Captif amorrhéen. Temple de Médinet-Abou
venant du palais de Ramsès III, à Tell el-Yahudéh, dans la Basse- Égypte. Cf. H. G. Tomkins, Studies on the times of Abraham, Londres, p. 85, et planche vr.
M. Flinders Petrie, dans les fouilles qu'il a commencées en 1890 à Tell el- Hésy, sur la rive gauche de l’ouadi de même nom et au sud-ouest de Beit-Djibrin, a cru retrouver le site de Lachis, ancienne ville amorrhéenne, généralement placée un peu plus loin, à Oumm el-Lakis. Il ἃ découvert des murs antiques qui rappellent les vieilles et fortes cités dont parle l'Écriture, Num., χα], 29, et un grand nombre de poteries qui seraient les plus curieux spécimens de l’art amorrhéen. Voir, pour les détails, son ouvrage, Tell el-Hesy (Lachish), in-4, Londres, 1891, et Palestine Exploration Fund, Quarterly statement , 1890, p. 159-170, 219-246 ; 1891, p. 97, 207, 282-298. Voir LACHIS.
La religion des Amorrhéens ne différait pas de celle des Chananéens en général. Cependant, comme nous l’avons fait remarquer, c'est leur nom qui est le plus souvent cité quand il s’agit de l'idolâtrie et des iniquités de ces peuples. Cf. Ezech., xvi, 3, 45. Une des résidences du roi Og, Astaroth-Carnaïim ou Astarté aux deux cornes, rappelle le nom d’une des principales divinités de ce pays, Astarté, qu’on représente quelquefois avec un creissant d’or au-dessus de la tête. De même Baal entre dans la composition de certains noms de villes, comme Baal- Gad, Baal-Hazor, Baal-Méon, etc. 1
Les Amorrhéens devaient également parler la même langue que les autres habitants de Chanaan. Un seul mot particulier nous a été conservé : c’est le nom qu'ils donnaient au mont Hermon, Sanir (Senir), Deut., 11, 9, et qu’on retrouve dans les inscriptions assyriennes sous la forme Sa-ni-ru. Οἵ, Fried. Delitzsch, Wo lag das Paradies ? Leipzig, 1881, p. 104. A. LEGENDRE.
2. AMORRHÉENS (MONT DES). Moïse, dans le Deutéronome, 1, 7, appelle ainsi, non pas une montagne particulière, mais le pays montagneux qu'habitaient les
AMORRHÉENS — AMOS
Amorrhéens, avant d'en avoir été chassés par les Israélites, au sud de la Palestine entre Bersabée et Cadesbarné.
AMORT Eusèbe, théologien catholique allemand, né le 15 novembre 1692, à Bibermühle, près de Tülz, en Bavière, mort à Polling, le 5 février 1775. Il entra encore jeune au monastère des chanoines réguliers de Polling, et y devint, en 1717, professeur de philosophie, puis de théologie. Plus tard, le cardinal Lercari se l’attacha comme théologien, et son séjour à Rome lui permit d'acquérir beaucoup de connaissances qu'il utilisa à son retour, en 1735, dans son couvent, qu'il ne quitta plus jusqu'à sa mort, en 1775. Parmi les nombreux ouvrages qui l'ont rendu célèbre comme théologien et canoniste, nous n’avons à citer que sa Demonstratio crilica religionis catholicæ, in-fv, Venise, 1744, qui touche à diverses questions scripturaires. Voir A. von Savioli-Corbelli, £hrendenkmal des Eus. Amort. Gedächtnissrede in einer ôffentl. Versammlung der Akademie der Wissenschaften 1777 zu München gehalten ; Baader, Das gelehrte Bayern, Nuremberg, 1804, t.1, p. 20 ; Wetzer et Welte, Kirchenlexicon, 2e édit., t. 1, col. 754.
