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IV. Exégèse allemande actuelle. — Le système my

thique, tel que l’a appliqué Strauss, et même de Wette, est maintenant abandonné au moins en grande partie; muis de toutes les théories qui ont surgi tour à tour en Allemagne, les négations les plus importantes ont toujours été et sont encore acceptées comme une sorte de dogme par les exégèles rationalistes : 10 les Écritures sont un livre humain comme tous les autres écrits sortis de la main des hommes; % il ne s'est jamais produit de miracles ni de prophéties, quelle que soit la manière dont on explique ce qui se présente à nous comme miraculeux où prophétique ; 3° un grand nombre d'écrits de l’'Ancien et du Nouveau Testament, en particulier le Pentateuque, une partie des prophètes et les Évangiles, ne sont pas authentiques, c'est-à-dire n’appartiennent ni aux auteurs ni aux époques auxquels la tradition les rapporte; par conséquent, ce qu'on lit dans ces écrits est souvent légendaire ou mythique et sans valeur historique ; 4° les questions relatives à l’origine et à la valeur des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament doivent être tranchées à l’aide de la critique interne, telle qu’elle a été exposée plus haut.

L'application de ces principes à l’exégèse scripturare est faite de la manière la plus diverse et la plus contradictoire, Chaque critique a ses opinions personnelles, qui varient fréquemment elles-mêmes. Ferdinand Christian Baur (1792-1860) et l’école de Tubingue, dont il fut le chef, a expliqué l'origine des écrits du Nouveau Testament et du Christianisme lui-même, comme étant le résultat du conflit entre les disciples judaïsants du Christ, représentés par saint Pierre, et les disciples hellénisants, aux vues plus larges, représentés par saint Paul. Baur et ses disciples ont si aveuglément contredit les faits les plus avérés de l’histoire, qu’ils sont tombés enfin dans le discrédit. Aujourd'hui, la critique allemande s'occupe beaucoup moins du Nouveau Testament et est revenue à l'Ancien. M. Jules Wellhausen, professeur de langues orientales à l'université de Marbourg, enseigne que le Pentateuque, dans sa forme actuelle, n’est pas antérieur à l’époque d'Esdras, et c’est son système qui a toutes les faveurs de la mode, en attendant l'apparition d’un nouveau système qui le supplantera à son tour.

On ne saurait rien imaginer de plus personnel, de plus arbitraire et de plus affirmatif que l’exégèse rationaliste allemande, quoiqu'elle ne soït qu'un tissu de contradictions. Chaque critique présente comme des dogmes indiscutables ou comme des faits avérés des hypothèses qui n’ont d'autre fondement que des impressions subjectives. Depuis le commencement du siècle, les progrès de l’archéologie ont démontré la fausseté de nombreuses objections des incrédules. De nouveaux progrès deviendront pour eux l'occasion de nouvelles défaites. Du reste, la vérité elle-même gagnera à toutes ces attaques : elle finira par se manifester plus brillante et plus claire. Le défaut du génie allemand, c’est de se complaire trop facilement dans les abstractions, et de se laisser aller avec trop peu de réserve aux rêves de son imagination, sans tenir compte des faits, mais il a le don de la recherche patiente et minutieuse; il étudie nos Livres Saints sous tous leurs aspects et dans tous leurs détails, et par leurs travaux, non seulement les exégètes chrétiens d’au delà du Rhin, mais même les exégètes incrédules contribuent à l'explication et à l'interprétation de nos Saintes Écritures. Voir Ε, Vigouroux, Les Livres Saints et lu critique rationaliste, 85 édit., t. 11, p. 305-655.

2. ALLEMANDES (VERSIONS) DE LA BIBLE. — I. Premières versions. — Les plus anciens essais de traduction de la Bible en langue allemande remontent probablement au vx siècle, On attribue du moins à cette époque des fragments d’une traduction de l'Évangile de saint Matthieu, qui ont été publiés par St, L. Endlicher et H, Hoffmann, Fragmenta theostica versionis antiquissimæ Lvangelii sancti Mallhæi, in-%, Vienne, 1834;

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2% édit., publiée par J.-F. Massmann, in-8, 1841. Elle n'est pas très littérale, et la langue laisse beaucoup à désirer, Au 1x siècle, on traduisit du latin la Concorde des Évangiles d'Ammonius d'Alexandrie, Cette concorde allemande ἃ été éditée par J. A. Schmeller, Anwnonii Alexandrini quæ et Tatiani dicitur Harmonia Evangeliorum in linguam latinam et inde ante annos mille in franciam translata, in-8, Vienne, 1841. On a de la même époque une traduction des Psaumes en bas-allemand, qui ἃ été imprimée par les soins de F, H. von der Hagen, in-4°, Breslau, 1816. L'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament était alors connue principalement par les Bibles historiales, c’est-à-dire par les récits des faits bibliques (voir Ed. Reuss, Die deutsche Historienbibel vor der Erfindung des Bücherdrucks, in-80, Iéna, 1855 ; Die deutschen Historienbibeln des Miltelalters nach vierzig Handschriften herausgegeben, von Th. Merzdorf, 1870), et par des poèmes sacrés, tels que le Heliand (le Sauveur), œuvre d’un auteur inconnu, vraisemblablement un Saxon du pays de Munster, et le Krist d'Otfried, moine de Weissenbourg (vers 870). Heliand est un beau poème, dont l'Allemagne est justement fière. (Voir Al. Michelsen, dans Herzog, Real-Encyklopädie, 2 édit., t,1v, p. 429-431.) Il est du milieu du 1x° siècle, On en ἃ publié un grand nombre d'éditions ; les meilleures sont celles de J. À. Schmeller, Heliand, poema saxonicum seculi noni, in-4, Stuttgart, 1830, avec un Glossarium saxonicum e poemate Heliand inscripto, in-4, Munich, 1840, et de Δ. R. Kôüne, avec une traduction littérale en allemand moderne, Heliand oder das Lied von Leben Jesu, in-8, Münster, 1855, Voir G. O. E. Windisch, Der Heliandund seine Quellen, in-8°, Leipzig, 1868; Ed. Ensfelder, Etudes sur le Héliand, in-8, Strasbourg, 1853 ; Herm. Middendorf, Ueber die Zeit der Abfassung des Heliand, in-&, Münster, 1862 (adopte la date de 820); C. W. M. Grein, Die Quellen des Heliand, in-8°, Cassel, 1809, Le Ærist (dont les meilleures éditions ont été données par E. G. Graff, Otfrid’s Krist, das älteste, im 9. Jahrhunderte verfasste hochdeutsche Gedicht,in-4°, Kænigsberg, 1831 ; parJ. Kelle, Otfrids von Weissenburg Evangelienbuch, 2 in-80, Ratisbonne, 1856; par O. Erdmann et P. Piper, Otfrid's Evangelienbuch, 2 in-8, Fribourg-en-Brisgau, 1882-1884) est postérieur de quelques années au poème précédent, mais lui est inférieur en mérite. Il raconte également la vie de Notre-Seigneur, d’après les quatre Évangiles. Voir Al. Michelsen, dans Herzog, Real-Encyklopädie, % édit., t. 1V, p. 431-434; G. V. Lechler, Otfried’s althochdeutsches Evangelienbuch, dans les Theologische Studien und Kritiken, 1849, Heft 1 et 2, p. 54-90; 303-332 ; Edm. Behringer, Krist und Heliand , in-4°, Berlin, 1870; Lachmann, Otfried, dans Ersch et Gruber, Allgemeine Encyklopädie, sect, ΠῚ, t. VI, p. 278-9282.

