ANATHÈME
peuples de la terre de Chanaan. Jos., ὙΠῚ, 2, 24, 27; x1, 10-15. — 3° L'obligation de faire périr toutes les créatures humaines était elle-même quelquefois adoucie, et les jeunes filles étaient épargnées el partagées entre les vainqueurs. C'est ainsi que sont conservées les vierges madianites, Num., xxx1, 18, et les vierges de la tribu de Benjamin. Jud., xx1, 11-12.
Les rigueurs du Akërëm dans la guerre sont expressément justifiées dans l'Écriture, comme nous l'avons vu, par la nécessité de soustraire le peuple de Dieu à la contagion de l'idolâtrie. Deut., xx, 16-18. Il faut, de plus, observer que telle était la loi de la guerre chez les Sémites. Mésa, roi de Moab, dit dans la stèle de Dibon (lignes 11 et 12) : « J'assiégeai la ville (de Cariathaïm), je la pris et je fis périr tout le peuple qui était dans la ville, spectacle (agréable) à Chamos, dieu de Moab. » Voir MÉsa. Le second livre des Paralipomènes, xx, 29, nous dit expressément que les Moabites et les Ammonites traitérent les habitants du mont Séir comme hérém (lehahärim). Les rois d’Assyrie faisaient de même à l'égard de leurs ennemis (lehahärimäm, 11 (IV) Reg., x1x, 11 ; Is., XXX VII, 11; héhëèrimü, IL Par., xxx, 14); leurs inscriptions nous apprennent comment ils faisaient périr ceux qui tombaient entre leurs mains, et entreprenaient toutes leurs guerres en l'honneur de leurs dieux. Tacite raconte, Ann., ΧΠΙ, 57, qu'un usage analogue existait chez les Germains. Voir aussi ce que dit César des Gaulois. Bell. gall., vi, 17. Des coutumes plus ou moins semblables subsistent toujours chez les peuples dont les mœurs n’ont pas été adoucies par le christianisme, par exemple en Afrique. Voir le P. Marcot, Les missionnaires et l'esclavage au Soudan français, dans le Correspondant, 10 décembre 1891, p.893.
B) Israëlites. — Ce n'étaient pas seulement les personnes étrangères au peuple de Dieu qui pouvaient être «anathèmes »; l’Israélite pouvait, lui aussi, être hérém. — 1° Les particuliers, les habitants d’une ville d'Israël et la ville elle-même devenaient « anathèmes », comme nous l'avons vu plus haut, s'ils s’'abandonnaient au crime de l'idolätrie, et ils devaient subir les conséquences de leur faute dans toute leur rigueur. Exod., xxn1, 19 (yGhôräm ; Vulgate : occidetur). Deut., xx, 12-17. — 2e Celui qui s’appropriait un objet frappé d’anathème encourait lui-même le hérem, et devait être exterminé, comme le fut Achan. Jos., vu, 1, 13, 25. Cf. Deut., vir, 25-26 ; II Mach., χαι, 40.
C) Animaux et objets inanimés. — Les animaux et les objets inanimés pouvaient devenir « anathèmes » par la volonté d’un Israélite. Voici ce que nous apprend la loi à ce sujet : « Tout érém qu'un homme consacre (yahàrim) à Jéhovah (Vulgate : Omne quod Domino consecratur), de ce qui lui appartient, soit homme, soit animal, soil champ, qui est en sa possession, ne sera ni vendu ni racheté ; tout hérém est sanctifié et appartient à Jéhovah ; tout hérém qu'un homme consacre (yähôram) ne sera pas racheté, mais mourra, » Lev., xxvir, 28-29. Le hérém provenant d'un Israélite n'était donc pas de même nature que le hérém divin. Le champ ainsi anathématisé appartenait aux prêtres, Lev., xxvII, 21, de même que d’autres objets qui étaient devenus Lérém. Num., xvIu, 14: « Tout hérém (Nulgate : Omne quod ex voto reddiderint) en Israël est à toi, » dit Dieu à Aaron. Voir aussi Ézéchiel, xLiv, 29, qui reproduit mot à mot les paroles du texte original de Num., ΧΥΠΙῚ, 14.