1. AMOS (hébreu : D127, ‘Amôs, « porteur »; Septante : ᾿Αμώς) qu'il ne faut pas confondre avec Amos (hébreu : γον, "Âmôs) père d'Isaïe, est le troisième des petits prophètes. s
I. Vie d’Amos. — Amos, originaire de Thécué (Am., 1,1), était un pasteur (nôgéd) qui, de plus, cultivait les sycomores, dont il vendait les fruits (Am., vit, 14, bôlés = χνίζων, distringens). Voir THÉCUÉ et SYCOMORE. Il paissait donc un troupeau, le sien peut-être, lorsqu'il fut envoyé de Dieu en Israël pour y prophétiser. Il alla à Béthel, où était le sanctuaire national, Am., va, 13, le centre du culte des veaux d'or, et il y remplit sa mission. Là il rencontra dans la personne d'Amasias, sacrificateur de Béthel, un violent contradicteur. Dénoncé par lui à Jéroboam IT et invité à retourner en Juda : « Je suis un simple berger sans culture littéraire, répondit-il, mais enfin pourtant je suis un envoyé de Jéhovah. » Cf. Am., vu, 14-15. Il prédit ensuite à Amasias qu'il mourrait en pays étranger, que les siens subiraient la mort et la honte, et qu'Israël serait emmené en captivité. Am., vir, 10-17. Après cet épisode, on ne sait ce qu'il devint. Pseudo- Épiphane, De vitis prophet., τ. xLmx, col. 405, et pseudo- Dorothée racontent qu'il fut frappé aux tempes d'une massue (clava ; autre leçon: clavo), qu'il fut porté mourant à Thécué, et qu'il y expira deux jours après ; mais ces détails nous paraissent une légende sans autorité.
IT. Date et caractère de sa prophétie. — Amos prophétisa sous les rois Ozias de Juda et Jéroboam II d'Israël, Am., 1, 1, entre l’an 804 et l'an 779, par conséquent. Il accomplit sa mission très probablement vers la fin du règne de Jéroboam IT, car plusieurs textes supposent les victoires de ce prince. L'indication : « deux ans avant le tremblement de terre, » Am., 1, 1, ne dit absolument rien pour nous, puisqu'on ignore la date de ce tremblement de terre, d'ailleurs célèbre. Zach., x1v, 5. Le royaume d'Israël, à cette époque, était puissant et riche. Il n'avait plus à craindre les Syriens, ses voisins redoutables. IV Reg., xt, 7. À Joas, heureux déjà dans ses guerres, avait succédé un roi plus brave encore ; Jéroboam II avait rendu à Israël ses frontières, depuis l'entrée d'Émath jusqu'au torrent du désert, IV Reg., x1v, 25, selon la parole de Jonas. L'Assyrie avait-elle contribué à ce relèvement d'Israël ? Quelques-uns le pensent, et le « sauveur » dont il s’agit IV Reg., x, 5, serait, selon eux, Rarmmanirari III. G. Brunengo, L’impero di Babilonia et di Ninive, Prato, 1885, t. 1, p. #8 et suiv. Quoi qu'il en soit, le royaume du Nord avait atteint l'apogée de sa gloire. Mais il s’en fallait beaucoup que l'état moral et religieux répondit à ce grand éclat. À cet égard, c'était une vraie décadence : 165 riches et les grands opprimaient les pauvres par des exactions et
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des injustices, par le vol et l'usure ; les marchands faussuient les mesures : ils faisaient l'épha aussi petit et le sicle aussi grand que possible, Am., vtr, 5, 6; tous se livraient à l'orgueil, au luxe, à la vie molle et voluptueuse. D'auire part, l'idolätrie dominait partout : on sacrifiait sur les haus lieux ; à Béthel, dans le petit temple élevé par le roi (miqda$ mélek), on adorait Jéhovah sous la figure d'un jeune taureau d'or ; de même à Galgala, Am., αν, 4. On allait en pélerinage sur les frontières à Bersabée, Am., V, 9. On observait les fêtes, on oflrait des holocaustes, on payait les dimes, sans doute, mais sans esprit de vérité et de justice. On conçoit que l'habileté et l'activité guerrière de Jéroboam II n'aient pu arrêter la décadence. Elle devait se précipiter. La perte était certaine.
