se fait par Dieu ou par une créature avec un rapport explicite ou implicite à Dieu, et alors elle revêt une plus grande autorité et devient un acte de religion ; tantôt, comme dans les passages indiqués du Cantique des cantiques, elle se fait par des créatures sans aucun rapport avec Dieu; dans ce cas, elle n’est plus qu'une formule spéciale de prière, qui ne diffère de la prière ordinaire que par son caractère de sollicitation pressante. S. Many.
ADLER Jacques-George-Christian, savant orientaliste, né en 1755 à Arnis, dans le Danemark, et mort en 1805. Après avoir étudié à Rome les langues orientales, il revint professer le syriaque, puis la théologie, à l’université de Copenhague, et se fit connaitre par plusieurs ouvrages d’érudition. Ses œuvres scripturaires, assez estimées, sont: 1° Codicis sacri recte scribendi leges ad recte æstimandos codices manuscriptos antiquos, in-#, Hambourg, 1779 ; 2 Novi Testamenti versiones syriacæ, Simplex, Philoæeniana et Hierosolymitana, denuo examinatæ, in-4,
Copenhague, 1739, Cf. Schmidt, Predigt zum Andenken des Herrn Probst Adler in Altona, in-8v, 1805. E. LEVESQUE.
ADLI (hébreu : ‘Adläi, abréviation pour ‘Adalyäh, « Jéhovah est juste (?) » ; Septante : AG), père de Saphat, qui fut chargé des troupeaux de bœufs du roi David, qui paissaient dans la plaine. 1 Par., xxvIr, 29.
ADMATHA (hébreu : 'Admätà', « terrestre? »), un des sept principaux officiers de la cour d'Assuérus. Esth., 1, 14.
ADMINISTRATION. La manière dont la Palestine a été administrée et gouvernée a été différente aux diverses époques de son histoire. Voir Moïse, JUGES, Roïs, MACHABÉES, HÉRODE.
ADOM (hébreu : Âdäm), ville auprès de laquelle les eaux du Jourdain s'arrêtèrent, « se dressant comme une montagne, » quand les Hébreux passèrent miraculeusement le fleuve. Jos., 111, 16. Elle n'est citée qu’en ce seul endroit de l'Écriture. Ce mot, dont la Vulgate nous ἃ probablement conservé la vraie prononciation (comparez Adommim), signifie « rouge », suivant certains auteurs (racine âdam, « être rouge; » cf. Gesenius, Thesaurus linguæ heb., p. 24), ou bien emprunte son étymologie à la « terre argileuse », ’ädämäh, qui se trouvait dans ces parages, entre Soccoth et Sarthan. IIT Reg., vir, 46. Il est à remarquer du reste que les localités de ce nom sont toutes dans la vallée du Jourdain, depuis la Pentapole jusqu'au lac de Tibériade: Adana, Adom, Edéma, Adami.
L'emplacement d'Adom est d'autant plus difficile à déteriner, que la situation des endroits qui, comme Sarthan et Soccoth, pourraient servir de point de repère, est ellemême problématique, et que la traduction du passage où ces villes sont nommées offre dans les différentes versions, comparées avec le texte original, un sens un peu différent. L'hébreu doit, en effet, se traduire ainsi : « Et les eaux qui descendaient s'arrétèrent en un monceau, très loin, auprès d'Adam, ville qui est à côté de Sartan. » Plusieurs auteurs, à la suite de Van de Velde et de Knobel, identifient ce dernier point avec le Djébel Sartabéh, montagne située à une certaine distance au nord de Jéricho, et qu, dominant de 608 mètres la vallée du Jourdain, la rétrécit en projetant ses contreforts du côté du fleuve. Si la supposition est juste, on peut trés bien placer Adom à Tell Damniéh, à peu près en face, de l’autre côté du Jourdain, et un peu au-dessous du torrent de Jaboc (Ouadi Zerka). Outre la correspondance assez exacte entre les deux noms, la distance qui sépare ce point de la mer Morte est suffisante pour expliquer le récit biblique. Cependant, il faut l'avouer, la ressemblance onomastique entre Sartan et Sartabéh est peut-être plus apparente que réelle : cf. Clermont- Ganneau, Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1874, p. 173; et puis la position de Sarthan au Djébel Sartabéh n’est pas conforme à celle que lei donnent d’autres passages de l'Écriture, qui la placent près de Bethsan, au-dessous de Jezraël. ΠῚ Reg., 1v, 12. Voir SARTHAN.