Dans Ezéchiel, xL1V, 29, la Vulgate traduit, comme aussi ailleurs, hérém par « vœu », quoique le vœu soit une chose fort différente. Voir Vœu. Ailleurs elle rend kérém par « consécration, consacré ». Lev., xxvir, 98, 29. Elle ne se sert donc pas toujours du mot « anathème » pour rendre le mot hébreu, suivant en cela l'exemple des Septante. C'est que l'hébreu hérém est intraduisible d’une manière exacte dans les langues occidentales, comme nous l'avons remarqué ; de là la nécessité de l’exprimer tantôt d'une manière et tantôt d’une autre, selon les cas et les circonstances,
IL. Dans LE NOUVEAU TESTAMENT.— 1° Le « hérémn dans le Nouveau Testament, — Le hôrem s'atténue après la captivité de Babylone. Du temps d'Esdras, il n’entraîne plus la mort, mais la perte des biens (yähüram kolreküu$ô) et l’excommunication ou exclusion de l'assemblée des tidèles. 1 Esdr., x, 8. La mort spirituelle est ainsi en quelque sorte substituée à la mort corporelle, C'est là le châtiment du hérém à l'époque de Notre-Seigneur. Il en est plusieurs fois question dans l'Évangile de saint Jean, 1x, 22; x11, 42; XVI, 2 ; rnais celui qui est ainsi excommunié est désigné par un nom nouveau, inventé par les Juifs hellénistes : ἀποσυνάγωγος (Vulgate : extra synagogam, Joa., ΙΧ, 22; 6 synagoga, Joa., xt, 42; absque synagogis, Joa., XVI, 42). Cette expression ne se lit pas dans les autres Évangiles, maïs saint Luc, wi, 22, fait aussi allusion à l'exclusion des synagogues et même, d’après plusieurs interprètes, aux divers degrés de l'excommunication juive.
Les rabbins, dans la suite des temps, distinguèrent : 1° l'excommunication temporaire, appelée nidduy, « séparation, » qui durait trente jours. Elle n’était pas accompagnée de malédictions. — 2 Si, au bout du mois, le coupable ne se repentait point, on prononçait ordinairement contre lui la seconde espèce d’excommunication, accompagnée de malédictions, qui était appelée simplement et plus spécialement hérém ; les fidèles devaient se séparer de sa société et s'abstenir de manger et de boire avec lui. Cf. I Cor., v, 11; II Joa., 10-11. — 80 Enfin, si le pécheur persévérait dans son impénitence, il était condamné à la peine la plus grave, nommée Sammatà', « imprécation : » c'était l'exclusion complète de la société des fidèles et l'abandon de l'endurci au jugement de Dieu et à la perte finale. Voir Elias Levita, Sepher Tisbi; Buxtorf, Lexicon talmudicum, col. 1304. — Ces distinctions techniques sont postérieures à l’ère chrétienne. Dans le Talmud, on emploie encore les termes nidduy et Sammatä’ comme synonymes. Cependant déjà du temps de Notre-Seigneur, toutes les excommunications n'étaient pas également sévères, et l’on peut voir des degrés divers et une gradation ascendante dans les paroles de Jésus à ses disciples, rapportées par saint Luc, vi, 22: « Heureux serez-vous quand les hommes vous haïront, quand ils vous excommunieront (vous sépareront de leurs assemblées, ἀφορίσωσιν), quand ils vous injurieront et rejetteront votre nom comme mauvais à cause du Fils de l'homme.» Le Sauveur annonce aux siens, dans ce passage, qu'ils ne seront pas seulement chassés des synagogues, mais qu’ils auront encore davantage à souffrir. Quelques exégètes voient une allusion aux malédictions du hérém ou second degré de l'excommunication juive dans les mots : « Quand ils vous injurieront (ὀνειδίσωσι) et rejetteront (ἐχδάλωσ!) votre nom. » Quoi qu'il en soit de ce point, il est certain qu'il y a des allusions aux degrés des excommunications juives dans Matth., xvin, 15-17. Cf. IT Thess., ΠΙ, 14.
Dans ses Épitres, saint Paul parle deux fois d’un châtiment qui consiste « à être livré à Satan ». 1 Cor., v, 5; 1 Tim., 1, 20. On ἃ vu dans ces expressions une allusion à la plus grave des excommunications usitées chez les Juifs. L’allusion est possible, mais l'effet de l’excommunication apostolique est certainement différent, d’après le langage même de saint Paul. Les Juifs livraient l’excommunié à la perte finale, tandis que l'Apôtre borne sa sentence « à la destruction de la chair », 1 Cor., v, 5, c'est-à-dire de la nature corrompue et dépravée, « afin que l'esprit puisse être sauvé au jour du Seigneur Jésus, » c'est-à-dire que le coupable se convertisse.
2 Le mot « anathématiser » dans le Nouveau Testament. — Dans tous ces passages, on voit que l'idée du hérém est restée, mais que le mot a disparu. Dans aucun de ces cas, l'expression « anathème » n’est employée. Elle se rencontre cependant plusieurs fois dans le Nouveau Testament, de même que le verbe ἀναθεματίζω, « anathéma-
ah 4 mr «ὦ.» “Ὁ
tiser, » qui est de création biblique, et ne se rencontre jamais chez les écrivains profanes. Le verbe ἀναθεματίζω se lit déjà dans les Septante, où il traduit le verbe héhèvün. Deut., xut, 15 (hébreu , 16) ; xx, 17 ; Jos., vi, 21, οἷς,; cf. I Mach., v, 5. En saint Mare, x1v, 71, il signifie « affirmer avec imprécation qu'on dit la vérité », et dans les Actes, xxurr, 12, 14, 21, « s’obliger sous des peines graves à faire quelque chose. » Dans la Vulgate latine, anathematizare n'est employé que I Mach., v, 5, et Mare, χιν, 71; au livre des Actes, (ἀναθέματι) ἀναθεματίζειν, XXII, 12, 1%, 21, est traduit par se devovere, Saint Matthieu, xXv1, 74, dans le passage parallèle à celui de saint Marc, χιν, 71, porte dans le teætus receptus : χαταναθεματίζω., ayant le même sens que ἀναθεματίζω ; les éditions critiques de Griesbach, Lachmann, Tischendorf, lisent : χαταθεματίζω, qui en est simplement une contraction. La Vulgate traduit : detestari.