Un moine de Saint-Gall, Notker Labeo (+ 1022), traduisit au commencement du ΧΙ" siècle Job et les Psaumes, La version de Job est perdue; celle des Psaumes a été publiée par R. Heinzel et B. Scherer, d’après un manuscrit de Vienne, Notkers Psalmen, in-8°, Strasbourg, 1876, Chaque verset est accompagné d’une courte explication, tirée ordinairement de saint Augustin. Voir H. Hattemer, St. Gallens altteutsche Sprachschätze, dans ses Denkmahle des Mittelalters, 3 in-80, Saint-Gall, 1844-1849, €. 11. Dans le même siècle parut une traduction avec paraphrase du Cantique des cantiques, faite par Williram, abbé d'Ébersberg, en Bavière (4 1085). Elle a été plusieurs fois imprimée, par Schilter, dans son Thesaurus antiquitatum teutonicarum eccles. et litterar., 3 in-fo, Ulm, 1728, et séparément par Merula, à Leyde, en 1598; par Freher, à Worms, en 1631; par Hoffmann, à Breslau, en 1827. Cf. 1. Seemüller, Die Handschriften und Quellen von Willirams deutscher Paraphrase des Hohenliedes untersucht, in-8, Strasbourg, 1877. Δ, H. Hoffman de Fallersleben a aussi publié en 1837, dans le t. 11 de ses L'undgruben für Geschichte deutscher Sprache, une tra-

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duction métrique de la Genèse et d'une partie de l'Exode, qui est de l'époque de Williram ou un peu plus tard.

Le χαμὸ et le xrre siècles virent paraître plusieurs traductions des Psaumes, qui ont été publiées par Ε. ἃ, Graf, Deutsche Interlinear-Versionen der Psalmen, n-8°, Qued- Linbourg, 1839. Les auteurs en sont inconnus, Au x siècle appartient la Chronique du minnesänger Rodolphe ou Rudolf de Hohenems, sorte de version poétique de l'histoire de l'Ancien Testament, qui fut très populaire. Elle a été publiée, mais d’après un mauvais texte, par G. Schütze, Die historischen Bücher des alten Testaments, 2 in-8°, Hambourg, 1779-1781. Des fragments ont été aussi publiés par A. F. Chr. Vilmar, Die zwei Recensionen und die Handschriftenfamilien der Weltchronik Rudolfs von Ems mit Auszügen aus dem noch ungedruckten Theilen beider Bearbeitungen, in-4°, Marbourg, 1839. Voir Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. xLIT, col. 860.

Vers la même époque furent aussi écrites d’autres histoires saintes, dans le même genre que celle de Rodolphe de Hohenems. Il y en a une, entre autres, dont il existe encore de nombreux manuscrits, en divers dialectes, et qui est composée en partie d'extraits des versions poétiques antérieures, en partie de passages traduits de la Vulgate. Voir 1. F. Massmann, Die Kaïiserchronik, 3 in-80, Quedlinbourg, 1849, t. nr, p. 54; H. Hoffmann, Die altdeutschen Handschriften zu Wien, in-8, Leipzig, 1841.

Les traductions proprement dites de diverses parties de la Vulgate commencent alors à se multiplier, Il en subsiste encore des manuscrits, mais les auteurs en sont pour la plupart inconnus. Une version entière de la Sainte Écriture se prépara ainsi peu à peu, sans qu'on puisse déterminer l’époque précise où la Bible allemande fut complétée. Ce qui est certain, c’est qu'on avait en Allemagne une version intégrale de l'Ancien et du Noüveau Testament en langue vulgaire au xve siècle, avant l'invention de l'imprimerie.

Dès que cet art eut été découvert, il servit à reproduire la parole de Dieu en allemand. Cinq éditions in-folio, non datées, parurent avant 1477. La première, imprimée à Mayence, par J. Fust et P. Schoiffer, en 1462 (?); la seconde, à Strasbourg, par H. Eggesteyn, vers 1466 ; la troisième, dans la même ville et vers la même date, par J. Mentel; la quatrième, à Nuremberg ou à Bâle, par Frisner et Sensenschmid, vers 1470 (voir Stockmeyer et Reber, Beiträge zur Baseler Buchdruckergeschichte, in-8°, Bâle, 1840, p. vir); la cinquième, à Augsbourg, par Jod. Pflanzmann, vers 1475. De 1477 à 1522, on compte neuf éditions nouvelles, sept à Augsbourg, une à Nuremberg et une à Strasbourg.

On connait de la même époque quatre éditions complètes, format in-folio, de la Bible en bas-allemand : la première à Cologne, par H. Quentell, vers 1480 (voir J. H. 1. Niesert, Nachricht über die erste zu Küln gedruckte niederdeutsche Bibel, in-8°, Cœsfeld, 1895); la seconde, dans la même ville, par le même éditeur ; la troisième, à Lübeck, par Steffen Arndes, en 1494, et la quatrième, à Halberstadt, en 1522. Dans les deux premières éditions, le Cantique des cantiques n'est pas traduit, afin qu'il ne soit pas lu par les jeunes gens; il est reproduit en latin. Voir J. M. Güze, Versuch einer Historie der gedruckten niedersächlischen Bibeln von 1170- 4621, in-4, Halle, 1775. Toutes ces traductions sont les mêmes pour le fond, elles n'offrent que des différences dialectales et des variantes plus ou moins nombreuses, provenant du désir de se rapprocher davantage de la Vulgate, sur lesquelles elles sont faites. En dehors des éditions de la Bible complète, on publia aussi de bonne heure séparément le Psautier, des Lectionnaires, etc.