La paraphrase chaldaïque et la version syriaque suivent l'hébreu, et placent les deux villes dont nous venons de parler l’une auprès de l’autre, Les Septante, omettant le nom d’Adom, offrent une curieuse variante : « ἘΠ les eaux s'arrêtérent.. très, très loin, jusqu’à la région de Cariathiarim, » μαχρὰν σφόδρα σφοδρῶς, ἕως μέρους Καριαθιαρίμι. Ils ont dù lire alors : me'ôd, me'ôd, « beaucoup, beaucoup, » au lieu de mé’ädäm, « à partir d’Adom. » Stanley, Sinai and Palestine, Londres, 1866, Appendix, p. 5%, note 2, retrouve Adom dans ap de Kaprabtapiu, avec la permutation si fréquente entre le daleth, 5, et le resch, 7. Nous aimons mieux y voir la défiguration du mot Sartan. Cette hypothèse, qui peut s'expliquer avec les caractères phéniciens, semble confirmée par le manuscrit
ADLER — ADOMMIM
alexandrin, qui porte ici Σιαράμ. Cest pour cela que M. Tyrwhitt Drake, Palestine Expl. Fund, Quart. Statement, 1875, p. 31, et les auteurs de la carte anglaise Old and New Testament Map of Palestine, Londres, 1890, feuille 10, placent Sarthan à Tell es-Sûrem, un peu au-dessous de Beisan, l'ancienne Bethsan. Cet emplacement, plus conforme aux données de la Bible sur la même ville, correspond mieux aussi à la pensée exprimée par les versions grecque et latine, qui supposent nécessairement une certaine distance entre les deux endroits mentionnés dans Josué, 111, 16. La Vulgate, en eflet, suivant le geri, plus de vingt-cinq manuscrits signalés par Kennicott et de Rossi, et les plus importantes versions, traduit : « Depuis la ville qui est appelée Adom jusqu’au lieu nommé Sarthan. » Nos deux versions ont ainsi lu ‘ad, « jusqu'à, » au lieu de ‘#r, « ville. »
En somme, nous pouvons, jusqu'à meilleure découverte, retenir Tell Dämiéh comme emplacement d’Adom. Α une assez faible distance de cette colline, au sommet de laquelle on distingue quelques débris de constructions antiques, se trouvent les restes d’un pont, dont une partie a été emportée par le courant, et dont il ne subsiste plus que cinq arches dégradées, sur la rive gauche. À ce point, le Jourdain, qui n'a guère plus de quarante mètres de large, peut, à certaines époques, être traversé à gué.
A. LEGENDRE
ADOMMIM (Montée ἃ) (hébreu : ma‘àäléh *Adummim; Septante : πρόσθασις ᾿Αδαμμίν; Vulgate : ascensio Adommim, Jos., XV, 7; ἀνάθασις Αἰθαμίν, ascensus Adommim, Jos., xvit, 18), endroit mentionné deux fois seulement dans l'Écriture, comme limite entre la tribu de Juda au sud, et celle de Benjamin au nord. Jos., xv, 7; xXvut, 18. Il se trouvait sur la route qui montait de Galgala ou de ia vallée du Jourdain vers Jérusalem, et était situé au sud d’un torrent. Jbid. Ces détails nous permettent de le reconnaitre facilement dans le Tal‘at ed-Dumm, sur le chemin de la ville sainte à Jéricho. Cette montée, que les Arabes appellent aujourd’hui ‘agabet er-Riha, «montée de Jéricho, » suivait Jusqu'à ces dernières années une voie antique, aux pavés disjoints, et qui par intervalle s'élevait en escalier. Elle vient d'être modifiée et remplacée par une route carrossable, qui va de Jérusalem à Jéricho. Elle longe précisément, dans les contours qu'elle décrit de Jéricho à Adommim, les bords méridionaux de l'Oued el-Kelt, qui, à mesure qu'on s'élève, s'enfonce de plus en plus profondément entre deux murailles presque verticales de rochers gigantesques. Voir la carte de la tribu de Benjamin.
Cet endroit s'appelait encore, au temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, Μαληδομνεί, Maledomim, abréviation évidente des mots hébreux ma‘äléh ’Adummim. Onomasticon, Gættingue, 1870, p. 219, au mot ᾿Αδωμμείμ. Saint Jérôme, développant le passage d'Eusèbe, nous donne les détails suivants : « Adommim,.…. lieu appelé jusqu’à présent Maledomim; en grec, ᾿Ανάδασις Πύῤῥων; en latin, Ascensus Ruforum sive Rubentium, « montée des « Rouges, » à cause du sang qui y est fréquemment versé par les voleurs. Il y a là un poste militaire destiné à protéger les voyageurs. Ce lieu sanglant est mentionné par le Seigneur dans la parabole de l'homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho. » Liber de situ et nominibus locorum heb., t. xxur, col. 870, L'étymologie proposée par le saint docteur semble, suivant M. V. Guérin, confirmée par le nom de Qala'at ed-Demm, «château du sang, » donné à un petit fort dont on voit les restes sur une colline, à moitié route. Ce fortin, décrit par le savant explorateur, Description de la Palestine, Samarie, L. 1, p. 156, occupe très probablement l'emplacement du poste militaire, le φρούριον d'Eusèbe, le castellum mililum de saint Jérôme, qui s'élevait dans le village d’Adommim. Cependant plusieurs auteurs expliquent ce nom avec plus de vraisemblance par une raison purement géologique : il viendrait, d'après eux, de quelques roches d'un rouge
assez vif, qui tranche sur le ton jaunâtre ou blanchätre de tout le terrain environnant. De Saulcy, Voyage en Terre Sainte, t. 1, p. 193; Riehm, Handwürterbuch des Biblischen Altertums, 1884, p. 30. On trouve dans le même endroit un grand caravansérail destiné à héberger les voyageurs, et appelé X han el-Hatrour ; c'est là qu'une fort ancienne tradition place « l'hôtellerie » où, d’après la parabole de Notre-Seigneur, le bon Samaritain fit soigner un homme dépouillé par des voleurs, et laissé par eux à demi mort. Luc., x, 30-35. A. LEGENDRE.
