Le dieu chaldéen Samÿou
la Bible, l'adoration du vrai Dieu, sans aucune proster- | syrie, après la destruction du royaume d'Israël et la prise nation du corps. Ainsi, ΠῚ Reg., 1, 47, « David adora Dieu | de sa capitale. Les anciens δὲ les rabbins disent qu'on dans son lit; » ce qui est dit aussi de Jacob, au moment | représentait cette idole sous la forme d’un mulet, mais de sa mort, d'après quelques interprètes. Rosenmüller, | sans ombre de raison. Ce qui est certain, c’est qu’on lui In Gen. xLvu, 31. — 2 Dans la Vulgate, le mot adorer, | offrait des enfants en holocauste, Ces sacrifices semblent adorare, signifie quelquefois « prier»; par exemple, Ps.Lxx1 | se rapporter à une divinité solaire, car ils rappellent ceux (héb. Lxxnr), 15: « Is prieront sans cesse pour lui, » adora- | que l'on offrait en Chanaan, en Phénicie et à Carthage, bunt de ipso semper, comme on le voit par le verbe hé- | à Baal-Moloch. Voir MoLocn.
braïque ρᾶϊα! (à l'hithpahel) et le grec προσεύχεσθαι, que Dès la plus haute antiquité, en effet, et déjà au temps | Ja Vulgate à traduits par adorare, et qui signifient prier. | de Sargon d'Achad, c'est-à-dire vers l'an 3800 avant J.-C., | 3 Le mot adorare, dans les auteurs profanes, ἃ quelquefois le | suivant les chroniques babyloniennes, la ville de Sippar,
sens de « prier ». Voir Forcellini, Totius latinitatis lexicon, | la Sépharvaim biblique, patrie de ces néo-Samaritains, v° adorare. Remarquons l'analogie entre adorare et orare, | adorait le soleil; l'un des deux quartiers de cette ville lui « prier; » du reste, dans le culte de Dieu, l'adoration est | était même particulièrement consacré, tandis que l'autre ordinairement le prélude de la prière. —3° Le mot adorare | l'était à la déesse Anounitou : Sippar ὅα Samaë Sippar $a signifie quelquefois « offrir à Dieu des sacrifices »,.par | Anunitu, « la Sippar du soleil et la Sippar d'Anounitou. » exemple, Joa., 1V, 20 : « Jérusalem est le lieu où il faut | Western Asiatic Inscriptions, t. 11, pl. 65, 1. 18, 19b. Dans adorer, » προσχυνεῖν ; évidemment il ne s'agit pas ici de | l'idiome sémitique de la Mésopotamie, le soleil se nomcette adoration ou prosternation du corps, qu'on pouvait | mait $amêu, ce qui rappelle l'hébreu $émé$; mais bien faire en tout lieu devant Jéhovah; mais de l'acte principal | des indices semblent suggérer comme autre appellation
du même dieu celle d'Adar ou Adru : c'est celle qu’on trouve, par exemple, dans le nom du Noé chaldéen Hasis- Adra. Voir A. H. Sayce, Lectures on the religion of the ancient Babylonians, p. 263, 152. Quant au mot mélek, qu'y ajoute la Bible, c'est une épithète empruntée au verbe malaku, « être prince, » laquelle est donnée à plusieurs divinités par les textes cunéiformes. Western Asiatic Inscriplions, t. 1V, pl. 56, 1. 36 b. On a exhumé des ruines mêmes de Sippar une belle tablette de pierre, avec l'image de l'idole Samëou (fig. 38). Sur une sorte d'autel où dé support, on voit un grand disque, sans doute en métal doré, et par derrière, dans un naos ou chapelle, le dieu est représenté sous la forme humaine, haut d'environ quinze pieds, si les proportions sont bien gardées, et assis sur un trône. Comme signe d'ancienneté, la barbe lui tombe jusqu’à la ceinture; comme signe de force et de puissance, quatre paires de cornes s'enroulent autour de sa tiare ; deux personnages, un roi et un officier, font devant le naos le geste de l’adoration, tandis qu'un prêtre les introduit, puis écarte le disque qui cachait l'idole ; celle-ci étend vers les visiteurs un symbole divin, peutêtre un signe de vie, analogue à la croix ansée ou au
» sceau des dieux égyptiens. Ce dieu avait pour épouse Aa, vraisemblablement Anounitou ou l’'Anamélék de la Bible; il en résultait une dualité de personnages solaires analogue à celle de Moloch-Baal en Phénicie, de Seket-Bast en Egypte; le premier élément personnifiant la force du soleil, le second sa douceur. Voir ANAMÉLECH.
