‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 170 sur 474 · ALEXANDER — ALEXANDRE LE GRAND · texte numérisé non relu

ALEXANDER — ALEXANDRE LE GRAND

jamais accomplies; il avait importé dans l'Asie antérieure la civilisation hellénique.

Ses exploits avaient produit une impression profonde dans tout l'Orient, en Syrie (fig. 90) et en Palestine, et nous en trouvons la preuve dans le récit des guerres des Machabées. Alexandre est nommé dans deux passages du premier livre des Machabées, 1, 1-9, et vr, 2, et sa vie y est esquissée à grands traits. Longtemps auparavant, Daniel avait décrit l'empire macédonien qu'il devait fonder. Le prophète, 11, 39, représente cet empire cormme étant le ventre d’airain dans la statue symbolique de Nabuchodonosor ; vit, 6, il nous le montre comme un léopard qui ἃ quatre ailes; var, 5-7, il le fait apparaître comme un bouc n'ayant qu'une corne, emblème de sa force et de la rapidité de ses conquêtes; enfin, x1, 3-4, il désigne personnellement Alexandre, quoique sans le nommer : « Il s'élévera un roi fort, qui dominera avec une grande puissance, et qui fera tout ce qu'il lui plaira. Et quand il se sera arrêté, son empire sera brisé, et il sera divisé aux quatre vents du ciel et non à sa postérité, » etc. Tout ce qu'avait prophétisé Daniel sur le grand conquérant est parfaitement justifié par les faits.

Quant à ce qui est dit de lui au commencement du premier livre des Machabées, 1, 19, et vi, 2, le texte sacré, d’après les critiques modernes, ne s'exprimerait pas avec une exactitude irréprochable. — 1° « Alexandre régna le

90. — Monnaie araméenne au nom d'Alexandre le Grand, Tête de la déesse Atergatis, tournée à droite. Derrière la déesse, en araméen : N210 ΠΣ ‘ateh t6bat, Ατταγάθη, Dea bona.—À, Lion dévorant un taureau, à gauche. En araméen:772D29N (Alexandre).

premier en Grèce, » dit l’auteur de 1 Mach., 1, 1 (texte grec); vi, 2 (texte grec et Vulgate); c’est, dit-on, à tort. Il est vrai qu'Alexandre n'eut pas le titre de roi de la Grèce, mais tout le monde est bien obligé de convenir qu'il en eut le pouvoir, ce qui justifie l'expression du texte sacré : « il régna, » ἐθασίλευσε. — 20 On reproche surtout à l'écrivain sacré d’avoir dit qu'Alexandre avant de mourir avait partagé son royaume entre ses généraux. I Mach., 1, 6-7. Mais il est impossible de prouver que le récit de l’auteur des Machabées eSt inexact ; tous les historiens anciens se contredisent à ce sujet, et l'on ne peut, par conséquent, alléguer leur autorité contre celle de l'Écriture. Voir F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 3e édit., t. 1v, p. 596-603. — Il ne peut y avoir d’ailleurs qu’une voix pour admirer la beauté du tableau des conquêtes d'Alexandre dans I Mach. 1, 1-8. «Il livra de grandes batailles ;... il frappa les rois de la terre; il atteignit jusqu'aux extrémités du monde, et la terre se tut en sa présence... Et après cela il se coucha dans son lit... et il mourut, »

Josèphe raconte, Ant. jud., XI, vin, 3-6, un fait important, qui n’est consigné ni dans les historiens sacrés, ni dans les autres historiens profanes, mais qui est confirmé dans ses grands traits par les traditions rabbiniques et samaritaines. Voir Derenbourg, Histoire de la Palestine, t. 1, p. M, et suiv.; cf. Yoma, f. 69. Pendant qu'Alexandre faisait le siège de Tyr, dit Josèphe, il somma les Juifs de reconnaître son pouvoir; mais ils s’y refusèrent. Après la chute de Tyr et de Gaza, il marcha contre Jérusalem pour s'en emparer. Le grand prêtre Jaddus (Jeddoa, IL Esdr., χα, 11, 22), revêtu de ses ornements pontificaux, alla à sa rencontre, et le conquérant l'accueillit avec respect, en disant à son entourage surpris qu’ «il avait vu en songe

à Dium le Dieu que représentait Jaddus, et qu'il avait été encouragé par lui à se rendre en Asie, où l’attendait la victoire ». Le roi alla ensuite à Jérusalem, où il offrit des sacrifices, et on lui montra les prophéties de Daniel, qui prédisaient ses conquêtes sur les Perses. Pour témoigner sa satisfaction aux Juifs, Alexandre leur conféra de grands privilèges, non seulement en Judée, mais aussi en Babylonie et en Médie. Sur ce récit de Josèphe, voir Flathe, Geschichte Macedoniens, t. 1, p. 310 et suiv.; Henrichsen, Das Verhältnis der Juden zu Alexander dem Grossen, dans les Studien und Kritiken, 1871, p.458-480 ; Blümmer, Alexander der Grosse in Jerusalem, Büdingen, 1872;

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ἘΞ -Ὁ 91. — L'Europe et l'Asie s’unissant pour glorifier Alexandre.

Relief en marbre, découvert en Italie. Il est connu sous le nom de relief Chigi. La partie principale est un bouclier, représentant le combat de cavalerie qui décida le gain de la bataille d'Arbèles , Comme nous l’apprend l'inscription placée au-dessous : H ἐπὶ πᾶσι μάχη τρίτη πρὸς Δαρῆον γενομένη ἐν ᾿Αρθήλοις. Ce bouclier est soutenu d'une main par deux femmes à tête tourelée, qui figurent, celle de droite, l'Asie (AËTA ), et celle de gauche, l'Europe (EYPQIIH). Ces deux personnages versent de l’autre main une libation sur un autel où l'on voit une musicienne et deux danseuses, L'Europe et l'Asie, unies par Alexandre, consacrent ce bouclier dans un sanctuaire en l'honneur du conquérant, dont la naissance et la gloire sont chantées dans une épigramme placée au haut et au bas du monument :

re —

᾿Ἕπταξαν βασιλῆες ἐμὸν δόρυ ἔθνεα reaürov, , Ὅσσα περὶξ γαίης ᾿Ωχεανὸς νέμεταί.

E. Reuss, Geschichte der heiligen Schiften Alten Testaments, ἃ 216. Cf. Donath, Die Alexandersage in Talmud mit Rücksicht auf Josephus, Fulda, 1873 ; Lévi, La légende d'Alexandre dans le Talmud, dans la Revue des Études juives, 1881, p. 293-300 ; 1883, p. 78-93; E. Schürer, Geschichte des jüdischen Volkes, 1889 t. 1, p. 138-139.

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