ADON, localité de la Chaldée d'où venaient quelquesuns des Juifs qui étaient retournés en Judée avec Zorobabel, et qui furent hors d'état de prouver leur origine israélite par les tables généalogiques. I Esdr., 1, 99; II Esdr., vnr, 61. Dans le premier passage, le texte massorétique porte ’Addän; dans le second, ’Addôn. Les Septante transcrivent ‘Hècy et "Hpwv. La Vulgate écrit Addon, ΤΠ Esdr., να, 61. — Le mot À don ne diffère que par la ponctuation, dans l'original hébreu, du nom d'Éden, qui est celui d'une ville mentionnée par les prophètes. Is., XXXVH, 12; Ezech., xxvn, 23; cf. Amos, 1, 5; IV Reg., xIx, 12. Voir ÉDEN 2. — Quelques commentateurs ont pris à tort Adon ou Addon pour un nom d'homme.
ADONAÏ (hébreu : 35, ’Adônäïi), un des noms de Dieu dans la Bible hébraïque. Il signifie « mon Sergneur », mon maître. D'après la prononciation massorétique, que nous trouvons aussi dans la Vulgate, Exod., vi, 3; Judith, xvI, 16, ce mot a la forme plurielle (le singulier est *’Âdôni) : c'est un pluriel de majesté, les Hébreux, par respect pour la Divinité, mettant son nom au pluriel, comme ils le faisaient dans ᾿ΕἸομῖηι, forme plurielle fréquemment employée pour désigner Dieu au singulier. Adonaï n'est employé qu’au vocatif en s'adressant à Dieu, dans la Genèse, xv, 2,8; xvinr, 3, 27, 30, 32; χιχ, 18 : ce qui prouve qu'il a été simplement d’abord un titre donné à Dieu, plutôt qu'un nom propre; mais, dans la suite, on en fit un véritable nom de Dieu, comme nous le voyons dans les prophètes. Is., vi, 1, etc. Les Juifs, considérant le nom de Jéhovah comme ineffable, s’abstiennent de le prononcer toutes les fois qu'ils le rencontrent dans le texte hébreu, et lisent à la place Adonaï. De là vient qu'ils ont donné au tétragramme divin m7, IHVH, les voyelles du mot Adonaï (voir JÉHOVAH); de là vient aussi que les Septante et la Vulgate portent Κύριος et Dominus, « Seigneur, » là où l'original porte Jéhovah, parce qu'ils ont lu Adonaï, selon l'usage juif, et traduit la signification de ce mot en grec et en latin. Dans le passage célèbre de l'Exode, vi, 3, saint Jérôme n'a pas employé le mot Dominus, mais il a mis Adonaï, conformément à la coutume des Juifs, quoique le texte original porte Jéhovah : « Nomen meum ADONAI non indicavi eis. » Ce n’est pas le nom d’Adonaï, mais celui de Jéhovah, que Dieu n'avait pas expliqué aux patriarches comme il l’expliqua à Moïse dans Y'Exode, m1, 14. Le langage de Dieu n’est donc pleinement intelligible dans ce passage qu’en recourant au texte hébreu. Il faut également consulter l'original en plusieurs autres endroits, pour savoir quel est le nom divin dont s’est servi l'auteur inspiré, parce que les traducteurs n'ont pas rendu les appellations bibliques d'une manière qui permette de les distinguer les unes des autres. C'est ainsi qu'on peut savoir seulement par l'hébreu si le terme original, rendu par Dominus, « le Seigneur, » est Adonaï ou Jéhovah; la Vulgate, en effet, n’a que le mot Dominus pour ces deux dénominations divines. Voir Abdias, 1, où Dominus Deus correspond à « Adonaï Jéhovah », et Hab., πὶ, 19, où Deus Dominus traduit « Jéhovah Adonaï ». Sur l'importance exégétique et critique des noms de Dieu dans lEcriture, voir DIEU. F. VIGouroUx.
