D'après plusieurs
3. AMÉLECH, père de Melchias, possesseur d’une citerne où l'on jeta le prophète Jérémie pour l'y laisser mourir de faim et d’où il fut sauvé par Abdémélech, Jer., xxxvrr, 6. Certains exégètes pensent qu'Amélech est «le roi » Sédécias.
AMELOTE Denis, commentateur français, né à Saintes en 1609, docteur de Sorbonne, ordonné prêtre en 1631, se mit sous la direction du Ῥ. de Condren, qui l'employa à l'œuvre des missions. Quelques années aprés la mort de ce saint homme, dont il écrivit la vie, il entra à l'Oratoire, en 1650, où il occupa les charges d'assistant du général et de supérieur de la maison mère. Il mourut le 7 octobre 1678.
L'assemblée générale du clergé de 1655-1656 ayant chargé Marca, alors archevêque de Toulouse, et l'évêque de Montauban de faire traduire le Nouveau Testament, par la personne qu'ils jugeraient la plus capable, le P. Amelote fut choisi, et sa traduction parut de 1666 à 1670 en ἀ in-%, sous ce titre : Le Nouveau Testament de Nostre-Seigneur Jésus-Christ. Traduit sur l'ancienne édition latine corrigée par le commandement du pape Sixte V. Et publiée par l'autorité du pape Clément VIII. Avec des notes sur les principales dif ficultez, la chronologie, la controverse, et plusieurs tables pour la commodité du lecteur. Cette traduction fut réimprimée une trentaine de fois, avec ou sans les notes, dans le cours du xvre et du xvirre siècle. L'édition de Vendôme, 1671, et celles de 1733 ont été falsifiées en plusieurs endroits. Par ordre de Louis XIV, les deux éditions de 1686 furent tirées à cent mille exemplaires pour être distribuées aux protestants convertis. «On doit rendre justice au P. Amelote, dit Richard Simon, Histoire critique des versions du Nouveau Testament, Rotterdam, 1690, p. 361, qu'il est le premier des écrivains catholiques qui se soit appliqué avec soin à traduire le Nouveau Testament en français. » Et dans son Histoire critique des principaux commentaires du Nouveau Testament, Rotterdam, 1693, p. 883, le même Richard Simon, ordinairement sévère et plein de préjugés, ajoute : « Nous n'avons rien de plus critique sur le Nouveau Testament, traduit en notre langue, que les notes du P. Amelote.. On a eu raison de préférer sa version, pour la mettre entre les mains du peuple, à toutes les autres versions, parce qu'il justifie doctement, en une infinité d'endroits de ses remarques, l'ancien interprète de l'Église. » Au jugement du Journal des savants, le P. Amelote a su conserver dans sa traduction les grâces de notre langue, sans rien perdre de la force et de l'énergie des paroles du texte sacré.
Les autres ouvrages exégétiques du P. Amelote sont extraits de son édition du Nouveau Testament. En voici les titres : Les paroles de N.-S. Jésus-Christ tirées du Nouveau Testament, Paris, 1669 ; La vie de Jésus-Christ composée de toutes les paroles des évangélistes, ou l'unité des quatre..., Paris, 1669 ; Vita Jesu Christi ex omnibus evangelistarum verbis contexta, Paris, 1670 ; Les épistres et évangiles, avec les oraisons propres qui se lisent à la messe, Paris, 1668. Cf. Lelong, Bibliotheca sacra, t. 1, p. 337; R. Simon, Histoire critique du Nouveau Testament, ch. ΧΧΧΠῚ et xxx1v, et Histoire critique des principauæ comment., ch, αν πὶ ; Ingold, Bibliographie oratorienne, p. 7. A. INGOLD.
AMEN, mot hébreu, FN, ’âmên.