Au lieu de cette identification, appuyée sur la place que les Sépharvaïtes réservaient effectivement à Samaë dans leur culte national, d’autres ont préféré voir Adar ou Adramélech, avec Eb. Schrader, dans le kirub ou dieu-taureau à lête humaine, Riehm, Handwürterbuch des biblischen Altertums, t. 1, p. 29; dans Sakkut, Eb. Schrader-Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 11, p. 142; dans le dieu nommé par les Grecs Samdan ou Parsondas, et que les textes cunéiformes désignent par les idéogrammes Bar ou Nin-eb, desquels nous ignorons au reste la prononciation véritable ; ainsi, mais seulement dans son premier volume, F. Lenormant, Les origines de l'histoire, p.161 et suiv. Sayce, Lectures on the origin and growth of the religion of the Ancient Babylonians, p. 7, 151 et 152, y voit de préférence la déesse Aa, suivant en cela Lehmann, De inscriptionibus cuneatis quæ pertinent ad Samas-sum-ukin , p. 47. Ajoutons enfin que les inscriptions cunéiformes elles-mêmes paraissent à certains endroits confondre à la fois le prétendu Adar-Samdan ou Uras avec Nin-eb, Ramman ou Mermer avec Nébo, avec le soleil à son midi. Western Asiatic Inscriptions, t. 11, pl. ἀνα, 1. 51, 76; ibid., 1. 31; pl. Lx, 1. 37, etc. Mais ces identifications factices ne reposent généralement que sur des épithètes ou des attributs communs; d’ailleurs ces dieux n'ont généralement aussi à Sippar qu'une place fort effacée : on ne voit donc pas pourquoi les Sépharvaites auraient introduit leur culte en Samarie, au détriment de Samaë et d'Anounit, qui étaient les grands dieux tutélaires de leur cité. Enfin mème leurs partisans avouent ordinairement qu'il faut leur reconnaître le caractère de divinités solaires, de telle sorte que le dissentiment devient plus apparent que réel. Cf. 1. Seldenus, De diis syris, 1668, 1, p. 3%; 11, p. 308 et suiv., pour les anciens; parmi les modernes : Εἰ. Lenormant, Les origines de l'histoire, t.5, p. 524-5%6:; t. 11, p. 7; Lenormant-Babelon, Histoire ancienne de l'Orient, t. V, p. 21; Transactions of the Sociely of Biblical Archæology, τ. vut, part. πὶ, p. 464, et pour la tablette de Sippar, Western Asiatic Inscriptions, t. v, pl. 60. E. PANNIER.
2. ADRAMÉLECH, fils et meurtrier de Sennachérib, roi d'Assyrie. IV Reg., x1x, 37; Is., xxxvII, 38. Lui et Sarasar, son frère, tuèrent leur père dans le temple du dieu Nesroch, mais ne purent s'emparer du trône. Ils furent
ADRAMÉLECH — ADRICHOMIUS
même contraints de chercher un refuge en Arménie, Les textes assyriens ne nous ont pas encore livré le récit de ce parricide; mais ils nous apprennent que cette période fut très agitée, et que Sargon, père de Sennachérib, périt lui-même assassiné ; son prédécesseur Salmanasar avait eu probablement aussi le même sort, Ils nous apprennent encore que l'Arménie était à cette époque en guerre avec l'Assyrie, qu'elle avait eu grandement à souffrir des armes de Sargon, qu'elle tenait en échec celles de Sennachérib, et que par conséquent les meurtriers de ce prince durent s'y réfugier de préférence, sûrs d'un favorable accueil. Lenormant-Babelon, Histoire ancienne, t. 1, p.292.
Les textes cunéiformes babyloniens sont plus explicites : l'Assyrie ne dit jamais, naturellement, que ce qui peut être à son honneur; mais les Babyloniens étant alors les ennemis des Assyriens, c'est à ceux-ci qu'il faut demander la confirmation du récit biblique. Et, en effet, nous lisons dans le recueil historique connu sous le hom de Chronique babylonienne : arhi Tebiti umi xxi Sin-ahi-irba $ar Aë$ur apal$u iduk, « le vingt du mois de Thebet, Sennachérib roi d'Assyrie, son fils le tua. » Th. ἃ. Pinches, The Babylonian Chronicle, p. 8, lignes 34-35.
D'après les récits arméniens, les deux princes, poursuivis et vaincus par Asaraddon, leur frère, furent bien reçus par le roi Argistis (?), qui leur donna des terres à gouverner. Bérose avait une narration analogue, comme on le voit par ses abréviateurs; mais les noms y sont fort altérés : Adramélech est devenu Ardumusanus. La véritable prononciation assyrienne était Adru - malku ou, sans désinence, Adar-malik, ce qui veut dire « le dieu Adar commande ». Ce nom était fréquemment porté en Assyrie; on le retrouve quatre ou cinq fois dans le Canon des limu, sorte de table chronologique des éponymes de Ninive. Pour les récits de Bérose et les Arméniens, voir F. Didot, Fragmenta hist. græc., Bérose, &. 11, p. 504 et suiv.; ibid., Mar apas Catina, t. v, part. 11, p. 34; pour les textes assyriens, Delitzsch, Assyrische Lesestücke, 1878, Eponymencanon, p.88, c. 11 et suiv.; Lenormant- Babelon, Histoire ancienne de l'Orient, t. 19, p. 291, 321; Th. ἃ. Pinches, The Babylonian Chronicle, p.3,8,%; A. H. Sayce, Dynastic tablets of the Babylonians dans les Records of the past, nouvelle série, t. 1, p. 28.