ADONIAS, hébreu : *Adôniyäh, Adôniyähü, « Jéhovah est mon Seigneur; » Septante : ᾿Αδωνίας.
ADOMMIM — ADONIAS
1. ADONIAS (Septante : ᾿Αδωνίας, ᾽Ορνία, ᾿Αδωνία), quatrième fils de David par Haggith, naquit à Hébron pendant le séjour qu'y fit David, et qui dura sept ans et demi, I Par., ui, 2; Π Reg., 111, 4; de 1055 à 1048, selon la chronologie ordinairement reçue, Adonias avait donc quarante ans environ lors du coup de main qu'il tenta, vers la fin du règne de son père, pour s'emparer du trône. IL Reg., 1, 5-53. Il se croyait dans son droit, car l'aîné des fils de David, Amon, et le troisième, Absalom, étaient morts; probablement aussi le second, Chéléab, IL Reg., τα, 3, appelé Daniel, 1 Par., 11, 1, dont il n'est rien dit dans l'histoire des rois. Cependant ses prétentions n'étaient pas incontestables ; car, s’il est vrai que chez les Juifs la succession au trône était réglée par l'hérédité, Deut., xvix, 20, il n'est pas moins certain qu'elle n'était pas toujours déterminée par la primogéniture. Quelquefois le roi, sentant sa fin approcher, choisissait lui-même, parmi ses fils, son successeur, II Par., ΧΙ, 2; et s’il est dit de Josaphat qu'il choisit l’un plutôt que l’autre parce qu'il était l'aîné, ΠῚ Par., ΧΧΙ, 3, cette remarque suppose que le roi avait la liberté et le droit de désigner entre tous ses enfants celui qui devait lui succéder. Ce droit, David pouvait en user légitimement, et préférer à Adonias un de ses fils plus jeunes. Du reste, ce n'était pas David qui avait désigné Salomon pour roi, mais Dieu lui-même, véritable roi d'Israél, Il Reg., vu, 12-16, et le prophète Nathan, au nom de Dieu, avait béni sa naissance, en déclarant qu'il était et qu'il s’appellerait Yedideyäk, « aimé de Jéhovah. » II Sam. (II Reg.), χα, 95.
Adonias n'avait donc rien à prétendre; il devait bien plutôt respecter comme un ordre de Dieu l'élection de son frère, de même que David pouvait, sans blesser la justice , jurer à Bethsabée que Salomon et non un autre serait son successeur. ΠῚ Reg., 1, 17. Adonias avait sans doute conscience du droit de son frère, car nous le voyons plus tard invoquer, non pas sa pr'imogéniture, mais la faveur du peuple. IE Reg., 11, 15. Malheureusement l’ambition fit taife en lui le sentiment du devoir, et dès lors, regardant Salomon comme un rival, il mit touten œuvre pour le supplanter. Profitant de l’affaiblissement où il voyait son vieux père, il affichait des allures et un train de vie qui disaient assez ses prétentions au trône : il avait des chars, et cinquante coureurs le précédaient quand il sortait. Il imitait en cela son frère Absalom, II Reg., XV, 1, dont le sévère châtiment aurait dù, au contraire, le maintenir dans le rang qui lui convenait. Comme Absalom, il se créa aussi un parti; car pour arriver au trône il lui fallait un acte public, une acclamation du peuple, et des partisans prêts à le soutenir par la force. ἢ recruta les principaux éléments de ce parti dans le petit groupe de mécontents qui s'était formé parmi les courtisans du vieux roi : Joab, neveu de David, autrefois généralissime des troupes royales, puis disgracié et destitué à cause de ses dispositions hostiles, cf. IL Reg, πὶ, 13-22; nr, 22-39; Abiathar, le grand prêtre, naguère si fidèle à son roi, qu'une basse jalousie à l'égard de Sadoc jetait dans le parti de la révolte, cf. I Reg., xx, 20-%3; II Reg., xv, 2%, et avec eux ses frères et plusieurs officiers royaux, qui voyaient sans doute leur intérêt dans l'avènement d’Adonias. HI Reg., 1, 9. Pour arriver à leurs fins, les partisans du prétendant préparèrent avec lui un plan qui était bien conçu, et qui n’'échoua que grâce à la sagesse du prophète Nathan. Ils résolurent de s'appuyer, non pas sur un mouvement populaire directement provoqué contre Salomon , mais sur cet instinct aveugle qui porte les multitudes à acclamer quiconque a eu l'audace de se poser en roi. Les chefs du mouvement furent secrètement convoqués dans un lieu appelé Zohéleth, et là ils formérent une assemblée ayant l'apparence d'une représentation nationale: le grand prètre représentant l'élément religieux, les frères d’Adonias l'élément politique, Joab et les officiers l'élément militaire ; enfin un sacrifice de béliers, de veaux et d’autres victimes, donna à la manifestation un caractère sacré, qui ne pouvait
manquer d'impressionner le peuple. (On pourrait cependant douter que ce fut un vrai sacrifice, et n°y voir qu'un banquet, si le sens naturel de l'hébreu vayyizebah, « sacrifier, » n'était pas clairement déterminé.)
