‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 115 sur 474 · AFFINITÉ — AFFIXES · texte numérisé non relu

AFFINITÉ — AFFIXES

établies à cette époque comme elles le furent plus tard, et dans tous les cas n'atteignaient probablement pas les étrangers. C'est donc surtout comme adultérin et comme violant les lois mosaïques sur l’aflinité, que le mariage d'Antipas fut accusé et condamné par saint Jean-Baptiste avec cette constance et cette fermeté qui lui valurent la palme du martyre.

2% Inceste à Corinthe. 1 Cor., v, 1. « C'est un bruit constant, dit saint Paul aux Corinthiens, qu'il s'est commis un crime parmi vous, et un tel crime, qu'on n'entend pas dire qu'il s'en commette de semblable parmi les païens, jusque-là qu’un de vous ait la femme de son père. » D’après le sens naturel des mots, il s’agit ici non pas d'un crime transitoire, quoi qu'en disent quelques commentateurs, par exemple Krause, In 1 Cor., v, 1; mais d’un mariage, que le coupable ἃ prétendu faire; c'est ce que signifient les mots ἔχειν yuvatxx, « avoir, posséder une femme » d'une manière permanente. Dans la Sainte Écriture, cette expression « avoir une femme » s'entend du mari, et par conséquent d'un mariage, au moins prétendu ou putatif; rappelons-nous les mots de Jean-Baptiste à Hérode : « Il ne vous est pas permis d'avoir, ἔχειν, la femme de votre frère, » qui s'entendent du mariage, comme on le voit par Marc, vi, 17-18. La même expression « avoir une femme », et l'expression corrélative « avoir un homme », ont le même sens, c'est-à-dire s'entendent du mariage. Matth., xx, 28; Marc., x, 29; Luc., xx, 98, 33; Joa., ιν, 17-18; 1 Cor., vis, 12-13; Gal., 1v, 27, etc, Telle est l'interprétation commune, surtout parmi les auteurs modernes, auxquels est venu se Joindre Cornely, Comm. in 1 Cor, Paris, 1890, p. 119-120. Le mariage que le chrétien de Corinthe avait attenté était avec la femme de son père, c'est-à-dire avec sa belle-mère. Les Hébreux n'avaient pas de mot particulier pour désigner la belle-mère dans ce sens précis; ils disaient « femme du père » ; c'est l'expression .que nous trouvons Lev., ΧΥΠῚ, 8, 11; xx, 11; Deut., ΧΧΗΙ, 90 (XXI, 1); XX VIT, 20, etc. Saint Paul l'emploie également pour mieux rappeler la loi du Lévitique. Or saint Paul déclare, ou plutôt suppose, que ce mariage est gravement illicite; il éclate en indignation contre le coupable, et même contre les Corinthiens, qui le toléraient dans leurs assemblées; puis il livre le criminel à Satan, c'est-à-dire qu’il l’excommunie, afin de le ramener, par la rigueur de cette peine, à une salutare pémtence. 1 Cor., v, 1-5. De ce fait, nous pouvons conclure que saint Paul déclare défendu aux chrétiens le mariage avec la belle-mère. S'il était certain que le père du coupable fut mort, quand son fils a contracté ce mariage incestueux, ainsi que le soutiennent plusieurs auteurs, par exemple, Michaelis, Eïnleitung in das N. T., Briefe an die Corinther, I, notre conclusion n'aurait pas besoin de preuve. Mais, d'aprés I Cor., vir, 12, l'opinion de la survivance du père est plus probable, et par conséquent le mariage du fils fut aussi un adultére : ce qui suffisait pour attirer toutes les sévérités de saint Paul. Toutefois, même dans ce cas, nous pouvons maintenir notre conclusion : en effet, l'Apôtre présente le mariage en question surtout comme incestueux; il ajoute qu'un tel mariage est inoui même chez les païens, ce qui malheureusement n'était pas vrai des mariages adultérins; c'est donc surtout comme incestueux que saint Paul présente, condamne et punit ce mariage; il le regardait donc, même sous ce rapport, comme défendu aux chrétiens. 4

En dehors de ce cas, nous ne trouvons pas d'autre empêchement de mariage, provenant de l'affinité, porté dans le Nouveau Testament pour les chrétiens ; mais l'Église légiféra bientôt sur cette matière, et établit non seulement les empéchements du Lévitique, mais plusieurs autres: Conciles d'Elvire, c. 61 ; d'Ancyre, c. 2%; de Néocésarée, ©. 2; Decr. Grat., c. XXXV, 4. οἴ π|; Decr. Greg., De consang. et affin. S. Many.

