Cissus viligenca
Lachmann, de Tischendorf, après le cinnamome, dans l'Apocalypse, xvint, 13. Ce mot ne se lit pas dans le textus receptus grec et dans la Vulgate latine. Il peut avoir disparu de plusieurs manuscrits, parce qu'il se confondait avec la terminaison du mot précédent : καὶ χιυνάμωμον χαὶ ἄμωμον. — L'amomum nous est connu par les écrivains grecs et latins, Dioscoride, 1, 14; Théophraste, Hist. plant., 1x, 7; Fragm., 4; De odor., 32; Pline, EH. N., xu, 13, 1 ; mais ils l’ont caractérisé d’une manière si vague, qu'il est impossible de dire avec certitude quelle est la plante d’où l'on tirait le parfum désigné par ce mot. Sprengel, Hist. rei herb., t. τ, p. 140, 247 (cf. Fraas, Syn. plant. floræ class., p. 98), suppose que c'est la Cissus vitigenea d'Arménie (fig. 191). La Cissus vitigenea ou Cisse à feuilles de vigne est un arbrisseau grimpant, du genre des Vitigénées, qui atteint de six à sept mètres. Ses feuilles, en forme de cœur, sont persistantes ; ses fleurs, nombreuses, petites et cotonneuses à l'extérieur ; ses baies, bleuâtres et odorantes,
Pline décrit l'amomum dans les termes suivants : « La
grappe d’amomum est employée; c'est le produit d'une vigne indienne sauvage ; d'autres ont pensé qu'elle provenait d’un arbrisseau semblable au myrte, de la hauteur d’une palme, On l'arrache avec la racine, on en forme des bottes avec précaution, car il est fragile tout d'abord. On estime surtout celui qui a les feuilles semblables à celles du grenadier, sans rides, et d’une couleur rousse. Au second rang est celui qui est päle. L’amomum qui ressemble à de l'herbe vaut moins, et le moins bon de tous est le blanc, couleur qu'il prend aussi en vieillissant... Il naît aussi dans la partie de l'Arménie qu’on nomme Otène, dans la Médie et dans le Pont. » Pline, Η. N., xu, 18 (28), traduct. Littré, 1848, t. 1, p. 482-483. L'amomum assyrien paraît avoir joui particulièrement d'une grande réputation. Virgile, Eclog., 1v, 95, édit. Lemaire, t. 1, p. 131. Cf. Josèphe, Ant. jud., XX, πὶ, 3, édit. Didot, t. 1, p. 770. On se servait de cette huile aromatique pour parfumer les cheveux :
Si sapis, Assyrio semper tibi crinis amomo Splendeat, et cingant florea serta caput,
dit Martial, Epigr., vu, 77, édit. Lemaire, t. 17, p. 364. Voir aussi Ovide, Heroid., xxt, 166, édit. Lemaire, ἔν 1, p. 391 ; Silius Italicus, xt, 402, édit, Lemaire, t. 1, p. 672. À F. VIGOUROUX.
AMON, hébreu: ’Armnôn, «architecte ou nourrisson [?];» Septante : ᾿Αμώς, ᾿Αμών.
1. AMON (Septante : ’Auwc), quatorzième roi de Juda, fils de Manassès et de Messalémeth, succéda à son père à l’âge de vingt-deux ans. IV Reg., xx1, 18-19 ; II Par., xxx, 21. Le nom d'Amon ne se rencontre que dans ces deux passages. Manassès, adonné à l'idolâtrie, avait-il appelé ainsi son fils par respect pour la grande idole des Égyptiens, Nah., 11, 8, ou pour plaire au roi d'Égypte? Cela peut être, mais rien ne le prouve; car le nom ’Amôn a une forme vraiment hébraïque, dont la signilication est exactement déterminée (-Gnôn, « constructeur, architecte »). Héritier de l'impiété de son père, Amon se livra comme lui à l'idolàtrie, et servit « toutes les immondices qu'avait servies son père, et les adora ». IV Reg, xx1, 21. Il le dépassa même en irréligion. IL Par., xxx, 23. Après deux ans d’un règne sans gloire et rempli de ces iniquités (642-641), il tomba victime d’une odieuse machination, et fut assassiné à l’âge de vingt-quatre ans, dans son palais, par ses propres serviteurs. IV Reg., xx1, 95: IT Par., xxxu1, 24. Cet attentat souleva l'indignation publique, et le peuple fit justice des meurtriers. Pour Amon, il fut enseveli, comme Manassés, dans le jardin d'Oza, IV Reg., xx1, 26, qui entourait la maison de plaisance qu'il possédait hors de la ville, dans une situation inconnue. IV Reg., xx1, 18. Il eut pour successeur son fils Josias, P. RENARD.
2. AMON, gouverneur de Samarie au temps d’Achab. ΠῚ Reg., xx, 26; II Par., νη, 35. Il reçut du roi l’ordre de garder dans une dure prison le prophète Michée.
3. AMON, Chananéen. II Esdr., var, 59. Il est appelé Ami, I Esdr., 11, 57. Voir AI.
AMONA (hébreu : Hämônäh ; Septante : ΠΠολυάνδριον). Ce mot signifie « multitude ». Ezéchiel, xxx1x, 16, appelle ainsi la ville située dans la vallée de Hamon-Gog (hébreu : Gé’ Hümôn Gôg ; Septante : Γαὶ τὸ πολυάνδριον τοῦ Γώγ; Vulgaie : Vallis multitudinis Gog, Ezech., xxx1x, 11, 15), où seront ensevelies les troupes innombrables de Gog après leur défaite. Cette vallée était, d’après le ÿ. 11, « la vallée des voyageurs, à l’est de la mer. » La mer n'est pas désignée d'une manière précise : c'est la mer Méditerranée, d'après Calmet et Hengstenberg ; la « vallée des voyageurs » est la plaine de Mageddo, qui était la grande route commerciale de la Palestine et le champ de bataille