30 Le mot « anathème » dans le Nouveau Testament. — Quant au mot « anathème », nous avons déjà vu que saint Luc, xx1, 5, l’a employé dans son sens véritablement grec de « don offert à Dicu et consacré dans le temple ». C'est la seule fois que nous le lisons dans les Évangiles. Il se retrouve une autre fois dans les Actes, ΧΧΠΙ, 14, joint au verbe « anathématiser », pour en augmenter la force : ᾿Αναϑέματι ἀναθεματίσαμιεν, (nous nous sommes engagés sous peine d’anathème. » En dehors de ces deux passages, le terme d’anathème ne se rencontre que dans les Épitres de-saint Paul. — 1° L'Apôtre déclare « anathème », c'est-à-dire exécré et exécrable et voué aux plus sévères châtiments, et peut-être excommunié de l’assemblée des fidèles, celui qui précherait un autre Évan-
ile que le sien. Gal., 1, 8, 9. — 20 Dans la première Épitre aux Corinthiens, ΧΙ, 3, saint Paul écrit : « Personne, parlant dans l'Esprit de Dieu, ne dit anathème à Jésus, » c’est-à-dire ne le maudit. Ce n’est pas une allusion à une sentence judiciaire prononcée par les autorités juives contre le Sauveur, mais à l'usage oriental, attesté par les écrits rabbiniques, d'accompagner, dans la conversation, de termes d'imprécation et de malédiction, le nom d'un personnage odieux, de même que, lorsqu'on prononçait un nom vénéré, on le couvrait de bénédictions : « Le Christ, béni (εὐλογετός) dans tous les siècles.
Amen. » Rom., 1x, 5, etc. — 3° A la fin de la même
Épitre, saint Paul dit : « Si quelqu'un n'aime pas Notre- Seigneur Jésus-Christ, qu'il soit anathème, maran atha. » ᾿Ανάθεμα μαρὰν 40%. 1 Cor., xvr, 22. Les mots maran et atha sont araméens et signifient : « Notre-Seigneur vient, » D'après quelques commentateurs, cette locution serait équivalente à la forme d’excommunication la plus sévère en usage chez les Juifs, au $fammatd’, parce qu'ils supposent que l’araméen mârän ’ätà est l'équivalent de $ém ’ätà’, « le nom (de Jéhovah) vient. » Mais c’est là une pure conjecture qui ne repose sur rien de solide : il est fort douteux que l'excommunication appelée Sammat@ füt déjà usitée du temps de saint Paul; le mot Samma(à n'a jamais été expliqué de cette manière par les écrivains juifs (voir Buxtorf, Leæicon talimudicum, col. 2466) et la phrase maran atha ne se trouve dans aucun écrivain rabbinique. Cf. Lightfoot, Horæ hebraicæ et talmudicæ , in 1 Cor., xvi, 22. Voir MARAN ATHA. Quoi qu'il en soit, du reste, de la raison pour laquelle l'Apôtre ἃ employé ces mots araméens dans son Épître, le mot « anathème » désigne ici, d'aprés les uns, l'excommunication ou l'exclusion de l'Église chrétienne, et d'après les autres, avec plus de vraisemblance, il est simplement l'expression de l'horreur qu'on doit éprouver pour celui qui n'aime pas le Sauveur. Nous devons d'ailleurs observer que, quoique la signification expresse d'excommunication, attachée au mot « anathème », ne soit pas rigoureusement établie dans la langue du Nouveau Testament, ce sens lui fut donné dans la primitive Église, comme nous le voyons dans les Canons apostoliques, dans saint Jean Chrysostome, dans Théodoret et dans d'autres Pères grecs, ainsi
ANATHÈME — ANATHOTI
que dans les canons des conciles : le concile d'Elvire, en 303, can. 52; le concile de Laodicée, en 307, can. 29, se servit de cette expression ; le concile de Nicée, en 3%, déclare les ariens « anathèmes », ete. — Voir Suicer, Thesaurus ecclesiasticus, aux mots ᾿Ανάθεμα et ’Agoptσυιός. — 40 Reste un dernier passage dans lequel saint Paul, écrivant aux Romains, 1x, 3, dit : «Je désirais moimême être anathème pour mes frères, qui sont mes proches selon la chair. » La plupart des Pères ont entendu ici le mot anathème dans le sens de l'excommunication, selon l'usage juif. Saint Jean Chrysostome et d’autres pensent qu'il s’agit d'une mort violente ou même de la séparation finale, non pas de l'amour, mais de la présence du Sauveur, Quelques-uns supposent que cette phrase est une parenthèse, dans laquelle l’Apôtre rappelle la haine qu'il a éprouvée d’abord contre le Christ. Tregelles, Account of the Greek text of the New Testament, p.219. Cf. Polus, Synopsis, in Rom., 1x, 3. Il est plus naturel d'expliquer ainsi ce passage : « J'avais une telle affection pour mes frères les Juifs, que j'aurais consenti pour les sauver, si c’eût été possible, à souffrir moi-même les plus grands inaux et la séparation même du Christ. »
Saint Jean, dans l'Apocalypse, xxI1, 3, emploie un composé d’ävéfeux, le mot ζατανάθεμα, inconnu aux auteurs profanes. Plusieurs éditions critiques du Nouveau Testament, comme celles de Griesbach, Lachmann, Tischendorf, lisent par contraetion χατάθεμα. Le sens est le même que celui d’anathème. Dans la Jérusalem céleste, «il n'y aura plus d’anathème, » de malédiction, de hérém.
