ALLEN — ALLIANCES
Juifs, nous ne trouvons de traité écrit que du temps des Machabées. I Mach., vin, 23-32; xv, 16-21.
Il. Histoire des alliances du peuple de Dieu. — 4° Du temps des patriarches. — Abraham fit alliance en Palestine avec des chefs chananéens. Gen., χιν, 13. Ses alliés s’unirent à lui pour poursuivre les troupes de Chodorlahomor, qui avaient pillé Sodome et emmené captif Lot, neveu d'Abraham. Gen., x1v, 13-16, 24, Le saint patriarche fit également un traité avec Abimélech, roi de Gérare; sur l'initiative de ce prince. Gen., xx1, 22-32. Ce traité fut renouvelé entre Isaac et le successeur d'Abimélech. Gen., xxvI, 26-31. Dans ces deux traités, les parties contractantes s'engagent simplement à ne pas se nuire l’une à l'autre à perpétuité. Gen., xx1, 23; xxVI, 29.
2 Depuis la sortie d'Égypte jusqu'à l'établissement de la royauté. — Avant Moise, rien n’empéchait les Hébreux de faire alliance, à leur gré, avec leurs voisins et avec les autres peuples en général. La loi défendit de contracter aucune alliance soit politique, soit même matrimoniale, avec les tribus chananéennes, à cause du danger de séduction religieuse, Exod., xxH1, 32; χχχιν, 19-16; Deut., Vis, 2-4; danger très réel, comme le prouve l'exemple de Salomon, IT Reg., xt, 1-8, et d'Achab, I Reg., xwr, 31 ; mais elle n’interdit point de s’allier avec les autres nations, qui ne pouvaient pas faire courir le même péril aux Hébreux, parce qu'elles n'étaient pas mélées avec eux comme les Chananéens habitant la Palestine, — Depuis Moïse jusqu'à l'établissement de la royauté, nous ne trouvons expressément mentionnée qu'une seule alliance, celle de Josué avec les Gabaonites. Elle était contraire ἃ la loi qui vient d'être rapportée, mais elle avait été obtenue par fraude de la part des Gabäaonites. Jos., 1x, 3-27, Pendant la période des Juges, l'absence d'un pouvoir central et le morcellement des tribus empêchérent la conclusion d'alliances avec les peuples voisins. Nous voyons seulement que Jephté essaya, mais sans succès, de faire un traité avec les Ammonites. Jud., xr, 12-98. Diverses allusions du livre des Juges, 1, 16; 1v, 11, 17-22; v, 24, et du premier livre des Rois, xv, 6; xxx, 29, semblent indiquer qu'il existait une alliance au moins tacite entre les Hébreux et les Cinéens. Elle devait remonter jusqu'à Moïse, qui était le gendre d'un Cinéen, Jéthro. Jud., τ, 16.
30 Sous les rois. — Quand la royauté eut été établie en Israël, les rois firent souvent alliance avec leurs voisins pour des raisons politiques et commerciales. David donna le premier l'exemple. Pendant que la persécution de Saül l'obligeait à mener une vie errante, sa situation précaire et la nécessité d’avoir des appuis lui firent rechercher l'amitié de divers princes, comme celle d’Achis, roi philistin de Geth, 1 Reg., xxvi, 2-12; xxvint, 1-2; du roi de Moab, I Reg., xx11, 3-4, Il épousa Maacha, fille du roi de Gessur, Il Reg., 11, 3; il entretint les meilleures relations avec Naas, roi des Ammonites. ΠῚ Reg., x, 2. Quand il fut devenu célèbre par ses victoires, le roi d'Émath, Thoü, lui envoya Joram, son fils, pour l’en féliciter. II Reg., vit, 9-10, Mais la plus célèbre de ses alliances est celle qu’il contracta avec Hiram, roi de Tyr, II Reg., v, 1, qui lui envoya des ouvriers pour construire son palais. II Reg., Vite
Salomon, comprenant tout le parti qu'il pouvait tirer de l'alliance avec les Phéniciens, marcha sur les traces de son père : il fit un traité formel avec Hiram, ΠῚ Reg., v, 12, et il en profita pour tirer du Liban une partie des matériaux nécessaires à la construction du temple et pour obtenir de lui les maçons de Gebal et les autres ouvriers dont il avait besoin. ΠῚ Reg., v, 6-11, 14, 18. Plus tard, il s'associa même au roi de Tyr pour le voyage fructueux du pays d'Ophir. ΠῚ Reg., 1x, 26-98; x, 11, 22. Cette union entre les Israélites et les Phéniciens laissa un profond souvenir dans la mémoire des Juifs; car, plus de deux cent cinquante ans plus tard, Amos, le prophèteberger de Thécué, annonçait à Tyr que Dieu la châtierait parce qu'elle « avait oublié l'alliance fraternelle » qui
si Ce διονννν.
l'unissait aux enfants de Jacob. Amos, 1, 9. Salomon fit aussi avec le pharaon d'Égypte une alliance qui fut scellée par un mariage, ΠῚ Reg., m1, 1 ; 1x, 16, et qui lui fournit le moyen de faire avec ce pays le commerce des chevaux. II Reg., x, 28-29. Il y eut sans doute également une alliance entre la reine de Saba et Salomon, ΠῚ Reg., x, 4-13, dont l'habileté politique consista principalement à se lier avec ses voisins dans l'intérêt de son commerce.
