ALEXANDRE BALAS — ALEXANDRE D'ÉPHÈSE
récompenser de sa fidélité et de ses victoires, Alexandre lui envoya une agrafe (πόρπη) d'or, comme en portaient les princes (voir AGRAFE), et il lui donna la ville d'Accaron. ὃ. 83-89,
Mais Alexandre Balas devait être trahi par son propre beau-père comme par ses soldats. Ptolémée VI Philométor entra en Syrie avec une armée innombrable, sous prétexte de porter secours à son gendre, en réalité avec le secret dessein de lui ravir son royaume. Les portes de toutes les villes lui furent ouvertes, par ordre du roi d'Antioche; il y établit des garnisons, et il se mit ainsi sans coup férir en possession de toutes les villes des côtes de la Méditerranée jusqu'à Séleucie, à l'embouchure de l'Oronte. I Mach., x1, 1-8. Il jeta alors le masque. Se plaignant, peut-être avec raison, qu'Alexandre avait ourdi un complot contre sa vie (Josèphe, Ant. jud., XII, 1v, 6; Diodore, dans Müller, Fragmenta historicorum græcorum, t. 11, 19, p. xvi), il invita Démétrius Nicator à faire alliance avec lui, et lui promit en mariage sa fille Cléopâtre, femme d'Alexandre Balas. Ce dernier était alors en Gilicie, pour y réprimer une révolte. Ptolémée entra à Antioche, et réalisa son rêve ambitieux en ajoutant la couronne d’Asie à celle d'Égypte. Au bruit de ces nouvelles, Alexandre se hâta de revenir en Syrie pour combattre son beau-père. Le sort des armes lui fut contraire; il fut battu et obligé de fuir. I Mach., x1, 15; Justin, xxxv, 2. Il se réfugia à Abas (Diodore, dans Müller, Fragmentæ historicorum græcorum, t. 11, 20, p. xvi), en Arabie, avec cinq cents cavaliers, auprès d'un émir appelé Zabdiel. Il était prédestiné à ne plus rencontrer que des traîtres. Zabdiel lui trancha la tête et l'envoya à Ptolémée Philométor. Le roi d'Égypte ne jouit pas d'ailleurs longtemps de son triomphe ; il mourut peu après, la même année 146. I Mach., κι, 16-18. Démétrius IT Nicator se trouva ainsi, par cette double mort, maitre du trône de Syrie. Alexandre Balas laissait un fils, qui devint Antiochus VI Dionysos; mais il était encore en bas âge, et hors d'état de prétendre à la couronne. Les Juifs n’oublièrent point les bienfaits qu'ils devaient à Alexandre Balas, ce roi qui, après tant de guerres sanglantes, « leur avait assuré le premier une véritable paix ; c’est pourquoi ils l'avaient toujours soutenu. » 1 Mach., x, #7. Son fils Antiochus devait recueillir lui-même plus tard le bénéfice de cette reconnaissance, car Jonathas compta parmi ses plus ardents défenseurs. Voir ANTIOCHUS VI. F. VIGOUROUX.
3. ALEXANDRE, fils de Simon le Cyrénéen et frère de Rufus. Les deux frères sont nommés ensemble dans l'Évangile de saint Marc, xv, 21, comme des personnages connus des lecteurs de cet Évangile. D'après une tradition, Alexandre et Rufus avaient accompagné saint Pierre à Rome. Si, comme on le croit communément, le Rufus de l'Épitre aux Romains, xv1, 13, est celui de l'Évangile de saint Marc et le frère d'Alexandre, on peut croire tout au moins que les deux frères ont habité Rome. D'après les Espagnols, Alexandre aurait souffert le martyre à Carthagène, le 11 mars.
4. ALEXANDRE, Juif de Jérusalem, de race sacerdotale. Parmi les quatre personnages que les Actes des Apôtres, 1V,6, mentionnent nominativement comme faisant partie du sanhédrin qui fut rassemblé pour juger Pierre et Jean, emprisonnés à la suite du discours de saint Pierre, le jour de la Pentecôte, on trouve un Alexandre. Il occupait probablément à Jérusalem un poste important, et devait être d'une famille où l'on choisissait les grands prêtres, peut-être un parent d'Anne, On ne saurait dire si cet Alexandre est, comme quelques-uns l'ont cru, le même qu’'Alexandre Lysimaque, l'alabarque d'Alexandrie, frère de Philon, et que Joséphe appelle « ami ancien » de l’'em= pereur Claude, Ant. jud., XIX, v, 1.