τ F. VIGOUROUX.
ANATHOTH, hébreu : ‘Anätot, (prières exaucées ; » Septante : ᾿Αναθώθ.
1. ANATHOTH, fils de Béchor, Benjamite. I Par, V1, 8. Peut-être le fondateur de la ville d’Anathoth.
2. ANATHOTH, un des chefs du peuple qui signèrent avec Néhémie le renouvellement de l'alliance. IL Esdr., x, 19:
3. ANATHOTH, ville de la tribu de Benjamin, attribuée, avec ses faubourgs, aux prêtres, Jos., xx1, 18 ; I Par., VI,
° 60; ΠῚ Reg., 11, 26 : elle est omise dans la liste de Jos.,
ΧΥΠΙ, 12-98. C'est probablement l ‘Anath du Talmud de Babylone, Yoma, 10 a, «bâtie par le géant Ahiman. » Cf. A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 154. Elle se trouvait non loin de la grande route qui, du nord , se dirigeait vers Jérusalem, au-dessous de Machmas (Moukhmas), et de Rama (Er-Ram).Is., χ, 28-30. Joséphe évalue à vingt stades (3 kilom. 699 métres) la distance qui la séparait de la Ville Sainte. Ant. jud., X, VII, 3. Eusèbe est plus près de la vérité en donnant le chiffre de trois milles (4 kilom. 445 mètres), c'est-à-dire vingtquatre stades. Onomasticon, Gœættingue, 1870, p. 222. Saint Jérôme, dans son Commentaire sur Jérémie, τ. XXIV, col. 682, précise encore la position de cette ville en l'indiquant « au nord de Jérusalem ».
Tous ces détails confirment l'opmion commune qui identifie Anathoth avec ‘Anata, localité située à une heure de marche au nord-nord-est de Jérusalem. Voir la carte de la tribu de BENJAMIN. C'est actuellement « un petit village de deux cents habitants, placé sur une colline élevée (fig. 135). Une dizaine de maisons ont élé récemment construites ; d’autres, très délabrées, ont été bâties en partie avec des matériaux antiques, trouvés certainement sur place. Des citernes, des caveaux creusés dans le roc et quelques tronçons de colonnes proviennent également de l'ancienne cité à laquelle Anata ἃ succédé, et dont le nom survit dans la dénomination actuelle, » V. Guérin, Description de la Palestine, Judée, τι x, p. T6. Anata semble avoir été autrefois une ville fortifiée, dont il reste encore quelques pans de murailles bâtis avec de larges pierres taillées. Des champs cultivés, des figuiers
551 ANATHOTH et des oliviers épars çà et là couvrent le sommet et les flancs de la colline. De ce point, la vue s'étend sur tout le versant oriental du district montagneux de Benjamin, jusqu'à la vallée du Jourdain et la pointe septentrionale de la mer Morte. C'est toute la région mentionnée par Isaïe, x, 28-32, quand il décrit la marche des Assyriens vers Jérusalem, c'est-à-dire une suite de profondes vallées courant, vers l'est, entre les larges sommets de plateaux inégaux. Cf. 15. Robinson, Biblical researches in Palestine, Londres, 1856, t. 1, p. 437-438.
Anathoth doit surtout sa célébrité au nom de Jérémie, dont elle fut le berceau. Jer., 7, 4. Avant lui, elle avait vu naître Abiézer, l'un des trente héros (g:bbôrim) de David, I Reg., xx, 27, I Par., x1, 28, et Jéhu, l’un des vaillants hommes qui s'attachèrent à ce prince fuyant devant Saül, et qui contribuèrent à ses succès militaires. I Par., xI1, 3.
— ANCESSI
| ville fut repeuplée par « les hommes d'Anathoth, au nombre de cent vingt-huit ». 1 Esdr., πὶ, 2; II Esdr., vir, 27. A. LEGENDRE.
ANATHOTHIA (hébreu : ‘Anfotiyäh, « prières exaucées de Jéhovah; » Septante : ᾿Αναθώθ καὶ Ἰαθίν), Benjamite, fils de Sésac. 1 Par., vus, 24.