Malheureusement pour Adonias, cette réunion n'avait pu se préparer sans que le bruit en vint jusqu'aux partisans du vieux roi. Le prophète Nathan observait tout. Ferme autant qu'il était habile, il laissa sans mot dire les conjurés se rendre au lieu désigné.’ Alors il parla, non pas à David, dont la volonté était trop affaiblie par l'âge, mais à une femme intéressée dans cette aflaire, Bethsabée, mère de Salomon. Bethsabée, sur le conseil de Nathan, alla trouver David, lui raconta ce qui se passait, lui rappela son serment en faveur de Salomon; puis, comme elle achevait, et avant que le roi eùt pu répondre, le prophète lui-même entra en scène, fit le même récit, plaida la même cause, lança l'interrogation décisive : « Tout cela se ferait-il par ordre royal? » A cette apostrophe, David comprit toute la gravité de la situation, et prit aussitôt les mesures qui devaient déjouer l'intrigue sans verser une goutte de sang. Le festin s'achevait, après le sacrifice, à l'assemblée de Zohéleth; les convives excités allaient en venir à l'acte suprême, la proclamation d'Adonias comme roi d'Israël, quand un bruit confus de voix et d'instruments se fit entendre. Au milieu de ce tumulte, le vieux Joab reconnut les accents de la trompette guerrière qui autrefois sonnait ses victoires. Tous furent saisis d'étonnement et d’inquiétude; cependant personne ne se rendait encore exactement compte de ce qui se passait, lorsque Jonathas, lui aussi traître au roi après tant de bons services, II Reg, χν, 36; xvir, 17, entra, le visage bouleversé. Il raconta que David venait d'envoyer Sadoc, Nathan, Bunuïas, avec la garde royale, composée de Céréthiens et de Phélétiens, à la fontaine de Gihon, cf. II Par., xxx11, 80; xxx, 14, voir GIHON ; qu'ils emmenaient avec eux Salomon monté sur la mule du roi, marque du plus grand honneur, cf. Gen., xL1, 43; IV Reg., x, 16; Esth., vi, 8; qu'enfin, arrivés au lieu désigné, Sadoc et Nathan avaient sacré le rival d’Adonias comme roi d'Israël, et qu'à cette vue tout le peuple, qui avait suivi le cortège depuis Sion, avait acclamé l'oint du Seigneur en criant : «Vive le roi Salomon ! » Au moment où il parlait, la cité, ajoutait-il, éclatait en transports, tandis que le cortège conduisait Salomon prendre possession du trône de son père. À ces paroles, une frayeur mortelle s'empara des conjurés : ils s'enfuirent. Pour Adonias, il mit tout son espoir dans la sauvegarde qu'assurait aux criminels le sanctuaire de Jéhovah, et, courant à Sion, il pénétra jusqu'à l'autel des holocaustes, et saisit un des quatre coins ou cornes en bois revêtues de bronze, qu'on teignait du sang des victimes dans les sacrifices. Exod., xxvi1, 2; xx1x, 12. Digne de mort par son crime de lèse-majesté, Adonias dut la vie à la grandeur d'âme du nouveau roi, qui le laissa vivre en paix, lui promettant une sécurité parfaite, s'il se conduisait sagement. III Reg., 1, 52.
Adonias promit tout, mais il ne tint pas ses promesses. Le vaincu emportait dans son cœur une insatiable ambition; elle le conduisit à tramer contre Salomon de nouveaux complois. Il forma cette fois le dessein d'obtenir par ruse ce qu'il n'avait pu conquérir par force. En Orient, prendre les femmes du roi défunt, c'était affirmer son droit au trône. Cf. II Reg., χα, 8; xvr, 20-93, C'est ainsi que nous voyons en Perse le faux Smerdis prendre les femmes de Cambyse, dont il prétendait être le frère et le successeur, et de même Darius prendre celles du faux Smerdis, après l'avoir vaincu. Hérodote, 111, 68, 88. Dans ce dessein, Adonias, après la mort de David, son père, jeta les yeux sur Abisag la Sunarnite, qui avait rang d'épouse parmi les femmes du vieux roi. Voir ABISAG. Insidieusement il obtint de Bethsabée qu'elle parlât en sa faveur à Salomon, et demandät pour lui la Sunamite. Si celui-ci eût été moins clairvoyant, c'en était peut-être fait de sa couronne; mais, plus prudent que sa mère, il vit le
ADONIAS — ADONIBÉZECH
«piège, et jura par deux fois que celui qui avait abusé à ce
point de sa clémence subirait la mort. Sur l'heure, il envoya le chef de sa garde, Banaïas, exécuter la sentence, et ainsi périt misérablement Adonias.