Voir 1. R. Reiske, De versionibus germanicis ante Lutherum, 1697 ; D. G. Schoeber, Ausführliche Bericht von aiten deutschen geschriebenen Bibeln, in-8, Gera, 1763; G. W. Panzer, Literarische Nachrichten von der alterältesten gedruckten deutschen Bibeln, in-4, Nuremberg,

1777; 1d., Beschreibung der ältesten Augsburg. Ausga= ben der Bibel, ἴῃ - ἀσ, Nuremberg, 1780; Rosenmäüller, Historia interpretationis librorum sacrorum, Ὁ in-8, Leipzig, 1795-181%, t. v, p. 174-184 ; Jos. Kekrein, Zur Geschichte der deutschen Bibelübersetzung vor Luther, ἴῃ - 8", Stuttgart, 1851; W. L. Kraft, Ueber die deutsche Bibel vor Luther, in-4, Bonn, 188 ; Der Codex Teplensis enthaltend die Schrift des newen Gezeuges, 3 parties en 1 in-4, Augsbourg et Munich, 1884; L. Keller, Die Waldenser und die deutsche Bibelübersetzungen, in-80, Leipzig, 1886; H. Haupt, Die deutsche Bibelübersetzung der mittelalterlichen Waldenser in dem Codex Teplensis, in-&, Wurzbourg, 1885; Id., Der waldensische Ursprung des Codex Teplensis und der vorlutherischen deutschen Bibeldrucke, in-8°, Wurzbourg, 1886; ΕΓΖ. Jostes, Die Waldenser und die vorlutherische Bibelübersetzung, eine Kritik der neuesten Hypothese, in-8, Münster, 1885; Id., Die Tepler Bibelübersetzung; eine zweite Kritik, in-8°, Munster, 1887; W. Walther, Die deutsche Bibelübersetzung des Mittelalters, in-4°, Brunswick, 1889-1891.

II. Version de Luther. — La traduction de la Bible par Luther fut une de ses œuvres les plus importantes, un véritable événement dans l'histoire de l'Allemagne. Non seulement elle créa la liltérature nationale de ce pays, et assura au haut-allemand la victoire sur tous les autres dialectes germaniques, mais elle fut un instrument puissant pour l'établissement du protestantisme, L'hérésiarque, mis au ban de l'empire (1521) et retiré à la Wartbourg, après avoir établi que l'Écriture devait être l'unique source de la croyance protestante, voulut appliquer ses principes et placer aux mains de tous le livre sacré, traduit sur les textes originaux, afin que le dernier des Allemands püt y lire ce qu'il devait croire. Il fut aidé dans son œuvre par Mélanchton, Bugenhagen, Jonas, Aurogallus, Kreuziger et par quelques Juifs. Il se servit des traductions en langue vulgaire alors répandues en Allemagne, et qu'il devait faire promptement oublier. Il avait étudié l'hébreu, autant qu'on le pouvait alors, à l’aide des livres élémentaires fort imparfaits qui existaient de son temps. Dans tout le cours de son travail, il eut sans cesse sous les yeux la traduction latine de l’hébreu par Sante Pagnino, les Septante pour l'Ancien Testament, l'édition grecque d'Érasme pour le Nouveau Testament, la Vulgate, quelques Pères latins, la Glossa ordinaria, les commentaires de Nicolas de Lyre, etc. Mais son travail personnel fut considérable; il y mit une application et une patience que rien ne put lasser. Il raconte lui-même que, pour traduire Job, il passait quelquefois quatre jours entiers avec Mélanchton et Aurogallus à rendre en allemand deux ou trois versets de ce livre difficile. Le manuscrit de Job, des Psaumes et des livres de Salomon, rédigé de sa propre main et conservé à la bibliothèque royale de Berlin, est surchargé de ratures qui montrent avec quel soin il recherchait le mot propre. C'est ce que prouvent aussi les changements considérables qu'il fit dans les diverses éditions qui furent publiées de son vivant. Voir J. M. Güze, Sorgfältige und genaue Vergleichung der Original-Ausgaben der Uebersetzung der heiligen Schrift von Luther, von 1517 bis 1545,2 in-4°, Hambourg et Leipzig, 1777-1778; Id., Neue für die Kritik und Historie der Bibelübersetzung Lutheri wichtige Entdeckungen, in-4°, Hombourg, 1778; Id., Neue und für die Historie der Uebersetzung Lutheri und die Kritik derselben wichtige Entdeckungen, in-4, Hambourg, 1782.

Luther employa douze années entières à sa traduction. Il la commença par le Nouveau Testament, parce que c'était la partie de l'Écriture la plus importante et la moins difficile; il le traduisit tout entier à la Wartbourg, et le fit paraitre in-folio, à Wittemberg, avec des gravures sur bois, en septembre 1522, sans indication d'imprimeur ni de date; le nom de Luther lui-même n’y figure pas. L'Ancien Testament fut publié par parties, de 1593

à 1534. La première édition complète vit le jour en cette dernière année, sous ce titre : Biblia, αἰ. à. die gantze heilige Schrifft, Deudsch. Mart. Luth. Wittenberg. MDXXXIV. Il parut dix éditions de la version de Luther avant sa mort (1546); en 1580, on en comptait déjà trentehuit, plus soixante-douze éditions du Nouveau Testament ; depuis elles ont été sans nombre. Voir H. E. Bindseil, Verzeichniss der Original-Ausgaben der Lutherischen Uebersetzung , sowohl der ganzen Bibel, als auch grôsserer und kleinerer Theile , in-4°, Halle, 1841 ; H. E. Bindseil et Niemeyer, D. M. Luthers Bibelübersetzung nach der letzten Originalausgabe kritisch bearbeitet, T in-8, Halle, 1845-1855. Cf. G. G. Zeltner, Kurzgefasste Historie der gedruchiten Bibel-Version D. Mart. Lutheri, in-4, Nuremberg et Altorf, 1727.