Après le schisme des dix tribus, l’antagonisme des deux royaumes de Juda et d'Israël les porta l’un et l’autre à contracter des alliances offensives et défensives avec leurs voisins pour attaquer l'ennemi ou pour se défendre plus efficacement. Ces alliances expliquent en grande partie les événements de cette époque. Ainsi il est très probable que l'invasion du pharaon Sésac dans le royaume de Juda, ΠῚ Reg., xt, 40; xu1, 2; χιν, 25-96 ; IL Par., x, 1; xu1, 2-4, fut provoquée par le roi d'Israël Jéroboam Ier, qui avait trouvé un refuge en Egypte pendant les dernières années ‘de Salomon, et qui jugea cette diversion tres utile pour asseoir son autorité dans le nord de la Palestine, en paralysant Roboam et l'empêchant de tourner ses armes contre lui. Ce même antagonisme entre Israël et Juda engagea les successeurs de Jéroboam et de Roboam à rechercher l'alliance des rois syriens de Damas. C'étaient les plus proches voisins du royaume des dix tribus, et ils pouvaient lui être très nuisibles, s'ils prenaient parti contre lui. Les rois d'Israël devaient donc s’eflorcer de s'assurer leur bienveillance; ceux de Juda, au contraire, ne devaient rien négliger pour les indisposer contre le royaume schismatique. Asa y réussit, et fit tourner contre Israël les armes de Benadad. II Reg., xv, 16-20. Dieu désapprouva d’ailleurs par ses prophètes ces alliances dangereuses pour la religion. IL Par., xvr, 7. Cf. ΠῚ Reg., xx, 35-43.
Cependant une autre politique prévalut pendant la seconde période de l'existence du royaume des dix tribus. Après avoir été en guerre avec Juda depuis son établissenent, c'est-à-dire pendant une soixantaine d'années, Israël, sous le règne d’Achab, fit la paix avec Josaphat, et cette paix dura autant que la dynastie d'Achab elle-même. Juda reconnut les faits accomplis, il comprit qu'il y avait avantage, dans l'intérêt de sa propre sécurité, à ne pas attirer les Syriens dans la Palestine du Nord; car, s'ils en devenaient une fois les maîtres, il serait lui-même incapable de leur résister. L'alliance avec Israël, livré à l'idolätrie, était du reste dangereuse pour la religion, IV Reg., vur, 26 ; II Par., xxit, 2-#4, et Dieu, pour ce motif, la désapprouva. IL Par., xx, 2; cf. xx, 7. L'union subsista néanmoins jusqu'au règne de Jéhu. IV Reg., 1x, 27; II Par., xx, 8-10. Sous Jéroboam II et Amasias, il y eut une nouvelle guerre entre les deux royaumes. IV Reg, XIV, 8-14; II Par., xxv, 17-24. Les hostilités s’aggravèrent du temps d’Achaz, roi de Juda, et de Phacée, roi d'Israël. Celui-ci se ligua avec Rasin, roi de Syrie, pour venir plus facilement à bout d'Achaz. IV Reg., xvi, 5; IL Par., xxvi1, 5-6. Le roi de Juda, effrayé de cette ligue, eut recours à la protection de Téglathphalasar, roi d’Assyrie. IV Reg., xv1, 7-9; IL Par., xxvin, 16.
L'intervention de l'Assyrie dans les luttes intestines de Juda et d'Israël marque une nouvelle période dans l'histoire du peuple de Dieu. La puissance ninivite était destinée à anéantir le royaume des dix tribus, comme celui de Syrie, et l’effroi qu'elle causait devait avoir pour résultat de jeter Israël et même Juda dans les bras de l'Égypte. Non seulement les livres historiques, mais aussi les livres prophétiques de cette époque sont remplis de traits ou d'allusions se rapportant à ces événements. L'Assyrie s'imposait par la force, et n’était par conséquent acceptée volontiers que par un petit nombre ; la majorité était portée vers l'Égypte, qu'on croyait assez puissante pour résister aux Assyriens, et qui était intéressée ellemême à les éloigner de son voisinage ; elle apparaissait ainsi comme une libératrice aux yeux de la plupart des habitants de la Palestine. Les prophètes faisaient tous