Tête d'Amorrhéen. Bristish Museum
caverne où ils s'étaient cachés, et plaça de grandes pierres à l'entrée de la grotte. Jos., x, 1-27. La manière dont le vainqueur traite les rois vaincus était commune dans l'antiquité. Cf. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., Paris, 1889, t. 111, p. 187, n. 2. La défaite des princes amorrhéens mit d’un seul coup entre les mains des Hébreux la partie de Chanaan qui s'étend des montagnes d'Éphraïm au désert du midi. Jos., x, 28-42.
Vaineus, les Amorrhéens, aussi bien que les autres Chananéens, ne furent pas complètement exterminés. Ils demeurèrent au milieu des Israélites, qui s’unirent à eux par des mariages et trop souvent se laissèrent aller à imiter leur idolâtrie, Jud., 111, 5-7. Salomon leur imposa des tributs et des corvées. ΠῚ Reg., 1x, 20-21 ; II Par., vint, 7-8. Après la captivité, les Juifs eurent avec eux des liaisons qu'Esdras s’appliqua à briser. I Esdr., 1x, 1-2; x.
Les monuments égyptiens mentionnent quelques victoires des Pharaons sur les Amorrhéens, principalement sur ceux de la vallée de l'Oronte, sous Séti Ier et Ramsès IT, Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, 4e édit., p. 214-215, 220; F. Lenormant, Histoire ancienne de l'Orient , 9e édit., Paris, 1882, t. 11, p. 292.
IV. Mœurs, religion, langue. — La Bible n'indique aucun caractère particulier qui distingue les Amorrhéens des autres peuples chananéens. Le prophète Amos ; les prenant en quelque sorte pour types de ces derniers, compare leur taille à celle des cèdres, et leur force à celle du chêne, 17, 9, rappelant, par cette hyperbole poétique, l'impression qu'ils avaient produite sur les explorateurs
envoyés par Moïse, Num., ΧΙ, 33, 34. Les artistes égyptiens, qui se sont appliqués à reproduire avec exactitude la physionomie des races vaincues et les traits des rois prisonniers, nous représentent (fig. 123) les Amorrhéens avec de longs cheveux noirs serrés autour de la tête par une bandelette souvent ornée de petits disques. La barbe est allongée en pointe, et le vêtement consiste en une longue tunique fermée, avec des manches courtes, et retenue à la taille par une ceinture dont les bouts sont pendants. Leurs armes sont l’are et le bouclier oblong. C'est ainsi qu'on les voit sur les monuments de Médinet- Abou (fig. 124), et sur certains fragments antiques pro-