Antiochus ΠῚ le Grand
Tête diadémée d'Antiochus III. — ἢ, ΒΑΣΙΛΈΩΣ ANTIOXOY. Un éléphant. ἡ
sur la Méditerranée. Ptolémée IV lui fit alors demander une trêve et elle fut conclue pour quatre mois, pendant lesquels les troupes syriennes prirent leurs quartiers d'hiver, Polybe, v, 51-66. La campagne suivante ne fut pas favorable à Antiochus. Philopator avait profité de l'ar-
mistice pour se préparer à la résistance ; ses troupes bat- |
tirent complètement le roi de Syrie, à Raphia, près de Gaza (217) ; toutes les conquêtes précédentes d'Antiochus
furent perdues, et il dut s'estimer heureux que son vain- |
queur ne le poursuivit point jusqu'à Antioche. Polybe, v, 91-87; Strabon, xvI, p. 799 ; Justin, xxx, 1.
Le prophète Daniel avait annoncé les premiers succès d’Antiochus ΠῚ et prédit qu'ils seraient sans résultat : « L'un [des fils de Séleucus If, Antiochus III] viendra en hâte et se répandra partout [première campagne], et il reviendra [une seconde fois] et il s'animera et il attaquera ses places fortes. Et le roi du midi [ Ptolémée IV Philopator] sera irrité, et il sortira, et il combattra contre le roi du nord [Antiochus III], et il lui opposera une nombreuse multitude [de soldats] et la multitude [des Syriens] sera livrée dans ses mains. Et il ruinera la multitude et son cœur s’élèvera, et il fera tomber un très grand nombre [de Syriens]. » Dan., x1, 10-12.
Pendant les treize années suivantes, Antiochus ΠΙ, vaincu, laissa l'Egypte en paix, mais ne resta pas inactif. Il fut continuellement en guerre en Asie Mineure et les succès qu'il remporta alors lui valurent le surnom de « Grand ». Il soumit d'abord Achæus, gouverneur d'Asie Mineure, qui s'était révolté. Polybe, v, 107; vir, 15, 17-3. 1] tourna ensuite ses armes à l’est contre les Parthes et les Bactriens, qui, vers l’an 950, s'étaient affranchis de la domination des Séleucides. Il ne réussit pas à les remettre sous le joug, mais sa campagne ne fut pas sans résultat : s'il ne parvint pas à détruire le royaume des Parthes, il en réduisit au moins les frontières, qui avaient été étendues par les conquêtes du roi Arsace, à la Parthie et à l'Hyrcanie (Polybe, x, 27-31; Justin, xLr, 5), et il fit alliance avec le roi de la Bactriane. Polybe, x, 49; ΧΙ, 34. Il pénétra dans l'Inde septentrionale, et par ses expéditions dans ces contrées lointaines, acquit un grand renom aux Syriens, tout en aguerrissant ses soldats ; il ramena aussi de l'Inde cent cinquante éléphants qui devaient rendre son armée terrible aux habitants de l’Asie antérieure et de l'Egypte.
Antiochus ΠῚ avait gardé au fond de son cœur un profond ressentiment de l'échec que lui avait infligé Ptolémée IV Philopator ; mais, ne voulant pas s’exposer à une nouvelle défaite, il attendait avec patience le moment propice de se venger. Les circonstances le lui fournirent, à son retour de l'Inde. La mort frappa son ennemi, en 204, et il eut pour successeur un enfant de quatre à cinq ans,
Ptolémée V Épiphane. Cf. Justin, xxx, 2. Le roi de Syrie, |
en apprenant cette nouvelle, ne perdit pas de temps. Afin de pouvoir abattre plus sûrement la puissance égyptienne