‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 245 sur 474 · AMOMUM — AMORRHÉENS · texte numérisé non relu

AMOMUM — AMORRHÉENS

où de tout temps se sont livrés des combats importants, depuis les Égyptiens et les Assyriens jusqu'à Napoléon Ier; la cité d’Amona est la ville de Mageddo, qui fut appelée plus tard par les Romains Legio (aujourd'hui el-Ledjoun), nom presque synonyme d’Amona, « multitude. » On objecte contre cette explication que la mer dont parle le prophète ne saurait être la Méditerranée, parce que, dans ce cas, les mots « à l'est de la mer » n'auraient aucun sens, puisque toutes les vallées de la Palestine étaient à l'est de la Méditerranée.

Le Targum et un certain nombre de commentateurs pensent que la mer dont il est ici question est celle de Génésareth, c'est-à-dire le lac de Tibériade, que les Hébreux désignaient sous le nom de mer. Beaucoup de modernes croient qu'il s’agit de la mer Morte, et que les mots: « la vallée des voyageurs, » indiquent la grande route commerciale de Damas à la péninsule de l’Arabie,

correspondant probablement à la route actuelle des pélerins *

(Derb el-Hadj), allant de la même ville à la Mecque (voir la carte, col. 490). « La vallée où le carnage s'accomplit est au delà de la mer Morte, c’est-à-dire en un lieu profane, » dit M. Le Hir, Les trois grands prophètes, in-12, Paris, 1877, p. 347. D’après son explication, qui est celle d'un grand nombre d'autres interprètes, « tous ces noms, Amona, etc., sont symboliques. Les efforts que l’on a faits pour appliquer cette prophétie à la chute des Chaldéens (Ewald), de l'armée de Cambyse (dom Calmet) ou d’Antiochus Épiphane et de ses armées (Jahn), sont superflus et contredisent l'histoire, ou ne s'accordent pas avec le texte d'Ézéchiel. » Ibid. Il est plus probable, en effet, qu'Amona ne désigne pas une ville réelle, mais est un nom figuré de la nécropole où devaient être ensevelies les armées de Gog. ne. F. γιοουβοῦχ.

AMORAS ou AMORAIM. Comme les Tannaîtes avaient pris la Bible pour base de leurs explications, et formé peu à peu le recueil appelé Mischna, ainsi les Amôraim, «interprètes, » leurs successeurs, travaillérent sur la Mischna, et de leurs commentaires, élaborés à Tibériade et dans les écoles de l'Iraq, résultèrent deux ouvrages parallèles, portant chacun le nom de Ghemara, « supplément » (de la Mischna) ou de Talmud : le Talmud de Jérusalem, œuvre des docteurs palestiniens, et celui de Babylone, œuvre des docteurs de l'Iraq. Sur les Amôraim, voir Chiarini, Théorie du judaïsme, n° partie. Le catalogue des principaux docteurs amôraïrm qui parlent dans le Talmud est donné dans un autre ouvrage du même auteur : Le Talmud de Babylone traduit en langue française et complété par celui de Jérusalem et par d'autres monüments de l'antiquité judaïque, 2 vol. in-18, Leipzig, 1831. Au premier volume, p. 120-196, il en cite soixantedix-huit, qui pour la plupart ne sont connus que de nom. Un manuscrit hébreu de la Bibliothèque nationale, 187, 20, 11, contient les noms des auteurs de la Mischna.…, du Talmud de Jérusalem et du Talmud de Babylone. Sur quelques-uns des principaux Amôraïm, tels qu'Abba Aréka, R. Abina, R. Aschi, R. Chiya, on peut voir des détails spéciaux à l’article qui leur est consacré. Voir Bacher, Die Agada der babylonischen Amoräer, m-8, Strasbourg, 1878. E. LEVESQUE.

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