‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 279 sur 474 · Ancre à deux bras. Arc de triomphe d'Orange · texte numérisé non relu

Ancre à deux bras. Arc de triomphe d'Orange

doute destiné, selon la conjecture de Jal (Glossaire nautique, au mot Ancre), à recevoir l'orin ou cordage, dont l’autre bout, retenw à la surface par un corps flottant, indiquait aux marins la position précise de l’ancre.

IL. Dans Hebr., vi, 19, l'espérance chrétienne est comparée à une ancre qui retient l'âme solidement fixée à la région invisible où habite le Christ. C'est pour les fidèles une puissante consolation que de se sentir à l'abri « en tenant ferme l'espérance proposée, que nous avons comme l'ancre de l’âme, sûre, solide et pénétrant jusqu'au dedans du voile où Jésus est entré comme notre précurseur ». Belle image, que Sedulius, In Ep. ad Hebr., commente ainsi : « Nous jetons en haut notre ancre dans les profondeurs du ciel, comme on jette l'ancre de fer dans les profondeurs de la mer. » L'ancre devint dès l'origine pour les chrétiens le symbole de l'espérance. Après la colombe c’est le symbole qui se rencontre le plus souvent sur les monuments figurés des premiers siècles (fig. 140). Clément d'Alexandrie, Pædag., τ, 3, t. WI, col. 634, nomme l’ancre parmi les signes qu'il recommande aux fidèles de graver sur leurs anneaux. Ce n'est pas seulement un des symboles les plus répandus, mais encore un des plus anciens, un de ceux même dont l'usage demeure confiné aux premiers siècles. On en a des exemples qui peuvent remonter jusqu’à la première moitié du deuxième ; il a son plein épanouissement au troisième; mais après la paix de l'Église, à partir du quatrième, il disparaît. Cf. de Rossi, Roma sotterranea, t. ni, p. 35. Déjà, chez les païens, on attachait un caractère religieux à

l'ancre qui, entre toutes celles d’un navire, était réputée

la plus solide et comme la dernière ressource du naviga-

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teur ; on l'appelait l'ancre sacrée, au point que la locution « jeter l'ancre sacrée » était prise dans le sens de « recourir aux moyens suprêmes ». Cf, Pollux, 1, 93; Lucien, Jup. trag., 51; Plutarque, Sol., 19, %; S. Jean Chrysostome, Hom. in red. Flaviani, 2, τι xuix, col. 213. Mais, chez les chrétiens, la signification de l'ancre comme symbole de l'espérance est beaucoup plus déterminée, comme le montre sa fréquence sur les pierres tombales de défunts qui portent les noms de Spes, Elpis, ou de leurs dérivés,

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