AIGUILLON — AIL
pense saint Jean Chrysostome, 7n II Cor., t. Lxr, col. 577, ou une maladie, comme le croit saint Jérôme, Comm. in Gal., t. XxvI, col. 381; Epist. xx11, t. XXII, col. #17, maladie dont les crises étaient pour lui un sujet d'humiliation, et même une occasion d'épreuve pour les nouveaux convertis, Gal., 1v, 13 (14). Mais l'allusion est trop voilée et trop rapide pour qu'il soit possible de dire, malgré les efforts des interprètes, de quelle maladie il s'agit. J. Tomas.
AIL, hébreu, $üm; Septante, τὰ σχόρδα; Vulgate, allia. L'ail ordinaire, allium sativum, a été cultivé de tout temps. C’est une plante herbacée, bulbeuse, de la tribu des Hyacinthinées, de la famille des Liliacées (fig. 63). Elle ἃ une tige d'environ trente centimètres, garnie de feuilles linéaires et planes, et se terminant par des fleurs d’un blanc sale, à étamines saillantes. Le bulbe radical, qui est la seule partie comestible, est formé de tuniques minces, blanches ou rougeàtres, accompagnées en dessous d’autres petits bulbes, de forme presque ovoïdes. C'est ce qu'on appelle les « gousses d'ail ». L'ail croit spontanément en Egypte et dans le midi de l'Europe. Il est très estimé et l'on en fait une grande consommation, surtout comme assaisonnement, dans tous les pays chauds. Son nom hébreu, sûm, paraît tiré de l'odeur de l'ail.
On croit que son nom latin et français se rattache à la racine celtique «ll, signifiant chaud, âcre, brülant, également par allusion aux propriétés de la plante. On sait, en effet, qu'elle ἃ une odeur forte et caractéristique, et un goût âcre et piquant. L’âcreté de l'ail d'Égypte est moins grande que celle de l'ail de nos contrées. C'est un excitant énergique, et il stimule l'appétit. L'espèce la plus commune en Orient, et en particulier en Palestine, est celle que nous appelons échalotte, allium Ascalonicum, parce qu’elle fut apportée d’Ascalon en Europe par les croisés (fig. 64). Par sa saveur, elle tient le milieu entre l'ail ordinaire et l'oignon.
L’ail n'est mentionné qu'une fois dans l'Écriture. Parmi les productions de l'Égypte que les Israélites regrettent dans le désert du Sinaï, les aulx sont nommés, Num., ΧΙ, 5, avec les concombres, les melons, les porreaux et les oignons. Ils ‘occupent la dernière place dans cette énumération. Fatigué de n'avoir d'autre nourriture que la manne, le peuple murmure; il voudrait manger de la viande; il voudrait aussi du poisson, comme il en avait abondamment dans la vallée du Nil, et ces aliments rafraichissants, les concombres, les melons, qui ne sont pas moins appréciés dans les climats chauds que les porreaux, les oignons et les aulx. Nous savons par les auteurs profanes que ces derniers, quoique peu nourrissants, servaient d’aliment aux anciens Égyptiens. Hérodote, Il, cxxv, les mentionne parmi les provisions fournies aux ouvriers qui élevèrent la pyramide de Chéops. Les soldats, les matelots grecs et romains, et les gens de la campagne, en Italie et en Afrique, en faisaient une grande consommation. Cf. Virgile, Ecl., τι, 11; Pline, H, N., xx, 32. Il en est toujours de même en Orient. Nous avons vu les indigènes manger, en Égypte et en Syrie, des aulx coupés en petits morceaux qui nageaient dans le vinaigre. C'est peut-être le plat que Booz donnait à ses moissonneurs,
(Allium sativum.)
Ruth, 11, 14, Ce qui est certain, c'est qu'il sert encore aujourd'hui, en Palestine, de nourriture aux ouvriers qui travaillent dans les champs. -- Dans les contrées où soufle le simoun, on lui attribue une vertu particulière, « Les