Épingle à cheveux égyptienne. Bronze. Musée de Ghizéh
son époque (fig. 59). Le mot rendu par acus dans la Vulgate est, en hébreu, härîtim. Comme le singulier héret signifie un style, c’est-à-dire l'instrument pointu et aigu dont se servaient les anciens pour graver des lettres sur la pierre ou sur le bois, Is., vu, 1, instrument dont la ressemblance avec une épingle est frappante, on peut soutenir l'exactitude de la traduction de saint Jérôme, comme l’a fait Bochart, Hieroz., t. 1, p.334. Le plus grand nombre des commentateurs modernes interprètent cependant Aüritim dans le sens de « bourse » où l’on mettait l'argent, parce que ce mot a incontestablement ce sens dans II (IV) Reg., v, 23 (ligavit duo talenta argenti in duobus saccis, traduit saint Jérôme). Voir Rosenmüller, Jesajæ vaticinia, 3° édit., Leipzig, 1829, t. 1, p. 127-198; Gesenius, Thesaurus linguæ hebrzæ, p. 919.
9 Acus est employé dans le sens d’ « aiguille » dans le Nouveau Testament, dans la célèbre comparaison de Jésus- Christ : «Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille (foramen acus) qu’à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. » Matth., xIx, 24; Marc., x, 25; Luc., xvur, 2. Le texte original, dans ces trois passages, porte : διὰ τρυπήματος ῤχφίδος, Matth., xIx, 29; διὰ [τῆς] τρυμαλιᾶς [τῆς] ῥαφίδος, Marc., x, 25; Luc., ΧΥΠῚ, 25. Les aiguilles des anciens devaient ressembler à peu près aux
60, — Aiguilles égyptiennes en bronze.
nôtres. Nous en donnons ici deux qui ont été trouvées en Égypte (fig. 60). Elles sont reproduites d’après Wilkinson, Popular account of the ancient Egyptians, t. T1, p. 34. Leur longueur est de six à sept centimètres. On ἃ contesté l'exactitude de la traduction du proverbe rapporté par le divin Maître. On ἃ soutenu que χάμηλος (qu'on devrait lire χάμιλος, diaprès quelques-uns) veut dire « câble, grosse corde », et non pas chameau, et surtout que « trou de l'aiguille » désigne, non pas le trou de ce petit instrument à coudre, mais une petite porte latérale, placée à côté des grandes portes des villes, qu'on appelait « trou de l'aiguille », et par laquelle pouveient entrer les
piétons, mais où il était impossible ou au moins très diffcile aux chameaux de passer. Ces interprétations sont inadmissibles. Le proverbe est exprimé sans doute avec l'emphase de l'hyperbole orientale, mais l’exagération s'explique plus naturellement qu'ailleurs dans un proverbe. Ce qui confirme incontestablement la version ordinare, c'est qu'on lit une sentence analogue dans le Talmud, Berach., 55 b, avec cette seule différence que le chameau est remplacé par un éléphant. Dans le Koran, ch. vur, 38, nous trouvons aussi le proverbe évangélique : « Ils n'entreront pas dans le paradis tant qu’un chameau ne passera pas par le trou d'une aiguille. » Cf. Matth., xxut, 24, l'expression également hyperbolique : «avaler un chameau.» Notre-Seigneur indique par ces paroles la difficulté très grande qu'éprouvent les riches à se détacher des biens de ce monde. Cf. Matth., ΧΙΧ, 21-93.
L’aiguille n’est pas nommée expressément dans l'Ancien Testament; mais, d'après plusieurs commentateurs, il en est question indirectement, parce que, d'après eux, le participe présent râgêm, Exod., xxvi1, 36; xxvIx, 16; xx vu, 39; XXXVI, 37; XXX VIII, 18, signifie un ouvrier qui brode à l’aiguille, et le substantif rigmäh, Jud., v, 30; Ps. xLv (Vulg. xL1V), 15; Ezech., xvi, 10, 13, 18; xxvi, 16; xxvir, 16, une broderie faite à l'aiguille. Il est certain que la broderie à l’aiguille était connue des Égyptiens, et devait l'être aussi par conséquent des Hébreux. Les Septante ont ainsi compris les passages cités, car ils traduisent : τῇ ποιχιλία τοῦ ραφιδευτοῦ, Exod., xxvI, 16; xxxvut, 29. Cf. Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, p.1310. Cette explication paraît préférable à celle de Josèphe, qui dit que la variété des couleurs dans les rideaux du tabernacle était produite au moyen d'un métier à tisser. Ant. jud., ILE, vr, 4. Voir BRo- DERIE. L'Ancien Testament parle aussi de la couture, ce qui suppose également l'usage des aiguilles. Voir COUTURE.
F. VIGOUROUX
AIGUILLON désigne : I. Le long et solide bâton muni d’une pointe à son extrémité, dont on se sert en certains pays, plutôt que du fouet, pour conduire et exci‘er les bœufs surtout en labourant. La Palestine était autrefois