La version qu'avait faite Luther était une œuvre véritablement germanique, et elle devint pour tous ses sectateurs le livre classique allemand par excellence. Il ne s'était pas attaché à traduire littéralement, mais à s'inspirer du génie de sa langue maternelle de manière à se mettre à la portée de tous et à être facilement compris du peuple, auquel il s’adressait de préférence. Le style est clair, vivant, varié et noble; ses tournures sont les plus familières à ses lecteurs et les mieux appropriées à faire ressortir la pensée qu’il veut exprimer. Ses sectateurs ne tarissent pas quand ils font l'éloge littéraire de ce grand travail, et leur admiration est sous ce rapport justifiée. Voir W. A. Teller, Genaue Darstellung und Beurtheilung der deutschen Sprache in Luther’s Bibelibersetzung, 2 in-8, Berlin, 1794-1795 ; Ph. K. Marheinecke, Ueber den religiôsen Werth der deutschen Bibelübersetzung Luthers, in-4, Berlin, 1815 ; J. F. Wetzel, Ueber die Sprache Luther's in sein Bibelübersetzung, in-8°, Stuttgart, 1859; E. Opitz, Ueber die Sprache Luthers, in-8°, Halle, 1869 ; A. Lehmann, Luther’s Sprache in sein Uebersetzung des Neuen Testaments, in-8, Halle, 1873; P. Pietsch, Martin Luther und die hochdeutsche Schriftsprache, in-8°, Breslau, 1883 ; F. A. Beck, Wôrterbuch zu Luther's Bibelübersetzung, in-8, Siegen, 1846; W. U. Jütting, Biblisches Wôrterbuch enthaltend eine Erklärung der alterthümlichen und seltener Ausdrücke in M. Luther's Bibelübersetzung, in-8, Leipzig, 4864; 1. Luther, Die Sprache Luthers in der Septemberbibel, in-8°, Halle, 1887. La Septemberbibel est la première édition du Nouveau Testament de Luther. Elle ἃ été reproduite par la phototypie : Die Septemberbibel. Das Neue Testwment, deutsch von Mart. Luther. Nachbildung der zu Wittenberg 1522 erschienenen 1. Ausgabe zum 400 jühr. Geburstage Luthers, in-f°, Berlin, 1883.

Malgré son mérite liltéraire, la version de Luther a été néanmoins condamnée justement par l'Église. Elle est sous plusieurs rapports défectueuse, de l’aveu même des protestants. Les contresens ne sont pas rares dans la version de Job, des Prophètes et des Épitres. W. Grimm reconnait que la connaissance que l’ancien moine de Wittenberg avait de l’hébreu et même du grec était fort imparfaite, et qu'il a plus d’une fois traduit d'une manière tout à fait arbitraire, W. Grimm, Kwrzgefasste Geschichte der lutherischen Bibelüubersetzung, in-89, Iéna, 1884, p. 35-36. Bunsen y ἃ compté environ trois mille passages qui auraient besoin d'être corrigés. Voir F. Nippold, Chr. Carl Josias Freiherr von Bunsen, 3 in-8, Leipzig, 1871, τ. 11, p. 483. Si la plupart de ces erreurs ne sont pas graves, quelques-unes ont une importance doctrinale considérable, comme dans le passage de Rom., ΠῚ, 28, où aux paroles de saint Paul : « Nous pensons que l'homme est justifié sans les œuvres par la foi, » il ajoute à ce dernier membre de phrase le mot « seule »; ce qui dénature complètement la pensée de l'Apôtre, qui n’a jamais enseigné que la foi « seule » sauvait sans les œuvres, ἢ, Emser publia, en 1523, une critique de la traduction luthérienne du Nouveau Testament, Auss was Grund vund Vrsach Luther’s Dolmutschung dem gemeinen Man billich verbotten wor-

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den sey, ἱπι-ἄσ, Leipzig, 1529 ; 29 édit., in-8°, Dresde, 1824, sous le titre d'Annotationes. 11 y relève quatorze cents fautes et hérésies, et montre fort bien comment l'Église catholique ne peut accepter une telle version. Voir aussi G. Wicelius (Witzel), Annotationes, das sind kurtze Verzeichnus in die Wittenbergischen newen Dolmetschung der ganzen Heiligen Bibel, 2in-4, Leipzig, 1536; in-4°, Mayence, 1555, et in-f°, 1bid., 1597. Cf. A. Räss, Die Convertiten seit der Reformatwon, Fribourg-en-Brisgau, t. 1, 1866, p. 149.

A cause des inexactitudes reconnues de plusieurs pas= sages et des archaïsmes de langage, on ἃ entrepris ces dernières années de reviser la traduction de Luther. Déjà, au xvine siècle, on publia des éditions retouchées, dans lesquelles les mots trop vieillis, ou bien dont le sens était modifié, furent changés. On est arrivé ainsi à avoir sept textes différents de la traduction luthérienne. Voir C. Münckeberg, T'abell. Uebersicht der wichtigsten Varianten der bedeutendsten gangbaren Bibelausgaben. Neues Testament, in-4°, Halle, 1865; Altes Testament, in-4°, Halle, 1870-1871; O. Bertram, Geschichte der Canteischen Bibelanstalt, in-8°, Halle, 1863. Les tentatives de revision proprement dite augmentent le nombre de ces éaitions divergentes. Voir Das Neue Testament revidirt, in-8, Halle, 1867 et 1870 ; 1. W. Grashof, Die revidirte Ausgabe der luthers'chen Uebersetzung des Neuen Testaments kritisch beleuchtet, in-8, Cologne, 1868; W. Grimm, Die Lutherbibel und ihre Textes-Revision, in-8°, Berlin, 1874; Ed. Riehm, Zur Revision der Lutherbibel, in-8e, Halle, 1882; E. Kühn, Die Revision der Lutherischen Bibelübersetzung, in-12, Halle, 1883.

Sur la version même de Luther, voir J. G. Palm, Historie der deutschen Bibelübersetzung Dr. M. Lutheri von 1517-153#, herausgegeben von ἢ. M. Güze, in-4, Halle, 1772 (avec une bibliographie, p. # et suiv.) ; ἃ. W. Panzer, Entwurf einer vollständigen Geschichte der deutschen Bibelübersetzung Dr. M. Luthers von J. 1517-1581, in-8, Nuremberg, 1783 ; 2 édit., 1791, avec des Zusätze, in-80, 1791 ; H. Schott, Geschichte der teutschen Bibelubersetzung Dr. M. Luthers,in-®, Leipzig, 1835; G.W. Hopf, Würdigung der Lutherischen Bibelverdeutschung, in-8, Nuremberg, 1847; Riehm, Luther als Bibelübersetzer, dans les Theologische Studien und Kritiken, 1884, Heft 2, p. 293-322; K. Ed. Schaub, Ueber die niederdeutschen Uebertragungen der Lutherschen Uebersetzung des Neuen Testaments welche in 16. Jahrhundert in Druck erschienen, in-80, Greifswald, 1889.