plusieurs fois tel quel dans les traductions grecque et latine de l'Ancien Testament, et a été aussi employé par les écrivains du Nouveau Testament. ἊΝ
I. Dans l'Ancien Testament. — 1° Amen est primitivement un adjectif qui signifie « : fer me, véritable, digne de confiance ». De là vient le sens de « vérité, fidélité aux promesses », qu'il a dans un passage d'Isaïe, ταν, 16, où le prophète appelle deux fois Dieu : *Elôhé ’âmên, «le Dieu en qui l'on doit avoir confiance, parce qu'il tient ce qu'il promet. » Vulgate : Deo amen. — 2 En dehors
Il a été conservé
de ce passage, le mot amen est toujours employé dans le texte hébreu comme adverbe, rarement au commencement d’une phrase, ΠῚ Reg., 1, 36; Jer., xxvIm, 6; ordinairement à la fin, dans le sens de « que cela soit ferme, qu'il en soit ainsi », γένοιτο, comme traduisent les Septante, II Reg., 1, 36; Jer., xxvut, 6. Il est placé dans la bouche d'une personne, II Reg., 1, 36; Jer., ΧΙ, 5; Num., v, 22, etc., ou du peuple tout entier, qui donne par là son adhésion à ce qui vient d’être dit, en marquant aussi par ce terme le souhait que ce qui a été dit s’accomplisse. Deut., xxvir, 15-26; I Par., xv1, 36 ; II Esdr., v, 13; vin, 6. Dans plusieurs passages, amen exprime l'acquiescement de celui qui le prononce à un serment ou à une malédiction. Num., v, 22; Deut., xxvir, 15-926. Dans d'autres, c’est l'expression du vœu que ce qui vient d’être demandé dans une prière soit accordé par Dieu, comme dans la doxologie finale des quatre premiers livres des Psaumes : Ps. xL, 144; LxXxI, 19 ; LxxXVIN, 53; CV, 48. (La Vulgate, qui a conservé ailleurs le mot amen, a dans les Psaumes, à la place de cet adverbe, le mot /iat, parce qu’elle ne traduit pas directement l’hébreu, mais le grec des Septante, qui porte : γένοιτο.) Tous ces versets des Psaumes (les trois premiers seulement dans l'hébreu, Ps. xL1, 14; LXxXU, 19; LxxxIX, 53) ont un amen ou fiat répété, pour donner plus de force à cette locution. Ce redoublement se voit déjà dans les Nombres, v, 22. Quand Esdras bénit solennellement le peuple, celui-ci répond aussi deux fois : amen, amen. II Esdr., vut, 6.
IT. Dans le Nouveau Testament. — 1° Notre-Seigneur, dans ceux de ses discours que nous ont conservés les Évangiles, se sert fréquemment du mot amen, au commencement de ses phrases, dans un sens qui lui est propre et qu’on ne retrouve pas ailleurs dans la littérature hébraïque. I] dit vingt-huit fois dans saint Matthieu , treize dans saint Mare, sept dans saint Luc : ᾿Α μὴν λέγω σοι (ὑμῖν) « En vérité je vous le dis, » et vingt-six fois dans saint Jean, en redoublant le mot : ᾿Αμὴν ἀμήν. Cette répétition aa valeur d'un superlatif : « Je vous dis très certainement, en toute vérité. » — 2% En dehors de cette acception du mot amen, qui est spéciale à Notre-Seigneur, nous trouvons cette particule employée dans le Nouveau Testament comme dans l'Ancien, avec la signification : « qu'il en soit ainsi. » Rom., 1, 25; IX, 5; XI, 96, etc. ; Gal., 1, 5 ; Eph., 111, 21 ; Phil, 1v, 20 ; I Tim, 1, 17; Hebr., ΧΠΙ, 21 ; I Petr., 1v, 11; Apoc., 1, 6,7; v, 14, etc. Cf. Luc, xxIv, 53, et la conclusion du Pater noster. Matth., vi, 13. — 3 Saint Jean, dans l'Apocalypse, appelle Jésus-Christ « l'Amen (ὁ ᾿Αμήν), le témoin, le fidèle, le véridique ». Apoc., 11, 14. C'est sans doute une réminiscence d'Isaïe, Lx, 16, et peut-être aussi du Maître, qui aimait à dire dans ses discours : Amen, amen, « en vérité je vous le dis. » « Le fidèle et le véridique » sont l'explication du mot « l'Amen ».— 4e Dans la primitive Église, dès l’âge apostolique, à l'exemple de la synagogue, l'usage s’introduisit dans les assemblées des fidèles que tous les assistants répondissent amen aux prières du célébrant, afin de s'unir à lui et de s'approprier ce qu'il venait de dire au nom de tous. Saint Paul fait allusion à cette coutume. I Cor., xIv, 16, et IL Cor., 1, 20. Dans le premier passage, il dit : « Si vous priez seulement de cœur, comment celui qui tient la place du peuple pourra-t-il répondre amen à votre prière, puisqu'il n'entend pas ce que vous dites ? » Le second passage est diversement interprété ; il offre même des leçons différentes dans le texte grec ; mais d’après la plupart des commentateurs, d'accord en cela avec la Vulgate et avec plusieurs manuscrits grecs importants (voir Ὁ. Tischendorf, Novum Testamentum græce, editio critica minor vi, p. 792), il doit se traduire ainsi : « Toutes les promesses de Dieu sont en lui : oui (c'est-à-dire sont exécutées fidèlement), e’est pourquoi par lui aussi nous disons amen à Dieu [comme nous le faisons à la fin des priéres publiques], pour lui rendre gloire, » par la ferme confiance que nous manifestons en ses promesses. —