ANATHOTHITE (hébreu : Hä'antoti; Septante :
à ᾿Αναθωθέ, ὁ ἐξ ᾿Ανχθώθ), habitant d'Anathoth. 1 Par., ΧΙ, 28; χιῖ, 8; XXVII, 12; Jer., xx1x, 27.
ANCESSIH Victor Antoine, orientaliste français, né à Saint-Aflrique (Aveyron), le 16 août 184%, mort dans cette ville, le 12 décembre 1878. Issu d'une famille très chré- | tienne, après avoir fait ses études au collège des jésuites, | dans sa ville natale, il résolut de suivre l'exemple de trois
135, — Anathoth, d'après une photographie,
Le grand prêtre Abiathar était de la même ville, et c’est là, dans le domaine de sa famille, que Salomon le relégua, après l'avoir déposé, pour le punir d’avoir favorisé le parti d'Adonias. ΠΠ Reg., 11, 26, 27. Isaïe, décrivant la marche des armées assyriennes sur Jérusalem, mentionne Anathoth, qu'il appelle « la pauvre » dans un sentiment de commisération pour le sort qui l’attend. Is., x, 30. Jérémie fut en butte à la haine de ses compatriotes : comme ils ne voulaient pas croire à ses prédictions, il les menaça de la colère divine, qui devait les visiter au jour de sa fureur, annonçant que les jeunes gens périraient par le glaive; que leurs fils et leurs filles mourraient de faim. Jer., x1, 21-%. Pendant le siège de Jérusalem, le prophète reçut de Dieu l’ordre de racheter, conformément à la loi mosaïque, le champ de son cousin Hanaméel, à Anathoth. Après avoir rédigé le contrat de vente, qui fut scellé en présence de témoins, il le remit à Baruch en lui disant : « Voici ce que dit le Seigneur des armées, Dieu d'Israël : Prends ces actes, ce contrat d'acquisition qui est cacheté, et cet autre qui est ouvert, et dépose-les dans un vase de terre, afin qu'ils puissent se conserver longtemps. » Ayant ainsi prédit la longue durée de l'exil, il ajoute, pour annoncer le retour certain de la captivité : « Car voici ce que dit le Seigneur des armées, Dieu d'Israël : On possédera encore des maisons, des champs et des vignes en celle terre, » Jer., xxx11, 6-15. Et en effet, à la fin de l'exil, la
de ses oncles qui étaient prêtres, et d'embrasser l’état ecclésiastique. 11 entra au séminaire de Saint-Sulpice, en 1865, et s’y livra bientôt avec ardeur à l'étude des langues orientales, sous la direction de M. Le Hir. Quand il eut reçu l'ordination sacerdotale, il partit, en 1869, pour l'Égypte, où il passa une année, étudiant sur place les monuments égypliens dans leurs rapports avec la Bible. De retour à Paris, il fut d'abord vicaire à Saint-Étiennedu-Mont; puis, à la fin de 1874, chapelain de Sainte- Geneviève. Il se livra au travail avec une ardeur infatigable, Malheureusement ses forces le trahirent; il fut obligé, en 1877, de se retirer dans sa famille, et il y mourut l’année suivante. La vivacité de son esprit, l’originalité de ses vues, l'étendue de ses connaissances linguistiques et archéologiques sont attestées par plusieurs publications de valeur, qui font vivement regretter sa fin prématurée : L’Égypte et Moïse. Les vêtements du grand prêtre et des lévites, le sacrifice des colombes, d'après les peintures et les monuments égyptiens contemporains de Moïse, in-8, Paris, 1875 ; Atlas biblique pour l'étude de l'Ancien et du Nouveau Testament, vingt cartes en plusieurs couleurs, et vingt planches archéologiques avec dictionnaire spécial pour chaque partie, in-4, Paris, 4876; Job et l'Égypte, le Rédempteur et la vie future dans les civilisations primitives, in-80, Paris, 1877. M. l'abbé Ancessi a aussi publié des études remarquables de lin-
res ir
ere
553 ANCESSI — ANCIENS 554
guistique dans les Actes de la Société philologique: Études de grammaire comparée. LS cœusatif et le thème M dans les langues de Sem et de Cham, t. ur, 1873-1874, p. 51-148; La loi fondamentale de la formation bilitère ; des adformantes dans les langues sémitiques, ibid., 1874, t. 1v, p. 1-7; Le thème M dans les langues de Sem et de Cham, ibid., p. 95-144. F. VIGOUROUX.
