‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 281 sur 474 · ANCRE — ANDRÉ (APOTRE · texte numérisé non relu

ANCRE — ANDRÉ (APOTRE

partie, en Suède, le rôle de celle du père du protestantisme en Allemagne : non seulement elle rendit l'hérésie populaire, mais elle exerça la plus grande influence sur le développement de la langue suédoise, qui se rendit indépendante de la langue danoise. Andersen jouit de la plus haute faveur jusqu’en 1540, Il fut alors accusé de n'avoir pas dénoncé au roi une conspiration dont il avait eu connaissance, et condamné à mort. La sentence ne fut pourtant pas exécutée ; il obtint sa grâce en payant une forte somme d'argent, et se retira à Strengnäs, où il mourut en 1552. Voir J. Magnus, Historia de omnibus Gothorum regibus, Rome, 1553, p. 477; A. Michelsen, dans Herzog et Plitt, Real-Encyklopüdie, % édit., τι 1, p. 375-383.

. 4. ANDERSON Christopher, ministre baptiste, né à Édimbourg, en Écosse, le 19 février 1782, mort dans Ja même ville, le 18 février 1852. Llevé au collège baptiste à Bristol, il devint ministre de sa secte à Édimbourg. Il fut l’un des principaux fondateurs de la Société biblique établie dans cette ville en 1809. On a de lui, entre autres ouvrages, Annals of the English Bible, 2 in-8, Londres, 1845. C’est une histoire complète de la « Version autorisée » anglaise et des autres traductions en cette langue, antérieures à Jacques Ier, roi d'Angleterre. Voir Jamieson, Relig. Biogr., p. 16.

2. ANDERSON Robert, pasteur anglican à Brighton, né en 1793, mort le 22 mars 1853. Il a publié À practical Exposition of St. Paul’s Epistles to the Romans, exposition homilétique, mais sans importance exégétique et critique.

ANDRADA (Thomas d’), plus connu sous le nom de Thomas de Jésus, augustin portugais, mort le 17 avril 1582. Issu d'une famille illustre du Portugal, il avait fait profession au monastère de Coïmbre. En 1578, il commença la réforme des « Déchaussés ». Peu après, il suivit en Afrique le roi don Sébastien dans sa guerre contre les Maures, et il fut fait prisonnier à la bataille d’Alcacer, le % août 1578. Vendu à un marabout, son maître le jeta au fond d’une prison, où il n'avait pas d'autre lumière que celle qui lui arrivait par le soupirail de son cachot. Il se consola de sa captivité en composant en portugais l’'admirable livre des Trabalhos de Jesus, qui fut imprimé à Lisbonne, en deux volumes, en 1602 et 1607. Thomas avait laissé son œuvre inachevée. Elle fut complétée par Jérôme Romain, du même ordre que lui. Le P. Alleaume, jésuite, a traduit les Trabalhos en français sous le titre de Souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cette traduction a été souvent réimprimée, ordinairement en 2 volumes in-12. Les Trabalhos de Jesus ne sont pas seulement une œuvre de piété, ils sont aussi une étude détaillée des souffrances, et en particulier de la passion du Sauveur, d'après le récit des quatre Évangiles. Quoique l'auteur n’eût aucun livre sous la main, sa mémoire l’a bien servi, On peut seulement lui reprocher de se laisser aller quelquefois trop facilement aux conjectures. D’Andrada mourut au Maroc ; quoique sa rançon eût été envoyée par sa sœur, la comtesse de Linhares, il préféra demeurer chez les Maures pour consoler, pendant le reste de ses jours, les prisonniers chrétiens qui souffraient avec lui. Sa vie a été écrite par le P. Alexis de Meneses et imprimée, en 1631, en tête des Souffrances de Notre-Seigneur. Les éditions françaises contiennent aussi une biographie abrégée d’Andrada.

1. ANDRÉ (ἰΛνδρέας, «le vaillant»), nom dérivé de ἀνδρεία ou ἀνδρία, et usité dans Hérodote, Plutarque, Pausanias, fut, comme Philippe et Nicodème, un de ceux qui, avec l'influence grecque, devinrent très communs parmi les Juifs, dès le second siècle avant l'ère chrétienne. Dans le Talmud de Jérusalem, Migd. Perek., 4; Lightfoot, Harm. quat. Ev., in Luc., v, 10, t. 1, p. 500, il est question d’un rabbin appelé André, et dans Dion Cassius, LxvIn, 32,

d'un Juif cyrénéen du même nom, qui joua un rôle sous Trajan. C'est parce qu'il fut porté par l’un des douze Apôtres que ce nom est célèbre dans la littérature biblique.

