‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 124 sur 474 · AGGI — AGNEAU DE DIEU · texte numérisé non relu

AGGI — AGNEAU DE DIEU

xxv1, 15. Son nom est écrit Haggi dans la Vulgate, Gen., xLvi, 16, Ce nom parait être une abréviation de Haggiyah, « Jéhovah est ma joie de fête. » Cf. I Par., vi, 15.

justement, dès les premiers temps du christianisme, un des emblèmes du Sauveur les plus chers aux chrétiens (fig. 43), et, dans son Apocalypse, il lui donne souvent le nom d'« Agneau », V, 8; χιν, 4; xx1, 14, οἷς, ; {1 18 représente immolé dans le ciel, v, 6; assis sur un trône, vu, 17; xxn1, 1, 3; adoré par les vingt-quatre vieillards, v, 8, et par tous les élus, vit, 9-10, qui chantent, avec les esprits célestes, « le cantique de l'Agneau, » χν, 3, un hymne de louanges à sa gloire. Les élus sont victorieux par sa force, χη, 11; XVII, 14; et ils seront sauvés parce qu'ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau,

AGGITE (hébreu : Hahaggi; Septante : 6 Ayyt), famille dont Aggi, fils de Gad, fut le père. Num., xxv1, 15.

AGGITH. Voir HAGGITH.

AGIER Pierre-Jean, magistrat, né à Paris en 1748, député suppléant de la capitale aux états généraux pour le tiers état, nommé en 1802 vice-président du tribunal d'appel, exerça cette fonction avec grande équité et droiture jusqu'à sa mort, en 1823. En même temps que certains ouvrages de jurisprudence, il composa plusieurs écrits relatifs à l'Écriture Sainte, publiés à un petit nombre d'exemplaires, et à peu près oubliés aujourd'hui : 4e Psaumes nouvellement traduits sur l'hébreu, et mis dans leur ordre naturel, avec des explications et des notes critiques, et auxquels on α joint les Cantiques évangéliques et ceux des Laudes, selon le Bréviaire de Paris, également avec des explications et des notes, 3 in-S. Paris, 1809. Les Psaumes sont divisés en trois parties : ceux qui contiennent des prophéties relatives à la venue de Jésus-Christ, ceux dont les prophéties concernent l'Église, et les psaumes moraux. 2% Psalmi ad hebraicam veritatem translati et in ordinem naturalem digesti; accesserunt Cantica tum evangelica, tum reliqua, in Laudibus, juxta Breviarium parisiense decantata, in-16, Paris, 1818. C'est l'abrégé du précédent. 30 Prophéties concernant Jésus-Christ et l'Église, éparses dans les Livres Saints, avec des explications et des notes, in-8v, Paris, 1819. 4° Les Prophètes nouvellement traduits de l'hébreu, avec des explications et des notes cri. tiques, 9 vol. in-8, Paris, 1820-1822. 5° Commentaires sur l’'Apocalypse, par l'auteur de l'explication des Psaumes et des prophéties, 2 in-8, Paris, 1833. Dans ces ouvrages, Agier soutient le Millénarisme, et l’ardent janséniste s’y manifeste presque à chaque page. Directement ou par des allusions malignes, il attaque le pape, les évêques et surtout les jésuites. La préface de ses Prophéties éparses contient contre eux une seule phrase, mais une phrase curieuse de deux pages et demie. Ces ouvrages n'étaient pas sans valeur à l'époque où ils parurent ; toutefois ils ne méritent pas maintenant d'être tirés de l'oubli où ils sont tombés. E. LEVESQUE.

43. — Jésus-Christ représenté sous l’image de l'Agneau portant la houlette et le vase à lait, attributs du Bon Pasteur. D'après Aringhi, tav. 1, p. 537.

AGNEAU. Voir BREBIS. Ξ vit, 44; il habite avec eux la céleste Sion, et ils le suivent partout où il va, xIv, 1-4, prenant part au festin nuptial de ses noces avec l'Église, son épouse, XX, 7, 9; xx1, 9, Il est le temple du ciel; il en est la lumière, xx1, 22, 24, et l'on ne peut y entrer qu'autant que l'on est inscrit « dans le livre de vie de l'Agneau », xx1, 27; cf. ΧΧΠῚ, 14. L'Église, à la suite de saint Jean, nous montre en Notre-Seigneur « le véritable Agneau », dont les victimes offertes en sacrifice dans l’ancienne loi n'étaient que la figure : Hic est verus Agnus, qui abstulit peccala mundi (Préface de Pâques), et, dans les Offices de l'Avent et du Carème, elle applique avec les Pères au divin Rédermpteur les passages des prophètes où elle retrouve le nom de l'agneau : Emitte agnum, Domine , dominatorem terræ : « Envoyez, ὃ Seigneur, l'agneau qui doit devenir le maître

AGNEAU DE DIEU, nom symbolique donné à Notre- Seigneur Jésus-Christ. Isaïe, LIT, 7, compare le Messie soulfrant à un agneau à cause de sa résignation. Dans le Nouveau Testament, le Sauveur est appelé « agneau de Dieu », parce qu'il est la victime, chargée de nos péchés, qui s'offre à Dieu pour les expier. Joa., 1, 29, 36; Apoc., v, 6, ete. L'agneau pascal, dont le sang servit à marquer les portes des maisons où habitaient les Israélites en Égypte, au moment de la dixième plaie, Exod., ΧΗ, 7, et mit ainsi les enfants de Jacob à l'abri des coups de l'ange exterminateur, ÿ. 13, était la figure de cet agneau divin qui devait s'immoler à la dernière Päque pour nous sauver de la mort éternelle : « Agnus redemit oves, chante l'Église dans la prose de la fête de Pâques, Christus innocens Patri reconciliavit peccatores. » Saint Jean, dans son Évangile, xIx, 36, nous montre expressément dans le rite de l’immolation de l'agneau pascal chez les Juifs, Exod., χα, 46; Num., 1x, 12, une prophétie figurative d’une des circonstances de la passion de Notre-Seigneur : « On ne lui brisa point les jambes. » Joa., xIX, 33. Le quatrième évangéliste, qui avait appris de saint Jean- Baptiste à voir en Jésus « l'agneau de Dieu chargé des péchés des hommes », Joa., 1, 99, 36, se plut toujours à considérer son maître sous cet emblème, qui est devenu

