Roi d'Égypte adorant la déesse Isis
à genoux, attendant probablement le moment de se prosterner ; enfin il yen ἃ qui sont encore debout, jusqu'à ce que leur tour vienne de s'approcher. F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1889, t. 11, p. 146. Nous reproduisons ici (fig. 36) un roi d'Egypte qui adore prosterné la déesse Isis. Les Perses distinguaient soigneusement entre la salutation et l’adoration. Alexandre, ayant vaincu les Perses, voulut, dit Justin, XII, vir, « non pas être salué, mais être adoré, » suivant l'usage des rois persans; cet usage, dit Quinte-Curce, consistait en ce que les sujets se prosternaient à terre, et frappaient du front le sol devant leur souverain. Quint. Curt., VI, vi. Une coutume semblable existait en Assyrie. (Fig. 37.) C'est l'hommage que l’orgueilleux Aman, premier ministre du roi Xercès (l’Assuérus de la Bible), voulut qu'on lui rendit : « Et tous les serviteurs du roi, qui étaient à la porte du palais (à Suse), fléchissaient le genou devant Aman, et ladoraient. Il n'y avait que Mardochée qui ne fléchit pas les genoux devant lui, et ne l’adorât pas.» Esth., xx, 2. [οἱ le texte hébraïque présente les deux mots signalés: kära‘, « fléchir ie genou, » et Aistahaväh, «adorer. » Les Hébreux rendaient cette adoration à Jéhovah, comme on le voit Gen., χχιν, 26, 48; Exod., xx, 5, etc. Gesenius, Thesaurus, Ὁ. 1387. Dans ce cas, le verbe hébraïque his{ahaväh est quelquefois seul, sans régime, le nom de Jéhovah restant sous+entendu. C’est aussi de cette manière que Notre-Seigneur, au jardin des Oliviers, adora son Père : « Π se prosterna contre terre, » Mare., XIV, 39; «il tomba la face contre terre. » Matth., xxvi, 99, Les Hébreux rendaient aussi l'adoration ou l'hommage du profond respect par la prostration aux grands personnages, comme les rois et les princes : ainsi Miphiboseth, fils de Jonathas, adora David, II Reg., 1x, 6, 8; Joab et Absalom adorérent le même prince, II Reg., xrv, 29, 33, etc. Dans le Nouveau Testament, Notre-Seigneur fut souvent l'objet de cette marque de vénération : les mages l'adorérent prosternés devant lui, Matth., 11, 11; l'aveugle-
né, guéri par lui, et apprenant de lui qui il était, « tombe à terre et l'adore, » Joa., 1x, 88; les saintes femmes, après sa résurrection, « se jettent à ses pieds, les baisent, et ladorent, » Matth., xxvur, 9, etc. Dans les Actes des Apôtres, Pierre, envoyé par Dieu au centurion romain Corneille, reçoit de lui cette marque de vénération : « se prosternant à ses pieds, il l’adora. » Act., x, 95. Pierre refusa cet honneur, disant qu'il n'était qu'un homme, Act., x, 26. Corneille ne l'ignorait pas, mais il avait voulu se conformer aux mœurs hébraïques. Dans des cas particu-