‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 116 sur 474 · AFFIXES — AFRIQUE · texte numérisé non relu

AFFIXES — AFRIQUE

signifie exactement sud-ouest. Le vent du midi s'appelle

en latin Africus, parce qu'en Italie il vient d'Afrique: Voir VENT.

AFRIQUE, une des parties du monde, dont la Vulgate emploie deux fois le nom : Isaïe, LxvI, 19, et Nahuin, ΠΙ, 9, Dans le premier passage, le texte massorétique porte Fül

ou Pül; dans le second, Füt ou Pût. Quels pays indiquent .

ces deux mots? La traduction de saint Jérôme est-elle exacte? C'est ce qu'il faut rechercher, après une question préliminaire de critique textuelle.

Le nom de Pül ne se trouve qu'en ce seul endroit de l'Écriture, Is., Lxvi, 19; aussi un grand nombre d'auteurs, croyant à une faute de copiste, lisent Pät, comme dans Nahum, 111, 9. Le texte massorétique a pour lui l'unanimité des manuscrits (Kennicott et de Rossi ne relévenl aucune variante) et l'accord des plus anciennes versions, paraphrase chaldaïque ( Püläé), versions syriaque et arabe (Pül), à l'exception toutefois des Septante.Ces derniers, en effet, portent généralement Φούδ, ce qui suppose la lecture primitive Phout. Il est cependant juste de remarquer avec Gesenius, Thesaurus linquæ hebrææ, p. 1096, que le grec ΦΟΥ͂Λ a pu très facilement, par erreur de copiste, se changer en ΦΟΥ͂Δ. Mais les raisons suivantes, tirées du contexte et des endroits parallèles, n'en favorisent pas moins la leçon des traducteurs grecs. C'est d'abord l'association de*Püt et de Lüd, qu'on trouve en trois autres passages des Livres Saints, Jer., ΧΕΡῚ, 9; Ezech., xxvu, 40; xxx, 5; d'où l'on conclut qu'il faut également lire ici Püt ve-Lüd. Ensuite la place qu'occupe le mot en question dans le texte d'Isaïe, auprès de ceux de Loud, Thubal et Javan, nous reporte naturellement à la table ethnographique de la Genése, x, 6, reproduite I Par., 1,8, où Püt est mentionné parmi les descendants de Cham. Il s’agit donc, dans la nomenclature du prophète, de peuples importants et bien connus, quoique éloignés des Hébreux. Or jusqu'à présent aucune nation se rapportant certainement à Pül n'a pu être indiquée, tandis que les descendants de Püt sont assez bien connus. Enfin leur désignation comme auxiliaires de l'Égypte, ei archers semblables aux Lydiens, paraît, suivant Riehm, donner raison au texte des Septante. Cf. Riehm, Hanuwôrterbuch des Bibl. Altertums, 188%, t. 11, p. 1208.

Parmi ceux qui admettent la leçon Pül, Bochart, Phaleg, t. 1v, p. 36, et J. D. Michaelis, Spicileg., t. 1, p. 256; t. 11, p. 114, identifient ce nom avec celui de l'ile de Philæ, en Égypte (copte : Pelak, Pilak: : opinion difficile à soutenir au point de vue philologique, la racine étant lak : copte lak', fastigium, extremitas, cf. Am. Peyron, Lexicon ling. copt., Turin, 1835, p. 80; hiéroglyphes : Aa-lek, P-aa-rk, (Pi)lak, Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique, Paris, 1876, p. 9, 147, 318, d’après Brugsch. Knobel, Vülkertafel, p. 9%, voit ici l'Apulie ou l'Italie inférieure, que les Juifs du moyen àge appelaient Pül; mais du moyen âge à l'époque d'Isaïe, il y ἃ trop loin pour que la conclusion soit valable. Enfin quelques-uns vont jusqu'à chercher ce peuple dans les Foulah, Poul ou Peuls, qui habitent aujourd'hui en grande partie l'immense bassin du Niger et le bassin du Sénégal, c'est-à-dire toute la moitié occidentale du Soudan. G. F. Re, Dizionario di erudizione biblica, au mot Africa; Archivio di Lelteratura bib. ed orient., Turin, 1883, p. 255. Cette opinion repose uniquement sur la ressemblance de nom. D'ailleurs, si l'on accepte le sentiment très vraisemblable de H. Barth, qui assigne aux Foulah pour patrie originelle les oasis du sud du Maroc, on retrouve dans celle nation les Leucæthiopiens de Pline, habitant au sud des Gétules de la Mauritanie, entre les Liby-Égyptiens au nord et la Nigritie au sud, Cf. H. Barth, Sammlung und Bearbeitung central-afrikanischer Vokabularien, Gotha, 1862-186#, p. ex1-cixvint et 1-296. Nous avons ainsi une branche de cette race chamitique, qui a peuplé tout le nord de l'Afrique, ce qui nous ramène à l'opinion suivante,

sy:

Beaucoup de commentateurs lisent Püût au lieu de Pûl. Or le mot Pût est traduit en grec tantôt par Φούδ, Gen., x, 6; [ Par., 1, 8; Is., LXVI, 19, tantôt par Δίδυες, Jer., xLvI, 9; Ezech., xxvI1, 10; XXX, 5; ΧΧΧΥΠΙ, 5; Nah., πὶ, 9; et dans la Vulgate tantôt par Phuth, Phut, Gen. et Par., tantôt par Libyes, Jer., Ezech., loc, cit, ; tantôt enfin par A/rica, Is. et Nah., loc. cit. Il indique donc bien, dans la pensée des traducteurs, un peuple du continent africain. Josèphe, Ant, jud., 1, vi, 2, attribuant l'origine des Libyens à Phutes, d'où leur nom de Doÿrous, confirme son opinion en faisant remarquer « qu'il y a encore, dans la région des Maures, un fleuve du même nom ». Pline le mentionne sous le nom de ἐμέ, v, 1, 13, et Ptolémée sous

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