‹ Dictionnaire de la BibleChapitre 328 sur 474 · ANNONCIATION · texte numérisé non relu

ANNONCIATION

renferme l'ancien, en pierres de taille, d'une très grande simplicité : la statue et l'autel primitif auraient été transportés de Nazareth avec la sainte maison.

Après la translation, selon le même récit, les fondements de la Santa Casa restérent visibles à Nazareth. On aurait envoyé en 1291, en 1295 et en 1297. des députés de Dalmatie et d'Italie pour les mesurer, étudier la nature des pierres et se convaincre de leur parfaite conformité avec celles de la sainte demeure. Les Franciscains revinrent, dès 1300, s'établir à Nazareth; pendant les siècles suivants, expulsés deux fois, ils revinrent sans se décourager, attendant toujours le moment propice à la réédification du sanctuaire. Les pélerins continuaient de venir vénérer, au milieu des ruines, l'emplacement de la sainte maison et la grotte qui

| y était attenante. En 1336, Guillaume Baldinsel rapporte

A Grotte.

B Pièce à voûte d'arêtes.

C Chapelle de l'ange.

D Escalier conduisant dans l'église actuelle.

E Arrière-grotte.

F Escalier descendant de la sacristie,

H Escalier conduisant à l’arrière-grotte E, et à l'escalier F,

R Rocher.

du chœur de l'église.

(La teinte noire désigne les constructions et les colonnes antiques, la teinte grise les construclions récentes.)

160. — Plan de la crypte de l'église de l'Annonciation à Nazareth. D'après M. de Vogüé.

que de la grande et magnifique église, presque entièrement détruite, « il reste cependant une petite place centrale, recouverte et gardée avec le plus grand soin par les Sarrasins. On assure que c’est là, ajoute-t-il, près d'un endroit marqué par une colonne de marbre, ques’est accompli le mystère de la conception divine. » Baldinsel, Hodæporicon ad Terram Sanctam, dans H. Canisius, Antiquæ lectiones, in-4, Ingoldstadt, 1604, t. v, part. 2, p. 136. Enfin, en 1620, Thomas de Novare, gardien des saints lieux, obtint de l’émir Fakhr-eddin la restitution de l'emplacement du sanctuaire et la permission de le reconstruire. Avant de l’élever, il voulut vérifier si les dimensions de la Santa Casa cadraient bien avec la place qu'elle occupait à Nazareth ; il eut la joie de le constater. De plus, dit Quaresmius (Elucidatio Terræ Sanctæ, in-fo, Venise, 1881, t. 11, 1. VIL, p. 620), on trouva toutes les substructions de la basilique primitive. De même, « il y a quelques années (voir Guérin, Galilée, t. 1, p. 86), les Franciscains, en pratiquant des fouilles dans leur jardin, ont retrouvé plusieurs colonnes de granit et des arasements de gros murs ayant appartenu à cette ancienne basilique. » Il n’y a donc pas de doute, le couvent des ἢ. P. Franciscains renferme bien l'emplacement de la basilique élevée au 1v° siècle. :

L'église élevée, en 1620, sur les ruines de la basilique antique, fut bientôt saccagée et livrée aux flammes (1638). Ce ne fut qu’en 1730 que l'édifice fut restauré et subit les remaniements considérables qui en ont fait le sanctuaire actuel. Il a vingt et un mètres de long sur quinze de large, et est dirigé, non plus de l’ouest à l’est,