E. PANNIER
ADRIATIQUE (Mer), ᾿Αδρίας, Act., xxVII, 27. Dans son trajet de Cauda (Gaudos) à Mélita (Malte), le vaisseau sur lequel était embarqué saint Paul navigua sur l'Adrias ou mer Adriatique. Quelques exégètes ont cru que la Mélita dont il est question ici était une île de ce nom dans le golfe de Venise, et que l'Adrias était la mer Adriatique, au sens actuel du terme. A l'article MALTE, on prouvera que l'ile appelée Mélita par les Actes, XXWE, 1, est Malte, située au sud-est de la Sicile. Dans ce cas, comment saint Luc a-t-il pu appeler « Adrias » la mer qui s'étend entre la Crète et la Sicile? On donna d'abord le nom de mer d’Adrias à la mer qui baïigneit Adrias, ville située aux embouchures du P6. Par extension, ce terme désigna plus tard le golfe de Venise, puis toute la mer jusqu'au détroit d'Otrante. Mais, aux premiers siècles du christianisme, on appelait Adrias la mer bordée par la Sicile, l'Italie, la Grèce et l'Afrique. Ptolémée dit que la Crète était baignée à l'ouest par l'Adrias. D'autres écrivains anciens disent que Malte divisait la mer Adriatique de la mer Tyrrhénienne, et l'isthme de Corinthe, la mer Égée de l'Adriatique. Saint Luc a donc employé, pour désigner la Méditerranée centrale, le terme en usage chez les géographes de son temps. E. JACQuiER.
ADRICHOMIUS (Christian ADRICHEM, dit), né à Delft, dans la Hollande, en 1533, ordonné prêtre en 1561, fut contraint par les guerres de religion de quitter sa patrie et de se retirer dans le Brabant, puis à Cologne, où il mourut en 1585. A Anvers, il publia sous le nom de Christianus Crucius une Vita Jesu Christi ex quatuor
Evangelistis breviter contexta, in-12, 1578. Son ouvrage principal ne fut imprimé en entier qu'après sa mort, Il est intitulé T'heatrum Terræ Sanctæ et Biblicarum historiarun curn labulis geographicis, et divisé en trois parties. La première est une géographie de la Terre Sainte; la seconde, une description de Jérusalem; la troisième est une chronique qui va depuis le commencement du monde jusqu'à la mort de saint Jean l'Évangéliste, placée par l'auteur en 109. La seconde partie avait été déjà imprimée séparément par l’auteur en 158%, dans le format in-8; elle fut réimprimée dans le mème format en 1588 et 1595. Le Theatrum fut en son temps considéré comme un ouvrage de très grande valeur; aussi en fit-on de nombreuses éditions. Il parut pour la première fois à Cologne, in-fv, 1590, et depuis en 1593, 1600, 1628, 1682. Malgré les nombreuses et importantes découvertes faites à Jérusalem et en Palestine, il est encore estimé pour les utiles renseignements qu'on y trouve, Ἐς LEVESQUE.
ADRIEN, auteur grec du ve siècle ou du commencement du vi au plus tard. Il est certainement antérieur à Cassiodore, puisque celui-ci le cite au chap. x de son ouvrage De Instilulione divinarum litlerarum, t. Lxx, col. 1122. Usher le place en 433. Il composa une Introduction à l'Écriture Sainte, Εἰσαγωγὴ τῆς Γραφῆς, mentionnée par Photius au codex 11 de sa Bibliothèque, t. cn, col. 45. L'original grec fut publié avec les notes de David Hæschel, iu-49, Augsbourg, 1602; il a été réimprimé par Jean Pearson, au tome 1x des Critici sacri, Londres, 1660 ; par Migne dans la Patrologie grecque, t. xcvin, col. 1273-1511. Il fut traduit en latin par Louis Lollino dans ses Opuscula, Bellune, 1650. On a pensé que notre Adrien était ce moine grec auquel saint Nil adressa une de ses lettres, t. LXxIx, col. 295 ; si cette hypothèse est fondée, il serait du ve siècle.
E. LEVESQUE
ADRUMÈTE (᾿Αδραμνττηνός, ᾿Ατραμυττηνός, Adrumetina, Act., xxXvIt, 2), ville et port de mer de Mysie. Saint Paul fut envoyé de Césarée à Rome sur un navire