III. Bible de Zurich et autres traductions protestantes et juives. — La Bible connue sous le nom de « Bible de Zurich » est une reproduction de celle de Luther, avec cette seule différence que la version des prophètes et des livres deutérocanoniques est l'œuvre de Conrad Pellican, Léon de Juda, Théodore Bibliander, etc. Le but de cette: publication fut de donner une édition complète des Ecritures en allemand, avant que Luther eût terminé son travail. Elle parut à Zurich, en 1530, in-#, et fut réimprimée en 1531, 2in-f°; en 1534, 2 in-4°. L'édition de 1581 et celle de 1534 contiennent une version nouvelle de Job, des Psaumes, des Proverbes, de l'Ecclésiaste et du Cantique des cantiques. Voir J. J. Mezger, Geschichte der deutschen Bibelübersetzungen in der schweizerisch-reformirten Kirche, in-80, Bâle, 1876; 1. 1. Breitinger, dans 1. 1. Simler, Sammlung alter und neuer Urkunden zur Beleuchtung des Schweizerlandes, 3 in-8°, Zurich, 4757-4767, τ. 11, part. 2, p. 381 et suiv.

La traduction des Prophètes, Alte propheten nach hebraïschen Sprache, publiée à Worms, in-fv, 1527, et sou vent réimprimée, œuvre de deux antitrinitaires, Hans Denk et Louis Hätzer, n'était pas sans mérite, au jugement de Luther lui-même, qui s'en servit pour sa propre version des livres prophétiques. Voir L. Keller, Ein Apostel der Wiedertäufer, in-8, Leipzig, 1882, p. 211; 4. Lorch, Die Bibelgeschichte, t. 1, p. 439; Heberle, dans

les Theologische Studien und Kritiken, 1855, p. 832, 889. Cf. G. G. Zeltner, Kurzes Denkschreiben worinnen von der alten.… Wormser Bibel… zugleich die Fata der Wormser Propheten, in-4, Altorf, 1734.

En 1630, J. Crell publia avec J. Stegman, à Rackau, in-8°, 1630, une traduction socinienne du Nouveau Testament, et en 1660, 1. Fellinger, à Amsterdam, in-8°, 1660, une traduction arminienne, — En 1666, Joseph Athias édita une traduction juive-allemande de l'Ancien Testament. Elle fut publiée de nouveau sous le titre de Biblia pentapla, 3 in-4, Hambourg, 1711, en colonnes parallèles, avec celles de Luther, de Piscator, de Caspar Ulenberg, et la version autorisée hollandaise, plus la traduction du Nouveau Testament, par 1. H. Reitz. — Une autre version juive-allemande, par Arnheim, Füchs et Sachs, a été publiée par Zung, à Berlin, en 1898,

L'Église calviniste eut aussi ses traductions en langue allemande, La plus ancienne est celle de David Parens, qui vit le jour en 1579. Elle fut remplacée au commencement du xvue siècle par celle de J. Piscator, Bibel verdeutschte, % in-4°, Herborn, 1602-1604; souvent réimprimée ; elle est connue sous le nom de Strafmich- Gott-Bibel, à cause de la manière dont elle rend Mare, vit, 12. On s’en servit à Berne et dans quelques autres cantons de la Suisse pour les offices liturgiques. Voir ὅδ. J. Frickart, Beiträge zur Geschichte der Kirchengebräuche in ehemal. Kanton Bern, in-12, Argovie, 1846, p. 92. Une édition officielle parut à Berne, en 1684, 4 in-fe et in-4. Le style est faible, lâche, et imite trop le latin. — Amandus Polonus publia, en 1603, une version du Nouveau Testament. — Une traduction nouvelle, à l'usage des églises calvinistes de la Suisse, faite par Hottinger, Suicer, Füsslin, etc., fut imprimée à Zurich, en 1665.

Au ΧΥΠΙ" siècle, J. F. Haug et d’autres mystiques protestants publiérent la version connue sous le nom de Bible de Berlenburg. Le titre en fait connaître le but : Die heilige Schrift, Altes und Neues Testaments nach dem Grund-Text aufs neue übersehen und übersetzet : nebst einiger Erklärung des buchstäblichen Sinnes wie auch der fürnehmsten Fürbildern und Weissagungen von Christo und seinem Reich und zugleich einigen Lehren die auf den Zustand der Kirchen in unseren letzten Zeiten gerichtet sind ; welchem allem noch untermängt eine Erklärung die den inneren Zustand des geistlichen Lebens, oder die Wege und Wirkungen Gottes in den Seelen, zu deren Reinigung, Erleuchtung und Vereinigung mit Ihin zu erkennen gibt, 8 in-f, Berlenburg, 1726-1742. Les notes mystiques sont empruntées en grande partie aux écrits quiétistes de Mme Guyon,

Le même xvire siècle vit aussi une tentative de traduction rationaliste de la Bible, mais l’entreprise était prématurée, et son auteur, J. L. Schmidt, fut obligé de l’interrompre après la publication du Pentateuque. Son œuvre est connue sous le nom de Bible de Wertheim, parce qu’elle parut dans cette ville. Die gôttlichen Schriften von den Zeiten des Messie Jesus, in-8, Wertheim, 1735. C'est moins une version qu’une paraphrase, dans laquelle Schmidt s'efforce d'expliquer d'une manière naturelle tout ce qui est merveilleux dans l'Écriture. Ainsi il traduit Gen., xx, 26, de la manière suivante : « La femme de Lot resta en arrière, et elle regarda quelque temps autour d'elle ; mais elle fut saisie par les flammes et elle demeura là, enveloppée par la vapeur du bitume et raide comme une statue de pierre. » Voir Sammlung von (34) Schriften für und gegen das Werth. Bibelwerk, in-4°, 1738; J. N. Simnhold, Ausführliche Historie der Wertheim. Bibel, in-40, Erfurt, 1739.