Fils de Jona ou Jean et frère de Simon, André était originaire de Bethsaïde, Joa., 1, #4, et pêcheur de son état. Les occupations matérielles n'ont jamais empêché les hommes de l'Orient de se passionner pour les questions religieuses. Les deux frères, tout en gagnant leur vie sur le lac de Génésareth, s'étaient vivement intéressés au mouvement théocratique que Jean-Baptiste venait de provoquer en Judée. L'un et l'autre avaient tenté de devenir les disciples du Précurseur. C’est en l’entendant désigner Jésus comme « l’'Agneau de Dieu », qu'André et un de ses amis se mirent à la suite de celui qui leur était ainsi révélé comme le Messie. L'histoire naïve de cette première vocation est admirablement racontée par celui qui fut le compagnon d'André en cette circonstance. Joa., 1, 30-40. Après avoir passé quelques heures avec Jésus, André, enthousiasmé de ce qu'il avait vu et entendu, se hâta de chercher son frère, et l'ayant abordé par cette parole qui nous révèle l’ardeur de son àme : « Nous avons trouvé le Messie ! » il le conduisit, le soir même, au jeune Maître, comme une nouvelle recrue qui ne devait pas être la moins importante de toutes. Joa., 1, #1. En s’attachant, dès ce jour, à la doctrine ou même à la personne de Jésus, les deux frères ne renoncèrent pas cependant entièrement à leurs filets. Il leur fallait pourvoir aux nécessités de la vie pour eux et surtout pour leur famille. Nous savons qu'ils habitaient tous deux, à Capharnaüm, une même maison, où Jésus guérit la bellemère de Pierre. Marc., 1, 29. Peut-être André était-il plus jeune que son frère et non encore marié, puisqu'il avait quitté Bethsaïde pour s'établir chez sa belle-sœur. Mais on ne pouvait guère être réellement disciple de Jésus, encore moins Apôtre, sans avoir renoncé à toutes les attaches terrestres de la vie : famille, biens, et préoccupations matérielles diverses. Jésus alla un jour surprendre les deux frères qui pêchaient sur les bords du lac, et les ayant invités à laisser désormais leur vulgaire métier, il leur proposa de devenir tout simplement des pêcheurs d'hommes. Matth., 1v, 18; Marc., 1, 16; Luc., v, 2. C'est dire qu'il y eut pour eux, après une vocation préliminaire, une seconde vocation définitive. Le récit de Jean n'exclut aucunement celui des synoptiques, mais le prépare. La première fois il s'était agi pour Jésus de s'attacher les deux frères par des liens généraux de foi et d'affection, la seconde il entendit établir entre eux et lui les relations officielles et suivies qui doivent exister entre les disciples et le Maître. On comprend surtout que Simon et André, aussi bien que Jacques et Jean, aient entendu le second appel de Jésus, si bref, si impératif, s'ils avaient déjà vécu avec lui et subi ses saintes influences.

Dans les quatre listes que nous avons des douze Apôtres, André fait invariablement partie du premier groupe présidé par Pierre, et dont les membres vécurent toujours dans une intimité plus particulière avec le Maître. Voir APÔTRES. Toutefois il n'occupe pas le même rang dans chacune d'elles. Ainsi, tandis qu'il est le premier après Pierre dans saint Matthieu, x, 2, et dans saint Luc, vi, 14, il ne se trouve que le troisième, et par conséquent après les deux fils de Zébédée, dans Marc, m1, 18, et Act., 1, 143. Ce fut peut-être là son classement véritable, car nous le trouvons encore nommé après Pierre, Jacques et Jean dans Marc, x, 8, lorsque les quatre du principal groupe interrogent Jésus sur la fin des temps.

André ne figure nommément que trois fois dans les récits évangéliques : c'est d'abord dans le passage de saint Marc, que nous venons de citer; puis dans la première multiplication des pains, Joa., vi, 9, où, prenant la parole après Philippe, il observe qu'il y a bien dans la foule un petit jeune homme avec cinq pains d'orge et deux poissons, ressources insuffisantes pour tant de gens affamés ; et enfin, quand les Grecs demandent à voir Jésus, Joa., ΧΙ, 22,

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