‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 171 sur 474 · ALEXANDRE LE GRAND — ALEXANDRE BALAS · texte numérisé non relu

ALEXANDRE LE GRAND — ALEXANDRE BALAS

Quoi qu'il en soit des détails racontés par Josèphe, il est certain que le conquérant enrôla des Juifs dans ses armées. Cf. Hécatée, dans Josèphe, Cont. Apion., τ, 22. I est également certain que les Juifs formèrent une portion considérable de la ville d'Alexandrie, qu'il fonda en Égypte, et il est pour le moins très vraisemblable que la bienveillance témoignée par ses premiers successeurs aux enfants de Juda n'était que la continuation de sa propre politique. Ce qui est incontestable, en tout cas, c’est que les conquêtes d'Alexandre eurent sur les destinées de la nation juive une importance capitale. Il y a peu d'hommes qui aient autant fait qu'Alexandre pour la transformation des peuples, et l’on peut dire du monde. A partir de cette époque, les Juifs dépendirent de ses successeurs, les Lagides ou les Séleucides, ce qui amena les grands événements politiques et religieux racontés dans les deux livres des Machabées; plus tard ils furent soumis aux Romains, les hénitiers des Macédoniens, jusqu’à la ruine de leur nationalité. Plusieurs autres peuples partagèrent le même sort. Mais ce qui fut bien plus grave que ces conséquences politiques, ce fut le mouvement d'idées que créa la conquête macédonienne, mouvement considérable, qui commença à préparer, par la permission et la volonté divine , l'avènement du christianisme.

Le résultat des victoires d'Alexandre fut le mélange et comme la fusion de l'Occident et de l'Orient (fig. 91). Les barrières infranchissables qui séparaient les nationalités tombèrent ; les Grecs dominèrent dans toute l'Asie occidentale et en Égypte comme dans leur propre pays, et sans s'en douter ils préparèrent ainsi la dissolution des vieilles religions païennes, et aplanirent les voies à la propagation de la religion du Christ. Ils introduisirent presque partout une sorte d'unité de langage ; leur idiome fut parlé dans tout l’ancien monde, et on l'entendit jusque dans les rues de Rome victorieuse des Hellènes. La langue grecque apportait avec elle en tous lieux les idées grecques, trésor mêlé 5805 doute de beaucoup d'impuretés et de scories, mais néanmoins trésor précieux, où les plus beaux génies de l'antiquité profane avaient déposé la meïlleure partie de leur intelligence et de leur cœur. Jésus-Christ n'aura qu’à développer, à compléter et à achever l’œuvre ainsi commencée au sein du paganisme, en y jetant un ferment divin, qui purifiera et transformera toutes choses. Alexandre le Grand, dans le plan providentiel, fut donc l’un des grands ouvriers chargés de préparer la ruine du polythéisme et le triomphe de la religion chrétienne. Un païen même avait entrevu la haute mission de ce conquérant. « Alexandre, dit Arrien, var, 30, cet homme qui ne ressemblait à aucun autre homme, ne pouvait avoir été donné à la terre sans un dessein spécial de la divinité. » Cf. Plutarque, De Alex. Or. 1, 6. Voir Bury, Vie d'Alexandre le Grand, in-4, Paris, 1760 ; Sainte-Croix, Examen critique des anciens historiens d'Alexandre le Grand, in-4°, Paris, 1804; Montesquieu, Esprit des lois, 1. x, c. 13-14; Williams, Life and actions of Alexander the Great, Londres, 1829; Droysen, Geschichte Alexanders des Grossen, in-8°, Hambourg, 1837; Guillemin, De coloniis urbibusque ab Alexandro et successoribus ejus in Asia conditis, in-8, Paris, 1847 ; Hertzherg, Die asiatischen Feldzüge Alexanders des Grossen, 2 ἴῃ - 89, Halle, 1863-1864.

F. VIGOUROUX

2. ALEXANDRE I: BALAS, roi de Syrie (150-146 avant J.-C.). Son origine est douteuse : ilse prétendait fils naturel d’Antiochus IV Épiphane, et conformément à cette prétention, que plusieurs croyaient fondée, cf. Strabon, ΧΠῚ, 4, p. 624; Josèphe, Ant. jud., XIII, 11, À; il est appelé « fils d’Antiochus » dans 1 Mach., x, 1. La plupart croient cependant que c’était un imposteur de basse naissance, nommé Balas, et originaire de Smyrne. Appien, Syr., 61: Justin, xxxv, 4; Polybe, xxx, 16. Il ajouta plus tard à son nom les titres d'Épiphane et d'Évergète. I Mach, x, 1 (fig. 92). Il dut sa fortune à une coalition d'Attale Il, roi de Pergame, de Ptolémée VI Philométor, roi d'Égypte, et d’Aria-

médian. aile

dot,

rathe V, roi de Cappadoce, contre le puissant roi de Syrie Démétrius Ier Soter. Les monarques alliés, afin de susciter des embarras intérieurs à Démétrius, lui opposèrent le jeune Balas comme prétendant au trône de Syrie, en sa qualité de fils d'Antiochus Épiphane. Par les intrigues d'Héraclide, autrefois trésorier d’Antiochus Épiphane, Balas, sous le nom d'Alexandre, fut reconnu comme roi par les Romains. Polybe, xxx, 14, 16. Il commença aussitôt la guerre avec l'aide de ses alliés, et débarqua à Ptolémaïde. I Mach., x, 1. La Judée avait alors à sa tête un frère de Judas Machabée, Jonathas, qui avait heureusement terminé par un traité de paix la guerre que lui faisait Bacchide, général de Démétrius. I Mach., 1x, 58-73. Démétrius Ier, sentant le besoin de s'assurer des alliés contre les ennemis puissants qui le menaçaient, voulut attacher Jonathas à sa cause : il l’autorisa à lever une armée

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