AFFIXES, nom par lequel on désigne dans la gram-

maire hébraïque les préfixes et les suffices. Voir ces deux mots.

AFFRANCHI. Λιδερτίνος, ἀπελεύθερος ; Vulgate : libertus, libertinus, Act., νι, 9; 1 Cor., vi, 22. Il est parlé deux fois des aflranchis dans le Nouveau Testament. Dans les Actes, il est question d'une synagogue des affranchis, qui est désignée dans le texte par le mot latin grécisé λιδερτίνοι. Dans la seconde Épitre aux Corinthiens, empruntant une comparaison au droit romain , saint Paul dit que les esclaves sont devenus des « affranchis du Seigneur ». Dans ce second passage, le mot grec employé est ἀπελεύθερος, et le mot latin libertus. Ces deux termes, libertinus et libertus, désignent le même individu considéré à deux points de vue différents. C'est à tort, en effet, que certains auteurs ont supposé que le mot libertus s'appliquait à l'affranchi lui-même, et le mot libertinus au fils de l’affranchi. Il n’en est rien. Libertinus est l'affranchi par opposition à l'ingenuus, homme de naissance libre; le libertus est l'affranchi dans ses rapports avec son patron. On dit Marcus homo libertinus, et Marcus Marci libertus. Parmi les Juifs qui avaient été esclaves après les guerres de Pompée, et qui avaient ensuite été rendus à la liberté, un certain nombre avait probablement fondé une synagogue particulière à Jérusalem. Quelquesuns d'entre eux devaient être fort riches, ce qui n’a pas lieu de nous étonner, car les affranchis opulents n'étaient pas rares. Ces affranchis sont mentionnés par Philon, Legatio ad Caium, xx, et par Tacite, Ann., 11, 85. La plupart d'entre eux, après leur affranchissement, s'étaient d'abord fixés à Rome; puis ils avaient été chassés d'Italie, et quelques-uns relégués en Sardaigne, par un sénatusconsulte, sous le règne de Tibère. Josèphe, Ant. jud., XVIII, πὶ, 5; Suétone, Tibère, xxxv1; Tacite, Ann., 11, 85. Cf. Philon, Legat. ad Caium, xxIV. Quant à la pensée que quelques commentateurs ont eue de faire du mot libertinus le nom des habitants de la ville d'Afrique Libertumn, elle ne repose sur aucun fondement. — Dans le passage de l'Épitre aux Corinthiens où saint Paul appelle les esclaves « affranchis de Dieu », il veut rappeler que Jésus- Christ a affranchi tous les hommes; qu'il n‘y a plus dans l'Église ni esclaves ni hommes libres, mais des frères tous égaux. Cf. Gal., 11, 28; v, 13. Il veut rappeler aussi que les chrétiens ont à l'égard de Jésus-Christ à remplir les devoirs des affranchis envers leur patron, devoirs que la loi romaine exprimait par ces deux mots : obsequium et officium. Les affranchis portaient le nom gentilice, c’està-dire le nom de famille de leur patron. C'est ainsi que l'on trouve plusieurs fois dans le Nouveau Testament des Cornelii. Act., x, 1, 3, 17, 22, etc. C’étaient des affranchis ou des fils d’affranchis qui avaient été esclaves de membres de cette gens illustre. Ἶ

Bibliographie. — H. Lemonnier, Etude historique sur la condition privée des affranchis aux trois premiers siècles de l'empire romain, in-8, Paris, 1887; Walter, Rümische Geschichte, t.1, $ 105-106; M. Voist, Ueber die Clientel und Libertinität, dans les Berichte der künigl. sächs. Gesellschaft der Wissenschaften, Histor.- Philol. Classe, 1878, p. 147-220; Mispoulet, Les instilutions politiques des Romains, Paris, 1883, t. 11, p. 161 et suiv.; Th. Mommsen, Das rümische Gastrecht und die rômische Clientel, dans Sybel, Historische Zeischrift, t.1, p.319-39) ; Id., Libertini servi, dans Eph. Epigr., IV, p. 246; Leist, Das rômische Patronatrecht, Erlangen, 1879 ; Bouché- Leclercq, Manuel des institutions romaines, in-8, Paris, 1886, p. 352. E. BEURLIER.

AFRICAIN JULES. Voir JULES L'AFRICAIN.

AFRICUS, nom du vent du sud dans la Vulgate.

Ps. Lxxvi, 26. Par suite, ce mot désigne aussi le midi comme point cardinal. Jos., XVI, 14; Is., xx1, 1; Ezech., xx, 46; Act., xxvII, 12. Dans ce dernier passage, Africus

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