Les rationalistes ont blämé la conduite de Salomon, en disant que le châtiment était excessif et injuste. Il ne l'était point, si on le juge d'après le milieu et le temps dans lesquels il s'accomplit; la raison d'État et l'intérêt public exigeaient cette sévérité, Adonias ne succomba pas uniquement à cause de sa naissance, comme tant d’autres frères de rois massacrés en Orient, au commencement d’un nouveau règne, sans qu'on ait aucune faute à leur reprocher ; il était coupable d’un double crime qui méritait la mort. Salomon, en ordonnant son exécution, ne fit que défendre sa couronne et même sa vie; personne ne peut raisonnablement lui en faire un reproche. On ne peut davantage s'arrêter à l'objection qu'a faite M. Reuss, prétendant qu'Adonias ἃ été excusé et justifié par l'auteur du troisième livre des Rois, 1, 6 : « Son père | David] ne le reprit jamais [de son faste]. » Il est manifeste que l'intention de l'auteur n'est point de donner le silence de David pour une approbation, mais plutôt pour un signe de sénilité.
On loue avec raison le talent littéraire de l’auteur sacré, qui a décrit d'une manière trés dramatique les deux scènes de l'assemblée de Zohéleth et de la démarche de Bethsabée. Quant au héros de cet épisode, il demeure comme un type d'orgueil insolent dans le succès, de bassesse et de làcheté dans le danger, d'hypocrisie et de mensonge dans toutes ses démarches. Israël put bénir son Dieu de lui avoir épargné l'épreuve d’un tel règne en préférant Salomon à Adonias. P. RENARD.
2. ADONIAS, lévite, député par le roi Josaphat pour instruire le peuple et le retirer de l'idolâtrie. II Par., XVII, 8.
3. ADONIAS, un des chefs du peuple qui, au temps de Néhémie, signèrent le renouvellement de l'alliance avec le Seigneur. II Esdr., x, 16.
ADONIBÉZECH (hébreu : ’Âdôni-bézég, « maitre de Bézec; » Septante : ᾿Αδωνιθεζέχ), roi chananéen dont l'autorité s'étendait sur la ville de Bézec, située à l'ouest du Jourdain et, selon plusieurs, différente de la ville du même nom où Saül fit le dénombrement de ses forces. I Reg., x1, 8. Voir Bézec. Le nom d'Adonibézech est peut-être un simple titre commun à tous les souverains de cette localité. Au moment où les Hébreux pénétrèrent dans le pays de Chanaan, Adonibézech était à l'apogée de sa puissance. Vainqueur de tous les chefs de tribus du voisinage, il avait abusé de ses succés au point de leur faire couper les extrémités (hébreu : behônôt, «les pouces ; » Septante : τὰ ἄχρα) des mains et des pieds : Chäliment plus humiliant que la mort pour des guerriers dont la vie était de manier le glaive et de marcher à l'ennemi. De ces princes ainsi mutilés, Adonibézech faisait des esclaves, auxquels il n'épargnait aucun mauvais traitement, jusqu'à les obliger à venir prendre leur nourriture sous sa table, où il leur etait ses restes. Jud., 1, 7; cf. Matth., xv, 27. Sa puissance toutefois ne fut pas capable de résister à l’attaque des deux tribus réunies de Juda et de Siméon, Jud., 1, 3, qui le mirent en fuite, l'assiégérent dans sa capitale, le firent captif et lui infligérent le même châtiment qu'il avait fait subir aux rois naguère vaincus par lui. Jud., 1, 6. Ainsi mutilé, il assista à la prise de Jérusalem, puis fut amené à la suite du vainqueur dans la ville prise, où il mourut en confessant avec humilité que son châtiment était une juste vengeance de Dieu, Jud., 1, 7, sans qu'il soit démontré par là, comme le soutient Serarius, qu'il eüt la connaissance du vrai Dieu On pourrait penser que le chiffre de soixante-dix, qui désigne le nombre de rois vaincus par Adonibézech, Jud., 1, 7, est un chiffre rond
pour signifier un grand nombre; car, en additionnant les’ rois que Josué combattit en Chanaan, on ne peut guère en trouver plus de trente; mais ce nombre pourtant devient acceptable, si l'on fait rentrer dans ces meläkim les chefs des tribus nomades, très nombreuses dans le pays de Chanaan et à l'est du Jourdain. P. RENARD.