Parmi les versions allemandes protestantes du xvirre siècle, on remarque encore celles de J. H. Reitz (Nouveau Testament), 1703 ; de Triller (Nouveau Testament), 1703 ; de Junckherrot (Nouveau Testament), 1732 ; de Ch. À. Heumann (Nouveau Testament), 1748 ; de 1. A. Bengel (Nouveau Testament), 1753; du savant orientaliste J, D.

ALLEMANDES (VERSIONS) DE LA BIBLE

Michaelis (Ancien Testament, 13 in-40, Gœttingue, 1769- 1785 ; Nouveau Testament, 2in-%, 1790), littérale et néanmoins claire; de J. H. D. Moldenhauer (Ancien Testament, 10 in-4, Quedlinbourg, 1774 et suiv.; Nouveau Testament, 2 in-8°, 1787 et suiv.); de Sillig, 1778; de Seiler, 1783 ; de Stolz, 1795 ; les Bibles calvinistes de Simon Grynæus, 3 in-80, Bäle, 1776; de Vôgelin, Zurich, 1781; le Nouveau Testament du théosophe Timotheus Philadelphus (J. Kayser, médecin de Stuttgart), 1733; Die neuesten Offenbarungen Gottes verteutscht, par C. F. Bahrdt, 4 in-80, Riga, 1773 ; 85. édit., in-8°, Berlin, 1783, prétendue traduction qui veut faire disparaître tout le surnaturel de lÉcriture, etc.

Les traductions ont été également nombreuses au xIxe siècle. On peut nommer celle de Preiss, 1811; de J. Gossner, 1815; de Schäfer, 1816; de G. E. Griesingen, 1824; de H. A. W. Meyer, 1829; de Prichter et Pleissner, 1830 ; de Boeckel, 1832; de J. Καὶ. W. Alt, 1837; de von der Heydt, 1852 ; de Fr. Regensdorf, 1860 ; de C. Weizsäcker, 1875; de de Wette, 1809-1814; du baron de Bunsen, 1858-1869 ; de C. Reinhardt, 1878. Plusieurs de ces traductions ne comprennent que le Nouveau Testament. Les deux plus importantes sont celles de de Wette et de Bunsen. La première édition de la version de de Wette fut publiée en collaboration avec J. G. W. Augusti, 6 in-&, Heidelberg, 1809-1814; la seconde, par de Wette seul, qui revit tout le premier travail, 3 in-8°, 1831-1833; 85. édit., 1838 ; 4e édit., 1858. Très versé dans la langue hébraïque, il rend mieux l'original que Luther; mais il est littéral à l'excès. La version du baron de Bunsen a été faite principalement pour la lecture publique et le service liturgique. Elle fait partie du Vollständiges Bibelwerk für die Gemeinde, 9 in-80, Leipzig, 1858-1869. L'auteur mourut en 1860, avant d’avoir achevé son œuvre; les hagiographes ont été traduits par Ad. Kamphausen, les livres deutérocanoniques et le Nouveau Testament par H. J. Holtzmann.

IV. Versions allemandes catholiques. — Dès l'origine du protestantisme, pendant que les hérétiques s’oceupaient avec tant d’ardeur de la traduction et des éditions de la Bible, les catholiques allemands ne restaient pas inactifs. J. Beringer publia dès 1526, à Spire, une traduction du Nouveau Testament à l'usage des catholiques; elle était en partie la reproduction de celle de Luther, mais soigneusement corrigée. J. Emser, l’année suivante, 1597, donna également une version in-folio du Nouveau Testament (sans indication de lieu). Elle fut réimprimée en 1529, à Leipzig, et elle l’a été souvent depuis. Elle n'est aussi qu’une retouche, d’après la Vulgate et les croyances catholiques, de l'ancienne traduction allemande et de celle de Luther, qui lui reprocha d’avoir labouré avec ses génisses. En 1534, parut in-f°, à Mayence, la Bible de J. Dietenberger, religieux de l’ordre de Saint-Dominique, Biblia beider Allt vund Newen Testamenten, new verdeutscht, et en 1537, également in-folio, Ingoldstadt, celle de 1. Eck, le célèbre antagoniste de Luther. Bibel Alt vnd New Testament, nach den Text in der hailigen Kirchen gebraucht auf hohteutsch verdolmetscht.

La Bible d’Eck reproduisait pour le Nouveau Testament la traduction d'Emser avec quelques corrections, et, pour l'Ancien Testament, l’ancienne version allemande avec des modifications considérables faites au point de vue du style et pour la mettre pleinement d'accord avec la Vulgate. Elle fut réimprimée plusieurs fois, mais elle n'eut pas le même succès que celle de Dietenberger, Cette dernière a fait grand usage d'Emser pour le Nouveau Testament, et de la version de Léon de Juda pour les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament. Elle traduit la Vulgate. Les protestants ont prétendu que, pour l'Ancien Testament, elle reproduisait souvent la traduction de Luther. La vérité, c'est qu'elle emprunte à bon droit à l’ancienne traduction catholique allemande, comme l'avait fait Luther lui-même. (Voir H. Wedewer, Johannes Die= tenberger, 1475-1537; sein Leben und Wirken, in-4,

Fribourg-en-Brisgau, 1888). Elle fut notablement retouchée, d’abord par Caspar Ulenberg (1549-1617), Sacra Biblia, Das ist, die ganze h. Schrift Allen und Newen Testaments, nach der let:ten Sixtiner Edition, in-f, Cologne, 1630, et ensuite par les jésuites, connus sous le nom de théologiens de Mayence, Das alt Testament. Das neue Testament, in-fv, Mayence, 1661. Un second titre, probablement ajouté après coup, quand l'impression eut été complètement achevée, porte : Bibel, das ist die heidige Schrifft A. und N. Test. nach der uralten gemeinen lateinischen, von der catholischen Kirchen bewährten und in derselbigen bishero allezeit gebrauchten Version oder Uebersetzung, in-f°, Mayence, 1662, Dès 1666, on la réimprima in-%, à Mayence, sous le titre de Die catholische Bibel, qu'elle ἃ conservé dans un grand nombre d'éditions.