qui portatur ad victimam: « Je suis comme un agneau plein de mansuétude que lon porte [au boucher] pour le faire égorger. » Jer., xt, 19. Dans ce dernier passage, Jérémie parle de lui-même, mais il est une figure de Notre-Seigneur dans les persécutions qu'il endure de la part de son peuple. Quant aux paroles d'Isaïe, elles se lisent dans sa prophétie contre les Moabites, et font allusion, dans le sens littéral, au tribut considérable que le roi de Moab avait autrefois payé en brebis au roi d'Israël. IV Reg:

de la terre. » Is., xv1, 1. Et ego quasi agnus mansuelus,

ai, 4; elles doivent se traduire : « Envoyez [en tribut] vos agneaux, [ὃ roi de Moab], au maitre de la terre [du peuple de Dieu]. » Le mot: Domine, « Seigneur, » n'est pas dans le texte original. L'application de ce verset à Jésus-Christ n'est donc pas faite dans le sens primitif, mais elle n'en est pas moins très heureuse, et elle nous présente sous cette belle image de l'agneau, l'un des animaux les plus doux et les plus faibles, Notre-Seigneur devenant malgré sa douceur, Matth., x11, 20, et sa faiblesse apparente, le maître du monde. Les victoires des Hébreux sur leurs ennemis n'étaient que la figure des victoires plus grandes que devait remporter le Messie, et les peuples qui leur payaient tribut étaient le type des peuples qui devaient accepter un jeur le joug du Christ.

à F. VIGOuROUx.

AGNEAU PASCAL, agneau mäle, sans tache, d'un an, que les Israélites devaient manger avec des rites particuliers dans la célébration de la fête de Päques. Exod., x, 3-11; Num., 1x, 10-12; Deut., xvr, 2-6. Voir PÂQUES.

AGONIE DE NOTRE-SEIGNEUR. Après la prière qui termina le discours de la Cène, Jésus alla avec ses Apôtres dans un jardin appelé Gethsémani (voir GETHSÉ- MANL), et aussi jardin des Oliviers, situé au pied de la montagne qui porte le même nom, au nord-est de Jérusalem, dont il est séparé par le torrent de Cédron. C'est dans ce jardin qu'eut lieu l'agonie de Notre-Seigneur, et c’est là que commença la passion proprement dite du Sauveur.

Jésus n'y entra qu'avec les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean. Les huit autres, à qui le Sauveur avait dit : « Asseyezvous ici, tandis que j'irai là-bas pour prier, » Matth., XXVI, 36, se tinrent probablement à l'entrée du jardin. Dès que Jésus fut seul avec ses Apôtres privilégiés, il se mit à dire : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. » Matth., XXVI, 38. C'est une tristesse parvenue à son degré suprême. « Il y avait assez de douleur, dit Bossuet, Sermon du vendredi saint, pour lui donner le coup de la mort. Il serait done mort par le seul effet de cette douleur, si une puissance divine ne l'eùt soutenu pour le réserver à d'autres supplices. » -

Les commentateurs se sont demandé comment on peut concilier la tristesse de Notre-Seigneur avec la vision intuitive ou béatifique dont il jouissait en vertu de l'union de la nature divine avec la nature humaine, où union hypostatique. Les uns, comme saint Ambroise et dom Calmet, admettent que la tristesse de Jésus au jardin des Oliviers était sans aucun mélange de joie. D'après eux, Dieu, par sa puissance, a pu séparer l'effet de la cause; c’est-à-dire qu'en conservant à la très sainte âme du Sauveur la vision intuitive, il a pu empêcher qu'elle n'y produisit la joie, qui en est l'effet naturel. Les autres répondent que la joie et la tristesse se trouvent tout à la fois dans l’âme de Jésus au jardin des Oliviers. La contradiction, qui paraît manifeste, n'existe en aucune façon; nous savons que deux causes différentes peuvent produire dans la même personne une grande tristesse ou une grande joie. C’est le sentiment de saint Thomas. « La joie de la béatitude, dit-il, n'est pas directement opposée à la douleur de la passion, par la raison que ces deux sentiments ne portent pas sur le même objet. Or rien n'empêche que les contraires ne se trouvent dans le même sujet, pourvu que ce ne soit pas sous le même rapport. » Sum. theol., 11, 46, 8, ad 1.

Après avoir fait connaître à ses Apôtres sa tristesse mortelle, Jésus leur dit : « Tenez-vous ici, et veillez avec moi. » Matth., xxvi, 38. En parlant ainsi, il désignait un rocher assez bas, sur lequel plusieurs personnes pouvaient s'asseoir et se coucher commodément. Aprés cette recommandation, il s'éloigna d'eux à la distance d'un jet de pierre. Luc., xxn1, M. Or, à cette distancé du rocher, à soixante mêtres, en s'avançant vers le nord, on trouve précisément une grotte dans laquelle Notre-Seigneur se serait retiré pour son agonie. Les trois Apôtres ne tardèrent pas à s'endormir sur le rocher.

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