comme la basilique, mais du sud au nord, Des piliers carrés le divisent en trois nefs. À l'extrémité de la nel centrale, le chœur forme comme un étage supérieur :on y monte par deux rampes disposées à droite et à gauche de l'entrée de l'étage inférieur ou crypte. Un escalier de quinze degrés en marbre blanc descend à ce sanctuaire souterrain. En voici la description (fig. 160). La grotte A est la partie naturelle, primitive. « Après la paix de l'Église, on la transforma en chapelle, c'est-à-dire on la prolongea du côté du midi par la construction d’une petite pièce voûtée d’arêtes, B, et ornée de colonnes en granit gris; puis on façonna le fond de l’excavation pour en faire une abside, et on le tapissa d’une voûte en culde-four en petit appareil romain; le caractère antique de ces constructions ne saurait se méconnaitre, il reporte invinciblement jusqu'au 1vesiècle la tradition qui place en ce lieu l’annonciation de Marie. Le mur laisse voir en beaucoup d’endroits la surface du rocher. » De Vogüé, Les églises de la Terre Sainte, in-40, Paris, 1860, p.350. La grotte A,avec son avant-corps B, ne formaitautrefois qu'un sanctuaire unique; un mur moderne la divise maintenant en deux parties : au fond, la chapelle de saint Joseph, A,et,en avant,la chapelle de l’'Annonciation, B. Un vestibule rectangulaire de 8 mètres de long sur 2m 70 de large donne accès à la grotte : il est appelé chapelle de l'ange, C. Au fond de la grotte, À, un étroitescalier de quatorze marches, ἢ, monte à une seconde grotte obscure, entièrement taillée dansleroc; en tournantsurla droite, il communique également avec l’escalier F qui conduit à la sacristie. Primitivement la grotte A avait-elle une issue par le fond? Cette ouverture, ainsi que les deux escaliers H et Fet l’excavation E, sont peut-être l'œuvre des gardiens du couvent, qui se sont ménagé cette entrée secrète dans la grotte de l’Annonciation, à une époque où ils avaient à craindre les vexations des musulmans. Cependant cette entrée pourrait être plus ancienne, et dater de la transformation de la Santa Casa en sanctuaire. Dans un ouvrage récent, Notre-Dame de Lorette, Etude historique sur l'authenticité de la Santa Casa, in-8, Paris, 1906, M. Ulysse Chevalier a fait la critique de cette tradition, en produisant tous les documents relatifs à la maison de Nazareth, et au sanctuaire de Lorelte. Ils ne paraissent guère favorables à l’existence de la Santa Casa à Nazareth en 1291, époque de la translation. Ils sont encore plus contraires à une translation ou origine miraculeuse du sanctuaire actuellement vénéré à Lorette. Jusqu'ici aucune réponse n’a pu ébranler son étude critique. Reste à expliquer l’origine de ce pélerinage : plusieurs hypothèses ont été émises; mais aucune n’est pleinement satisfaisante ou justifiée. On ἃ en parli- Culier avancé celle-ci : des pélerins de Nazareth auraient apporté quelques pierres de la sainte Maison,qui seraient entrées dans la construction de l’édicule de Lorette. L'Église, si empressée d'honorer les mystères de Marie ne pouvait tarder d’instituer une fête en l’honneur de l’Annonciation. En effet, c’est avec la Purification la plus ancienne fête de la sainte Vierge. Dés le ve siècle, on la trouve bien établie en Orient et en Occident. Les Bollandistes et Benoit XIV, prétendent qu'elle est d'institution apostolique. Acta Sanclorum, t. 1V, 25 mars, p. 533; Benoît XIV, De festis, t. 1x, p. 190, in-fv, Venise, 1767. Mais il est difficile de l'établir : on sait que Pâques et la Pentecôte furent pendant assez longtemps les seules fêtes annuelles de l'Église. La Chronique pascale parle de cette fête célébrée par l'Église catholique, le 25 mars, « d’après la tradition des saints Docteurs. » Patr, gr., τ, xCï1, p. 488. On trouve des discours prononcés à l’occasion de cette fête par Proclus, évêque üe Constantinople, vers 450 (Patr. gr., t. Lxv, col. 704-705), par Basile de Séleucie, vers 440 (Patr. gr., 1. Lxxxv, col. 426), etc. Le concile de Tolède, en 650, en transféra la célébration au 18 décembre, sans doute à cause du carême et des êtes de Pâques qui ne permettaient pas de la célébrer

Page 1