4. ANCIEN DES JOURS, nom donné à Dieu par Daniel, vir, 9. « Je regardais, dit le prophète dans une de
136. — Roi assyrien, D'après Botta, Monument de Ninive, pl. 105.
ses visions, jusqu’à ce que des trônes furent placés, et l’Ancien des jours (chaldéen : ‘Atiq yômin, Septante: Παλαιὸς ἡμερῶν; Vulgate : Antiquus dierum) s'assit; son vêtement était blanc comme la neige et les cheveux de sa tête comme de la laine mondée, » c’est-à-dire sans doute semblables aux cheveux des grands personnages chaldéens, qui étaient bien peignés et frisés comme de la laine (fig. 136). « L'Ancien des jours » est nommé encore Dan., vit, 13, 22. Le titre que le prophète donne à Dieu dans cette vision où il nous montre la fragilité et la caducité des plus grands empires du monde, convient parfaitement au Maitre « éternel » qui règne sans commencement ni fin. Assis sur son trône, il assiste à toutes les révolutions qui bouleversent la terre; il confie son pouvoir au « Fils de l’homme », le Messie, et il prononce sans appel des jugements auxquels les plus puissants monarques eux-mêmes doivent se soumettre. Dan., vir, 13-14, 22, 26. La description graphique de Daniel peint si bien le Père éternel, que l’art chrétien s’en est emparé pour représenter la première personne de la Sainte Trinité.
2. ANCIENNE (PORTE). Hébreu : $a‘ar yekänäh; Septante : πύλη ἰασαναΐ; Vulgate : porta Vetus, 11 Esdr., πὶ, 6; porta Antiqua, 1 Esdr., x11, 98 (hébreu, 39). Porte de la ville de Jérusalem qui fut construite, du temps de Néhé-
mie, par Joiada, fils de Phasca, et par Mosollam, fils de Besodia. IL Esdr., πὶ, 6. Elle est appelée Ancienne, sans doute parce qu'il y avait eu autrefois une porte de la ville à l'endroit où elle fut reconstruite, Plusieurs l’identifient avec la porte qui est appelée « Porte de Benjamin », Jer., ΧΧΧΥΙΙ, 12; ΧΧΧΥΠΙ, 7; Zach., x1v, 10. La porte Ancienne est nommée une seconde fois, II Esdr., x11, 38 (39), dans la description de la procession solennelle qui fut faite à l’occasion de la dédicace des murs de Jérusalem. Cette porte était située au nord de la ville. Voir JÉRUSALEM.
3. ANCIENS (hébreu : zegénim, vieillards ; Septante : πρεσθύτεροι ; Vulgate : seniores ou majores natu). Ce mot n'implique pas seulement l’idée de grand âge. Cf. VieiL- LARDS. Il s'applique, dans la Bible, à une classe de personnages investis d'une autorité plus ou moins étendue, suivant les époques. En ce sens, le titre d’ancien est d'origine patriarcale : l'aïeul était le chef naturel de la famille qui se développait autour de lui. Quand plusieurs familles patriarcales furent amenées à se réunir, les chefs de ces familles formèrent un conseil d'anciens. Les intérêts communs étaient ainsi mis sous la sauvegarde de la sagesse, de l'expérience, de la maturité des vieillards, et les décisions de ces derniers étaient acceptées avec respect. « Bientôt cependant, surtout lorsque le contact avec d'autres sociétés civiles eut amené des luttes pour la prééminence ou pour la possession des territoires, ce ne furent plus les vieillards qui durent être jugés les plus aptes à gérer les affaires publiques. On dut leur préférer des hommes d'un âge muür, mais n’ayant rien perdu de la vigueur qu'on regardait comme offrant plus de garanties pour le maintien et le développement de la prospérité sociale. Le terme primitif ne fut pas moins conservé, surtout sous la forme collective γερουσία, πρεσθύτιχον, en latin senatus, pour désigner soit l'assemblée des chefs qui administraient la cité, soit un conseil officiel dont ils avaient à prendre l'avis dans les affaires d’une grande gravité. » De Smedt, Congrès scientifique des catholiques, 1839, t. 11, p. 303. Sous le nom d'anciens, l'idée d'autorité se substitua donc assez vite à celle de vieillesse. Ce titre désigne déjà une fonction chez les Égyptiens, Gen., xxIv, 2; L, 7; chez les Moabites et les Madianites, Num., xx1r, 4, 7, etc.
I. HISTOIRE DES ANCIENS DANS L'ANCIEN TESTAMENT. — 1° Depuis l’époque patriarcale jusqu'à l’époque des rois. — Sous le gouvernement des pharaons, les Hébreux avaient conservé et développé leur organisation patriareale, Dans la terre de Gessen, ils avaient des anciens qui exerçaient l'autorité sur le peuple, et auprès desquels le Seigneur envoya Moïse, quand il lui imposa sa mission. Exod., 111, 16; 1v, 29; x11, 21. La tradition juive croyait que ce corps d'anciens était officiellement constitué ; c’est pourquoi les Septante emploient dans les deux premiers passages le mot γερουσία, «sénat. » Au désert, les anciens furent comme les représentants du peuple et les intermédiaires entre Moïse et la multitude. Ils sont appelés pour être témoins des miracles, Exod., xXvIr, 6, interviennent dans certains sacrifices, Levit., 1V, 15, et sont comme un moyen de communication entre Moïse et les tribus. Exod., xx, 7. Cependant ils ne paraissent point exercer une grande autorité, car tous les différends sont portés devant Moïse, au point de l’accabler. C'est alors que sur le conseil de Jéthro, son beau-père, le législateur établit des juges à la tête de mille, de cent, de cinquante et de dix chefs de famille, pour rendre la justice dans les cas ordinaires. Beaucoup de ces juges furent naturellement choisis parmi les anciens. Ceux-ci subsistèrent cependant avec leur nom et leurs attributions d'autrefois; ainsi, sur le point de remonter au Sinaï, Moïse ordonne que soixante-dix anciens accompagnent Aaron et ses fils sur le flanc de la montagne, et s'y mettent en adoration. Exod., xx1v, 1.