Un bénédictin de Wessobrun, Th. Erhard, en donna à Augsbourg, en 1722, une nouvelle édition, en 2 in-fe, revue et corrigée (6e édit., 1748), et un autre bénédictin d'Ettenheim-Münster, G. Cartier, une autre édition à Constance, 1751, 4 in-fv, Ignace Weitenauer, professeur de langues orientales à Insprück, publia à Augsbourg, 4 in-8o, 1733-1789, une traduction complète de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui lui a valu les éloges des protestants eux-mêmes, à cause de son mérite littéraire et de son exactitude. Elle est accompagnée de notes destinées à établir, d'après le texte sacré, les croyances de l'Église,

Voir sur toutes les traductions catholiques qui viennent d’être énumérées, G. W. Panzer, Versuch einer kurzen Geschichte der rümisch-katholischen deutschen Bibelibersetzung, in-%, Nuremberg, 1781.

Mentionnons aussi les versions de J. M. Thun, évêque de Passau (Nouveau Testament incomplet), 1762; de J. Fleischutz, Fulde, 1778; de Fr. Rosalino (Ancien et Nouveau Testament), 3 in-8, Vienne, 1792; de Seibt, Prague, 1781 ; de Chr. Fischer (Nouveau Testament), in-8, Prague, 1784; Trèves, 1794; de Lauber, 1786 : de Seb. Mutschelle (Nouveau Testament), 2 in-8&, Munich, 1790; de B. Weyl, Mayence, 1789; de J. G. Krach, 2 in-8, Fribourg, 1790; 2e édit., 1812; d'un anonyme, 3 in-@, Vienne, 179 ; de Babor, 3 in-8&, Vienne, 1805; de B. M. Schnappinger (Nouveau Testament), 3 in-8, Mannheim, 1787-1799 ; 3 édit., 4 in-80, 1817-1818; de M. Wittmann, 1809 ; de Schwarzel (Nouveau Testament), 6 in-8°, Ulm, 1802. — Dom. von Brentano commença, en 1790, sur les textes originaux, une version assez libre et ayant quelques tendances rationalistes. Le Nouveau Testament parut à Kempten, 3 in-8, en 1790 et suiv. (5° édit., 4 in-&, Grätz, 1813 et suiv.). Il ne put achever l'Ancien Testament, qui fat continué, après sa mort (1794), par Th. A. Dereser et 4. M. A. Scholz, 15 in-8, Francfort-sur-le- Mein, 1797-1833. Scholz revit le Nouveau Testament, qu'il publia en 4 in-8, Francfort-sur-le-Mein, 1797-1833, — 4. H. Kistemaker donna en 1818-1895, 7 in-80, à Münster, une traduction annotée du Nouveau Testament et une traduction sans commentaire, in-8, Münich, 1825, Cette version est encore très répandue parmi les catholiques allemands. L'auteur y rectifie particuliérement les erreurs de van Ess.

Léandre van Ess, bénédictin de Marienmünster, à Paderborn, aidé par un de ses parents, Karl van Ess, publia une traduction du Nouveau Testament plus littérale que celle de Brentano, in-8, Brunswick, 1807 ; 4e édit., Salzbourg, 1819. Elle fut mise à l'Index par un décret du 17 décembre 1821. Léandre publia seul, en 1822, à Soulzbach, la première partie de la traduction de l'Ancien Testament, et la seconde, en 1836. Il donna une Bible complète avec Wetzer, en trois parties, Soulzbach, 1840,

HI. Braun, de l'ordre de Saint-Benoît, publia à Augsbourg, 10 in-8, 1788-1797, une nouvelle traduction importante de la Vulgate (avec un Biblisches Universallexicon, 2in-8°). La seconde édition fut donnée par M. Feder, 3 in-8°, Nuremberg, 1803, et la troisième par J. Allioli, 6 in-8°, Landshut, 1830-1832. Le dernier éditeur. l'a com-

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plètement transformée dans ses éditions successives, et elle n’est plus connue que sous son nom. Voir ALLIOLI. Deux autres savants catholiques, Val. Loch et W. Reischl, ont également traduit l'Ancien et le Nouveau Testament, Die heiligen Schriften des alten und neuen Testamentes, nach der Vulgata mit steter Vergleichung des Grundtextes übersetzen und erläutert, kin-8, Ratisbonne, 1851-1866. Cette traduction est très estimée.

Voir sur les traductions allemandes en général : Ed, Reuss, Die Geschichte der heiligen Schriften Neven Testaments, 6° édit., Brunswick, 1887, 5 463-464 ; 469-479, 479, 484-485, 488, 497-498, p. 522, 533, 543, 548, 555, 568; K. Werner, Geschichte der katholischen Theologie, in-8, Munich, 1866, p. 272, 398-400, 538, etc. ; L. Diestel, Geschichte des alten Testaments in der christlichen Kirche, in-80, Iéna, 1869, p. 262,644 et suiv.; German Versions, dans J. Kitto, Cyclopædia of Biblical Literature, 3 édit., τι 11, p. 114116; O. Ε, Fritzsche, Deutsche Bibelübersetzungen, dans Herzog, Real-Encyklopädie, 2 édit., t. 11, p. 243-561. F. VIGOUROUX.

ALLEMANNO Jochanan, rabbin, né à Constantinople (xve siècle), émigra en Italie, où il se lia avec Pic de la Mirandole. On ἃ de lui un commentaire allégorique du Cantique des cantiques, Hé$eq Selômôh, Désir de Salomon, II Reg., 1x, 1. Dans ce commentaire considérable, Allemanno montre une grande variété de connaissances et une rare habileté à manier la langue hébraïque. Il n’a encore paru de cet ouvrage qu'un fragment publié par Is. Sam. Reggio, et l'introduction, Sa'ar hahéseq, La porte du désir, imprimée à part, in-4, Livourne, 1790.

4. ALLEN John, pasteur d'une congrégation baptiste à Spitalfields, de 1764 à 1767; puis prédicateur à New-York, où il mourut. Il publia The spiritual Magazine, or the Christian’s Grand Treasure, whereinthe Doctrines of the Bible are unfolded, Londres, 1752 ; réimprimé avec une préface de Romaine, 3 in-8°, Londres, 1810; Chain of Truth, dissertation sur l'harmonie des quatre Évangiles, 1764. Voir Wilson, Dissenting Churches, t. 1v, p. 496.

2. ALLEN Thomas, ministre non conformiste anglais, né à Norwich, en 1608, mort le 21 septembre 1673. Il avait été élevé à Cambridge. On a de lui Chain of Scripture Chronology from the Creation till the death of Christ, in-4, Londres, 1659, livre qui jouit à son apparition d'une grande réputation. Voir L. Stephen, Dictionary of national Biography, t. 1, p. 313.

