ANATHÈME
dire, de plus Aérém. Le Seigneur ne pouvait obtenir le but qu'il se proposait qu’en rendant responsable du hérém le peuple entier, quand il supportait la violation des ordres divins et ne la punissait pas rigoureusement ; c’est pour quoi, Achan s'étant approprié, après la prise de Jéricho, à l'insu de ses frères, des objets qui étaient hérém, Israël tout entier souffre du péché d'Achan, jusqu'à ce qu'il l'ait expié. Jos., vi, 14-926.
2 Personnes et choses qui sont « hérém » dans l'Ancien Testument. — A) Peuples étrangers. — Quelquesuns des peuples idolätres auxquels Israël eut à faire la guerre furent hérém ou voués à l’anathème et à l’extermination. — α) Dieu lui-même déclara hérém les anciens possesseurs de la Terre Promise et certaines tribus voisines, avec lesquelles il voulait empêcher Israël de faire alliance, pour qu'il ne füt pas entrainé à l'idolâtrie par leurs pernicieux exemples. « Quand Jéhovah, ton Dieu, te fera entrer dans la terre dont tu vas prendre possession, dit Moïse à son peuple, et qu'il chassera devant toi des peuples nombreux, l'Héthéen, le Gergéséen, l'Amorrhéen, le Chananéen, le Phérézéen, l'Hévéen et le Jébuséen, sept peuples plus nombreux et plus forts que toi; lorsque Jéhovah te les livrera entre les mains et que tu les frapperas, tu les traiteras comme hérém (hahürêm tahärim ; Vulgate : percuties eas usque ad internecionem) ; tu ne feras pas alliance avec eux, tu ne leur feras pas grâce,.… parce qu'il éloignerait de moi ton fils et lui ferait servir les dieux étrangers. Tu renverseras ses autels, tu briseras ses cippes (idolâtriques), tu couperas ses ’äsérim (symboles en bois de Baal), et tu brüleras ses statues (d’idoles), parce que tu es un peuple saint (qäd6s, consacré) à Jéhovah ton Dieu. » Deut., vnr, 1-6. Voir aussi Deut., xx, 16-18. — Nous apprenons par I Sam. (1 Reg.), XV, 3, 18; cf. Deut., xxv, 17-19; que les Amalécites étaient aussi hérém (hahäramtem, 1 Sam., xv, 3; Vulgate : demolire) ; ce fut pour n'avoir pas détruit complètement les ennemis d'Israël et tout ce qui leur appartenait, ainsi que le prescrivait la loi du hérém, et pour avoir épargné le roi amalécite Agag et ce qu'il y avait de meilleur dans les troupeaux, I Reg., xv, 9, 15, que Saül fut rejeté de Dieu comme roi. I Reg., xv, 10-93. — II est aussi question du hérém dans les prophètes, pour divers peuples ennemis d'Israël. Is., XxxIV, 2; ΧΙΠΠ, 98; Jer., xxv, 9 (texte hébreu) ; Mal., 1v, 6 (117, 24).
δὴ Un‘peuple ou une ville pouvait devenir hérém et être vouée par conséquent à l’extermination par un vœu du peuple, sans que Dieu intervint directement. C’est ainsi qu'Israël, après avoir été battu par le roi chananéen Arad, lors de son séjour dans le désert du Sinai, fit le vœu suivant à Jéhovah : « Si tu livres ce peuple dans ma main, je détruirai (kahüramti) ses villes. » Num., xx1, 2. Et s'étant emparé de Sephaath, la capitale d’Arad, il la détruisit, en effet, et l'appela Horma (de hérém), « anathème. » Num., xx1, 3; cf. Jud., 1, 17. Voir aussi 1 Par., 1v, 41 (texte hébreu).
c) Il faut remarquer cependant qu'il y avait des degrés dans l’anathème. — 1° Lorsque le Aérém était tout à fait strict, tout devait être exterminé et détruit, hommes et troupeaux ; les villes devaient être brülées ; l'or, l'argent, les vases de cuivre et de fer, devaient être offerts à Jéhovah ; mais les troupeaux qui avaient été pris ne pouvaient lui être offerts comme victimes. Jos., vi, 17, 19, 21, 24; I Reg., xv, 21-22. La ville anathématisée ne devait pas être rebâtie, mais rester en ruines ; Jos., vur, 28 ; quiconque essayerait de la réédifier n’échapperait pas à la vengeance divine, comme le montre l'exemple de Jéricho. Jos., vi, 17, 26; III Reg., xvi, 34. — 20 Le hérém pouvait être moins rigoureux et exiger seulement la mort des hommes, Jos., x, 28-40 ; les troupeaux et les biens étaient conservés et partagés comme butin; quelquefois les villes n'étaient point détruites ou pouvaient être relevées, c’est ce qui eut lieu dans la guerre contre Og et Séhon, à l’est du Jourdain, Deut., 1, 32-35; 11, 3-7, et contre divers