‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 198 sur 474 · ALOËS · texte numérisé non relu

ALOËS

encore inexacte, mais qui montre que le targumiste avait. bien vu que ’ähälim était ici la même expression qui dans | les livres sapientiaux indiquait un parfum. On s'accorde généralement aujourd'hui à reconnaître que Balaam parle d'un arbre précieux et odorant, digne d'être comparé au cèdre; mais quel était cet arbre? Son identification souflre des difficultés. Il ne saurait être question de la plante d'ornement qu'on cultive parmi nous sous le nom d'aloës,,. laquelle n’est pas un arbre. Depuis Celse, qui ἃ consacré à ce sujet une longue dissertation dans son Hierobotanicon, t. 1, p. 135-171, on suppose communément que le

104. — Branche d'aquilaria agallocha avec boutons de fleurs. —

Au haut, à droite, bouquet de fleurs épanouies ; au-dessous, graine et fleur isolée épanouie; au bas, section de la fleur,

’ähâlim est l'Aquilaria agallocha, appelé d'abord par les Grecs ἀγάλλοχον, puis aussi ξυλαλόη, ou bois d'aloës. L'Aquilaria agallocha n’est encore connu qu'imparfaitement des botanistes. Il croît dans l'Inde septentrionale. C’est un arbre qui atteint trente-cinq mètres de haut et plus de trois mètres de circonférence. L’'écorce du tronc est unie et couleur cendrée; les branches sont grises, avec de légères bandes brunes, le bois blanc (fig. 104). Est-ce de cet arbre qu'a voulu parler Balaam ? Beaucoup le nient, parce que, disent-ils, cet arbre ne poussait point dans le pays de Moab, ni en Mésopotamie, patrie du devin paien. Il est pourtant possible que Balaam, connaissant le bois qu’on importait comme parfum, ait réellement voulu parler de l'arbre qui le produisait, arbre qu'il n'avait jamais vu, mais dont il avait entendu faire l'éloge. Cette identification, sans être certaine, est du moins probable. En tout cas, si le ’ähälim des Nombres n'est pas l'arbre qui produit le parfum appelé aloès, les éléments nous manquent pour le déterminer. D'après plusieurs commentateurs, c’est aussi de l’aloës-arbre qu'il est question dans le Cantique des cantiques, 1v, 14, et alors l'on devrait expliquer ce passage comme celui des Nombres; toutefois il est possible que l’auteur du Cantique ne parle que du parfum de l’aloës.

IL. Aloès, parfum. — Le parfum d'aluès dont il est question Ps. xLv (xLIV), 9; Prov., vit, 17; Joa., xix, 39, est un bois fourni par l'Aquilaria agallocha, ou une essence qu'on en tire. On donne aussi aujourd'hui ce nom au bois de l'Aloexylon agallochum, originaire de Cochinchine ; mais il y a tout lieu de croire que les Hébreux connais-

saient seulement celui qui était tiré de l'Inde, c’est-à-dire le bois de l'Aquilaria agallocha, et qui leur arrivait probablement par l'Arabie, Dioscoride en ἃ fait la description suivante : « Le bois d'agallochos est importé de l'Inde et de l'Arabie; il est semblable au bois de thuya, exhale une bonne odeur, est très amer au goût... On le brûle comme l'encens. » (1, 21.) On l'appelle aujourd'hui calambac. Tout le bois de l'Aquilaria agallocha n'est pas également odorant, mais seulement les veines noires qu'on trouve dans l'arbre, Il n'acquiert même ordinairement ses qualités précieuses que lorsqu'il commence à dépérir. On l'enterre souvent dans la terre pour développer son parfum. Il résulte de là que le parfum d'aloës est rare, et, par suite, d'un prix élevé, On obtient aussi une essence parfumée d'aloès en pilant le bois dans un mortier, et en le faisant ensuite infuser dans l’eau bouillante, jusqu'à ce que l'huile flotte à la surface. ἃ cause de son prix élevé, on mélait ordinairement le parfum d’aloës avec des parfums moins coûteux, comme nous le voyons dans saint Jean, où nous lisons, x1x, 39 : « Nicodème vint aussi, apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d’aloës, » pour embaumer le corps de Notre-Seigneur. Il est à croire que l’aloès y était en petite quantité, et la myrrhe en abon-

‘ dance. Dans tous les passages de l'Ancien Testament où

ce parfum est nommé, il entre toujours dans une énumération d'aromates dont la myrrhe fait partie : « La myrrhe, l’aloès et la casse parfument ses vêtements. » Ps. xLv (xLIV), 9. « J'ai parfumé ma couche de myrrhe, d’aloès et de cinnamome. » Prov., vir, 17. « Là sont le nard et le safran, la canne odorante et le cinnamome, avec tous les arbres aromatiques, la myrrhe, l’aloès, et tous les parfums les plus précieux. » Cant., ιν, 13-14. L'aloës est encore aujourd’hui en Orient un des parfums les plus estimés et les plus recherchés. Voir J. de Loureiro, Flora Cochinchinensis, 2 in-4, Lisbonne, 1790, t. 1, p. 267-268; 1. F. Royle, Illustrations of the Botary of the Himalayan mountains, 2 in-f°, Londres, 1839, t. 1, p. 171-174; τ. τι, pl. 36 (en couleur); Id., dans Kitto’s Cyclopædia of Biblical Literature, 1862, t. τ, p. 89; B. Winer, Büiblisches Realwôrterbuch, 3 édit. ET, p. 47. F. VIGOUROUX.

ALOHES, hébreu : Hallôhéë, nom avec l'article, « l’enchanteur. »

1. ALOHÈS (Septante : ᾿Αλλωῆς), père de Sellum, qui fut chef d’un quartier de Jérusalem, à l’époque de la reconstruction des murs par Néhémie, IT Esdr., 111, 12,

2, ALOHES (Septante : ᾿Αλωής), un des chefs du peuple qui, au retour de la captivité, signérent avec Néhémie le renouvellement de l'alliance. IL Esdr., x, 24.

ALOÏS Pierre, commentateur italien, né à Naples vers 1585, entra dans la Compagnie de Jésus, le 26 septermbre 1600, Il professa pendant dix ans la philosophie, et pendant dix-huit ans expliqua l'Écriture Sainte à Naples. Il fut ensuite recteur au collège de Lecce, et mourut à Naples, le 2 juillet 1667. On a de lui : Commentori in Evangelia Quadragesimæ : 1. 1, complectens expositionem litteralem et moralem, in-f°, Paris, 1658; t. 11, tuto Expositionem litteralem et moralem ; t. 111, complectens tuxta sensum lilteralem et moralem sanclissimæ Eucharistiæ institulionem, et Passionem Domini nostri Tesu Christi præcipue secundum Matthæum : præterea Paschatis, et post Pascha Fer. 11e et 1114 Evangelia. En 1665, il avait un quatrième volume déjà approuvé par les reviseurs ; il n'a pas été publié.

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