3. ALLEN William, né en 1532, à Rossal, en Angleterre, d'une famille catholique, fit de très brillantes études à l'université d'Oxford. Obligé de quitter son pays (1561) pour rester fidèle à sa foi, il se réfugia à Louvain, puis à Malines, où il fut ordonné prêtre (1565). Après un voyage à Rome (1567), il se fixa à Douai, où il fonda le célébre collège anglais, destiné à préparer des missionnaires pour l'Angleterre, Il ne cessa d’ailleurs de soutenir ses compatriotes exilés pour leur religion, et de s'occuper de la conversion de sa patrie. Aussi sa vie et sa mission ont été admirablement résumées par son biographe Fitzherbert en ces mots, qui font son plus bel éloge : « Homo natus ad Angliæ salutem. » C'est à ses soins que les catholiques anglais doivent la version de l’Écriture connue sous le nom de Bible de Douai. Créé cardinal en 1587, Allen fut nommé par Sixte-Quint membre de la commission chargée de reviser la Vulgate. Sa science de l'Écriture l'avait désigné au choix du pontife, Il mourut-à Rome le 16 octobre 159%. Voir Fitzherbert, De antiquitate et continuatione catholicæ religionis in Anglia, et de Alani cardinalis vita libellus, in-8, Rome, 1608; Alph. Bellesheim, Wilhelm Cardinal Allen und die englischen Seminare auf dem Festlande, in-8°, Mayence, 1885; la Vie d'Allen placée par Th, Fr, Knox en tète de The first and second

Diaries of the English college Douay, edited by Fathers of the congregation of the London Oratory, in-4, Londres, 1878; Letters and Memorials of Cardinal Allen, with an historical Introduction, by Th. Fr. Knox, in-49, Londres, 1882; J. Gillow, Literary and biographical History of the English Catholics from 193%, τ. τ, p. 14-24.

1. ALLIANCES entre les hommes. — L'alliance entre deux peuples ou deux tribus, où même entre des particuliers, s'appelait en hébreu berit. 1 Sam. (1 Reg.), x1, 1; Jos., 1x, 7, 15; Gen., xxx1, 44; I Sam. (1 Reg.), XVI, 3; xx, 18. De là, des confédérés étaient appelés « les hommes de l'alliance ». Gen., xiv, 13; Abdias, 7. — Les traités et conventions conclus entre peuples, de même que les contrats et conventions faits entre particuliers, portaient le nom de beri{ comme l'alliance elle-même, Voir Traïrés et Conrrars. — Le mariage est quelquefois appelé « alliance, berit, » à cause de son analogie avec les alliances que les hommes font entre eux. Malach., 11, 14 (uxor fœderis tui). Le mot berît est aussi employé métaphoriquement, Job, v, 23, en parlant des choses inanimées. — Enfin, les promesses que Dieu fit à Abraham et à sa race, à condition qu'elle le servit fidèlement, sont aussi appelées « alliance », berit. Cette « alliance » tient une large place dans l'histoire du peuple de Dieu. Voir ALLIANCE 2.

Les « alliances » entre particuliers étaient un pacte d'amitié, comme entre David et Jonathas, I Sam. (I Reg.), XVII, 3, ou un accord conclu pour terminer un différend. Gen., xxx1, 44. Les « alliances » entre peuples ou tribus avaient une plus grande importance, et elles tiennent une place assez considérable dans l’histoire sainte.

1. Rites qui accompagnaient la conclusion des alliances. — Faire un traité s'appelait, dans les temps anciens, kdrat berit, « couper une alliance, » Gen., xv, 18, locution correspondant au grec ὅρχια τέμνειν, τέμνειν σπονδάς, et au latin fœdus icere, ferire, percutere, parce que, pour mettre le traité sous la sauvegarde de la religion, on le ratifiait en offrant un sacrifice, dans lequel les victimes offertes à la divinité étaient « coupées » en deux, Gen., xv, 9-10, pour signifier le châtiment auquel se soumettait d'avance celui qui violerait la foi promise. Les contractants passaient entre les deux parties de la victime, Gen., xv, 17, en prononçant des imprécations contre celui qui manquerait à sa parole. Cf. Tite Live, r, 24. Ces rites ne sont pas indiqués ordinairement dans la conclusion des alliances mentionnées par les Saintes Écritures ; mais les prophètes et le Nouveau Testament lui-même y font allusion. Jer., xxxIV, 18; Matth., xx1v, 51; Luc., x1r, 46. Cf. Hérodote, 11, 139; vis, 39; Xénophon, Anab., 11, 2, 9; Plutarque, Quæst. rom., 111; Tite Live, 1, 24; xx1, 45. En général, le serment seul est mentionné, soit entre peuples, Jos., ΙΧ, 15; soit entre individus. Gen., XXvI, 28; ΧΧΧΙ, 53; 1 Reg., xx, 16; IV Reg., x1, 4. L'alliance était sollicitée par un envoi de présents. III Reg., xv, 18; Is., xxx, 6;

1 Mach., xv, 18. Cf. Jliade, x1x, 243-946. Un festin.

accompagnait l'accord des parties. Gen., xXvI, 30 ; Exod., xx1V, 11; Il Reg., 111, 12, 20. On choisissait quelquefois un signe permanent de l'alliance convenue, ainsi qu’on le verra plus loin. Gen., xxx1, 45. Cf. Pausanias, II, xx, 9. Un traité durable était appelé « pacte de sel », Num., xvin, 19; 11 Par., x, 5; cf. Lev., 11, 13; parce que le sel empêche la corruption, et peut-être aussi parce que, comme chez les Arabes, celui qui avait mangé du sel avec une autre personne était lié à elle à jamais par les droits sacrés de l’hospitalité. Καὶ. Niebuhr, Beschreibung von Arabien, Copenhague, 1772, p. 48. Dés une haute antiquité, on faisait déjà les traités d'alliance par écrit. C'est ainsi que, vers l'époque de Moïse, le traité conclu entre le pharaon Ramsès II et le roi des Khétas ou Héthéens, et qui est parvenu jusqu’à nous, fut gravé sur une tablette d'argent. Voir F. Vigouroux, Les Héthéens de la Bible, dans les Mélanges bibliques, 2 édit., p. 374-379, Chez les

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