‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 286 sur 474 · ANDRÉ DE PÉROUSE — ANE · texte numérisé non relu

ANDRÉ DE PÉROUSE — ANE

y aspirer légitimement, n'étant pas de la descendance d'Aaron. Il acheta le souverain sacerdoce, vers 172, du roi de Syrie, en surenchérissant sur Jason. Mais, comme il ne put payer à Antiochus Épiphane les sommes qu'il lui avait promises, il fut chassé du pontificat. Cet échec ne le découragea pas, Il déroba des vases d’or du temple de Jérusalem et en offrit à Andronique, pendant que ce dernier remplissait les fonctions de vice-roi à Antioche, afin de capter sa faveur, Quand Onias IT, le pontife légitime déposé par Antiochus Épiphane, eut appris le sacrilège commis par Ménélas, il lui en fit des reproches, mais en ayant soin, pour prévenir sa vengeance, de se tenir à Daphné, près d’Antioche, à l'abri du sanctuaire d'Apollon et de Diane, lieu de refuge sacré pour les Syriens. Ménélas se plaignit à Andronique ; le vice-roi, pour le satisfaire, décida, par un faux serment, le malheureux Onias à sortir de son asile et le mit à mort. Cette violation frauduleuse du droit d’asile excita l’indignation générale à Antioche. Au retour du roi, Andronique fut publiquement dégradé et exécuté dans le lieu où il avait commis son crime (170 avant J.-C.). II Mach., 1v, 30-38. Josèphe place la mort d’Onias III avant le pontificat de Jason, Ant. jud., XII, v, 1, et ne dit rien d'Andronique. ἃ. Wernsdorf, Commentatio historica de fide librorum Machabæorum, Breslau, 1747, p. 90, a ‘oulu se servir de l'autorité de Josèphe pour contester la véracité du récit du second livre des Machabées ; mais la plupart des critiques protestants eux-mêmes reconnaissent que la narration vague de l’historien juif ne saurait prévaloir contre les témoignages circonstanciés et précis que nous venons de rapporter.

2. ANDRONIQUE, officier d'Antiochus Épiphane, différent du vice-roi d'Antioche du même nom, quoi qu'en aient dit quelques critiques. Il commandait les troupes syriennes qui occupaient le mont Garizim, à cause de sa forte situation, et peut-être aussi à cause du temple qu'y avaient élevé les Samaritains. Il ne nous est connu que par la mention qu’en fait II Mach., v, 23. Josèphe, Ant. jud., XIII, 111, 4, parle d’un Andronique, fils de Messalomos, qui convainquit Ptolémée Philométor de l’orthodoxie du temple de Jérusalem, par opposition à celui du mont Garizim. On a supposé que cet Andronique était le même que le gouverneur de Garizim, mais il est impossible de le prouver.

3. ANDRONIQUE, chrétien d'origine juive, parent de saint Paul et son compagnon de captivité. Rom., xvi, 7. Il s'était converti avant saint Paul au christianisme, comme Junias ou Junie que le docteur des nations nomme avec Andronique et qu'il qualifie l’un et l’autre « d’apôtres», c'est-à-dire sans doute, dans un sens large, de prédicateurs de l'Évangile. Nous ignorons dans quelles circonstances ils avaient partagé l’un et l'autre la captivité de saint Paul. D’après le Pseudo-Dorothée, Patr. gr., t. XCW, col. 4061, Andronique devint évêque d'Espagne; d’après saint Hippolyte, t. x, col. 956, de Pannonie. Voir Orlog, De Romanis quibus Paulus epistolam misit, Copenhague, 1722 ; Bosc, De Andronico et Junio, Leipzig, 1742.

ANE. — I. Nom et caractères. — Cet animal domestique est nommé plus de cent trente fois dans l'Ecriture. Il porte en hébreu le nom de Aämôr, qui signifie roux, parce qu'il a souvent cette couleur en Orient. Hämôr désigne toujours le mâle, excepté IL Sam. (Il Reg.), XIX, 27 (26), où il s'applique à l’ânesse. La dénomination ordinaire de celle-ci est ’ä{ôn. Num., xxu, 23, 33 ; Π (IV) Reg., 1v, 24. L'ânon s'appelle ‘ayir. Gen., xuix, 11; Zach., 1x, 9, etc. L'âne sauvage ou onagre avait un double nom, celui de pér'é [xapide) et celui de ‘érôd (le fuyant). Voir ONAGRE. Cette richesse de noms, peu commune en hébreu, montre combien l'âne était répandu en Palestine et, l'on peut ajouter, combien il y était apprécié et estimé.

L'âne d'Orient ne mérite pas, en effet, le mépris dont

l'âne d'Occident est l'objet parmi nous. Cet animal est une espèce du genre cheval. Il se distingue du cheval proprement dit par ses longues oreilles, par la touffe de crins qui pend seulement au bout de sa queue, par son braiment et par la croix noire qui est tracée sur le dos et sur les épaules du mâle (fig. 141). Ilest originaire de l'Asie et du nord-est de l'Afrique, où on le trouve encore à l'état sauvage, Dans sa patrie primitive, il est plus vigoureux et plus vif que dans nos contrées; et la durée de sa vie, qui n'est que de quinze à seize ans en Europe, est de vingt-cinq à trente dans son pays d'origine. La chaleur

Page 1