ADONICAM (hébreu : ’Adôniqäm, « le Seigneur assiste, » ou « le maître de l'ennemi; » Septante : *Aëwvu), chef de famille dont les enfants revinrent de la captivité avec Zorobabel, au nombre de six cent soixantesix, 1 ἔβαν, 11, 13, ou six cent soixante-sept. II Esdr., vi, 18; cf. I Esdr., vu, 13.
ADONIRAM (hébreu : "Adônirâm, « mon seigneur est élevé; » Septante : ’AGwwpay), intendant des tributs
ADONIBÉZECH — ADOPTION
hâtèrent de lui apprendre leur situation critique, en le priant de venir à leur secours. Si les habitants de Gabaon avaient réussi à faire alliance avec Josué, ce n'avait été qu'au moyen d'un audacieux subterfuge, Jos., 1x. Néanmoins le général hébreu ne voulut pas manquer à la foi jurée. En une nuit, x, 9, il monte de Galgala à Gabaon, franchissant ainsi une distance qu'on peut évaluer à 23 kilomètres. Rassuré par une promesse divine, x, 8, il attaque bravement les rois confédérés, les met en fuite et les poursuit jusqu'à Béthoron, Azéca et Macéda. Pendant que ses soldats frappaient les ennemis, une pluie de pierres tombait du ciel et, en épargnant les Israélites, faisait parmi les Amorrhéens de nombreuses victimes. En même temps la prolongation miraculeuse du jour permettait à Josué de compléter sa victoire. Les cinq rois vaincus, pour échapper aux Hébreux, s'étaient réfugiés dans une
35, — Guerrier vaincu, foulé aux pieds par son vainqueur. Bas-relief assyrien de Nimroud.
sous les règnes de David, II Reg., xx, 24, de Salomon, II Reg., 1V, 6; v, 14, et au commencement du règne de Roboam. ΠῚ Reg., χα, 18; IL Par., x, 18. Il dirigea les trente mille hommes que Salomon envoya au Liban pour couper les bois et extraire les pierres nécessaires à ses constructions. Roboam le députa pour apaiser les dix tribus, irritées par ses dures réponses; mais le peuple le lapida. Il est appelé par contraction ’Adôräm, IL Reg., xx; 2%; ΠῚ Reg., χα, 18. Dans les Paralipomènes, on lit Hadôräm, LU Par., x, 18. Vulgate : ADURAM.
AYONIS, dieu syrien. Ezech., vin, 14. Voir THAMMUZ.
ADONISÉDECH (hébreu : ’Adôni-sédeg, « mon Seigneur est justice ; » Septante : ᾿Αδωνιθεζέχ), Amorrhéen, roi de Jérusalem au moment où les Israélites, sous la conduite de Josué, envahirent la Palestine pour en faire la conquête. Jos., x, 1. La prise de Jéricho, celle de Haï, la défection des Gabaonites qui venaient de faire leur soumission au conquérant, toutes ces nouvelles effrayèrent Adonisédech, dont la ville se trouvait menacée de très près à cause du voisinage de Gabaon Il s'empressa de conclure une alliance avec d’autres rois chananéens : Oham, roi d'Hébron; Pharan, roi de Jérimoth ; Japhia, roi de Lachis, et Dabir, roi d'Églon. Les cinq rois confédérés vinrent mettre le siège devant Gabaon, autant pour la châtier que pour effrayer les autres villes qui seraient tentées de suivre son exemple.
Josué était à Galgala; c'est là que les Gabaonites se
caverne à Macéda : on se contenta, sur l’ordre de Josué, d’obstruer à l’aide de grosses pierres l'entrée de ce refuge souterrain et d'y placer des gardes pour les empêcher de s'échapper, pendant qu'on continuait à poursuivre les fuyards. Ce ne fat qu'après la destruction presque totale des soldats amorrhéens, et une fois l’armée revenue à son camp de Macéda, que Josué donna l’ordre d'ouvrir la caverne et de lui amener les princes qui s’y étaient cachés. Lorsqu'ils furent devant lui, il les fit fouler aux pieds des chefs d'Israël (fig. 35), selon un usage oriental d'un terrible symbolisme : « C’est ainsi, dit-il aux Hébreux, que le Seigneur en agira avec tous les ennemis que vous aurez à combattre. Courage donc, et ne craignez rien! » x, 25. Enfin les rois captifs furent mis à mort, et leurs cadavres suspendus à cinq gibets. Le soir venu, ils furent descendus à terre et jetés dans la caverne, dont on ferma de nouveau l'entrée avec de grandes pierres. X, 27. Ainsi s'était pleinement accomplie la parole du Seigneur à Josué : « Ne crains pas ces rois, car je les ai livrés entre tes mains, et aucun d’eux ne pourra te résister. » Jos., x, 8. E. DUPLESSY.
ADOPTION. L'adoption peut être faite ou par l'homme ou par Dieu. Nous étudierons successivement l’une et l'autre.