Ce fut à cette date et dans ces conditions que parut Amos. ΤΙ vint de Juda, trait déjà caractéristique ; il se rendit à Béthel, en plein centre d'idolätrie, Dieu lui avait confié une double mission : reprocher à Israël ses infidélités à la loi, et lui dénoncer un châtiment devenu inévitable. Il remplit celle mission comme il convenait. Il parlait durement, sans voiler le crime, sans dissimuler la punition, sans crainte. Ses discours étaient brefs, pleins d'images. Il les répétait sans doute. IL avait des visions qu'il exposait comme il les avait eues. On s'imagine aisément la profonde impression qu'il dut produire sur Israël. L'épisode d'Amasias rapporté plus haut en est une preuve. Am., ὙΠ, 10-21. Son ministère de terreur fut très court, à ce qu'il semble. [1 était términé deux ans avant le tremblement de terre dont il est parlé, Am., 1, 1. Amos était sans doute retourné à Thécué.
M. Renan ἃ dénaturé le caractère et la mission de ce prophète. Amos, selon lui, « fut l'interprète des protestations de la démocratie théocratique contre les néces- -sités d'un monde qui échappait chaque jour aux rêves enfantins. » Ce fut « la premiére voix de tribun que le monde ait entendue... On peut dire que le premier article de journaliste intransigeant a été écrit 800 ans avant J.-C., et que c'est Amos qui l'a écrit. Il y a beaucoup d'exagération dans le tableau qu'il trace des crimes qui se commettaient dans Samarie. Homme d'opposition à outrance, Amos voit tout en noir... » Histoire du peuple d'Israël, Paris, 1889, t. 11, p. 495, 431; cf. 439,434, 486. Rien ne justilie ces appréciations. Tout ce que l’on peut savoir d’Amos les contredit. S'il fut l'interprète de protestations, ce fut des protestations de Dieu, comme il le dit lui-même. S'il fut homme d'opposition, c'est sur l’ordre de Dieu , et, à cet égard, il ἃ conquis notre admiration. Quant à l'exagération de ses peintures morales, elle n'existe pas : M. Renan sait-il mieux qu'Amos, un contemporain, ce qu'il en était des mœurs et de la société de ce temps? — Aucun autre rationaliste n'a osé traiter Amos avec cette injustice.
IL. Authenticilé de lu prophétie d'Amos. — Rentré en Juda, Amos voulut mettre ses prophéties par écrit. Il rédigea donc le livre tel que nous l'avons aujourd'hui. À quelle date, on ne le sait pas au juste. Il paraît bien que ce fut après le tremblement de terre. Am., 1, 1. Qu'il soit l’auteur de ce livre, c'est ce qui est prouvé : 4° par la tradition tant juive que chrétienne; % par le style du livre lui-même, qui est, par les tournures et les images qui le distinguent, celui d'un berger, comme était Amos ; 30 par l'affirmation explicite qu'il contient, Am., vit, 1, 4, et vus, 1 (« Jéhovah m'a montré ces choses ») ; vit, 2, 5, 8; vint, 2; 1X, 1. L'emploi du style indirect, Am., 1, 1, 2 {« Paroles d'Amos », ete.); vit, 14 (« Et Amos répondant », etc.) n'infirme pas cette dernière preuve, D'ailleurs les adversaires l'avouent : « Il est incontestable, dit Th, Nôldeke (Schenkel's Bibel-Lexicon, au mot Amos), que l'ourage doit être attribué à Amos, Jamais un doute ne s'élévera à cet égard. » Il s'en est élevé un cependant, car on lit dans M. Vernes, Les Résultats de l'Exégèse biblique, Paris, 1890, p. 208 : « Quelques lignes d'Amos... peuvent surnager, mais le corps en doit être sacrifié sans hésita- DICT, DE LA BIBLE,