C'est un peu plus tard seulement que le Seigneur commande à Moïse de rassembler soixante-dix hommes parmi
ὅσο ANCIENS 556
les anciens d'Israël; ils doivent être « des anciens du |
peuple et des maîtres », et ils sont destinés à recevoir l'esprit de Moïse, « pour soutenir avec lui le fardeau du peuple. » L'esprit divin leur est en effet communiqué, et ils « prophétisent », c’est-à-dire reçoivent le pouvoir et la grâce de parler et d'agir au nom du Seigneur. Num., ΧΙ, 16, 17, 24-30. Ils deviennent ainsi les organes officiels du gouvernement théocratique. A partir de ce moment, le conseil des soixante-dix anciens connaît de toutes les affaires qui intéressent l'ensemble de la nation, Num., XVI, 25; Levit., 1x, 1, et il commande de concert avec Moise. Deut., xxvir, 4. Le pouvoir conféré aux soixantedix était à vie. Ils continuèrent donc leurs fonctions sous Josué, Jos., vu, 6; vi, 10, 33, et gardèrent leur préséance sur toutes les autres autorités. Jos., ΧΧΠῚ, 2; XXIV, 1. Ceux qui survécurent au conquérant contribuèrent puissamment à maintemr le peuple dans la fidélité. Jos., xx1v, 31; Jud., 11, 7. Il n'y a point trace d'une transmission de leur pouvoir théocratique à des successeurs. Le rôle de ce conseil avait été temporaire, et s'était exercé seulement pendant que tout le peuple était réuni pour la marche dans le désert et pour la conquête de la Terre Promise. Comme il n’était point dans les desseins de Dieu qu'immédiatement après la conquête le pouvoir fût centralisé dans les mêmes mains, le conseil des soixante-dix n'avait plus de raison d'être.
Mais dès cette époque se dessine l’organisation du corps des anciens, telle qu'elle se perpétuera jusqu'au temps du Messie. Cette organisation, suggérée par la nature même des choses, est celle qui se retrouve sous des noms et des formes diverses chez tous les peuples sédentaires, et qui existe chez nous sous les noms de conseils municipaux, conseils généraux et parlement. Les attributions, le mode de nomination, la durée des pouvoirs, etc., ont varié suivant les temps et les pays; mais ces trois degrés de pouvoir collectif ont fonctionné presque partout, et en particulier chez les Israélites. Il y a un conseil d'anciens dans les villes. Deut., xIx, 12; χχι, 8; xx, 15, etc.; Jos., xx, 4; Jud., vin, 14; Ruth, 1v, 2; I Reg., xt, 3; ΠῚ Reg., xx, 8; IV Reg., x, 1; Judith, vr, 12; I Esdr., X, 14. Ainsi, les anciens qui sont à la tête des villes sont signalés à toutes les époques, même après la captivité. Au temps de Notre-Seigneur, ils sont représentés par ces ἀρχισυναγῶγοι, « chefs de synagogues » qui, au nombre de trois, président la synagogue jusque dans les moindres villages, par ces rpscévrepor τῶν ᾿Ιουδαίων, « anciens des Juifs, » que le centurion de Capharnaüm envoie au Sauveur, pour demander la guérison de son serviteur, Luc., vir, 3, et par cet ἄρχων, «chef,» qui en Pérée vient interroger Notre-Seigneur. Luc., xvinr, 18.
D’autres anciens sont à la tête des tribus, Deut., xx1x, 10; ΧΧΧΙ, 8; 1 Reg., xxx, 26, etc., et à l’époque même des Machabées, quand les tribus sont depuis longtemps mélangées géographiquement, on retrouve des xpecéÿregot τῆς χώρας, « anciens de la région, » distincts des princes du peuple. I Mach., σιν, 28,
2% Depuis les rois jusqu’à Jésus-Christ. — De Josué à Samuel, il n'y a point trace de conseil succédant à celui des soixante-dix anciens de Moïse. Mais, dès le début, les livres de Samuel, ou premiers livres des Rois, mentionnent des « anciens d'Israël », qui ensuite semblent bien constituer un corps jouissant d'un caractère officiel et agissant au nom de toute la nation. I Reg., 1V, 3 ; xv, 30 ; II Reg,
01, 17; v, 3; xvut, 4, 15; L'Par., xt, 3; xv, 95; II Par., v, 2, etc. Ce sont ces anciens d'Israël qui prennent l'initiative de demander un roi à Samuel. 1 Reg., vin, 4. Plus tard, ils forment un conseil auprès du roi, ΠῚ Res., vin, 1; x, 6, et il y a dans le palais royal une salle aflectée à leurs réunions. I Par., xxvi, 15. Les détails font absolument défaut sur leur mode de recrutement et sur l'étendue de leurs pouvoirs. Ces pouvoirs ont naturellement varié avec les époques et les circonstances ; sous la royauté, ils ont dû être singulièrement amoindris. Les anciens n’en
avaient pas moins une réelle influence, capable d'atténuer dans bien des cas le mauvais effet des exemples donnés par les rois impies, et c’est pour n'avoir pas toujours exercé cette influence salutaire qu'ils sont pris à partie par les prophètes. Is., 111, 14; Jer., χιχ, 1, Ezech., vu, %6; vi, 12. C'est dans ce dernier passage que le prophète montre les anciens du peuple réunis clandestinement dans une salle du temple pour adorer des images idolätriques.