1. De l'adoption faite par l’homme. — Il y a une adoption très large, qui est de droit naturel, et qui consiste en ce qu'un homme accueille ou recueille un étranger et le traite plus ou moins comme son fils, sans que celui-ci du reste acquière aucun droit ni sur le nom ni sur la for-
tune de celui qui l’adopte ainsi. Cette espèce d'adoption, qui est une des formes dont la bonté et la charité peuvent s'exercér, a existé dans tous les temps et chez tous les peuples. Dans le sens juridique, l'adoption est un acte qui, moyennant certaines conditions déterminées par la loi, établit entre l'adoptant et l'adopté les rapports civils de filiation, en sorte que l’adopté acquiert, en tout ou en partie, les droits d'un enfant légitime. Nous trouvons l’adoption juridique chez plusieurs peuples anciens, par exemple, les Indiens, les Grecs, les Romains. P. Viollet, Précis de l'histoire du droit français, Paris, 1886, p. 401, 402. Pour les Romains, voir en particulier Code de Just., VII, xLvit; Enstit., 1, xt; Dig., 1, vu. Quand l'adoption procure à l’adopté tous les droits d’un enfant légitime, en sorte qu'il entre dans la famille de l’adoptant, et que là il occupe le rang et acquiert les privilèges d'un enfant né en mariage, elle est dite parfaite : telle était l'adoption romaine, surtout avant la réforme profonde opérée sur ce point par Justinien. Plus l'adoption s'éloigne de ce type, plus elle est imparfaite, et tend à se confondre avec l'adoption de bienveillance dont nous avons parlé. Toutefois l'adoption juridique ne se conçoit guère sans un droit de l’adopté sur la succession de l’adoptant; car ce droit étant essentiel et, pour ainsi dire, sacré pour tout enfant légitime, si l'adopté n'en jouit pas, son adoption sera plutôt la simple adoption de bienveillance. Mème en droit français, où l'adoption s'éloigne pourtant si notablement de l'adoption romaine parfaite, elle confère à l'adopté un droit strict sur la succession de l’adoptant.
Les Hébreux avaient-ils cette adoption juridique, produisant au moins, en faveur de l’adopté, le droit de succession sur les biens du père adoptif? Nous ne le croyons pas. La loi de Moïse garde le plus profond silence sur ce point, la langue hébraïque n’a pas de nom pour signifier cet acte; le mot grec υἱοθεσία, qui signifie « adoption », ne se trouve pas une seule fois dans la traduction des Septante; en dehors des Épitres de saint Paul, ce mot ne se rencontre pas non plus une seule fois dans les écrits du Nouveau Testament. Quand saint Jean veut nous dire que nous sommes les enfants (évidemment adoptifs) de Dieu, il dit simplement que nous sommes appelés et que nous sommes les enfants de Dieu. I Joa., m1, 1. Cela prouve que dans la Palestine, où les écrivains du Nouveau Testament avaient reçu leur éducation, on n'était pas accoutumé à l'idée d'adoption, dont peut-être même on ne connaissait pas le nom. Que si saint Paul, comme nous le dirons tout à l'heure, ἃ employé plusieurs fois le mot grec υἱοθεσία, c'est qu'étant né en Cilicie, il avait reçu une éducation en partie grecque, ét avait pu ainsi se familiariser avec les idées et la langue des Grecs, qui connaissaient et pratiquaient l'adoption. Les Hébreux ne connaissaient donc pas l'adoption juridique ; du reste elle aurait pu troubler l’ordre de suecession établi par Moïse avec tant de précision, dans le but de garder toujours les biens dans la même tribu et, autant que possible, dans la même famille. D'après Nurm., xxvn, 8-11, l'héritage du défunt passe à ses fils; s'il n'a pas de fils, à ses filles; s'il n’en ἃ pas non plus,
: à ses frères; à leur défaut, à ses oncles, et enfin à ses plus proches parents. Or, si les Juifs avaient adopté, ils auraient vu librement et facilement bouleverser ce bel ordre, et peut-être faire passer les biens dans une autre tribu.
Ὁ, B. Michaelis, De ritualibus Scripturæ Sacræ ex Alco-
rano illustrandis, κ ΧΙ.
… Mais d'où vient que les Hébreux n'ont pas connu: l'adop- L tion? La réponse est facile : c'est que le besoin ne s’en est —… pas fait sentir. Quel est le but de l'adoption? Son but prin-
cipal, c'est de suppléer le mariage, c'est-à-dire de donner . des enfants à ceux qui n'en ont pas, afin qu'ils aient, eux aussi, un soutien dans leur vieillesse et un successeur de leur nom et de leur fortune. Les Hébreux n'ont pas eu
besoin de ce supplément : ils avaient la polygamie; si un premier mariage était infécond, un second venait combler le vide. C'est ce que nous voyons plusieurs fois dans la