Pendant la captivité, les anciens continuent à l'étranger leurs fonctions habituelles vis-à-vis de leurs compatriotes, autant du moins que les circonstances le permettent. Jer., xxIX, 1; Dan., ΧΠῚ, 5, 41. Au retour, ils président à la construction du temple, I Esdr., v, 5; vi, 14, et commandent au peuple conjointement avec le scribe Esdras. I Esdr., x, 8. Mais l’organisation reste flottante. Esdras, qui avait tant de choses à restaurer, ne paraît pas s'être préoccupé de reconstituer le conseil national des anciens. Il établit seulement la grande Synagogue, dont les membres, de compétence exclusivement théologique, n'avaient aucune attribution administrative ou politique. Encore l'existence de cette grande Synagogue est-elle contestée; il n’en est fait mention ni dans les livres postérieurs de la Bible, ni dans les écrits de l'historien Joséphe. Les Talmudistes sont les premiers à en parler, et on peut les soupconner d'avoir voulu donner plus d'autorité à leurs traditions, en imaginant un corps constitué par Esdras pour les fixer.
D'Esdras aux Machabées (433-177), l’histoire biblique fait défaut. Pendant cette période, le corps des anciens prit certainement plus de consistance; car, au rapport de Josèphe, Ant. jud., ΧΙ, τα, 3, il y avait une γερουσία chez les Juifs sous Antiochus Épiphane (176-163). Le fils de ce persécuteur, Antiochus Eupator (163), écrivit une lettre τῇ γερουσία τῶν Ιουδαίων, «au sénat des Juifs, » II Mach., ΧΙ, 27. Sous les Séleucides, ce sénat ne dut avoir qu’une autorité précaire. Les anciens néanmoins coopérèrent avec les princes asmonéens à l’affranchissement de la nation. 1 Mach., 1, 27; χι, 23. Quand Jonathas fut vainqueur, ils devinrent à ses côtés ἣ γερουσία τοῦ ἔθνους, « le sénat de la nation, » et en cette qualité négocièrent des alliances importantes. I Mach., x, 6; Π Mach., 1, 10; 1v, 44. Cette γερουσία n’était autre que le sanhédrin. Voir SANHÉDRIN. Les anciens qui en faisaient partie étaient prêtres ou laïques, mais en tout cas de haute compétence sur toutes les questions qui intéressaent les destinées politiques et religieuses de la nation.
II. LES ANCIENS DANS LE NOUVEAU TESTAMENT. — 1° Dans les Évangiles. — Quand l'Iduméen Hérode usurpa le trône des princes asmonéens, la plupart des anciens du sanhédrin furent mis à mort et remplacés par d’autres plus complaisants. Ceux-c1 et leurs successeurs partagèrent les destinées de ce sanhédrin amoïindri, tenu en tutelle par les Hérodes, puis par les procurateurs romains, et réduit à discuter les subtilités pharisaïques qui avaient remplacé pour lui les grandes questions politiques et religieuses en vue desquelles il avait été institué. Les anciens dont parle si souvent l'Évangile composaient la plus grande partie du sanhédrin, et y siégeaient avec les grands prêtres et les scribes. Ils étaient recrutés parmi les chefs de familles riches et influentes. Mais comme leur nomination dépendait pratiquement des grands prêtres, ces derniers
s'efforçaient de n’introduire dans le sanhédrin que des .
anciens appartenant comme eux à la secte matérialiste des Sadducéens. Toutes les fois qu'il est question d'anciens dans l'Évangile (sauf un seul passage de saint Luc, vu, 3), il s’agit de membres du sanhédrin, dont il a été parlé plus haut, 1, 4°. Ils se montrèrent opiniätrément hostiles à Notre-Seigneur, et poussèrent l’acharnement jusqu’à le condamner à mort, au mépris de toutes les conditions de fond et de forme requises par le droit naturel et le droit positif. Nicodème et Joseph d’Arimathie, qui s’illustrérent par leur courage et leur piété au moment de la sépulture du Sauveur, faisaient partie du sanhédrin, selon toute
s utmmmEERtEE EHESS Rene Sn nt on dette eee ne